
Généralement, j'aime bien les scénarii de Brunschwig. Tout simplement parce que ce sympathique auteur n'hésite pas à s'engouffrer dans des univers vus et revus (ici, l'Heroic Fantasy) pour tenter d'en tirer quelque chose d'original, frais, se démarquant singulièrement de la production générale. Dans le cas d'Angus PowderHill, il y arrive à merveille. Dans Vauriens, série antérieure, c'est une fois encore assez séduisant, bien écrit, différent.
Le héros, déjà, est à des années lumières du bellâtre gominé et musculeux typique des séries HF basiques. Ce jeune acrobate, que la nature n'a pas particulièrement gâté (les oreilles de Babar le limitent pas mal question drague), se révèle finalement être un séduisant héros tant son innocence ne fait aucun doute.
De plus, même si la quête n'est pas particulièrement novatrice, la narration, le déroulement, se veulent vraiment différents, sortant des sentiers battus.
Toutefois, il est amusant de remarquer à quel point l'ensemble de ce premier tome sonne comme un one-shot : m'est avis que Delcourt n'avait qu'une confiance moyenne en cette série. C'est peut être ce qui fait la faiblesse de ce premier opus : Pas de réel suspens en fin d'album, juste une fin assez ouverte pour permettre une suite, mais relativement fermée pour contenter le public en cas d'abandon de la série.
Cagniat se débrouille assez bien. Ce qu'il effectuera par la suite dans le monde de la BD sera autrement plus beau et complexe, mais on sent déjà qu'il maîtrise les situations graphiques complexes. Et puis, épaulé par Guth aux couleurs, l'ensemble est tout de même chouette :)
Ne boudons pas notre plaisir : si ce premier tome n'est pas génial, il reste tout de même de bonne facture, et vous fera passer un très bon moment.

Après un album à la fois introductif et se suffisant à lui-même, l'histoire reprend de plus belle dans ce nouvel opus.
En effet, la Clémence refait son apparition, accompagnée de Dame Brèche-Dent, avide de pouvoir, et qui va asservir les peuples du monde de "Vauriens" qui seront destinés à bâtir le grand temple de la conquérante.
Alors que je reprochais à l'album précédent de ne pas aller assez loin dans l'univers proposé, Brunschwig prend ici les devants et prépare soigneusement un troisième tome qui promet d'être de grande qualité, si toutes les pistes ouvertes sont cohérentes et menées à leur terme.
Hélas, la première partie de cet album est plutôt lente. Après une conclusion hâtive en fin de premier tome, il faut ici redévelopper l'ensemble du background, raccrocher tous les wagons avant de pouvoir partir dans de nouvelles aventures. Par contre, la seconde moitié du récit est palpitante, et les dernières pages laissent présager du meilleur pour la suite.
Le dessin de Cagniat gagne en maturité. Plus fin, il est assez dynamique et fourmille de détails. Ce dessinateur ne fait pas les choses à moitié, ça se voit ! Guth, pour sa part, réalise un travail de qualité, ses couleurs jouant beaucoup dans les ambiances suggérées par l'album.

Ce troisième tome de "Vauriens" est le meilleur de la série, et ce par sa conclusion intrigante et inattendue.
A la première lecture de l'album, on ne comprend pas clairement le découpage de l'histoire. Alors que la première moitié du tome est passée, nous voilà déjà à la conclusion de cette histoire, gentillette. Mais que diable va-t-'il donc se passer durant les 30 dernières pages ?
Cela, je vous laisse le découvrir vous-même... car c'est véritablement tout ce qui fait la force de ce troisième tome, et de la série, par la même occasion.
Le dessin de Cagniat gagne encore en maturité, mais, mille fois hélas, Guth n'est pas de la partie cette fois-ci. Et les couleurs de l'albums ne sont pas terribles... l'encrage lui-même rend le trait grossier, sale parfois... C'est vraiment dommage.
Qu'importe ! Cette conclusion de qualité rend indispensable la lecture de cette série en 3 courts tomes de qualité. A lire !