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Tome 8 : Martha Shoebridge
 

XIII Mystery, tome 8 : Martha Shoebridge

 
 

Résumé

XIII Mystery, tome 8 : Martha ShoebridgeAfin d'acceder au résumé de XIII Mystery, tome 8 : Martha Shoebridge, merci d'activer Javascript.

 

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Planche de XIII Mystery, tome 8 : Martha ShoebridgeMartha est pour moi un personnage atypique dans la série "XIII". Elle n'apparaît que dans un seul album, le premier de la sére, mais a su s'imposer comme un personnage attachant, et plein de sensibilité. Il est rare que des personnages aussi fugaces qu'elle laissent un tel souvenir. Pourtant, on ne sait pas grand chose de cette femme : dans "le jour du soleil noir", on apprend juste qu'elle était chirurgien et qu'elle a été congédiée pour son alcoolisme notoire, qui aurait causé la mort d'un en enfant et de sa mère. Dans le dossier d'enquête (tome 13, de "XIII"), on apprend en plus qu'elle était obtétricienne, et qu'elle est devenue alcoolique suite à une déconvenue sentimentale, et qu'une patiente enceinte est décédée sur sa table d'opération.

Tout le challenge de cet ouvrage est de revenir en détail sur ce passé douloureux pour présenter de façon beaucoup plus précise tous ces éléments. Et c'est là que ca commence à coincer selon moi. Parce que, pour coller vraiment à l'univers de la série, le scénariste a décidé que la "deconvenue sentimentale" à l'origine de tous les maux de cette femme était en fait du à... William Sheridan. Une idylle vécue lorsque Martha était une jeune chirurgien, et William un député prometteur, qui allait gravir un à un tous les échelons. Une ascension qui, selon son entourage, ne saurait être entachée par une "mésalliance" : le fils d'une des plus grande dynastie industrielle du pays avec une obstétricienne inconnue, ce ne serait pas convenable... d'autant qu'il y a également de très belles femmes dans l'entourage de William, de lignée beaucoup plus acceptable, et sutout avec plus d'ambition politique. Ce qui me dérange au premier chef là-dedans, c'est que l'idylle est peu crédible : on sent que c'est au chausse-pieds que l'auteur établit un lien entre Matha et William, et donc la confrérie des XX, alors que ce qui faisait peut-être son authenticité dans le premier tome de "XIII", c'était qu'elle soit totalement étrangère à tout cela. Pour le reste, la narration "se contente" de dresser le portrait d'une relation compliquée, faite de haut et de bas, entre amour et amitié, entre sentiments et nécessité politique. La trame générale reste donc assez banale et je trouve que cet angle de vue rend Martha moins authentique, et donc moins attachante.

Par ailleurs, si l'histoire entre Martha et William est quand même trop improbable pour être crédible, cette histoire de maîtresse et d'enfant à naître est, pour le coup abracadabrantesque. Parce que finalement, pour coller à la connaissance que l'on a de Martha, le scénariste invente encore davantage d'idées qui font plus plaquées que construites.

En revanche, les nuances autour des sentiments et des situations sont quant à elles très bien fouillées. En particulier, la série "XIII" retiendra que Martha était une alcoolique. On découvre dans cet album que cette vérité doit être appréciée au regard du rôle que l'on veut faire jouer à Martha. Ce verre jeté dans l'évier en est un superbe exemple. Par ailleurs, alors que la série "XIII" présente un William Sheridan en président irréprochable, dont le seul défaut serait d'avoir un frère ambitieux, cet album vient écorner cette image un peu trop parfaite : l'enchainement des conquêtes, et surtout le rôle qu'il a joué dans le drame qui se trame ici (un rôle qui est même salué par le vieux Giordino, c'est dire l'honnêteté de l'affaire !), présentent un personnage moins lisse et moins irréprochable que ce que l'on a bien voulu nous faire croire jusqu'à présent.

Enfin, côté dessin, le dessinateur de "Du Plomb Dans La Tête" rend une copie bien propre, dans la pleine lignée de Vance, en pleine cohérence avec l'univers de "XIII". Si le physique de la Martha jeune est bien éloigné de celui qui l'on connaît, les dernières planches de cet ouvrage, en revanche, montrent combien le dessinateur s'est approprié les codes graphiques de la série, a tel point que l'on pourrait presque enchainer avec "Le jour du Soleil Noir" sans remarquer vraiment le changement de dessinateur.

Je regrette un petit peu que l'histoire que l'on fait vivre ici à Martha sacrifie l'authenticité du personnage à une volonté un peu forcée de la rendre davantage liée au clan Sheridan, même si la force des sentiments proposée permet de compenser le manque de crédibilité de la trame générale.


Chronique rédigée par gdev le 17/06/2015
 
 
Avis de :Un bon moment de lecture ! Note de l'album : 3,50
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 3,50 Note générale
  • Originalité : 3,50 Originalité
  • Scénario : 3,00 Scénario
  • Dessin : 3,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.50
Dépôt légal : Juin 2015

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD XIII Mystery, tome 8 : Martha Shoebridge, lui attribuant une note moyenne de 3,50/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

23 7 2016
   

Et voilà, j’ai enfin rattrapé mon retard sur cette série qui compte déjà neuf tomes. Si les premiers tomes de ce spin-off visant à approfondir l’univers de XIII se concentraient à chaque fois sur l’un des personnages-phare de la saga, les suivants avaient plutôt tendance à s’intéresser à des personnages secondaires, parfois assez méconnus comme Billy Stockton ou plus récurrents comme Betty Barnowsky. Ce huitième opus de XIII Mystery met en scène Martha Shoebridge, qui n’apparaît qu’au tout début de la saga.

Chaque tome de cette saga étant attribué à un duo inédit d’auteurs (tandis que Jean Van Hamme garde un œil sur l’ensemble afin d’éviter au maximum les incohérences scénaristiques), le lecteur ne sait jamais trop à quoi s’attendre. Ici, Frank Giroud et Colin Wilson s’attaquent donc à la femme alcoolique qui sauva XIII lors du Tome 1 (Le jour du soleil noir). N’ayant pas vraiment fait long feu au sein de la saga, le lecteur ne savait vraiment pas grand-chose du médecin et même le Tome 13 (l’Enquête) ne révélait pas beaucoup plus. Heureusement, ce spin-off est là pour combler les zones d’ombre.

Ce tome débute lorsque l’obstétricienne fait la connaissance du député William Sheridan à une Garden party chez les Fitzsimmons. L’idylle qui s’installe entre les deux n’est pas vu d’un bon œil par tout le monde et surtout pas par l’assistante de William, qui va nous faire une petite fixette sur Martha et contribuer à la déception amoureuse qui la poussera à boire et à finir radiée de l’ordre des médecins.

Après un tome plutôt axé sur l’action, cette saga parallèle nous propose un thriller sentimental beaucoup plus lent, mais pas forcément moins efficace. Bon, certes, en voulant insérer sa petite histoire dans la grande, Frank Giroud finit par utiliser des ficelles un peu trop grosses. On a donc du mal à croire à cette liaison improbable entre la petite Martha et le futur Président des États-Unis et le fait de constater à quel point la petite est finalement liée à la famille Sheridan en surprendra donc plus d’un car on la croyait totalement étrangère à tout cela.

Mais, malgré ces liens un peu artificiels et capillo-tractés, l’auteur dresse néanmoins un portrait assez intéressant de Martha et dévoile même une part sombre assez inattendue de William Sheridan. Au fil des pages, on finit même par oublier le manque de crédibilité de l’intrigue pour s’attacher à cette femme un peu trop naïve qui se laisse embarquer dans une histoire d’amour riche en manipulations et aux conséquences psychologiques importantes. De plus, j’aime beaucoup le dessin de Colin Wilson ("La jeunesse de Blueberry", "Wonderball", "Du Plomb Dans La Tête").

Bref, un bon tome… qu’il serait même intéressant de lire avant d’entamer la lecture de la série principale.

16 7 2015
   

L'avantage avec les spin-off, ou séries dérivées, c'est qu'on peut y prendre du plaisir quand c'est bien fait et en même temps ne pas forcément louper quelque chose de fondamental si on ne les lit pas.
Mais bon, "XIII", c'est une légende et cette dérivation offre tout de même de bons moments avec le focus sur les personnages de la saga.
Celle-ci joue à fond sur les stéréotypes du mélo. Martha, c'est un perso inoubliable, qui est là dès le départ et dont les traits de personnalité sont particulièrement attachants.
Alors avec ce tome, on connaît désormais l'origine de son alcoolisme, sur fond de déception amoureuse.
En s'appuyant une sur une description classique du rapport amoureux et de la place que les politiciens laissent aux femmes qu'ils séduisent, Giroud tisse un récit classique. A défaut d'être surprenant, il renforce l'aspect attachant de cette femme qui sauvera le N°XIII.
Il y a bien sûr des grosses ficelles, comme celle du complot et des liens de Sheridan avec les maffieux, mais ça se laisse lire agréablement.
Finalement, le background proposé est plutôt sympa. Contrat rempli : on connaît le passé tragique de Martha, dont on ne pouvait pas soupçonner non plus à quel point elle fut proche du Président assassiné.

Un mot sur le bon boulot de Colin Wilson. Décidément, il démontre une fois de plus sa capacité à répondre aux exigences de la Bd francophile, lui qui est si à l'aise dans les productions britanniques ou US. Son trait est ici très adouci, comme pour mieux s'éloigner des codes du polar, qu'il maîtrise parfaitement par ailleurs.