
Bon, voilà une nouvelle série qui me turlupine…Mon cœur balance, je ne sais trop quoi penser…
Premièrement le dessin :
Prenez la couverture. Franchement, quand vous l’avez dans vos mains, elle claque. Vraiment belle, avec un revêtement tout doux vraiment agréable, un rendu mat superbe et un découpage en 2 parties du plus belle effet ;
La partie haute noire maculée de quelques taches de sang et la partir basse nous plongeant d’emblée dans l’ambiance feutrée et mystérieuse avec ces deux silhouettes perdues devant l’immensité d’une cathédrale.
Vraiment, je la trouve belle, vraiment moderne et novatrice.
En revanche, ouvrez ce premier tome et là, il vaut mieux être assis car on tombe de haut. Enfin, pour un tome qui veut nous replonger dans les années renaissance vers 1500, c’est pas mal…Car le style du dessin date à peu près de cette époque là…Sans rire, le choc avec la couverture, de découvrir ce trait rappelant les albums de « Alix » ou « Lefranc » !!! des séries créées pour la première en 1956 ! un style vieillot et des couleurs tout aussi ternes.
Alors, un saut sur la biographie du dessinateur, Gilles Chaillet, m’apprend qu’il a travaillé justement sur les deux séries précédemment mentionnées avec Jacques Martin…Certaines choses s’expliquent d’elles mêmes !
Alors, forcément, ce dessin à les défauts de ces qualités. Une finesse de trait qui n’existe plus que chez ces dessinateurs de la « vieille » école. Une précision dans le trait, notamment pour les architectures, diabolique, une maitrise des proportions, des perspectives, bref, un magnifique travail dans le genre.
Mais forcément, le trait manque de vie, de dynamisme, les couleurs manquent de peps, de tonus, même si elles ne sont aucunement de mauvais goût. Juste une fois encore un travail à l’ancienne. Moi qui ai tendance à me plaindre des séries modernes, parfois trop pour moi, cette série moderne est trop ancienne pour moi…(me suive qui peut dans mon raisonnement…)
Alors, acceptons les qualités du travail réalisé, la qualité des recherches effectuées afin de nous rendre une BD historiquement précise et occupons nous du scénario.
Alors, surprise, « Vinci » aborde un passage de la vie inconnu de Léonard de Vinci. Convard, que je connais et apprécie pour des séries comme « chats » ou « neige » nous offre un début d’album plutôt sympathique dans lequel, le génie à la fois artiste, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, peintre, sculpteur, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, poète, philosophe et écrivain né à Vinci le 15 avril 1452 et mort à Amboise le 2 mai 1519 nous apparait sous un jour nouveau.
Un crime ignoble est commis et l’homme chargé de l’enquête lui demande son avis d’homme au regard précis.
Mais le responsable de ses crimes ne reste pas mystérieux très longtemps, le secret est vite éventé, le scénario ne tient donc plus qu’au mystérieux tableau que François 1er tente de cacher.
Le scénario devient rapidement linéaire et sans grand rebondissement.
Il n’en pas moins que le scénario est plaisamment compté et que l’histoire avec ce héro original et tourmenté retient mon attention.
D’enquête, il n’est plus vraiment question, de scénario nous tenant en haleine, il n’est donc pas vraiment question.
Non, mais en revanche, Convard a effectué des recherches historiques et cale sa trame sur des faits réels, donnant consistance et poids à son histoire. Se promener avec Léonard de Vinci dans ces rues est au final charmant, à défaut d’être trépidant.

Ca c’est bien ! Une série en 2 tomes ! Au moins, pas besoin d’attendre 18 ans pour en avoir la fin…
Et pour le reste, on reprend le tome 1.
Notamment pour le dessin qui n’évolue pas. Mais ce n’est pas une surprise, vu que Gilles Chaillet utilise la même technique qu’il y a 30 ans…Changer entre tomes d’une même série on oublie donc. Le mieux pour vous faire une idée est de relire mon avis sur le tome 1…
Dessin d’une autre époque ayant les défauts de ses qualités, une fois accepté, il n’est pas désagréable.
La couverture une fois encore est très belle, avec une texture douce au toucher. A la présentation légèrement différente du premier tome puisque maintenant, les tâches de sang trouble l’eau du bateleur…Une couverture une fois encore pleine de mystère, belle et moderne.
Coté scénario. Pas de vrai changement. Le scénario reste plutôt linéaire, aucune grosse surprise ne vient modifier le cours de l’histoire, de l’Histoire, ni du scénario. De l’Histoire car l’histoire de Vinci par Convard est suffisamment bien pensée pour expliquer pourquoi aujourd’hui, cette partie de sa vie n’est pas connue.
En revanche, Convard ose s’attaquer au mythe Léonard De Vinci. Il ose lui donner une âme différente de ce l’on s’imagine généralement de lui. Et je ne gâcherai pas grand-chose à le dévoiler (mais pour ceux qui n’ont pas encore lu le T1 ou sont vraiment naïfs cela peut-être un spoiler) Convard nous donne sa vision de l’origine de la Mona Lisa, et sa vision est créative.
Convard ose faire commettre des actes inavouables à son héro, à ce Héro de tous les temps.
Convard ose et finalement, plus que l’intérêt du scénario ou de l’intrigue c’est cela qui donne son véritable intérêt à cette série.
Remettre en question léonard, son disciple et son ange.
C’est pourquoi je referme ce 2ème tome plutôt heureux de ma lecture.
Malgré une trame principale manquant cruellement de renouveau et d’originalité, l’utilisation de léonard De Vinci, sa vision du personnage sont intéressantes et donnent tout le piment à cette œuvre.
S’il n’avait s’agit que de l’utilisation et de la vision du génie, ma note tournerait autour facilement autour de 4. Mais pour le scénario vite percé à jour et pour le dessin d’une autre ère, mon note finale est donc diminuée.