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Tome 9 : Le trésor du tonkin
 

Tramp, tome 9 : Le trésor du tonkin

 
 

Résumé

Tramp, tome 9 : Le trésor du tonkinAfin d'acceder au résumé de Tramp, tome 9 : Le trésor du tonkin, merci d'activer Javascript.

 

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Planche de Tramp, tome 9 : Le trésor du tonkinL’avant dernière case de « La sale guerre », 2ième tome de la trilogie asiatique de Tramp, avait poussé le suspense à son paroxysme. La suite de cette aventure est enfin entre nos mains. Un seul mot pour qualifier ce nouvel épisode : génial !
Le contexte de la guerre en Indochine est toujours superbement exploité. Les notes historiques, exposées en fin d’ouvrage, sont aussi discrètes que bienvenues. On apprend ainsi quelques détails croustillants sur cette période assez obscure de notre histoire contemporaine.
A aucun moment cependant, nous ne ressentons l’impression d’être plongés dans un livre d’histoire fastidieux. Cette guerre sert en effet de toile de fond à une aventure sans temps-morts et riche en rebondissements, qui nous révèle les motivations des frères Durand et le rôle de Souên. Nous pouvons enfin rencontrer l’énigmatique Ha Tu ainsi que Fabien Marchand. Je n’en révèlerai pas d’avantage pour laisser la surprise de la lecture à ceux qui se sont arrêtés à la fin du tome 2 et que j’invite, même si je doute de l’utilité de cette démarche, à prendre connaissance du dénouement et trouver ainsi la réponse à toutes leurs interrogations. Le tout dans un scénario d’une parfaite cohérence !
Je rajouterai plusieurs motifs de satisfaction à la lecture de cet album. Les dialogues sont parfaitement maitrisés dans le sens où ils traduisent à merveille la nature et la philosophie des différents protagonistes, tantôt cyniques envers un conflit d’un enjeu douteux, tantôt désabusés et fatalistes quant à leur condition humaine. Il y a du Malraux dans cette œuvre…
Le dessin n’est pas en reste. Après l’atmosphère urbaine de Saïgon et de sa banlieue, on sent Jusseaume prendre du plaisir à s’évader dans la jungle septentrionale. Tout est toujours aussi précis et j’ai beaucoup apprécié les cadrages sur certains visages.
Enfin, dans la continuité des précédents opus, les flashbacks relatifs à l’histoire de Calec père, s’intègrent parfaitement dans le scénario. Traditionnellement sépias, ils s’insèrent de manière diffuse dans l’ocre et l’oranger des décors, tout cela sans hacher la progression de l’aventure et sans qu’aucune confusion ne soit possible entre le passé et le présent.
Vous l’aurez compris, aucune hésitation possible quant à l’acquisition de cette somptueuse bd. Messieurs Kraehn et Jusseaume, il est temps de lever l’ancre pour la prochaine escale.


Chronique rédigée par ichwill le 09/11/2009
 
 
Statistiques posteur :
  • 239 (98,76 %)
  • 2 (0,83 %)
  • 1 (0,41 %)
  • Total : 242 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 3,00 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 5,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.25
Dépôt légal : Novembre 2009

Avis des lecteurs

4 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Tramp, tome 9 : Le trésor du tonkin, lui attribuant une note moyenne de 4,25/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

21 9 2015
   

La fin du cycle asiatique de "Tramp" honore toute ses promesses. Ici, il ne sera plus vraiment question de marine, mais d'aviation, et de marches interminables dans les jungles du Tonkin. La série achève d'abondonner ici ce qui faisait son originalité des deux premiers cycles : c'est moins un thriller maritime (comme auparavant) qu'une aventure mettant en scène un commandant de la marine marchande. Mais la série n'en perd pas son âme pour autant, ni sa qualité.

Pour preuve ce dernier tome qui commence avec un flash back permettant d'expliquer les raisons de l'expédition du père de Yann Calec quelques années auparavant, et d'enchaîner tout naturellement sur une expédition à l'extrême-nord de l'extrême oriental Tonkin, qui conduira Yann Calec à retrouver Fabien Marchand pour mener à bien sa mission et prendre le dessus sur les frère Durand. La narration n'oublie ainsi rien des détails distillés ici ou là, et présente un dénouement rigoureux et sérieux. La chasse aux trésors dans cette jungle tonkinoise renforce le dépaysement auquel la série nous a habitué, tout en faisant référence à des grands classique tels que Tintin (cette vignette où Yann fait des exercices d'étirement ne PEUT pas être totalement fortuite) ou à Tanguy et Laverdure (avec un Tanguy La-Vie-Dure en pilote). Ce côté classique est renforcé par cette ligne claire, dans laquelle Yann semble retrouver une physionnomie stabilisée, après un tome qui m'avait un peu perdu de ce côté-là.

Au-delà de l'aventure, au-delà du rythme entrainant, Kraehn continue de jouer avec le personnage de Yann Calec. Celui qui semblait encore totalement irréprochable et humaniste dans le deuxième cycle, et dont l'image a été écornée dans le tome précédent avec cette relation adultérine, prend part à des situations encore plus grave. Il devient amis avec Fabien Marchand, qui sait faire couler le sang pour son commerce de pavot, il participe (avec quelques remords tout de même) à une séance de torture, et semble peu réticent à conduire Souen, sa maîtresse, vers une mort certaine. La tonalité est ainsi plus dure, voire plus mature, et c'est le personnage de Yann qui gagne en profondeur et donc en intérêt.

L'histoire se conclue honorablement, le scénariste ferme toutes les portes qu'il a ouvertes, et nous fait vivre une grande aventure, sur fonds de chasse au trésor. C'est du très bon divertissement qui pourrait sembler austère, mais dont la sobriété, tant dans le scénario que dans le dessin, assure une grande part de qualité.

6 6 2011
   

Après une mise en place du décor et de l’intrigue et un second volet revenant sur le passé du père de Yann et sur les horreurs de la guerre d’Indochine, ce troisième volet renoue avec l’action et prend les allures d’une course au trésor en pleine jungle. Cette partie « chasse au trésor » n’est cependant pas l’attrait principal de cette conclusion car l’intérêt principal de cette trilogie se situe au niveau des deux enquêtes parallèles menées par Yann Calec et au niveau du fond historique didactique développé par l’auteur et magnifiquement restitué par Patrick Jusseaume.

Après avoir exploité le passé du commandant Pierre-Yves Calec, Jean-Charles Kraehn lève le voile sur la mort de ce dernier et exploite pleinement les pistes du présent : celles de Ha Tu, la femme de Pierre-Yves Calec, et de Fabien Marchand, le fils du voisin de Yann, entré à la Légion Etrangère. Les deux enquêtes, celle du père et celle du fils du voisin, se rejoignent donc au fil des pages, permettant ainsi à l’auteur d’apporter une réponse à toutes les questions soulevées lors de ce cycle asiatique.

Encore un très bon cycle !

1 3 2010
   

Ce neuvième tome de la série Tramp clôt le cycle asiatique de notre ami Calec. Ce splendide album nous plonge d’une part dans l’Indochine en guerre et d’autre part dans le passé de Calec.

N’y allons pas par quatre chemins, l’album est fantastique. Tant au niveau du scénario : l’histoire clôt merveilleusement la quête paternelle de Yann que au niveau du dessin, magnifique.

L’histoire, donc, nous repositionne d’emblée en Indochine dans les années 50. Yann est à la recherche de son passé, à la recherche de son père, pourtant décédé. Il fouille les recoins de la vie asiatique paternelle pour mieux le saisir, pour mieux le comprendre, pour mieux SE comprendre. Pour ce faire, Yann est sur la trace de Ha Tu, l’ancienne concubine de son père. Son chemin recroisera la route des frères Durand, ripoux gras et suants. Pas si idiots que ça, en vérité mais surtout d’une grande cupidité.

Yann rencontre Ha Tu et découvre qu’il a…un demi-frère. La congaï de son père lui raconte son histoire… les flashbacks en sépia s’intercalent assez naturellement dans l’histoire contemporaine. Les deux récits s’entrelacent harmonieusement et le lecteur est avide d’en découvrir la suite, tant de l’un que de l’autre.

Au fur et à mesure du récit, le passé rattrape le présent et Calec se voit forcé de partir à la recherche de Ha Tu, enlevée par nos deux Durand avide de trésor doré. Cette quête annexe nous emmène dans la jungle. Le talent de Jusseaume se dévoile dans la moiteur de cette forêt vierge. On s’y croirait. On entendrait presque la chute d’eau dévaler la pente et les moustiques virevolter tout autour de nous. La fin de l’histoire nous montre un Calec plus apaisé, plus en paix avec son passé.

Tel Théodore Poussin à la recherche du Capitaine Steene, Calec a retrouvé dans le passé de son père, une part de lui-même. Tant Théodore que Yann s’en retrouveront enrichis.

Le dessin, de Jusseaume, comme précédemment mentionné, est magnifique de justesse. Les couleurs sont, elles aussi, choisies avec bonheur. Elles évoquent la profondeur de la forêt, la chaleur du soleil, le doré des peaux asiatiques comme de la chevelure de Yann…

En résumé, « Le trésor du Tonkin » est un album très réussi, tant au niveau de la densité du scénario de Kraenh que de la beauté du dessin. Une fin de cycle inspirante, à la hauteur de l’attente impatiente des amateurs de cette belle série.