45 621 Avis BD |19 738 Albums BD | 7 795 séries BD
Accueil
Une sœur
 

Une sœur

 
 

Résumé

Une sœurAfin d'acceder au résumé de Une sœur, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de Une sœurDélaissant un peu la BD pour l’instant et étant persuadé que Bastien Vivès se consacrait uniquement à « Lastman », je n’étais pas du tout au courant de la sortie de cet album réalisé en solo. C’est en entendant la chronique de Mat Van Overstraeten sur PureFM que j’ai réalisé cette lacune, m’incitant à immédiatement faire un petit détour par ma librairie préférée pour corriger le tir.

Après neuf tomes d’un manga à la française rythmé par l’action, l’auteur d’ « Elle(s) », du « Goût du chlore », de « Dans mes yeux » et de l’incontournable « Polina » revient vers un style plus intimiste en proposant ce roman graphique qui raconte les premiers émois sexuels d’un jeune garçon de treize ans.

Comme chaque été, Antoine passe ses deux mois de vacances dans la maison familiale au bord de la mer sur l’Île-aux-Moines. La routine des années précédentes se retrouve néanmoins chamboulée par l’arrivée d’une amie de sa mère et de sa fille Hélène, âgée de seize ans. Au lieu de passer son temps à dessiner ou à chasser des crabes avec son petit frère, Antoine va se lier d’amitié avec cette « grande sœur » et se découvrir de nouveaux sentiments…

Très belle, un peu rebelle, charismatique dès sa première apparition et parfaitement consciente de son pouvoir de séduction, Hélène bouscule le quotidien pépère d’Antoine. Au contact de cette fille de trois ans son aînée, Antoine découvre l’alcool, les soirées et le sexe, passant ainsi de l’enfance à l’adolescence en l’espace d’une semaine qu’il n’est pas près d’oublier.

Si cette transition effectuée par Antoine s’avère un peu rapide et probablement trop précoce et que le sujet abordé par Bastien Vivès est de surcroît particulièrement casse-gueule, il s’en sort néanmoins une nouvelle fois avec grand brio. Cette relation très ambiguë, renforcée par la connotation incestueuse du titre, flirte constamment avec le politiquement correct, mais l’auteur parvient à ne pas déraper malgré quelques passages assez explicites. La naissance du désir d’Antoine est en effet narrée avec une sensibilité rare, permettant à Vivès d’aborder des sujets délicats avec grande justesse.

Ce one-shot ne manquera d’ailleurs pas de réveiller des souvenirs profondément enfouis chez tous ceux qui ont traversé cette période où l’on commence à braver les interdits, à faire des conneries et à découvrir le sexe. Cette nostalgie d’une jeunesse certes envolée, mais gravée de manière indélébile dans notre cœur et dans notre mémoire ne manquera pas de séduire la plupart des lecteurs.

Visuellement, le style cinématographique et immédiatement reconnaissable de Bastien Vivès fait également de nouveau mouche. Il y a tout d’abord cette colorisation en nuances de gris qui renforce l’aspect nostalgique de cette histoire qui réveille inévitablement certains souvenirs, mais il y a surtout ce dessin fluide, épuré et délicat, capable de saisir la moindre émotion à coups de non-dits et de regards qui en disent souvent plus long que des cases pleines de texte.

Quel talent !


Chronique rédigée par yvan le 19/02/2018
 
 
Statistiques posteur :
  • 2374 (58,34 %)
  • 1123 (27,60 %)
  • 572 (14,06 %)
  • Total : 4069 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,50 Note générale
  • Originalité : 4,50 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
Acheter neuf : 19,00 19,00 19,00
Acheter d'occasion : 19,60
Modifier
 
Devenez fan de la page Facebook de Coin BD pour suivre notre actualité !
 
Note moyenne de l'album : 4.25
Dépôt légal : Mai 2017

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Une sœur, lui attribuant une note moyenne de 4,25/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

22 2 2018
   

Vivès abandonne le temps d’un album ses récits fantastiques « Lastman » pour nous proposer un roman graphique autour de l’amour adolescent, en mettant en présence Antoine, 13 ans, et Hélène, 16 ans, le temps de vacances en Vendée. Antoine est en pleine montée de sève et la présence d’Hélène à ses côtés, peu pudique, va lui donner quelques frissons. C’est un récit sur les premières fois d’Antoine, ou presque : celui qui est au carrefour entre enfance et vie d’adulte va braver ses premiers interdits, sous le patronage d’Hélène : premier joint, première cuite, premier mur… Mais on s’en doute, pas seulement : Hélène est également en recherche d’autre chose, et n’hésitera pas à initier Antoine à des jeux plus défendus encore. Les scènes explicites excluent de fait les plus jeunes de la lecture de cet album graphique, qui est donc destiné à un public adulte, en recherche de nostalgie sur ces premiers gestes maladroits mais ô combien mémorables. Et l’effet est assez réussi, grâce notamment à une recherche d’équilibre constant, qui permet au récit de ne pas tomber dans le scabreux de la mauvaise pornographie, et les quelques scènes, certes explicites, ne sont là que pour appuyer un réalisme qui permettra justement au lecteur de s’identifier. Le personnage d’Antoine est dans ce contexte intéressant, mais ce serait une erreur de négliger Hélène : un peu paumée, elle aussi, entre l’enfance et l’âge adulte, même avec trois ans de plus d’Antoine. Comme si, d’ailleurs, son rôle d’initiatrice auprès d’Antoine lui permettait de combler un manque, comme si le fait de se tourner vers un garçon plus jeune la protégeait contre les plus âgés.

Le graphisme est bien sûr de Vivès, reconnaissable par son noir et blanc fait de grand aplat, qui bizarrement, fait ressortir beaucoup d’émotions. Pourtant, à part les visages de nos deux protagonistes, les autres sont plutôt indistincts, peu travaillés, comme pour faire en sorte que l’attention soit de fait captée par Antoine et Hélène, mais également comme pour souligner l’exclusivité de leur relation, les autres personnages ne servant que de contexte.

L’ouvrage est plein de sensations, plus que d’émotions, et les personnages s’affichent avec force, pour présenter avec une certaine efficacité un roman graphique qui se voudra nostalgique.