Afin d'acceder au résumé de Zone blanche, merci d'activer Javascript.
Jean-Charles Denis est loin d'être l'auteur le plus médiatisé de sa génération, malgré son tout récent grand prix de la ville d'Angoulème. Cela n'empêche évidemment pas son oeuvre d'être intéressante, de "Annie Mal" à "Quelques Mois à l'Amélie" en passant par les aventures de "Luc Leroi". On le retrouve ici à la fois scénariste et dessinateur, comme pour la plupart de ses publications (il n'y a guère que son compère musicien Berberian qui l'ait convaincu de ne pas limiter leur collaboration à leur groupe Nightbuzz en sortant "Un peu avant la fortune" en 2008).
Comme souvent avec Jean-C. Denis, "Zone blanche" est surtout une histoire d'atmosphère. Plutôt roman graphique, mais aussi polar, récit intimiste, histoire d'amour ou presque, l'album brouille joliment les pistes et se paie le luxe d'instaurer son ambiance à lui. L'alternance entre les scènes d'enquête et les flash-back permettant de découvrir les dernières semaines du mort est bien dosée et très efficace. On a parfois une longueur d'avance sur les enquêteurs, comme si l'auteur nous mettait dans la confidence et nous rappelait qu'il ne cherche pas à nous faire haleter.
Le récit prend son temps, imposant son rythme et développant la psychologie de son personnage principal. On se laisse volontiers mener jusqu'au terme de ce récit prenant et bien fichu, aux frontières d'un désespoir sordide sans jamais y sombrer : le cadavre lui-même, comme le remarque un enquêteur, ne sourit-il pas ?
Bon album et occasion de se réconcilier, pour certains, avec les choix de grand prix du festival d'Angoulème : le cru 2012 n'était pas immérité ! Et tant pis si on ne se fait pas que des amis en l'écrivant...
2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Zone blanche, lui attribuant une note moyenne de 3,75/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Sur le thème, imparable en théorie, de l'échange des meurtres, imparable quand les deux personnes respectent leur contrat, ce qui est rarement le cas, du moins dans le récit de Jean-Claude DENIS.
Pour résumer, on reprend l'idée de l"'Inconnu du Nord-Express", grandiose film de Alfred Hitchcock à partir d'un roman de Patricia Highsmith : 2 personnes ne se connaissant pas qui échangeraient l'assassinat d'une personne détestée qu'elles veulent voir disparaitre, chacun ayant toute latitude pour se fournir un alibi adéquat le jour où le meurtre est projeté. Mais cela ne marche pas comme prévu ainsi que le relate le récit qui nous intéresse. Le personnage principal est tout entier tendu vers son idée de vengeance, et même quand il a échoué, se rendant compte qu'on s'est servi de lui, son but ultime demeure toujours la vengeance pour que la personne qui l'a trompé paye pour sa supercherie . On l'a compris, c'est la description d'une solitude et d'une détresse totale chez un individu entièrement tourné vers la haine et le ressentiment....C'est remarquablement transcrit, troublant, mais cela demeure très négatif car il n'y a en effet pas d'issue à cette existence tournée vers un but de destruction des autres .... et de lui-même