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Ce nouvel album de la série "XIII", c'est avant tout une surprise. En effet, après le 19ème tome de la série, tout le monde prenait cette dernière pour terminée, et il est donc surprenant de renouer avec ce héros et cet univers. Une surprise qui suscite de fait ma curiosité. L'album n'est pas dénué de qualités mais je préfère rester prudent à ce stade dans mon jugement, tant j'ai du mal à m'approprier cette nouvelle histoire.
Tout commence avec la couverture, dont l'agencement et le titre ne peuvent que rappeler ceux du premier tome de la série, "Le jour du soleil noir". Il faut dire que, dans ce nouvel opus, le couple scénariste/dessinateur a changé, et que ce procédé permet d'affirmer la continuité de la série tout en indiquant subtilement qu'il s'agit du premier tome d'une nouvelle histoire, et peut-être également de forcer le destin en se référant à l'un des meilleurs tomes sur lequel la série a pu prendre un essor considérable. "Le jour du soleil noir" étant pour moi une référence, je vois cette analogie d'un bon œil même si, dans le même temps, le personnage qui apparaît en couverture semble être plus une caricature du XIII que je connais. C'est justement ce qui est inquiétant pour le lecteur et difficile pour les auteurs : comment capitaliser sur le succès de XIII sans tomber dans la pâle copie, et sans faire "réchauffé".
Le ressenti un peu dual sur la couverture se poursuit tout au long de la lecture de l'ouvrage.
D'un côté, on retrouve l'univers et les personnages qui ont fait le succès de la série, on retrouve les recettes qui permettent de créer du rythme, du suspense et du mystère, et on retrouve surtout cet environnement graphique assez réaliste auquel je suis toujours attaché. Sans atteindre le très bon niveau des premiers tomes de la série, comme voudrait sans doute nous le faire croire la couverture, il faut reconnaître que ce tome est assez accrocheur, Jason Mc Lane étant malmené d'un bout à l'autre de cet ouvrage et un complot le concernant pointant le bout de son nez. J'ai été un peu surpris que Jason, fort de son expérience en tant que "XIII" ne soit pas plus méfiant et se laisse prendre au piège comme un vulgaire quidam, comme si les aventures passées n'avaient, finalement, jamais eu lieu. Sur le complot en tant que tel, il est pour l'instant assez obscur, mais c'est normal compte tenu du fait qu'il s'agit ici du premier tome d'une nouvelle histoire. On comprend toutefois que ce complot serait lié, d'une façon ou d'une autre, aux premiers colons d'origine britanniques débarqués en terre américaine, ces puritains conquérants arrivés à bord du Mayflower... L'ensemble est rythmé et mystérieux, et certaines des actions sont haletantes, et on retrouve un peu ce qui a fait le succès de la série dans les premiers tomes. De ce point de vue, le pari est gagné et l'album présente un véritable plaisir à la lecture. Le second souffle de la série, recherché par les plus assidus depuis le tome 14 (voire un peu avant), et à peine esquissé dans le tome 18, semble enfin arriver.
Mais d'un autre côté, les auteurs ont peut-être voulu en faire trop et certains passages restent difficiles à avaler. J'évoquerai à ce titre la conjuration des XX qui semble faire son grand retour de façon un peu hasardeuse. Il serait quand même assez fort et peu crédible que XIII, qui leur a pourri la vie, soit justement celui qu'ils recherchent compte tenu de son arbre généalogique. De même, comme évoqué plus haut, il est quand même étonnant que Jason ne se pose pas plus de questions sur ce qui lui arrive et réagisse exactement comme les fomenteurs du complot l'espèrent (il aurait quand même eu le temps d'effacer son prénom inscrit en lettre de sang à la mode de "Omar m'a tuer", non ?, il ne se méfie pas lorsqu'il retourne chez son copain alors que celui-ci lui a pourtant bien indiqué qu'il avait été agressé ?, etc...). Enfin, comme dans le premier tome de la série, les auteurs cherchent à jouer sur la corde sensible du lecteur en s'attaquant à de pauvres innocents : mais ici la surenchère des meurtres froids fait que j'ai été moins touché que pour Abe et Sally.
On a un peu l'impression que cette histoire aurait mérité un nouveau héros mais que l'amnésie dont souffre Jason Mac Lane et le support logistique qu'offre la série "XIII" (Carrington, les XX, Préseau, etc.) permettent aux auteurs de faire l'économie de la construction d'un nouvel environnement pour développer une histoire inédite. D'où certainement ce sentiment parfois un peu étrange que Jason Mc Lane est un "Bleu" dans le rôle de la victime d'un complot, qui aurait pu être joué par un personnage tout neuf, mais auquel il aurait fallu inventer une histoire, des amis et des alliés, etc... Mais au-delà de ces considérations, le nouveau couple dessinateur/scénariste a su trouver les recettes qui font de ce tome une entrée en matière efficace par son rythme et son action, et auquel les références au passé lointain des premier colons confèrent une certaine originalité. Du coup, on oscille toujours entre nouveautés et vieilles recettes efficaces, et dans ces conditions, je suis partagé : j'aime le personnage de XIII et je suis heureux de le retrouver dans une nouvelle histoire, qui s'annonce dense et complexe, mais je regrette la reprise de certains éléments du passé que l'on croyait clos et qui relève de la figure imposée, qui s'articule moins bien avec l'histoire développée ici.
Au niveau des dessins, contrairement à la couverture, on retrouve bien notre XIII, mais également l'ensemble des personnages des tomes précédents (Carrington, Jones, Préseau, Betty). Le style graphique s'inscrit dans la parfaite continuité de ce que faisait Vance dans les derniers tomes de l'histoire précédente ce qui est plutôt appréciable (même si je regrette un peu le côté flouté et hésitant des premiers tomes). C'est propre, c'est clair, et le dessinateur a su porter l'héritage plutôt honorablement. En revanche, le lettrage des explications de la colonisation du continent américain manque vraiment de folie et c'est presque moche et les visages sont peu expressifs (mais on avait déjà ce travers dans les derniers tomes du premier cycle).
Ce tome, c'est avant tout la promesse de retrouver XIII dans de nouvelles aventures et de lui donner un nouveau souffle : je ne peux qu'espérer que la promesse sera tenue. Malgré les imperfections, cet album donne envie de lire la suite, ce qui en soi est déjà une réussite, compte tenu du risque que représentait la reprise d'une série aussi emblématique. Il serait totalement naïf de croire que la sortie de ce nouveau tome ne réponde pas à une stratégie commerciale qui vise à capitaliser sur un héros charismatique et une série bien installée dans bon nombre de bibliothèques. Pour ma part, je préfère accorder le bénéfice du doute à ce nouvel album, dont les qualités intrinsèques sont supérieures à certains albums de la première saison, même si certains éléments semblent un peu forcés et superficiels à ce stade.
4 internautes ont donné leur avis sur l'album BD XIII, tome 20 : Le jour du Mayflower, lui attribuant une note moyenne de 3,88/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Après le tome 19, je m'étais dit que c'était bon, la boucle était bouclée et que les prochains XIII se serait sans moi. Puis j'ai lu les critiques et comme elles sont bonnes, forcément j'ai craqué. Alors soyons clair, cet album est plutôt pas mal, il reste dans la bonne lignée des XIII, avec du suspens, de l'action, des interrogations, des complots... Notre Jason Fly va se retrouver embringué encore dans une sombre histoire, il va encore falloir se dépatouiller. Il le dit d'ailleurs lui-même dans le livre: il commence à en avoir marre et ça ne s'arrêtera donc jamais. Comme un pied de nez de notre amnésique préféré envers ses auteurs.
Clairement, il ne faut pas trop chercher la petite bête, car tout ne semble pas plausible. Cela dit ça fait longtemps qu'on ne lit plus du XIII en se demandant si c'est plausible.
Côté dessin, c'est du tout bon, Jigounov respecte parfaitement le boulot de Vance, on croirait du Vance d'ailleurs.
Avec ce tome 20, je peux le dire, j'adhère à nouveau à XIII, et je vais me jeter sur la suite comme au bon vieux temps.
La sortie d'un nouvel album de XIII est toujours un évènement, surtout quand cette série a eu du succès, et encore plus quand on la croyait finie. Mais, méfiance, deux nouveaux auteurs sont aux commandes, que vont-ils en faire ? L'expérience montre malheureusement beaucoup plus de ratés catastrophiques que de réussites éclatantes. Alors, avec l'album entre les mains, j'hésite presque. Déjà la couverture est de mauvais augure. Un titre qui ressemble furieusement à celui du premier tome, un XIII pas très ressemblant, damned, serait-ce une bouse ?
Et puis la lecture commence, les graphismes sont agréables, l'intrigue semble construite et ne pas sentir le réchauffé. Les premières mauvaises impressions s'estompent, c'est pas mal. Et puis, quand même, une impression de déjà vu s'installe peu à peu. Il y a un petit malaise qui revient. Ce que moi je reproche aux tous derniers albums de XIII se retrouve ici : les situations qui s'enchainent et qui plongent le héros dans les pires ennuis sont souvent le résultats de circonstances fortuites, et imprévisibles. Donc ceux qui manigancent tout ça ne contrôlent rien, en fait, c'est un peu du hasard. D'un autre côté, on ne sait pas tout, il faut attendre la suite.
La suite, ça y est, le mot est lâché : je vais attendre la suite. Je ne suis pas raisonnable, tout de même. Attention, amis lecteurs, cette série est dangereuse. Il faut qu'on sache. Je veux savoir. Il y a dans ce scénario suffisamment de thèmes accrocheurs pour qu'on ne puisse pas abandonner. Donc je vais attendre. La suite. Avec impatience.
Après un dernier round qui était loin de m'avoir mis KO, je me demandais si la série pouvait retrouver un peu de son punch. Je n'ai pas été déçu, même si je n'ai pas été ébloui non plus.
Le premier constat est que Youri Jigounov ne démérite pas, loin de là. C'est déjà fort louable. En effet les codes graphiques de William Vance sont très bien respectés. Je dirais qu'une filiation est établie, sans pour autant être un vulgaire clonage. Le dessin est donc aussi réaliste qu'agréable, et le bon travail de la coloriste est aussi à souligner.
Quant au scénario, c'est une autre paire de manches. Comment, en effet, pouvoir à la fois relancer la série, sans tomber dans ses travers : la redondance, les renvois incessants aux volumes précédents ? Sacrée gageure !
Yves Sente commence donc à se faire une spécialité de la reprise des séries cultes : on pense bien sûr à "Blake et Mortimer" où il succède aussi à Van Hamme, mais aussi à "Thorgal".
Pour ce qui est de notre amnésique préféré, le scénariste a joué sur deux tableaux qui correspondent au peu d'espace restant.
Le premier stratagème consiste à fouiller sa tendre enfance et nous renvoyer ainsi par ricochet aux premiers colons Américains, comme le titre de l'album l'indique. Le second point d'encrage (et là je trouve l'idée particulièrement pertinente) consiste à révéler qu'une organisation présidait à la conspiration des XX. Quelque chose, qui, une fois posé, paraît presqu'évident...
Pour autant, quelques grosses ficelles se glissent dans la trame : le coup du pote qui resurgit 30 ans plus tard, et qui va se faire déssouder aussitôt, c'est moyen. Heureusement, il va pouvoir murmurer deux/trois trucs hyper importants avant son dernier souffle... Très moyen...
Tout comme l'arrivée d'une super belle nana encore machiavélique : cela sent le réchauffé... Enfin XIII apparaît un peu trop souvent comme subissant les évènements (M****, c'est quand même El Cascador, non ?), quand il ne bénéficie pas de la bétise incommensurable de ses ennemis. Perso, c'est la première fois que je vois un type se faire arroser d'essence à bout portant et que son bourreau ne lui jette pas l'allumette sur la tronche, préférant la balancer sur le sol. Celui-ci, il n'a pas fait l'école de la Mangouste, ni celle du méchoui ! Bon, comme il faut pas pousser non plus, il finira broyé par les pales du moteur de bateau, parce que, d'un seul coup d'un seul, XIII s'est souvenu qu'il était, lui aussi, un tueur !
Bon, je force un peu le trait, parce qu'il est vrai que l'album est très rythmé et divertissant.
A noter, le guest star de Vance pour la pochette (eh bein, Gdev, ça te fait drôle que l'ex Spads ait vieilli ? :) ) et pour le flashback "époque colon" de 4 planches, en fin d'album.
| Album | Avis | Moyenne |
|---|---|---|
| XIII, tome 1 : Le jour du soleil noir | 21 | 4.10 |
| XIII, tome 2 : Là où va l'indien... | 15 | 4.00 |
| XIII, tome 3 : Toutes les larmes de l'enfer | 15 | 4.10 |
| XIII, tome 4 : SPADS | 12 | 4.04 |
| XIII, tome 5 : Rouge total | 11 | 3.82 |
| XIII, tome 6 : Le dossier Jason Fly | 10 | 4.05 |
| XIII, tome 7 : La nuit du 3 août | 10 | 4.25 |
| XIII, tome 8 : Treize contre un | 11 | 4.18 |
| XIII, tome 9 : Pour Maria | 9 | 3.72 |
| XIII, tome 10 : El Cascador | 9 | 3.94 |
| XIII, tome 11 : Trois montres d'argent | 9 | 3.56 |
| XIII, tome 12 : Le Jugement | 11 | 3.86 |
| XIII, tome 13 : The mystery - L'enquête | 9 | 3.50 |
| XIII, tome 14 : Secret défense | 10 | 2.80 |
| XIII, tome 15 : Lachez les chiens | 10 | 2.50 |
| XIII, tome 16 : Opération Montécristo | 9 | 2.17 |
| XIII, tome 17 : L'Or de Maximilien | 8 | 2.63 |
| XIII, tome 18 : La version irlandaise | 9 | 3.17 |
| XIII, tome 19 : Le dernier round | 9 | 2.22 |
| XIII, tome 20 : Le jour du Mayflower | 4 | 3.88 |
| XIII, tome 21 : L'appât | 3 | 3.83 |