Afin d'acceder au résumé de Totor, C.P. des hannetons, merci d'activer Javascript.
Je ne sais pas si cette aventure a été publiée en album. Je sais que l'on peut la trouver dans la collection "les archives Hergé", peut être encore ailleurs ? En tout cas c'est la seule aventure de ce héros préfigurant Tintin. On peut donc le considérer comme un one-shot du maître. Et vu son statut de pièce de musée, elle mérite sa place ici!
Il s'agit de la 1ère BD d'Hergé qu'il publie à 19 ans. En fait de BD, Totor est plutôt un texte illustré de cases dans lesquelles apparaissent de très rares bulles.
Le dessin n'est bien sûr pas très maîtrisé, mais l'on y reconnaît quand même déjà la touche Hergé.
Il y a, en haut de chaque page, un énorme encart dans lequel on lit " United Rovers présente un grand film comique : Extraordinaires aventures de Totor C.P. des Hannetons" avec la mention "Hergé moving pictures"; qui montre bien les sources d'inspiration de l'auteur : le cinéma Américain type western ou Buster Keaton, et son envie de faire lui aussi du cinéma, mais sur papier.
Par contre, la rapidité d'enchaînement des péripéties montre déjà le goût (et le don ) qu'a Hergé pour le rythme plus que soutenu de ses aventures, laissant à peine le temps de souffler à son héros.
La grande similitude de Totor avec Tintin en Amérique est évidente, Hergé y réutilisera même nombre de passages. Il semblait d'ailleurs particulièrement attaché à cette "trame Américaine" puisqu'il la réutilisera à nouveau avec Popol et Virginie.
Mais le meilleur dans cette histoire se trouve dans le texte.
Hergé, qui ne se prend pas au sérieux, émaille ses commentaires d'un délicieux humour décalé, du genre :
-"Totor lui lâcha son coup de feu en pleine figure. L'indien, très touché de cette marque d'attention, préféra ne plus montrer d'intention hostile à l'égard de Totor..."
ou encore, après une belle bagarre :
-"...sa physionomie s'était agrémentée d'un oeil au beurre noir d'un fini irréprochable, tandis que ses vêtements s'effilochaient en une dentelle originale."
J'adore ! C'est donc surtout ça et un peu pour la maîtrise du rythme, plus que le dessin lui même, qui font toute la saveur de cet album.