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Avis BD de Hellspawn
 

Avis BD de Hellspawn sur V pour Vendetta


Note moyenne de Coin BD sur la série V pour Vendetta Moyenne Coin BD : 4,28/5
Note moyenne de Hellspawn sur la série V pour Vendetta Moyenne de Hellspawn : 5,00/5
 
V pour Vendetta : Integrale
ajouté le 24/04/2012
Note de l'album : 5,00
Integrale

Pour moi, V est un chef d'oeuvre. Une saga qu'on ne peut pas oublier, parce qu'elle dépasse largement le divertissement et qu'elle constitue un récit aux frontières de l'essai politique. Sans même parler de son aspect théatral, tant du point de vue de l'écriture que de son visuel.

L'horreur du fascisme y est constamment dénoncée et l'alternative anarchiste, au départ séduisante, se révèle finalement aussi folle que la cause qu'elle combat.
Le mystère, l'étrange et la violence symbolique coexistent avec une forme de poésie morbide, c'est juste sublime.

Même si ce pavé n'est pas des plus accessibles, il n'en demeure pas moins un monument du 9ième art. Le genre d'ouvrage qu'on peut lire plusieurs fois, en y découvrant systématiquement de nouvelles choses.

V pour Vendetta, tome 1 : Visages
ajouté le 28/03/2012
Note de l'album : 5,00
Tome 1 : Visages

On va essayer d'être clair et concis : il y a mille et une raisons de penser que la série est culte, mille et une raisons qu'il sera bien difficile d'énumérer.

Commençons par ce qui fait controverse : le dessin. Pour moi, c'est un must. A la fois très académique, tout comme la mise en page, et pourtant sombre et inquiétant. Les expressions des personnages m'ont très souvent fait penser au cinéma des années cinquante. Un côté rétro mais aussi intemporel, qui campe l'atmosphère théatrale caractéristique de cette Bd. Certes les couleurs sont passées, mais pour moi cela confère aussi une dimension particulière.

Poursuivons par ce qui fera l'unanimité : ce génial personnage, dont on ne sait encore rien, si ce n'est qu'il adopte des positions terroristes pour mettre à bas une société dictatoriale, où la sécurité a justifié la perte des libertés individuelles...
"V pour Vendetta" n'est en effet pas un comics oridinaire, mais un essai politique. Quel choc de voir le Parlement Anglais plastiqué, et quel choc de se plonger dans une Angleterre aux camps de concentration... C'est juste dingue et ça rappelle ô combien la démocratie n'est jamais acquise. D'autre part, il faudrait être bien malin pour ne pas apprécier à sa juste valeur le texte, pour ce qui est de la partie purement narrative ou également des dialogues...

Voilà, j'avais pris une gifle monumentale en lisant ce volume à sa parution en VF. Bien des années ont passé, et je me suis à nouveau retrouvé assis, assommé et fasciné par la puissance narrative de ce premier volume.

V pour Vendetta, tome 2 : Vérités
ajouté le 30/03/2012
Note de l'album : 5,00
Tome 2 : Vérités

Après un premier volume à couper le souffle, la suite n'épargne personne.
V est devenu l'ennemi N°1 dans une Angleterre fasciste et l'étau se resserre autour du personnage dont on commence à connaître le background... A moins que cela ne soit une fausse piste destinée à perdre la Police... et le lecteur avec.
Violence symbolique et suspens sont donc les deux axes narratifs, toujours aussi bien servis par les dialogues.
Les personnages sont donc bien installés, y compris ceux dont il faut organiser les obsèques, et la relation V/Evey Dammond devient fascinante.
Que cache-t-elle ? Que signifie-t-elle ? Sur quoi repose-t-elle et à quoi va-t-elle aboutir ?...
Autant de mystères que Moore dévoilera en temps et heure.

Enfin, je réaffirme la très grande qualité du dessin, dont l'encrage épais et charbonneux, ainsi que les plans de découpage renforcent l'atmosphère tendue, sombre et théâtrale. Pour ceux qui n'ont pas été convaincus du talent de Lloyd, jetez un œil à "Night Raven" et "Kickback", vous réviserez sûrement votre jugement...
"V pour Vendetta" est paru en 1988. Un quart de siècle après, il n'a rien perdu de sa puissance ni de sa modernité.

Note de l'album : 5,00
Tome 3 : La Valse du Vice

Si ce volume marque une rupture narrative, il n'en reste pas moins que derrière l'effet de surprise qui en résulte, l'histoire prend encore en profondeur.
Le focus n'est plus sur V, mais bien sur Evey, avec un portrait psychologique et une antériorité dans le temps qui vont permettre de mieux comprendre les raisons qui fondent la relation entre cette femme a priori fragile et celui qui défie tout un État.

Je n'ai donc absolument pas le même sentiment de confusion que ce qui a été dit avant, et en aucun cas je n'ai ressenti de déception. Au contraire, plus je progresse dans la lecture, plus je me dis que ce récit est riche.
La scène dans le cabaret est éloquente : elle met en perspective les mœurs et les relations de pouvoir que les hommes entretiennent, leur vulgarité, leur brutalité, leur misogynie également...
Un volume qui rompt le rythme, mais dont l'intérêt ne décroit pas d'un iota.

V pour Vendetta, tome 4 : Valérie
ajouté le 03/04/2012
Note de l'album : 5,00
Tome 4 : Valérie

Une des particularités de la série est que le récit connaît de nombreuses ruptures narratives, qui amènent régulièrement la trame à se décentrer du fascinant personnage de V, pour mieux y revenir plus tard.
C'est précisément le cas de ce volume, centré sur l'incarcération d'Eve et la relation distancée et symbolique qu'elle a avec Valérie.
J'affirmais dans mon avis sur le premier tome que "V pour Vendetta" pouvait être considéré comme un récit politique et cet opus en est pour moi une nouvelle illustration. Comment y échapper quand on parcourt en position de témoin le chemin de croix d'Evey ? Comment ne pas y voir une dénonciation des méthodes de toutes les polices politiques ? Manipulations mentales, tortures physiques, tonte des femmes, etc... Et même si V a en apparence le beau rôle, on s'aperçoit qu'il est également prêt, derriere ses idéaux anarchistes, a infliger bien des souffrances.

Alan Moore et son complice David Lloyd signe accomplissent ainsi un nouveau tour de force, où la frontière entre le Bien et le Mal est bien difficile à tracer...

V pour Vendetta, tome 5 : Voyages
ajouté le 03/04/2012
Note de l'album : 5,00
Tome 5 : Voyages

Au pays de fais ce qu'il te plaît, il n'y a ni Dieu ni maître... En renouant avec les actions de déstabilisation d'une Angleterre fasciste, V et le récit reviennent sur les bases du début de la série.
Une nouvelle démonstration, assise sur un discours qui a tout d'une Doctrine de l'Anarchie, que "V pour Vendetta" ne se limite pas à une étrange fiction, mais constitue bel et bien un pamphlet politique...
Quant au passage "tripé", qui permet également de revenir sur l'ignominie des camps de concentration, avec des victimes toutes désignées (personnes de couleurs, personnes homosexuelles dont le statut de victime avait déjà été dénoncé précédemment), il faut y voir une projection personnelle de ce qui tient à coeur à Alan Moore. L'auteur ne s'est en effet jamais caché de ses expériences personnelles... Dans le même ordre d'idée, on retrouve la figure de l'artiste de cabaret, qui sert en réalité le système, même s'il est exploité. Le fait qu'il ait accepté une condition pitoyable le démarque ici des victimes : il a beau s'apitoyer sur son sort, il n'en reste pas moins un être qui a fait un choix contestable, pour ne pas dire pitoyable.
"V pour Vendetta" n'est pas facile à lire. C'est une série complexe, qui suppose également que le lecteur accepte souvent de lâcher prise...

V pour Vendetta, tome 6 : Victoria
ajouté le 21/04/2012
Note de l'album : 5,00
Tome 6 : Victoria

Ce qui est magnifique face à une création, c'est les degrés de lecture qu'elle propose.
"V pour Vendetta" fait partie de ces récits, aux symboles si nombreux et forts qu'on peut amener différentes interprétations. Œuvre résolument anticonformiste, elle ne pouvait pas s'achever d'une autre façon : ici la fin n'est qu'un temps du cycle. Ce n'est pas une issue.

Dans le même ordre d'idée, on ne trouvera pas de "réponses" classiques : mais alors quelles sont les "vraies" origines de V ? Qui était-il "vraiment" ? Comment expliquer sa maîtrise de la technologie ? Hé bien on ne le saura pas, et accessoirement quelqu'un comme moi s'en tamponne.
On m'a dit "La vérité est ailleurs", et V me l'a démontré.
Cette fin colle pourtant parfaitement aux canons de la dramaturgie. C'est une tragédie, il est donc logique que le héros y perde la vie. Mais rien en meurt jamais, et la relève est toute trouvée, comme le plus beau des héritages.

"V pour Vendetta" est une œuvre complexe, d'une grande finesse, anticonformiste dans ce sens où elle échappe aux règles classiques des récits, pour en proposer un nouveau modèle. C'est une fiction doublée d'un discours politique. Un essai.
J'ai bien conscience que le cinéma et les Anonymous se sont emparés du symbole, mais pour moi, cela restera une Bd britannique tout simplement géniale. Le genre d’œuvre qui a mis une claque cinglante à tous ses contemporains.
Pour moi, le comics pour adulte a pu "passer" un cap avec cette Bd. Elle n'a jamais été facile d'accès et je me réjouis à l'idée de savoir que cela ne changera pas.