Et on peut dire que tu es servie !
Lorsque le phénomène Manga a commencé en Europe (avec Dragon Ball, Akira, etc...), les oeuvres étaient minutieusement sélectionnées et la qualité était la plupart du temps au rendez-vous, que l'on aime ou pas le style.
Puis, le manga est devenu plus standard : cela a permi aux éditeurs de lancer des séries plus personnelles, moins Mainstream, comme les taniguchi, etc...
Là, on nage en plein n'importe quoi.. la quantité de manga de mauvaise qualité éditée aujourd'hui est impressionnante (les libraires sont aterrés par le taux de retour de certains éditeurs que je ne citerai pas).
Donc, la quantité, tu l'as ! Reste à savoir détecter la qualité, ce qui est une autre paire de manche
ATTENTION : ce que j'écris ici n'est pas une attaque envers le manga ! Le problème est le même dans le domaine de la BD franco-belge, les éditeurs dit indépendants fleurissant à une vitesse fulgurante et éditant par la même occasion des trucs parfois très mauvais avec comme discours celui de "réveler des auteurs de demain". Les "majors" quant à eux, sacrifient beaucoup de la qualité au profis de la rentabilité... Très chouette dans le texte, beaucoup moins en rayon...
En me relisant, j'ai l'impression de brosser une vision très noire de l'édition BD actuelle. Pourtant, c'est oublier les perles qui fleurissent elles aussi chaque mois sur les rayons de vos libraires... le tout est de savoir faire le bon choix !
En espérant que CoinBD vous aide dans cette épreuve difficile
J'ai eu la légère impression de n'être qu'une pov' pessimiste en m'expliquant , c'est réconfortant de voir que cette vision commercio-dramatique est partagée... pas vraiment rassurant non mais réconfortant de s'apercevoir que les rouages du mécanisme "toujours-plus-de-fric" de l'édition en général finissent par être flagrants...
Je réitère donc : je préfère, et de loin, la qualité à l'abondance et tant que la politique sera de faire le maximum de profit possible, je ne pourrais que faire preuve de méfiance et d'inquiètude à l'annonce de nouveaux mouvements empruntés à d'autres cultures... Autant commencer par s'améliorer dans son propre domaine avant de se lancer à tête perdue (mais porte-feuille ouvert) dans un genre dit "tendance"...
A bon entendeur...
Moi, je suis très inquiet lorsque je lis ce type d'initiative de la part des éditeurs français.
Malgré toutes les apparences, on ne peut pas dire que la BD se porte bien. Elle se vend, certes (c'est d'ailleurs la principale raison de cette surproduction qui perd n'importe quel BDPhile non informé, sous les tumultes des albums dont la majorité sont très passables ), mais au détriment :
- des auteurs, qui ont de plus en plus de mal à gagner leur vie par le biais de la BD (puisqu'actuellement, un tirage moyen pourra être inférieur à 5000 exemplaires là ou il y a quelques années nous n'éditions rien à moins de 25 000)
- des lecteurs, a qui on refourgue toute la merde possible sans état d'âme, publiant par la même des tomes 1 de séries qui souvent n'auront pas de suite, faute de trouver un public.. Je pense en particulier à Soleil, maître en la matière, mais pas uniquement.
Bref.. Parmis cette surproduction, le manga se paie une tranche de Roi. 25% du CA d'une librairie, et pratiquement 60% des sorties du mois, en moyenne. Le chiffre est affolant.
C'est ainsi que les éditeurs, qui ne gagneront jamais assez d'argent avec leurs séries (quand on sait que la distribution d'un album prend à elle seule jusqu'à 60% du prix d'un album, on comprend que la part partagée par l'imprimeur, l'éditeur, le libraire et les auteurs n'est pas terrible) auront bien compris comment gagner en part de marché en "générant" des ventes mangas, accessible aux plus réfractaires : De la BD franco-belge modifiée, tout simplement.
Le problème, c'est que comme pour toute création culturelle, rien ne s'improvise. Le manga est japonais par définition, et même les corréens, voisins asiatiques des nippons, ont bien du mal à s'aligner avec leur manwha de piètre qualité.
Alors je ne vous raconte même pas ce que sont capables de pondre les français. Entre "pixie", série bancale qui n'emprunte au manga que les codes graphiques les plus caricaturaux (hélas) en oubliant le principal (la narration, le découage, le format, le dynamisme) et les autres qui croient faire du manga en empruntant le format, tout en continuant à imposer des idées très européennes (le premier Shonen français n'est pas encore né, croyez moi), difficile de ne pas percevoir ça comme une gigantesque pompe a fric... et comme justement, la qualité n'est pas vraiment au rendez-vous...
Un peu de sérieux... Message édité le 03/04/2006 à 19:15:15 par Piehr.
Une école de manga ... française... ?
pourquoi pas?
Pourquoi pas si c'est par réel élan artistique et non pas pour profiter d'une aura commerciale grandissante...
Pourquoi pas si renouveau du genre et copiage-limite-plagiat de ce que les asiatiques font déjà très bien tout seuls...
Pourquoi pas si création de nouveaux codes...
En fait il s'agit tout simplement dirais-je de ne pas se limiter aux champs que l'on connaît de ces feuilletons dessinés... Je ne suis pas contre un manga à la française ou, devrais-rectifier, à l'européenne
tant que la création, la qualité, le talent sont au rendez-vous...
En revanche, s'il s'agit de repomper bêtement (et fort puérilement) ce que nous connaissons déjà, je ne vois pas où se trouvent l'intérêt pour nous lecteurs... et j'ai bien précisé pour nous lecteurs parce qu'en ce qui concerne les éditeurs, j'imagine fortement bien que certains se frottent déjà les mains du formidable petit pécule qu'ils pourraient amasser du fait de l'extraordinaire phénomène de mode que sucite ce type de lecture...
Pour ceux qui ne l'auraient pas encore remarqué, l'on nous sert des manga dans tous les magazines (jusqu'à un certain Madame FIGARO relativement récent... ) comme quoi, tout le monde s'y met ! ... et c'est justement ce qui m'inquiète !
Moi je n'aime pas le manga. Sauf peut-être Yuri & Friends, mais on sort du sujet. Donc je me dis que des Français peuvent en faire, je m'en fous, je lirais pas. En fait, quand je lis une BD, son style m'interresse, mais c'est surtout en la feuilletant un peu que j'ai envie ou non de la lire. Que l'auteur soit Belge, Turc, Degroot, je m'en fous un peu.
Mainteanant je suis d'accord avec Myc (qui mettra un s à "Certes" la prochaine fois, sinon, au cachot) si les jeunes en lisent, c'est peut-être qu'il y a interêt à en faire. Mais d'un autre coté, comme dirait Coluche, quand on pense qu'il suffirait que les gens ne les achètent pas pour que ça se vende plus, vous n'etes pas raisonnables ! Donc, en fait je pose la question :
Faut-il faire du Manga (tiens, je mets un M majuscule ? Je faiblis. Trop tard le post est déjà parti et j'ai éteint l'ordi, zut !) Français ? Pourquoi faire ? Pour le vendre ? Ah, mais c'est commercial alors ? Dites moi tout ! Moi qui n'aime pas ça, je veux bien que les élèves dessinent du Manga, par contre j'ai du mal à admettre qu'ils écrivent en onomatopées. Donc, ils feraient mieux de lire "De cape et de crocs", mais je suis un vieux réac, je sais. Enfin, c'est mon opinion, et je la partage ......
mais d'un autre côté il faut aussi se rendre compte que le lectorat de bd a évolué.
En effet, avec Jeanloup on a ouvert un club bd dans notre collège (enfin c'est lui le patron , moi je ne suis que le factotum , et je constate que ce que lisent nos élèves en majorité c'est du manga, et donc ce qu'ils dessinent en premier jet c'est en général d'inspiration manga.
Après on peut les faire évoluer, mais ils baignent dans ce style, et forcément en sont influencés.
Mais bon, j'ai un peu l'impression que l'offre est déjà suffisamment pléthorique pour ne pas en remettre une couche.
Non seulement j'ai l'impression d'assister à une "manga-isation" de la bd européenne, progressive et terriblement inéluctable, mais en plus je ne vois pas trop l'intérêt de faire quelque chose que les asiatiques font très bien.
C'est un peu comme quand les chinois font du vin: c'est bien d'essayer mais une culture ça ne s'improvise pas du jour au lendemain....
pour l'instant je n'en sais rien : je n'ai jamais lu que des manga japonais voire coréens donc je ne sais absolument pas ce que ça peut donner. Je tiens à préciser tout de même que j'ai déjà lu des bds dont le dessin était fortement inspirer par le type de dessin que l'on peut trouver en Asie et que ça ne m'a pas choqué autre mesure.
Est ce que les scénaristes pourront s'imprégner de l'univers manga ? Je n'en sais rien car pour moi ça va dépendre plus de son talent que d'autre chose.
Donc, pour moi, je suis curieuse de voir ce que ça donnera!
Très bon débat mon cher, mais là suis trop crevé pour écrire quelque chose d'intelligent (la preuve : ce mesage complètement inutile). Alors je donnerai mon point de vue demain (en gros, sans développer pour l'instant, le manga français ne me choque pas du tout).
Ayé, j'en vois déjà qui grincent des dents dans le fond, rien qu'avec ces trois mots. J'ai assisté ce soir à un débat sur le sujet, organisé par Tonkam, avec différents intervenants. Le public était composé essentiellement de journalistes (presse papier, web, chaînes de télé...), avec aussi quelques "simples" lecteurs. Parmi les intervenants, il y avait Aurore, dessinatrice de BD et auteure de "Pixies" (Delcourt), Jenny, qui sort son "Pink Diary" prochainement chez le même auteur, mais aussi un futur éditeur de mangas français, et le directeur d'une école de mangakas française (détachée par HEC).
Le sujet du débat était le suivant : est-il utile de faire du manga français, et comment peut-on le faire ?
Aurore et Jenny font déjà ce genre de choses, puisqu'Aurore dessine avec un style manga, mais avec des contraintes narratives et de format typiquement franco-belges. Jenny, par contre, se retrouve avec des contraintes inspirées de ce qui se fait au Japon, puisqu'elle doit "tomber" 180 pages tous les 3 mois, sera publiée en petit format, et qu'elle a même dû prendre un assistant pour l'épauler.
Le futur éditeur était très enthousiaste, mais en même temps très strict sur sa vision des choses : on a des bons dessinateurs, des bons scénaristes en France, qui ont envie de sortir du carcan traditionnel franco-belge. Il y a donc pas mal d'auteurs (et certains de renom !) pour travailler avec d'autres exigences. L'école dirigée par la quatrième personne propose, pour l'avenir, de fournir des auteurs "formatés" au style manga. C'est à dire capbles de travailler très vite, utilisant les codes graphiques et de découpage asiatiques, connaissant même la langue nipponne.