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"Toby mon ami" est une bande dessinée de 144 pages dans laquelle il n'y a pas de texte. Certes, le procédé n'est pas nouveau : on peut citer "Là où vont nos pères", "Gon", "La teigne" ou évidemment "La Mouche" de Lewis Trondheim, le directeur de la collection Shampooing qui a décidé de publier la première bande dessinée de Grégory Panaccione. Mais on est toujours admiratif devant l'ingéniosité de ces auteurs qui parviennent à nous raconter une longue histoire en s'interdisant le recours au langage autre que graphique.
Le procédé se justifie d'autant plus que le personnage principal est un chien. Un vrai chien, sans la parole ni l'intelligence que tant de BD ont bien voulu leur accorder. Toby veut manger, marquer son territoire, renifler l'arrière-train de ses congénères et avoir ses petites habitudes. C'est sa vision qui est adoptée, et le choix de ne pas avoir recours aux dialogues est donc plus que compréhensible - il est tout bonnement logique.
Le risque quand on veut raconter le quotidien d'un chien, c'est de sombrer dans un manque d'intérêt insondable. Grégory Panaccione évite cet écueil, déjà parce qu'il a un sens de l'observation assez réjouissant et que son Toby est plus vrai que nature. On pense un peu au "Didier" d'Alain Chabat qui avait déjà judicieusement observé le comportement canin. Et puis, sur le plan graphique, les aquarelles créent une belle ambiance et le gaufrier serré qui découpe chaque planche participe lui aussi à la réussite de l'album en venant souligner le point de vue basique de l'animal.
Une lecture très sympathique et un bon début pour ce nouvel auteur du paysage BD.