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Un homme est mort
 

Un homme est mort

 
 

Résumé

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Planche de Un homme est mortEncore une BD-docu signée Davodeau... Habitué du genre (avec "Les Mauvaises Gens" et "Rural !"), Davodeau met tout son savoir-faire à la disposition de Kris, co-scénariste et à l'initiative de ce projet d'album.

1950 : la ville de Brest a complètement été détruite par les bombardements de la 2nde guerre mondiale. L'heure de la reconstruction a sonné. Malheureusement, les ouvriers vivent dans la misère, manquent de tout et les revendications vont bientôt fuser dans cette ville encore traumatisée par la guerre... Et dans une des nombreuses manifestations, un homme va mourir.

C'est donc cette page de l'histoire que Kris et Davodeau nous invite à découvrir. Mais pas par n'importe quel point de vue. Cette histoire est en effet aussi celle de René Vautier, camarade cinéaste documentariste, dépêché à Brest pour réaliser un film sur le mouvement ouvrier.

L'histoire nous est contée avec une très grande rigueur historique et bien que certains passages soient un peu longs, que c'est bon de découvrir des pans oubliés de notre histoire à travers une BD.

Les dessins sont dans la plus grande tradition du style Davodeau. C'est précis, ultra réaliste et à la différence de ses BD-documentaires précédentes, l'histoire bénéficie d'une colorisation (qui est pour le coup réussie).

Un album à découvrir sans conteste. Mais il me manque un petit quelque chose. En effet, sur les 80 pages, je pense que les auteurs auraient pu nous faire passer un peu plus d'informations.

Mais ne soyons pas rabat-joie, car les auteurs nous proposent en fin d'album un dossier complet, d'une dizaine de pages, comportant de nombreux témoignages, articles et photographies d'époque. Cela nous donne au final un album complet et un très bel objet (bravo à Futuropolis pour la qualité de l'édition).


Chronique rédigée par pigou le 23/10/2006
 
 
Avis de :Un bon moment de lecture ! Note de l'album : 3,50
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Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 3,50 Note générale
  • Originalité : 4,50 Originalité
  • Scénario : 3,50 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.81
Dépôt légal : Octobre 2006

Avis des lecteurs

8 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Un homme est mort, lui attribuant une note moyenne de 3,81/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

27 2 2013
   

Les syndicalistes, les grèves et autres mouvements sociaux ne sont pas des sujets que je trouve forcément très intéressant lorsqu'il sont abordés dans une œuvre.

Mais ça ne m'étonne pas que Davodeau s'occupe de la partie graphique de cet album, on connait l'engagement de l'homme lorsqu'on a lu des album comme "Les Mauvaises Gens" ou "Rural !".
Autant le dire tout de suite, cette histoire ne m'a pas forcément accroché, je ne l'ai pas trouvé passionnante (encore une fois, peut-être à cause du sujet, mais aussi peut-être est-ce du au fait de regarder, plusieurs fois, un "film" au travers d'une BD), mais je reconnais que la fin est assez touchante.
Le dessin de Davodeau, même s'il n'est pas virtuose, est, comme souvent, plutôt juste, en plus d'être relativement agréable à regarder.

Pour ceux qui ont adoré, il faut aussi reconnaitre que le dossier à la fin de l'album est un bon complément (et la BD aura néanmoins le mérite de me donner envie de voir des films de René Vautier).

Krypton :Une excellente BD ! Note de l'album : 4,00
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22 7 2010
   

On connaît l’engagement d’Etienne Davodeau et ses livres trouvent un écho dans les mass-médias qui fait plaisir aux passionnés de BD que nous sommes. Là, il s’associe avec le scénariste Kris pour mettre en image une nouvelle aventure sociale qui prend naissance dans le combat syndical. Tiré de faits réels (et les notes en fin de livre sont des sources d’information d’une grande richesse), les auteurs nous racontent comment René Vautrier, caméraman, va mettre en image le courage des ouvriers et va ainsi modifier profondément le panorama industriel de la région.
Une œuvre forte et encore une belle réussite qui donne ses lettres de noblesse à la bande dessinée.

22 5 2010
   

Un Homme est mort est une bonne BD historique, une BD qui relate d'un évènement probablement ignoré de la très grande majorité des Français de nos jours, et ignoré de moi jusqu'à ce jour. Un sujet intéressant et bien raconté. J'ai trouvé particulièrement réussi le passage du discours de P'tit Zef. Le dessin et la narration graphique simple mais efficace fonctionnent très bien avec le récit et savent instaurer l'ambiance voulue.

Pour le reste, c'est une bonne BD mais peut-être pas l'indispensable que je m'attendais à lire. J'ai appris quelque chose d'intéressant avec cette lecture mais je ne suis pas sûr que cela restera gravé dans ma mémoire car je n'ai pas su être suffisamment touché, juste informé.

20 5 2007
   

Décidément les Editions Futuropolis nouvelle génération sont à suivre.
Engagés, soignés, recherchés, leurs projets d’édition sont presque tous de qualité.
Un Homme à la mort vient renforcer cette opinion.

On connaissait déjà le goût d’Etienne Davodeau pour les petites histoires, les petites gens, les faits oubliés. Sa rencontre avec Kris, scénariste encore peu connu, fait mouche avec cette BD. Au besoin presque obsessionnel de l’un de ranimer cette histoire répond la recherche de l’autre en matière d’histoire à la marge. Mis à part dans les rangs (de plus en plus clairsemés) du PCF et de la CGT, rares sont les gens qui se souviennent de cette histoire. Et surtout le prisme des media et la patine du temps a forcément modifié, gauchi la réalité. Kris et Davodeau, soucieux d’aller le plus loin possible dans la reconstitution des faits, ont donc décidé de faire des recherches, de multiplier les entretiens avec les acteurs de l’époque… Un travail de fourmi, mais qui résulte en un album incroyable, aussi intéressant par la BD elle-même que par le dossier qui la complète, qui permet d’apporter un éclairage très intéressant sur les évènements et leur contexte. En tous points le travail des deux auteurs est remarquable.

La cotation de « culte » est ici impropre, puisqu’il n’y a pas, a priori, moins clérical qu’un syndicaliste et que cet ouvrage est un panégyrique –pas trop poussé cependant- de la solidarité des travailleurs. Je le qualifierai donc de monument, de testament à transmettre aux générations futures, pour ne pas oublier les petites histoires de notre Histoire.
Un seul petit regret, que le dossier ne comporte pas des pages d’Oxo, le dessinateur qui avait commencé à travailler sur l’album, avant d’être trop submergé par d’autres projets.

18 2 2007
   

Un album de Davodeau est toujours quelque chose d’intéressant. Celui-ci ne déroge pas à la règle. Bon, ce n’est pas du 100 % Davodeau, puisque Kris a fait le scénario, mais comme toujours, on retrouve ses thèmes de prédilection : l’aspect journalistique, ainsi que son intérêt pour le combat social.

On sent que les auteurs aiment les personnages militants qu’ils évoquent dans ce contexte des années 50, où la guerre froide rythme la vie sociale et politique.
Cet album m’a intéressé pour la description de cette page d’histoire brestoise que je ne connaissais pas. Le dossier documentaire, à la fin de l’ouvrage, est d’ailleurs très bien fait. Les décors brestois sont reconstitués dans une parfaite exactitude. La ville avait été fortement touchée par les bombardements à la fin de la guerre.

Le militantisme en BD est relativement rare pour être loué. Cependant, j’ai parfois trouvé que l’album manquait d’émotion. De plus, les auteurs ne nous montrent le conflit que d’un seul point de vue : celui des manifestants, il aurait été intéressant de nous expliquer un peu plus les motivations patronales. Ces petites critiques n’enlèvent rien à la qualité certaine de ce très bel ouvrage édité par Futuropolis.

15 11 2006
   

Magistral.
Il s'agit d'une démonstration d'engagement, de lutte, de construction révolutionnaire.
C'est prenant au possible, à travers ce beau récit d'une histoire incroyable, forte et émotionnelle.
Le choix du sujet, pas forcément évident au départ, a emporté le livre sur une vague de sincérité, de partage, d'humanité, rare.
Vraiment, vraiment, Kris a réalisé un super boulot de scénariste.

En plus, le dessin de Davodeau, certes habituel, est complété ici par des couleurs magiques, et permet quelques pages (les manifestants page 32 par exemple) bluffantes de qualité, de finesse et de justesse.
Et puis, ce poème d'Eluard, avec sa puissance, porte le peuple et moi avec, lecteur envoûté.
Sa mise en page (pages 52 et 53) est un moment secret des bonheurs en BD.
Et sa reprise, par "P'tit Zef", en improvisation sortie du cœur, des tripes, c'est un Moment de vie tout court, de lutte en groupe, communautaire.

C'est donc à un superbe ouvrage qu'on a affaire, au format A4 et à la qualité impeccable (bravo aux éditeurs), un de ces livres qui dépassent les genres et nous guident vers un moment d'éternité.
Après, c'est sûr on est plus Homme, on est grandi.

S'appuyant sur un Kris inspiré et pris aux tripes par le sujet, qu'il restitue avec émotion, Davodeau nous sert un de ses plus beaux travaux, et c'est un plaisir absolu de le suivre, alors. Là, on sait qu'il fait partie des plus Grands.

(PS: Superbe dossier de fin aussi dans l'édition originale, avec tous les détails sur la période narrée, et davantage de précisions que dans la BD).

6 11 2006
   

Avec des œuvres comme "Rural !" et "Les Mauvaises Gens", Etienne Davodeau avait déjà su montrer son affinité pour la BD-documentaire sociale et pour le militantisme. On comprend donc aisément que Kris ("Le monde de Lucie", "Déserteur"), petit-fils du militant communiste Guy Hennebaut, se soit tourné vers Davodeau pour mettre en image cet hommage au film de René Vautier sur les mouvements sociaux de Brest en avril 1950.

Il ne reste pourtant plus rien du film de René Vautier sur les affrontements entre les ouvriers syndicalistes de Brest et les forces de l’ordre, ni de la bande son inspirée d’un poème de Paul Eluard et dont le titre orne la couverture de ce one-shot. Pourtant, un homme est mort pendant ces affrontements et c’est grâce à ce témoignage poignant de Kris et Davodeau, que la fin tragique du manifestant Edouard Mazé sera conservé dans nos mémoires.

L’aptitude du dessin de Davodeau à faire ressortir les émotions de ses personnages de façon réaliste n’est plus à démontrer. Mis à part un petit manque d’uniformité au niveau des formats qui n’agacera que les maniaques du stockage, la qualité d'édition des albums de Futuropolis n’est quasi plus à démontrer non plus. En plus, grâce à un copieux dossier en fin de tome on en apprend plus sur l’origine de ce projet BD, tout en découvrant des documents et photographies d'époque.

Un film est mort, mais le poème qui l’enveloppait résonne encore dans nos oreilles et la mort de Mazé n’est plus anonyme car cette œuvre de Kris et Davodeau l’a ressuscité !