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Le premier opus de "Wolfmund" m'avait à l'époque fait fort belle impression : un contexte original, un dessin atypique et un potentiel énorme présageait alors du meilleur pour la série.
J'avais toutefois émis quelques réserves sur le bien fondé du concept, craignant qu'avec le temps la succession de tentatives de passage du Col du Loup ne finisse par lasser.
Ce second volume vient à moi comme la confirmation de cet atypisme, de cette fraicheur bienvenue dans le monde hyper codifié du manga (et de la bande dessinée en général, par extension). Il balaie aussi mes doutes, faisant passer à la trappe mes quelques craintes.
Si le concept narratif reste le même, c'est à dire une quasi unité de lieu (disons, Wolfsmund et son environnement proche), que des personnes aux motifs variés (mais plus précisément liés à la rébellion dans ce tome) tentent de traverser, se heurtant à Wolfram et ses troupes.
Mais c'est aussi l'occasion de donner au personnage de Grete, la patronne de l'auberge, beaucoup plus de densité, de profondeur.
De manière générale, les histoires semblent plus construites, plus réfléchies, et s'intègrent bien mieux dans une fresque épique que les nouvelles du tome précédent. Et c'est un point important, tout Wolfsmund s'en trouvant transcendé, passant du statut de "série sympa" à "belle série à suivre" !
Le dessin de Wolfsmund joue lui aussi pour beaucoup dans cette impression de fraicheur, de nouveauté. Le trait de Mitsuhisa Kuji, très personnel et atypique, est un plaisir de finesse. Un nombre important de gros plans et inserts permettent au lecteur de vite s'approprier les personnages, qui pourtant souvent ne durent qu'un temps...
Un mot sur la couverture : je ne la comprend pas. Pour moi, c'est un frein à l'achat important, classant inconsciemment la série dans les japoniaiseries limite hentaï, ce que Wolfsmund n'est clairement pas. Et si Grete est bien le personnage fort de ce volume, il y avait des manières bien plus poétiques de la représenter ici. Bref, n'hésitez pas à passer outre cette couverture qui donne l'impression que Wolfsmund est un manga racoleur, car cette série en est aux antipodes dans son contenu et son concept.
Excellent second tome d'une très bonne série, Wolfsmund fait maintenant partie des immanquables de 2012. Espérons que la suite arrive vite !
Tous les visuels de cette chronique sont © Mitsuhisa Kuji
2 internautes ont donné leur avis sur l'album Manga Wolfsmund, tome 2, lui attribuant une note moyenne de 3,75/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Alors que la fin du tome précédent semblait vouloir ouvrir la porte à une véritable intrigue, le second volet de cette saga médiévale particulièrement sombre, qui se déroule en Suisse au quatorzième siècle, se poursuit sur base du même concept narratif. Chaque chapitre invite donc à suivre un nouveau couple de personnages qui se heurtent à la cruauté du Duc Léopold Ier et de ses acolytes qui dirigent l’état d’une main de fer.
La première histoire invite ainsi à suivre un vieil aubergiste, qui dénonce régulièrement des rebelles afin de pouvoir assouvir les désirs matériaux de sa femme. Le lecteur n’a donc plus droit à des personnages qui tentent de fuir le pays via la passe du Saint-Gothard, mais à des traîtres qui contribuent à entretenir le climat de suspicion et de terreur qui règne sur la région.
Le couple suivant est composé d’une mère et de sa fille, qui tentent de franchir la frontière pour remettre un message aux rebelles. Le lecteur retrouve donc Wolfsmund, la Gueule du Loup, ce passage stratégique réputé infranchissable et gardé par l’impitoyable Wolfsram, mais également Grete, la jolie tenancière de l’auberge du coin. Cette histoire cruelle et foncièrement injuste montre non seulement des formes de torture assez insupportables, mais réserve surtout une conclusion assez inattendue. Ces dernières planches semblent d’ailleurs vouloir confirmer le ressenti du premier volet, c’est-à-dire : l’absence d’une intrigue principale et même d’un véritable héros.
Visuellement, je ne suis toujours pas fan du style de Mitsuhisa Kuji, l’ancien assistant de l’auteur de Berserk (Kentarô Miura). Je reconnais cependant l’excellent boulot au niveau des personnages, que l’auteur parvient à rendre attachants (ou détestables) en seulement quelques pages. Malgré des histoires assez courtes, le lecteur parvient en effet à s’attacher au sort des différents voyageurs et donc à accrocher à cette très bonne saga.
| Album | Avis | Moyenne |
|---|---|---|
| Wolfsmund, tome 1 | 3 | 3.33 |
| Wolfsmund, tome 2 | 2 | 3.75 |
| Wolfsmund, tome 3 | 1 | 4.00 |
| Wolfsmund, tome 4 | 1 | 4.00 |