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Tome 3 : Calavera
 

ToXic, tome 3 : Calavera

 
 

Résumé

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Planche de ToXic, tome 3 : CalaveraC'est avec ce troisième volet que s'achève "ToXic", sur une sorte d'apogée : c'est totalement perché, super inquiétant et en même temps particulièrement touchant.
Même si cette série est très différente du culte "Black Hole", elle en contient pour autant les mêmes qualités que je viens d'énumérer.

Pour ceux qui l'ignorent, Burns est un auteur incontournable du comic indépendant, mais c'est surtout un artiste qui a su créer un univers propre, avec un graphisme immédiatement identifiable. Pour moi, c'est un des auteurs les plus importants de la BD contemporaine, parce que ses histoires sont uniques.

Avec «Calavera», toutes les clés de l'énigmatique histoire de Doug et son alter ego (complètement flippé et flippant) Johnny, sont délivrées par l'auteur. Certes, le délire est tellement poussé qu'il faut s'accrocher, mais dans l'absurde il y a aussi une logique et Burns en est l'orfèvre. Ici, il n'y a pas de place pour la facilité. Tout est placé de façon calculée, et c'est au fur et à mesure que le lecteur imbrique toutes les pièces du puzzle.

Au delà d'une mise en scène intrigante, ce triptyque est aussi l'occasion de réfléchir aux traumatismes que l'amour passé peut occasionner. Était-on prêt à vivre avec cette femme et disposé à l'accepter telle qu'elle était ? Projetions-nous sur elle, plus qu'on ne pouvait la comprendre ? Quel contrôle avait-elle sur les fantasmes qu'elle venait fixer? Les induisait-elle consciemment ? Autant de questions qui m'ont pétées au nez en suivant le destin de Doug, mais comme d'hab' avec Burns, il existe tellement de niveaux de lecture que chacun en fera sa propre interprétation.

Voilà donc un nouvel OVNI, un truc de fou, définitivement génial et singulier.


Chronique rédigée par Hellspawn le 16/11/2014
 
 
Statistiques posteur :
  • 446 (38,99 %)
  • 689 (60,23 %)
  • 9 (0,79 %)
  • Total : 1144 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 4,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 5.00
Dépôt légal : Octobre 2014

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics ToXic, tome 3 : Calavera, lui attribuant une note moyenne de 5,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

25 11 2014
   

« Calavera » propose la conclusion de cette trilogie imaginée par l’auteur du cultissime "Black Hole".

Cette nouvelle pépite signée Charles Burns est clairement influencée par l’œuvre d’Hergé et de William S. Burroughs. De la couverture du premier tome, ouvertement inspirée de « L’Étoile mystérieuse », à cette première scène de l’autre côté du miroir, visiblement tirée de l’album « Le Trésor de Rackham le rouge », en passant par ce personnage à la silhouette caractéristique, flanqué d’une houppette qui l’est tout autant et au nom d’artiste éloquent (Nit Nit, Tintin à l’envers), les références au petit protégé de Moulinsart sont légion. Pour son premier livre en couleurs, l’auteur s’approprie d’ailleurs également ce style ligne clair familier des tintinophiles, mais ne manquera pas de prendre le lecteur à contre-pied par la suite. Car, si aventure de Tintin il y a, ce sera dans la Quatrième Dimension ! Il devient en effet vite évident qu’en suivant les pas de Doug, Burns a bel et bien l’intention de nous emmener dans son monde à lui, d’évoluer vers un style visuel plus sombre et d’user de la puissance évocatrice de son dessin pour livrer des personnages plus inquiétants et d’ainsi dégager un sentiment de malaise profond au fil des planches.

« Calavera » met donc fin au trip halluciné de ce personnage qui a fini par trouver un semblant d’équilibre dans sa vie, mais qui se retrouve toujours hanté par des images du passé et par cette relation inachevée avec Sarah. Doug est donc plus âgé que lors des tomes précédents mais, malgré sa relation avec Sally, il semble tout de même avoir beaucoup de mal à passer à autre chose et à oublier certaines images traumatisantes du passé, qui viennent régulièrement perturber son sommeil. Le lecteur retrouve donc également Johnny, le double imaginaire tintinesque de Doug, qui poursuit son périple dans un univers onirique suffocant. Errant dans ce monde très étrange, il retrouve Suzy, l’une des femmes gestatrices de la Ruche qui était sur le point d’accoucher lors du volet précédent. Si les deux fils narratifs se font écho au fil des pages, ils abordent également les mêmes thèmes, dont l’angoisse de la paternité, l’avortement ou la fuite des responsabilités. Si cet univers fantasmé sert visiblement de refuge au personnage, il s’y retrouve néanmoins hanté par les mêmes images.

Construisant son récit sous forme d’ellipses, multipliant les allers-retours et proposant une narration très fragmentée, l’auteur s’amuse certes à brouiller les pistes, mais livre progressivement les clés de compréhension du récit. Passant d’un personnage alité et drogué aux souvenirs enfumés d’une relation avec une fille aux goûts artistiques glauques, sans oublier les flashs psychédéliques au sein d’un monde peuplé de créatures étranges, l’album entremêle habilement le quotidien, les rêves, les cauchemars, les fantasmes et les hallucinations de Doug. Burns prend un malin plaisir à faire disparaître les frontières entre fiction, réalité, passé et présent, comme en témoigne cette scène où Doug se voit lui-même en train d’observer une photo de Sarah ou lorsqu’il feuillette une bande dessinée des aventures de Nitnit, son alter ego tintinesque. Le lecteur appréciera également cette référence aux vieux romance comics des années 50/60, que l’auteur s’amuse à mettre en images dans le style de l’époque, et qui propose un nouvel écho à la vie de Doug. Ces différentes versions de Doug se superposent avec brio, proposant ainsi différents niveaux de lecture, tout en conservant une fluidité déconcertante.

Lors de cette conclusion, Charles Burns livre les pièces manquantes de ce puzzle narratif étonnant. D’abord déroutant, avant de devenir prenant, le récit se joue des repères spatio-temporels et permet à Burns d’aborder des thèmes qui lui sont chers, tels que l’enfantement, la prise de drogues, la filiation, le désir, les névroses , les relations amoureuses, le traumatisme de l’adolescence ou l’avortement. Arrivé au bout de cette quête identitaire de Doug, le lecteur ne peut que saluer le nouveau chef-d’œuvre de ce génie graphiste au style souvent imité mais jamais égalé.

Un immense coup de cœur !!!