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Tome 11 : Jonathan Fly
 

XIII Mystery, tome 11 : Jonathan Fly

 
 

Résumé

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Planche de XIII Mystery, tome 11 : Jonathan FlyPour ce onzième tome de la série, Brunschwig est aux commandes et rend une copie impeccable. On retient de la série principale de XIII que Jonathan Fly est un journaliste engagé qui a subit le maccarthysme, et qui a été assassiné par le Ku Klux Klan. Le père de Jason Fly (ou McLane) joue un rôle important dans la construction du personnage principal, mais finalement, les éléments le concernant restent assez limités. Et Brunschwig s’engouffre dans la brèche pour proposer une histoire convaincante.

Une histoire convaincante tout d’abord très ancrée dans l’Histoire des USA, où les ressemblances avec des personnes ayant existé sont loin d’être fortuites. Les situations également font écho à la réalité historique, avec ici ce pasteur Caton-Wood, défenseur des droits civiques des noirs américains. On se retrouve ainsi dans l’Amérique des années 60, pleine de réalisme.

Une histoire convaincante ensuite parce que Jonathan Fly n’est pas à Greenfalls uniquement pour se faire oublier des autorités. En fait, notre enquêteur attend depuis de longues années déjà la visite que va faire le patron du FBI à son ami Dwight Rigby, pour une partie de chasse au cerf. Au fil d’un récit fluide, Brunschwig donne sa propre interprétation de la présence de Fly à Greenfalls, et la relie à l’Histoire des USA. Tout cela est bien construit et si on est dans l’expectative en début d’ouvrage, le scénariste lève progressivement les zones d’ombre pour justifier, encore davantage que dans la série-mère, l’importance du personnage de Jonathan Fly.

Une histoire convaincante toujours parce que Brunschwig n’en fait pas des tonnes. Il ménage ses effets, mesure ses actions, et garde un souci constant de la crédibilité. Certes, cette dernière est peut-être mise à mal dans le passage de l’ancienne mine, mais dans l’ensemble, on y croit, à son histoire, tout simplement parce que le scénariste n’est pas parti dans un délire incroyable, qui aurait de fait de Jonathan Fly le descendants d’on ne sait quelle reine d’Angleterre… Ici, hormis quelques petits éléments nécessaire à l’œuvre de fiction, le récit est solide. D’autant plus que cette fiction repose également sur un réalisme des relations entre les personnages et notamment entre Jason et son père. Brunschwig évite l’écueil de présenter un Jason qui serait un héros avant l’heure. Il se contente de le présenter comme un gamin comme les autres, qui de plus a ses propres difficultés de compréhension et de communication avec son père. La justesse du personnage assoit encore davantage la crédibilité de l’ensemble du scénario.

Une histoire convaincante enfin puisque le scénariste reboucle habilement avec « La nuit du 3 août » et plus généralement avec l’ensemble de l’univers de XIII. Contrairement à d’autres albums de « XIII Mystery », dans lesquels on pouvait avoir l’impression que les scénaristes faisaient entrer aux forceps certains personnages secondaires dans l’univers de la série (pas toujours cohérent avec ce que l’on connaissait de la série), ici, tout coule de source, et les liens avec « XIII » sont évidents, sans dénaturer l’intrigue de la série principale. Jonathan Fly prend plus d’ampleur, plus de carrure et de charisme, mais Brunschhwig veille bien à ne passer la marge de manœuvre que lui laisse les non-dits de la série principale, sans aller au-delà.

Le dessin assuré par Taduc est très sage, dans l’esprit de ce que l’on attend d’un « XIII », comme pour souligner ce souci de vérité et de réalisme du scénario. Ça manque peut-être un poil de folie mais le dessinateur de « Griffe Blanche » fait de la finesse une marque de fabrique.

Voici un album de "XIII Mystery" qui réussit haut la main l’exercice imposé de la série dérivée, venant donner un relief supplémentaire à l’un des personnages de la série, sans pour autant perturber les fondamentaux de "XIII".


Chronique rédigée par gdev le 05/07/2017
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,50 Note générale
  • Originalité : 3,50 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.33
Dépôt légal : Juin 2017

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD XIII Mystery, tome 11 : Jonathan Fly, lui attribuant une note moyenne de 4,33/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

18 2 2018
   

J’attendais le onzième tome de ce spin-off visant à approfondir l’univers de XIII en se concentrant à chaque fois sur l’un des personnages de la saga, avec grande impatience. Comme chaque tome de cette saga est attribué à un duo inédit d’auteurs (tandis que Jean Van Hamme garde un œil sur l’ensemble afin d’éviter au maximum les incohérences scénaristiques) et qu’il y avait un certain Luc Brunschwig annoncé au scénario, vous comprendrez aisément pourquoi. Outre la joie de voir mon auteur fétiche sur une saga dont la taille du lectorat est à la hauteur de son talent, j’étais également curieux de découvrir ce que donnerait son association avec Olivier TaDuc (« Chinaman », « Griffe blanche »).

Si certains tomes de ce spin-off avaient la lourde tâche de s’intéresser à des personnages secondaires, Luc Brunschwig et Olivier TaDuc ont la chance (et la grande responsabilité) de pouvoir s’attaquer à l’un des personnages-phare de la saga. Jonathan Fly n’est en effet pas uniquement un journaliste engagé du « Mountain News », vivant caché dans un bled perdu nommé Greenfalls, c’est surtout le père adoptif de Jason Fly, alias Jason Mac Lane. Etant donné que XIII aura tenu tout le monde en haleine sous ce nom, je n’étais probablement pas le seul à attendre ce spin-off avec grand intérêt.

Ce one-shot plonge donc dans le passé du journaliste, levant ainsi le voile sur la période qui précède les événements tragiques de « La nuit du 3 août ». En se basant sur les informations contenues dans les tomes 6 et 7 de la série mère, Luc Brunschwig imagine une intrigue qui débute par l’étrange disparition du pasteur noir Isayah Caton-Wood, grand défenseur des droits de la population noire des États-Unis et homme qui dérange donc l’establishment. Au fil des pages, l’auteur va forcément également s’intéresser au sort de Jonathan Fly, mettant d’une part la (non-)relation qu’il entretient avec son fils en avant, mais dévoilant surtout pourquoi il a choisi de se terrer dans un bled paumé, ainsi que les faits qui ont précédé de son assassinat.

Luc Brunschwig a cette capacité de vous dresser le portrait de personnages forts, qui ne vous quittent pas une fois l’album refermé, mais j’étais cependant persuadé qu’il avait pour cela besoin de place et de temps… alors qu’il se retrouvait ici dans l’obligation de livrer un one-shot. Et bien, Houston n’a eu aucun problème et je me suis donc royalement planté, car le garçon nous livre à nouveau des personnages fouillés, qu’il nous croque en seulement quelques cases. Deux truites jetées à la poubelle par le petit Jason, un regard que le scénariste connaît visiblement trop bien à en croire la préface touchante dédiée à ses enfants, et hop, le tour est joué, on s’attache au gamin et à ses aventures. De même pour Jasper Konrad Glover, le grand patron du FBI, que l’on ne met que quelques cases à détester.

Une fois les personnages en place, l’auteur déroule le reste de ses capacités, c’est-à-dire une narration impeccable et cette aptitude à imbriquer toutes les pièces de son puzzle quand il faut et comme il faut. Force est également de constater que Brunschwig à beau faire une saga grand public, cela ne l’empêche pas de mettre en avant certaines pages peu glorieuses de l’histoire des États-Unis. Puis, il y a forcément cette relation père-fils, qui ne pouvait évidemment pas manquer et l’appel, thème qui tient l’auteur particulièrement à cœur. Bref, du Brunschwig en one-shot, j’en redemande !

Luc Brunschwig sait également s’entourer de personnages particulièrement talentueux pour la partie graphique de ses albums et c’est une nouvelle fois le cas avec Olivier Taduc au dessin et Bérengère Marquebreucq à la colorisation. D’un trait réaliste, précis et parfaitement adapté au style de la saga originelle, le premier offre une mise en scène parfaitement rythmée et de toute beauté, tandis que la seconde semble aussi à l’aise en forêt qu’en pleine nuit, distillant à chaque fois la bonne ambiance.

Bref, le meilleur tome de la série et un one-shot qui place la barre très haute pour les deux tomes qui restent à venir : Daniel Pecqueur et Philippe Buchet pour le suivant, consacré à Alan Smith, et Jean Van Hamme himself et Olivier Grenson pour le treizième volet.

16 8 2017
   

J’ai profité de ma (re)lecture de la série mère, et plus particulièrement du tome dénommé « la nuit du 3 août », pour débuter celle de la série dérivée, XIII mystery intitulée Jonathan Fly. Rappelons que chaque tome de XIII mystery est consacré à un personnage secondaire de XIII, et que, de ce fait, ils peuvent se lire indépendamment. Après avoir lu celui consacré à Betty, me voilà donc au tome 11. Le dessin est assuré par Ta Duc, clair net et précis, dans son style qui lui est propre, il rentre parfaitement dans la charte de la série mère. Le scénario est laissé à Brunschwig, un de mes auteurs préféré.

Je pense que le succès de ce 11ème tome est mérité, car le scénariste, en revenant sur un des passages les plus intéressants de la série mère, ne s’est pas trompé. Il revient habilement sur un des personnages les plus emblématiques et le plus proche de Jason Fly, puisque c’est son père. Mais ce n’est pas tout, la période est aussi attractive. La présence du KKK, et les actes qu’ils commettent dans une Amérique profonde sont bien restitués. Tout cela rend le tome passionnant, d’autant que le scénariste n’oublie pas de développer aussi son personnage de XIII enfant, ce qui permet de mieux comprendre pourquoi le jeune garçon est fâché après son père.

Un très bon épisode dont je conseille vivement la lecture.