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Uncle Sam
 

Uncle Sam

 
 

Résumé

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Planche de Uncle SamCa commence comme un épisode d'"Urgences", avec un vieux déguisé en Oncle Sam qui pète les plombs face à des infirmiers et un médecin débordés. Mais très vite, on abandonne l'ambiance hospitalière et l'univers des séries télé pour s'engager dans un ton résolument différent. "Uncle Sam" ou comment utiliser un symbole de l'Amérique pour livrer une analyse lucide et mordante de l'histoire de la nation étasunienne.

Le procédé est franchement original. Je n'ai pas souvenir d'avoir déjà lu un récit de ce type, entre conte et récit historique, entre écoeurement halluciné et réflexion sur ce qui fait l'Amérique. Steve Darnall revient, à travers les flashs de son personnage dont on se demande souvent s'il n'est pas qu'un simple vieillard déjanté, sur les pages sombres de l'histoire de la première puissance mondiale : l'esclavage, la guerre, l'extermination des Indiens, les lynchages du Klan, la politique soumise aux impératifs économiques. Pas de complaisance : Darnall appuie là où ça fait mal. On veut bien croire que l'album ait fait du bruit à sa sortie : les gendarmes du monde n'aiment pas qu'on leur mette le nez dans leur propre fange.

Le récit est servi par le trait ultra-réaliste d'Alex Ross. L'auteur de "Marvels" ou de "Kingdom Come" travaille d'après photographies. Le résultat est assez impressionnant : certains visages sont saisissants de vérité et les attitudes sont savamment travaillées. Avec une mise en couleurs soignée et sobre, "Uncle Sam" est graphiquement très réussi.

Il y a sans doute quelques longueurs dans le scénario. Mais on prend une bonne claque salutaire en se remémorant les charniers sur lesquels se construisent les nations. Par son originalité et par le courage dont ont fait preuve ses auteurs (la Maison Blanche ne doit pas être friande de ce genre de publication...), ce one-shot mérite d'être lu, que vous soyez ou non amateur de comics.


Chronique rédigée par Jean Loup le 26/05/2006
 
 
Avis de :Une excellente BD ! Note de l'album : 4,00
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 3,50 Scénario
  • Dessin : 4,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.40
Dépôt légal : Février 2001

Avis des lecteurs

5 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics Uncle Sam, lui attribuant une note moyenne de 3,40/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

6 8 2012
   

"Marvels" et "Kingdom Come" ont forgé la légende d'Alex Ross, sans même parler de ses Batman... Et même si j'ai tendance à trouver son style parfois trop froid, cela faisait un moment que je voulais aussi lire cet album.

Et qu'est-ce que je l'ai aimé ! D'abord, ici Ross tire du côté de la peinture, avec moults références à des classiques, on n'est pas non plus dans le photo-réalisme avec des effets de couleurs glacées
...
Ensuite, j'ai vraiment aimé la narration, éclatée au rythme des hallucinations du vieux Sam. Quand l'absurde amène à la critique sociale et politique... Un procédé particulièrement original, même si je conçois qu'il est tellement peu commun qu'une partie des lecteurs y verra confusion et/ou maladresse...

Sans remettre en cause le point de vue des autres membres qui ont trouvé la critique facile, voire stéréotypée, je pense qu'ils omettent un point crucial : ce bouquin s'adresse en premier lieu aux américains eux-mêmes.
Bien sûr, je peux me tromper, mais il me semble évident qu'il ne s'adresse pas à ceux qui se targuent de bien connaître l'histoire américaine. Je gage même de l'inverse : en touchant un vaste public populaire, les auteurs ont pu nourrir l'ambition de livrer autre chose qu'un récit qui met en scène des supers-icônes incarnant les valeurs d'une société qui se veut triomphante.
Bref, j'ai adoré ce pamphlet, et à défaut d'être une thèse d'Histoire, il offre tout de même une bonne petite réflexion.

25 7 2008
   

Pfiou... J'ai trouvé cette bd lourde...
Bon, le dessin d'Alex Ross, pour qui aime, est beau, mais je n'apprécie que peu de lire une BD aussi hyper-réaliste.
Ensuite l'histoire... En est-ce bien une ? Ca ressemble plus à un pamphlet politique ou moralisateur sur l'Amérique et ce qu'elle est devenue dans la société moderne. J'ai trouvé le côté mélodramatique ennuyeux et le message trop direct, trop brutal et sans aucune finesse. Et surtout il s'agit de choses que toute personne qui connaît les USA sait déjà. L'auteur met le doigt et insiste lourdement sur le mauvais côté de la société américaine et de son histoire, un peu à la manière de Michael Moore mais encore moins intelligemment. Il étale le tout, le montre bien, le commente avec force cris angoissés et nous montre un Uncle Sam désespéré.
Cette critique des USA enfonce des portes ouvertes et se veut tragédique quand elle n'est que répétition de faits connus pour peu que vous ayez une culture différente de ce qu'on voit dans les films hollywoodiens.

25 7 2008
   

Une critique de l'Amérique par des Américains, c'est toujours bienvenu.
Ici, on revisite les pages sombres de l'histoire et de la société américaine à travers les yeux de Sam, un vieillard fou qui ressemble étrangement à l'Oncle Sam, personnification du rêve américain.
Certes, c'est parfois brumeux. Mais comme l'auteur a décidé de faire dans le symbolisme, c'est plutôt normal. Certes, les critiques n'ont rien de révolutionnaire et touchent des thèmes déjà abordés : le racisme, l'esclavage (ancien et moderne), la colonisation abusive, les génocides, la guerre etc... Certes, d'autres américains ont déjà émis ces doutes sur l'Amérique.
Mais je pense très honnêtement que le but des auteurs n'est pas ici d'ouvrir les yeux du lecteur quant aux USA. Ici, on veut, selon moi, parler du fond par le biais d'une forme originale.
Et là, c'est réussi pour moi. D'abord dans la narration. L'idée de passer par la symbolique et par l'Oncle Sam sombrant dans la folie en voyant ce que son pays est devenu par rapport à son utopie m'a beaucoup plu. Et l'intégration rapide des représentations utopiques d'autres pays comme Marianne pour la France m'a semblé intéressante.
Mais surtout, c'est le graphisme qui rend l'ensemble si fort. Le trait réaliste d'Alex Ross, proche de la peinture, achève de m'emporter dans le débat (même si celui-ci est un peu naïf comme le souligne Yvan dans son avis que vous avez sûrement déjà lu). Avec ces illustrations, je comprends tout à fait que cet ouvrage ait fait grincer quelques dents américaines lors de sa sortie.
Bref, un comics à lire assurément et dont la couverture est superbe.

19 2 2007
   

Nominé lors du 29e Festival international de la bande dessinée d'Angoulême en 2002 dans la catégorie «Alph-Art du meilleur album», cet album revisite les pages noires de l’histoire des Etats-Unis en compagnie d’un de ses plus grands icônes : l’Oncle Sam.

Après la statue de la liberté, l’Oncle Sam est probablement la personnification la plus célèbre des Etats-Unis et connu son moment de gloire pendant la Première Guerre mondiale, avec la célébrissime affiche créé par James Montgomery Flagg en 1917, représentant l’Oncle Sam pointant du doigt avec le slogan «I want you for U.S. Army», et visant à recruter des hommes pour l’armée.

L’idée de mettre en scène un Oncle Sam ignoré par le présent, horrifié par son passé et sans grandes perspectives pour le futur est très intéressante et permet à Steve Darnall et Alex Ross de nous servir une revisite cauchemardesque du rêve américain à travers les pages les plus noires de la nation étasunienne.

A l’aide d’une avalanche de flashbacks, Sam, vieillard déjanté vivant en marge de la société, va se remémorer quelques fragments de son histoire. En se rappelant le génocide des indiens, l’esclavage, la guerre de sécession et le KKK, c’est l’existence même du rêve américain qu’il va remettre en cause.

Malheureusement, si l’idée est originale, le résultat est assez brouillon. En y insérant des rencontres soporifiques entre Sam et d’autres symboles étrangers, comme les personnifications de la France (Marianne) et de la Grande Bretagne (Britannia) ou l’équivalent russe de l’aigle américain (l’ours), le récit est également pourvu de quelques longueurs.

Mais, ce qui dérange le plus lors de ce survol de l’histoire des Etats-Unis, c’est le manque de profondeur. Franchement, même des séries comme "Black Hills" ou "Kuklos", qui n’ont pas comme ambition principale de livrer une critique acerbe sur l’histoire américaine, traitent certains de ces sujets avec plus de profondeur. Ce «Best of» des pages sombres de l’Amérique est maladroitement compilé, n’enfonce que des portes ouvertes, n’atteint jamais la profondeur des reportages de Michael Moore et ne nous en apprend finalement pas beaucoup plus sur les Etats-Unis qu’une série comme "Les Tuniques bleues".

Même si l’approche est originale et que toute autocritique de la part des américains mérite d’être applaudie, la lourdeur de cette compilation qui a finalement du mal à former une histoire cohérente, transforme cet album en grosse déception. Heureusement que le graphisme photo-réaliste d'Alex Ross ("Kingdom Come") sied vraiment bien au récit et permet de reconnaître facilement les personnages représentés.