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Avis BD de JAMES RED
 

Avis BD de JAMES RED sur Tif et Tondu


Note moyenne de Coin BD sur la série Tif et Tondu Moyenne Coin BD : 3,28/5
Note moyenne de JAMES RED sur la série Tif et Tondu Moyenne de JAMES RED : 3,21/5
 
Note de l'album : 4,00
Tome 4 : La main Blanche

Cet album est historique, dans la mesure où il marque l’apparition d’un des meilleurs méchants de la bande dessinée franco-belge : le diabolique M. Choc, dont on ne voyait jamais le visage car il était recouvert par un heaume. Ce personnage avait même quasiment occulté les deux héros, dans la période Rosy au scénario. Tif et Tondu ont d’ailleurs un rôle particulièrement insipide dans cet album.

Cette histoire n’a donc pas trop mal subi l’usure du temps -elle a quand même plus de 50 ans- et bénéficie d’un dynamisme remarquable. Les héros sont transportés aux quatre coins du globe, allant même jusque dans l’espace, tout cela dans une ambiance parfaitement débridée. Néanmoins, on regrettera un manque de structure dans le scénario ; mais cette histoire rappelle une époque où la bande dessinée se faisait dans la plus parfaite insouciance.

Quant au dessin, Will est à ses débuts, mais c'est déjà très bien.

Note de l'album : 4,00
Tome 5 : Le retour de Choc

Deuxième exploitation du personnage de Choc par Rosy et Will. Une nouvelle fois cette aventure se déroule sans temps mort.

Tif et Tondu paraissent bien fades par rapport au terrible M. Choc. Je trouve d'ailleurs que Tillieux a su mieux exploiter le potentiel des deux héros que Rosy.

La fin de l'histoire est amusante car les auteurs choisissent de donner un visage à M. Choc. Bien évidemment, il s'agira d'une fausse piste...
Au dessin, Will fait toujours de très belles choses. Certains trouveront ces histoires et ce style un peu datés, mais à mon avis la série supporte mieux le poids des années qu'un Buck Danny ou un Lefranc.

On saluera donc l'initiative de Dupuis qui réédite en intégrale les aventures de Tif et Tondu.

Note de l'album : 3,50
Tome 6 : Passez Muscade

L’intrigue est assez intéressante et on ne s’ennuie pas en lisant cet album toujours très dynamique. L’arrestation de Choc, lors de la précédente aventure avait laissé un goût de déception chez le lecteur car les auteurs avaient dévoilé son visage. Heureusement, on se rend vite compte qu’il s’agit d’une fausse piste. Choc fait parti de ses personnages qui doivent garder tout leur mystère.

Rosy balade les protagonistes de l’histoire entre Venise et New York, ce qui permet à Will de faire de très beaux décors réalistes.

A mon avis, un peu moins original que les deux précédentes aventures, cette histoire reste cependant d’une lecture très agréable et fait parti des bons albums de la série.

Tif et Tondu, tome 7 : plein gaz
ajouté le 10/03/2008
Note de l'album : 2,50
Tome 7 : plein gaz

Cet album a été écrit en 1957 et il garde, pourtant, une certaine fraîcheur. Certes, le scénario est assez mince puisqu’il s’agit d’une course de voitures pleine de péripéties menée à 100 km/h dans l’enfer sud-américain sur fond de tentative de vol. Les jeunes lecteurs de Spirou étaient très intéressés par les nouveaux modèles de voitures et il faut bien dire que Will s’en donne à cœur joie avec la Narval, notamment.
Alors qu’on le croyait mort, l’excellent méchant M. Choc fait un retour détonnant. L’album se lit bien, mais n’est finalement pas très inventif. L’enquête est purement policière et réaliste. On regrettera l’absence d’éléments fantastiques qui ont donné lieu à quelques-uns des meilleurs albums comme le réveil de Toar.

Par moment, je trouve même les personnages de Tif et Tondu assez insipides par rapport au terrible M. Choc. Rosy affirmait, d’ailleurs, qu’il était plus intéressé par le méchant que par les deux boy-scouts. Autre petite particularité : le pilote de la Narval s’appelle Prunelle (peut-être cela a-t-il inspiré Franquin pour inventer le nom du patron de Gaston Lagaffe).
Pour conclure, ce n’est pas le meilleur album, mais il se laisse lire et n’a pas trop vieilli…

Note de l'album : 3,50
Tome 8 : La villa du Long-Cri

Will revient sur la série Tif et Tondu après un passage de directeur artistique au journal Tintin. Il est à noter que la série avait été confiée à Marcel Denis, pendant son absence, mais les histoires sont restées inédites en albums…
Cette histoire la villa du long cri, écrite en 1964, est, à mon avis, celle qui bénéficie pour la première fois d’un scénario vraiment structuré. L’ambiance débridée et très rapide des premiers albums laisse place à une intrigue plus solide. On notera les qualités de décoriste de Will qui soigne tout particulièrement le design moderniste des villas de l’album. Une nouvelle fois, les auteurs situent leur action dans le Sud de la France car Will semblait avoir un amour particulier pour cette région.
L’histoire bénéficie d’un vrai suspense, même si on se doute que Choc n’est sans doute pas très éloigné de cette machination.
Les automates semblent une référence à la série Chapeau Melon et bottes de cuirs (Avengers en anglais) et constituent la principale originalité de l’histoire.
Les moments d’humour sont plutôt bien amenés et tout cela constitue donc un bon album de la série…

Note de l'album : 3,50
Tome 9 : Choc au Louvre

Bien que numéroté 9, cet album se situe chronologiquement avant la villa du long cri. Il est paru dans Spirou avant cette histoire et avait donc marqué le grand retour de Will au dessin après son passage au Lombard.

Celui-ci fait encore des merveilles dans le décor parisien. On remarquera que les auteurs s’intéressent à l’art, c’est même le thème de cet album. Comme souvent dans les albums de Will, celui-ci soignait les décors de ces villas par des reproductions de tableaux contemporains. Cet album ne déroge pas à la règle et va même l’accentuer. On voit même une référence à la Vénus de Milo. L’action se passe pour parti au Louvre et Choc semble avoir encore mis au point une terrible machination.
Will et Rosy font revenir l’inspecteur Allumette pour donner un alibi policier aux deux héros. D’ailleurs, on n’a jamais su quel était leur métier (détectives ?, écrivains ?...) ? Ici Tif semble se passionner pour la cuisine !!!

Par rapport aux premiers albums, le scénario gagne en structure ; même si je trouve qu’il manque la petite touche de fantastique qui fait la particularité de la série.

Note de l'album : 3,50
Tome 10 : Les flèches de nulle part

Un bon épisode de Tif et Tondu plutôt original et qui rompt quelque peu avec la traditionnelle trame des enquêtes. Rosy nous entraîne dans une aventure qui fleure bon les romans d’espionnage des années 60, ajoutant une subtile dose de fantastique.
Tif et Tondu découvrent une terrible menace qui a été conçue pendant la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs savants semblent en être les instigateurs, mais l’un d’eux Trock a quelque peu dérapé et menace de se servir de la découverte.
L’histoire est assez enlevée et bénéficie d’une bonne dose de suspense. A la dernière case de l’ouvrage, les auteurs nous délivrent une révélation bien sentie, même si il faut bien l’admettre on s’y attendait un peu…
Au dessin Will est particulièrement inspiré, signant des décors où se mêlent technologie futuriste et invention inquiétante…

Note de l'album : 2,00
Tome 11 : la poupée ridicule

Ridicule fait parti du titre de ce tome et je crois que c’est l’adjectif qui qualifierait le mieux la trame de cette histoire !!! Pour une fois, nous n’avons pas affaire à Choc et du coup j’ai l’impression que l’histoire en pâtit ; tant le terrible fantomas au heaume avait imprégné les précédentes histoires de son ombre menaçante. Rosy ne voulait sans doute pas surexploiter le personnage…
On a l’impression que Rosy livre un scénario totalement fantaisiste, sans se soucier des convenances. Mais la fraîcheur qu’il y avait dans les premières aventures de Tif et Tondu écrites par ce scénariste semble ici avoir totalement disparu.
Nos deux héros sont à la poursuite d’une poupée qui semble receler un bien mystérieux secret. Ça court dans tous les sens dans des pays imaginaires au nom farfelu de Taura-Atarétala ou Taurala-Atarété (excusez du peu !!!) ; et dans le genre jeu de mot foireux (ou devrai-je dire pathétique) on a aussi droit à un personnage du nom de Lepaire-Nohel !!! Que dire de plus… Donc, c’est une aventure sans queue ni tête qui est à mettre au fond d’une corbeille dans la carrière de Tif et Tondu.
Cependant, quelques points intéressants : le dessin de Will reste toujours aussi bon, même si je l’ai senti parfois plus inspiré et on apprend au détour d’une case que Tif et Tondu rédigent un livre sur leur précédente aventure. Alors sont-ils écrivains ou journalistes, ou tout simplement des détectives qui narrent leurs exploits ? Le mystère demeure…

Note de l'album : 3,50
Tome 12 : Le réveil de Toar

Un bon album signé Rosy au scénario. On est content de retrouver le bandit « dandy » Monsieur Choc dans une histoire pleine de mystère médiéval. On notera, comme d’habitude, l’excellent rythme que Rosy a su donner à la série. On sent que cela va très vite et on ne s’ennuie pas du tout lors de la lecture de cet album…
Cependant, je dois bien admettre qu’ayant relu cet album il y a peu, on sent quand même le poids des années (cette histoire a plus de 40 ans). Les scénarios de Tillieux semblent mieux supporter l’usure du temps que ceux de Rosy. Rosy était plus porté sur l’action que sur les dialogues entre les personnages. Ses deux héros souffrent cruellement la comparaison avec le redoutable Monsieur Choc qui, à mon avis, est bien plus charismatique…
Alors voilà, après relecture de plusieurs albums de la période Rosy, je dois bien reconnaître que l’originalité n’est pas toujours au rendez-vous et que la série a quand même pris un certain coup de vieux… Malgré tout, ne boudons pas notre plaisir ; et, je ne peux que vous conseiller de vous replonger dans cette période de l’âge d’or de la bd franco-belge !

Note de l'album : 4,00
Tome 13 : Le grand combat

Si vous ne deviez lire qu’un seul album de la période Rosy, c’est bien le grand combat. Rosy était capable de scénarios très inventifs comme c’est le cas avec cette histoire, puisqu’il s’attaque à la manipulation par les rêves et le moins que l’on puisse dire c’est que cela fourmille d’originalité.
On a plaisir à retrouver Choc, ce grand méchant de la bd franco-belge qui a quelque peu éclipsé les deux héros de l’ouvrage. Il mène ici une lutte sans merci dans un monde parallèle avec Tif et Tondu.
Au dessin, Will parvient à rendre parfaitement l’atmosphère onirique et inquiétante de l’histoire. C’est sans doute l’album de la période Rosy qui a le moins subi l’usure du temps car il garde un caractère particulièrement intemporel.

Note de l'album : 3,00
Tome 14 : La matière verte

Marrant cette histoire ; on a un peu l’impression que Rosy en avait assez des personnages de Tif et Tondu _qui n’étaient d’ailleurs pas sa création_ et qu’il avait envie de partir en fanfare. Comme Franquin, avec Panade à Champignac, Rosy livre un scénario qui tend vers l’humour absurde. Nos deux compères sont chargés de veiller sur une mystérieuse matière verte qui a des propriétés plus qu’étonnantes. On pensait revoir Choc et bien non, cette fois Rosy l’a bel et bien tué. Enfin, presque !!! Jusqu’à ce que Desberg le ressuscite près de 20 albums plus tard. Mais, ça c’est une autre histoire…
L’absence de Choc permet à l’auteur de développer une petite intrigue policière bien sentie, mâtinée d’un zeste de science-fiction. Dans les précédentes aventures, l’effet de surprise ne jouait plus car l’on savait que Choc était derrière le mauvais coup. Cette fois-ci ce n’est pas le cas et cela passe mieux que dans le lamentable la poupée ridicule (où Rosy s’était déjà passé de Choc).
Au dessin, Will livre des planches formidables, notamment dans ses scènes de nuit qui n’ont presque rien à envier à celles que faisait Morris dans "Lucky Luke".

Tif et Tondu, tome 15 : Tif rebondit
ajouté le 04/11/2009
Note de l'album : 3,50
Tome 15 : Tif rebondit

Cet album est la suite directe de la matière verte. Dans ce dernier, les auteurs avaient laissé Tif sous l’emprise de la matière verte. Rosy décide d’exploiter cette situation pour ce qui constitue son dernier album au scénario. L’élasticité de Tif donne lieu à des gags amusants. Tif devient l’objet de convoitise d’une puissance ennemie du nom de la Moumagnie, qui ressemble étrangement à une puissance d’Europe de l’Est. Nous sommes à l’époque de l’affrontement des deux blocs et cette histoire n’est pas sans rappeler l’affaire Tournesol d’Hergé. Le fait que Tif bénéficie de pouvoirs surnaturels nous rappelle aussi les super héros américains et on se demande si Rosy n’a pas voulu parodier un certain Mister Elastic des Fantastic Four.
Si cet album ressemble un peu au précédent, Rosy amène suffisamment de nouveaux éléments et de nouvelles situations pour ne pas faire un simple copier-coller.
Au dessin, Will semble s’amuser avec l’élasticité de Tif et livre des planches particulièrement dynamiques dans un style ligne claire.

Note de l'album : 3,00
Tome 17 : Tif et Tondu contre le cobra

Deuxième album de Tillieux au scénario pour Tif et Tondu ; l'histoire, au départ, a un petit côté angoissant. La présence d'hommes à tête de serpent m'avait beaucoup impressionné quand j'étais jeune. Mais, si le scénario semble nous mener vers une atmosphère fantastique, Tillieux recentre l'histoire au milieu de l'album vers une explication rationelle assez décevante.
On regrettera que l'album commence bien et se noie un peu vers la fin, le côté policier l'emportant sur le fantastisque. L'explication finale est d'ailleurs un peu trop facile.
Au dessin, Will fait toujours de très belles choses, dessinant une poursuite en voitures particulièrement dynamique.

Note de l'album : 3,50
Tome 18 : le roc maudit

Très bon album signé Tillieux, sans doute le meilleur scénariste de la série. Le roc Maudit est en fait la reprise de deux albums de Félix : "Le Phare de la Mort" et "Le Cinquième Cadavre".

Tillieux a modernisé un peu son scénario. Cet épisode est tout à fait caractéristique des histoires de Tillieux, des disparitions inexpliquées, une atmosphère de huis clos : un phare.

L’histoire est ici essentiellement policière, pas de fantastique. L’intrigue est bien développée et la solution est assez ingénieuse. On est content de retrouver aussi la comtesse Amélie d’Yeu qui aide les deux inséparables à résoudre leur énigme.

Au dessin, Will est impeccable, comme d'habitude.

Un des meilleurs albums de la série, incontestablement.

Note de l'album : 3,50
Tome 19 : Sorti des abîmes

Voilà le 4ème album signé Tillieux au scénario et le troisième qu’il situe à Londres, ville qu’il semble apprécier. C’est l’occasion de revoir l’inspecteur Fixchusset après les aventures du roc maudit et de l’ombre sans corps.
Après deux albums au ton passablement rationaliste comme Tif et Tondu contre Le Cobra ou Le Roc Maudit, Tillieux renoue avec le fantastique qui avait fait les grandes heures de la période Rosy.
On notera dans cet album le rôle plus important pris par Kiki d’Yeu, la comtesse qui, après son arrivée remarquée dans l’album Tif et Tondu contre Le Cobra se montre encore plus percutante. Celle-ci démontre une vraie force de caractère, ainsi que de la persévérance. C’est même d’elle que part l’action.
Il est intéressant de noter la « redéfinition des postes » faite par Tillieux. Tif devient clairement le faire-valoir rigolo de Tondu beaucoup plus rationnel et réfléchi. Cela n’est pas sans rappeler le modèle Gil Jourdan-Libellule.
Bien qu’étant de bonne qualité, je dois avouer avoir une petite préférence pour les épisodes scénarisés par Rosy par rapport à l’époque Tillieux, dont je reconnais pourtant l’immense talent de scénariste et surtout de dialoguiste.
Cette histoire de gastéropode géant sorti du fonds des âges et nourri aux ultra-violets sonne comme un vrai scénario de film-catastrophe. Le tout est bien mis en scène par Will au sommet de son art. Celui-ci rend parfaitement l’atmosphère londonienne, notamment la grisaille des anciens docks de Londres.

Note de l'album : 3,50
Tome 20 : Les ressucités

Une enquête très caractéristique du style Tillieux qui n’est pas sans rappeler l’album de Gil Jourdan les moines rouges. Pour cette histoire Tillieux reprend un ancien scénario d’une de ses premières séries Félix. Tillieux a dit s’être beaucoup inspiré de l’île aux trente cercueils de Maurice Leblanc pour écrire cette histoire.

Si l’enquête démarre de manière fantastique, elle retombe assez vite dans le genre policier. Finalement, Tillieux use moins de l’artifice spectaculaire que Maurice Rosy. Cette histoire est donc plutôt enlevée, bénéficiant d’une bonne dose d’humour amené par le représentant en savonnettes.

Au dessin Will fait toujours du très beau travail, dans son style très ligne claire, jouant sur les nombreux clairs obscurs.

Note de l'album : 3,00
Tome 21 : Le scaphandrier mort

6ème aventure signé Tillieux dans les aventures de Tif et Tondu. Celle-ci n’est pas directement une réplique de Félix, même si plusieurs histoires du détective lui ressemblent. De plus la trame de l’enquête n’est pas sans rappeler le Roc Maudit.
C’est donc du Tillieux policier, sans la petite touche fantastique qui faisait la spécificité de la série. De ce fait, même si l’histoire est plutôt bien menée, on regrette un peu l’absence d’éléments fantastiques. C’est du policier pur et dur, mais le scénario paraît parfois un peu facile, Tif, Tondu et Kiki d’Yeu partent dans le Pacifique sans connaître les volontés de Lifeway.
On quitte pour une fois l’ambiance londonienne pour une région plus ensoleillée de Polynésie, sans que Tillieux situe précisément l’île. Les noms sont assez fantaisistes, comme Atuvu-Montoutou. Si Will était excellent dans la description de Londres, il se débrouille très bien dans un cadre bien différent.
Au final, cette histoire est de bonne facture, mais il me semble qu’elle aurait mieux convenu à un épisode de Félix ou de Gil Jourdan.

Note de l'album : 4,00
Tome 22 : Un plan démoniaque

Tillieux reprend ici trois épisodes de sa série originelle Félix, « les chevaliers de l’apocalypse », « on a volé des cerveaux » et « l’effroyable armée » dont il fait une synthèse. Tillieux était obligé d’alterner scénarios originaux et réutilisation de ses vieux fonds de tiroir pour faire face au rythme de publication de Tif et Tondu. Cette histoire sent aussi l’influence de la série britannique Chapeau melon et bottes de cuir qui était diffusée dans les années 70.

Tillieux revient dans le registre fantastique voire SF, puisqu’il est question d’une terrible machination. Un docteur « Frankenstein » est en train de créer des robots armés en chevaliers grâce à la manipulation de cerveaux de cadavres… Cela paraît un peu sordide pour une série Dupuis. Les années 70 semblent donc plus permissives que les années 60… Autre nouveauté, Will se lâche et peut enfin assouvir sa passion pour le dessin des femmes. On est à une époque où sont apparues les premières héroïnes féminines Natacha ou Yoko Tsuno… On retrouve donc la belle Kiki d’Yeu, mais aussi une charmante captive d’origine portugaise.

Au final, j’aime bien cet album également pour la très belle couverture où l’on voit Tondu aux prises avec une araignée géante. Tif devient une sorte de séducteur looser, thème qui sera repris plus tard par Desberg.
Un bon album qui figure sans doute dans les 3 premiers de la période Tillieux.

Note de l'album : 4,00
Tome 23 : Tif et Tondu à New York

Avec cet épisode, Tillieux inscrit la série dans la modernité. Je dois avouer que c’est un des albums que je préfère de la période Tillieux avec un plan démoniaque.

Tif et Tondu avaient fait un court séjour à New York au cours des premiers albums de la période Rosy, les auteurs y font donc une petite référence. Ici le scénariste Maurice Tillieux s’impose un scénario policier au style très années 70. Le scénariste a sans doute été fortement inspiré par le film de William Friedkin french connection avec Gene Hackman qui décrivait le rôle de la pègre marseillaise dans le trafic d’héroïne depuis New York.

L’histoire n’a donc pas la touche fantastique propre à certains albums, mais il bénéficie d’une ambiance de polar noir. Les courses poursuites en voiture sont remarquablement bien dessinées par Will. L’ambiance prend une tournure très sombre, même si le personnage de Tif apporte la touche humoristique nécessaire. Il est à noter que Tillieux lui donne un rôle plus important qu’à l’habitude, le rendant responsable d’une terrible méprise. Tillieux a parfois eu du mal à trouver un rôle convenable à Tif, préférant laisser la responsabilité des affaires à Tondu.

Au dessin, Will semble s’être particulièrement bien documenté pour retranscrire l’ambiance du New York des années 70.

Note de l'album : 3,50
Tome 24 : Aventures birmanes

Cet album est la reprise d'un récit réaliste paru à la fin des années quarante et intitulé « La Ville Morte ». Comme souvent Tillieux a repris ses anciens scénarios pour la série Tif et Tondu en les modernisant.

L’histoire est passionnante et reprend les thèmes des grandes expéditions archéologiques : référence à la découverte de Toutankhamon, ou au récit d’Hergé « Les 7 Boules de cristal ». On sent cependant que Tillieux avait adapté son scénario pour un seul personnage, Tif fait ici pâle figure face à Tondu.

La progression linéaire du récit ainsi que la montée du suspense sont très bien menées. On remarquera aussi que Kiki, la comtesse Amélie d’Yeu prend une place de plus importante auprès des deux héros. Les moeurs ont donc changé.

Au dessin, Will semble prendre plaisir à dessiner les paysages birmans. Seul problème, la série n’est plus du tout disponible aujourd’hui et c’est bien dommage…

Note de l'album : 3,00
Tome 25 : Le retour de la bête

Cet épisode n’est pas une reprise d’un ancien scénario de Tillieux et pourtant je ne le trouve pas très original. Tillieux se sert de la bête qu’il avait créée dans Sorti des abimes et qui avait menacé Londres de destruction. Mais cette bête n’a ici qu’un caractère anecdotique et sert surtout à l’élaboration d’une nouvelle machination ourdie par un savant fou.

Une nouvelle fois on se retrouve dans la campagne anglaise parfaitement bien dessinée par un Will toujours aussi précis et à l’aise dans la transcription du smog. On retrouve avec plaisir les personnages inventés par Tillieux que ce soit l’inspecteur Fixchussets ou Kiki d’Yeu. La machination est assez intéressante, mais je ne la trouve pas inoubliable…

On a l’impression que Tillieux est mal à l’aise avec le personnage de Tif qu’il réduit à un rôle de faire-valoir amusant réalisant de temps à autres des barouds d’honneur.

Bien évidemment, l’histoire se laisse suivre très agréablement et retrouve un côté fantastique-sf qui est quand même une des caractéristiques de la série.

Au final, un assez bon album ; mais qui nous laisse un peu sur notre faim. Cependant, on ne boudera pas notre plaisir de retrouver les deux héros réédités en intégrale.

Note de l'album : 3,50
Tome 26 : Le gouffre interdit

Cet album marque l’arrivée de Desberg au scénario. Celui-ci a collaboré avec Tillieux qui à l’époque éprouvait une certaine lassitude pour ses séries. Desberg n’a cependant jamais eu de contact avec Will sur cette histoire ; Tillieux se chargeant de faire le lien.
Cette aventure de Tif et Tondu est sans doute la seule écrite entièrement à quatre mains. Lors de la suivante Tillieux ne supervisera que les quinze premières pages.
Concernant le dessin : c’est impeccable, Will retranscrit avec talent les poursuites en voiture de très belle manière. Le scénario ressemble quand même beaucoup à ce qu’a toujours fait Tillieux. C’est, d’ailleurs, lui qui a imposé à Desberg de placer l’action en France, en Ardèche, plutôt qu’aux Etats-Unis.
L’histoire est plutôt agréable à suivre, sans réel temps mort. Le scénario est purement policier, il n’y aucune touche de fantastique si propre à la série et c'est un peu dommage. Tif, encore une fois, passe au second plan et constitue l’élément comique. Les voitures, les décors respirent pleinement la France des années 70.

Note de l'album : 3,00
Tome 27 : Les passe-montagnes

Si Tillieux est encore crédité au scénario, il n’a, en fait, participé qu’aux quinze premières planches. Le scénariste est mort dans un accident de voitures et n’a pas pu superviser la totalité de l’album. Desberg est donc seul aux commandes sur la quasi-totalité de l’album. L’histoire démarre bien dans une atmosphère assez inquiétante, laissant planer un mystère constant.
Desberg s’est bien documenté sur la région de Valpone au-dessus de Menton. Picturalement, Will retranscrit parfaitement les paysages du col de Tende.
Dans son scénario, Desberg semble aussi faire indirectement référence aux tensions politiques de l’époque. Le groupe des passe-montagnes n’est pas sans rappeler les organisations terroristes d’extrême-gauche des années 70. On trouve aussi un émir du pétrole qui apporte la caution comique- parfois un peu lourde- et rappelle inévitablement la période des chocs pétroliers.
L’histoire est toujours très bien maîtrisée, pleine de rebondissements, mais la fin paraît bâclée et l’explication de la présence de ses passe-montagnes semble parfois un peu légère voire franchement ridicule. On a l’impression que Desberg n’a pas voulu aller trop loin dans cette histoire de terrorisme et que, de ce fait, il a dû terminer son histoire en inventant cette fin à l’eau de rose.

Note de l'album : 2,50
Tome 28 : Métamorphoses

Cet album est écrit entièrement par Stephen Desberg qui prend la relève de Tillieux, auparavant il n'était que co-scénariste. Le début de l’album est assez réussi, jouant sur cette petite touche de fantastique propre à la série. Mais l’histoire s’embourbe vite dans un récit abracadabrantesque et bien peu crédible.
Desberg propose une vision de l’Afrique assez traditionnelle, même s’il il le dit lui-même, il n’y a pas encore mis les pieds à cette époque.
Le problème de cet album vient de la fin bâclée et totalement ridicule lorgnant de manière bien peu convaincante vers la science-fiction et expédiée en trois planches.
Au dessin, Will reste très bon. On notera au détour d’une case l’hôtesse de l’air Natacha, clin d’œil à la série de Walthéry.

Note de l'album : 3,50
Tome 29 : Le sanctuaire oublié

On a souvent dit que Desberg n’avait pas été aussi bon que ses prédécesseurs Rosy et Tillieux dans les scénarios de Tif et Tondu. Cette histoire est, cependant, l’une de ses plus belles réussites, même si elle contient encore quelques défauts.
Cet album peut être séparé en deux temps. La première partie a une connotation policière et rappelle certains grands albums de la série signés Tillieux comme le roc maudit.

La deuxième partie de l’histoire se déroule au Mexique et consiste en une chasse au trésor, mâtinée de légendes mayas. On regrettera une nouvelle fois une fin un peu bâclée ; peut-être que l’histoire aurait gagné avec une dizaine de pages en plus.

Desberg tente de moderniser les personnages en montrant Tif dragueur invétéré. Mais la tentative est un peu ratée et les gags qui en ressortent sont souvent lourds.
Autre anomalie, la couverture qui n'est à mon sens pas du tout représentative de l'album et c'est fort dommage.
Au dessin, Will semble s’amuser à dépeindre le décor mexicain et la scène dans le sanctuaire est particulièrement dynamique.

Au final, un bon album, un des meilleurs de Desberg sans aucun doute.

Note de l'album : 3,00
Tome 30 : Echecs et match

Tif et Tondu s’étaient déjà retrouvés impliqués dans une affaire de sport automobile, au moment de l’album plein gaz signé Rosy. Desberg choisit, donc, de retourner aux sources et invente le GPS avant l’heure. Certains trouveront, de fait, cet album quelque peu obsolète, tant les équipements électroniques de nos voitures font aujourd’hui partis de notre quotidien ; mais l’album garde une certaine fraicheur et un excellent rythme.
Les scènes de formule un sont fabuleusement retranscrites par Will qui semble prendre plaisir à imaginer un grand prix de Monaco fort mouvementé. Tif vole la vedette à Tondu dans la première partie de l’album et se montre un pilote redoutable.
On regrettera une deuxième partie qui se déroule à New York (ville que nos deux héros semble apprécier) un peu moins passionnante avec un tournoi de tennis soporifique.
La fin de l’histoire semble une nouvelle fois un peu trop hâtive. Il faut préciser que de petites histoires complémentaires permettront une conclusion de cet album. Longtemps dispersées dans différents ouvrages, On peut les retrouver aujourd’hui dans l’intégrale tome 9 de Tif et Tondu « innombrables menaces ».

Desberg tente encore de moderniser les personnages les montrant en début d’aventure en proie à des problèmes financiers. Tif, quelque peu inquiet rêve même d’un mariage avec une employée de bureau. Clin d’œil amusant au cours de ce mariage, on voit quelques uns des personnages phares de Will comme "Isabelle", Calendula, l’oncle Hermès et même Monsieur Choc qui préfigure son retour.

Tif et Tondu, tome 31 : Swastika
ajouté le 19/04/2012
Note de l'album : 1,50
Tome 31 : Swastika

Je crois que cette histoire est une des plus mauvaises avec la poupée ridicule qu’il m’ait été données de lire du duo Tif et Tondu.
Le scénario est assez peu crédible et extrapole sur l’idée qu’Hitler ne serait pas mort et vivrait en Amérique du Sud. Un groupe de fidèles nazis se tient au côté de l’homme mourant et cherche un mystérieux élixir de jouvence pour le sauver et le rajeunir.
On sent que Desberg a été influencé par Indiana Jones et ses nazis d’opérette. Mais la comparaison s’arrête là car l’histoire est d’une lourdeur extrême et Desberg n’est pas Spielberg…

Les gags sont lourds et répétitifs ; Tif est ainsi transformé en jeune garçon tout comme Hitler, il se montre encore une fois un dragueur invétéré. Les auteurs ont également eu des problèmes avec la censure à cause d’une caricature de Serge Gainsbourg un peu trop appuyé pour symboliser un juif new-yorkais.

Comme toujours, le scénario de Desberg se décompose en deux parties : une première partie qui montre les Nazis à la recherche du venin d’un serpent mystérieux en Amazonie et une deuxième qui consiste en une chasse au trésor en Afrique. Cela est assez rythmé certes, mais le tout manque de cohérence.

Petit clin d’œil, la dernière case de l’album a été changée car on voyait Tif en statue dans la jungle amazonienne, entourée d’Amazones le considérant comme un demi-dieu chargé de perpétuer l’espèce ainsi que des enfants criant papa. Cette case diffusée dans Spirou a été expurgée de son contenu un peu trop sexuel lors de la parution en album.

Note de l'album : 3,00
Tome 32 : Traitement de choc

Stephan Desberg avait succédé à Tillieux pour le scénario de Tif et Tondu après le décès de ce dernier. C’est en fait par ce scénariste que j’ai découvert les deux compères. Desberg en profite pour faire réapparaître l’un des meilleurs méchants de la bd franco-belge : Monsieur Choc, sorte de Fantomas toujours masqué par son heaume.

Le personnage avait été créé par Maurice Rosy dans la Main Blanche, mais avait été délaissé par Tillieux lors de sa reprise du scénario. Tif et Tondu étaient d’ailleurs persuadés que Choc était mort depuis longtemps.
C’est en fait le premier album du duo que j’ai lu et je dois bien admettre (après relecture) qu’il est loin d’être indigent. On y retrouve cette touche de science-fiction propre à la série : rappelez-vous d’albums comme « le réveil de Toar » ou « Sorti des abymes » qui jouaient déjà sur ce genre et étaient d’excellentes qualités…

Ici, Choc se sert d’une machine qui accélère la vitesse humaine tout en rendant les personnes invisibles (peut-être Desberg avait-il lu Flash !). L’action se passe à Londres, on retrouve, donc, l’inspecteur Fixchussets. Certes, on sent que Desberg est beaucoup plus un bon artisan du scénario qu’un véritable créateur d’ambiance ; mais, il faut bien admettre que ces histoires ont quand même mieux supporté l’usure du temps que certains albums de Rosy, ou même Tillieux.

Au dessin, Will est assisté par son fils Eric Maltaite ; il semble un peu moins concerné par la série privilégiant sans doute "Isabelle". Cependant, les décors sont toujours autant chiadés.

Tif et Tondu, tome 33 : Choc 235
ajouté le 27/02/2008
Note de l'album : 2,50
Tome 33 : Choc 235

Un épisode très jet set pour Tif et Tondu... On sent que Desberg tente de moderniser la série et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y va au forceps.
Parfois cela frise le ridicule : voir Tif en séducteur paraît quand même bien peu crédible...
Concernant le scénario, on utilise à nouveau le personnage de Monsieur Choc, après son retour effectué lors du précédent album. Desberg tente de créer une ambiance à la James Bond, en reprenant certains des thèmes récurrents de la saga de l'agent 007 : la femme fatale, une histoire embrouillée de trafic d'uranium, une mini-guérilla à la fin de l'album qui se termine dans un hangar sous-marin. Bon, vous l'aurez compris, on a parfois dû mal à retrouver l'ambiance policière et fantastique des anciens Tif et Tondu...
Au dessin, Will s'applique sur les décors balnéaires et les jolies filles, mais on a l'impression qu'il bâcle un peu plus qu'avant ses personnages. Une originalité cependant : l'apparition de Tondu sans barbe (ça vaut le détour).
Un album un peu décevant qui fera dire à certains que Desberg n'était pas le meilleur scénariste de la série...

Note de l'album : 2,50
Tome 34 : Le fantôme du samouraï

Cette histoire a mis très longtemps à paraître en album. Il a fallu attendre les années 80 pour la découvrir alors qu'on assistait à un certain renouveau de la série avec le retour de Choc signé Desberg. L'épisode initial date de 1958 et était paru dans le journal Spirou, juste après Plein Gaz et avant le départ de Will chez les concurrents du Lombard. Pour une fois, dans la période Rosy, celui-ci ne fait pas appel au méchant de service alias Monsieur Choc. En fait, l'histoire avait été écrite avant l'apparition de Monsieur Choc et Rosy la gardait dans un tiroir.
C'est donc un album qui a une trajectoire assez particulière. De plus, cette histoire ne comprend qu'une vingtaine de pages, il a donc fallu combler les manques avec quelques courts récits signés Tillieux et Desberg.
Concernant le scénario, la seule originalité vient du fait que l'histoire se passe au Japon, parce qu'à part cela on s'ennuie un peu au fil des pages. Nos deux compères ont dû mal à nous divertir dans cette histoire de fantômes au pays du soleil levant.
Au dessin, par contre, Will est impeccable, il commence à créer des cadrages et des prises de vue très dynamiques.

Note de l'album : 3,00
Tome 35 : Dans les griffes de la main blanche

Des trois histoires scénarisées par Desberg reprenant le personnage de Choc, je trouve que celle-ci est la plus aboutie et la mieux construite. Le scénariste renoue avec le début de la série et montre Choc à la tête de l’organisation la main blanche comme dans l’album numéro 4. De manière assez surprenante, cependant, Choc n’apparaît qu’assez tardivement dans cette aventure, mais son entrée en scène est pour le moins tapageuse.
Malheureusement on perd la fraîcheur et l’humour des premiers tomes signés Rosy et les dialogues de Desberg sont moins bons que ceux de Tillieux. L’histoire a un ton très adulte et est même assez violente. Tif et Tondu s’opposent au début de l’album sur la piste à suivre pour retrouver le repaire de la main blanche. Cela donne lieu à un passage où la narration de Tondu est un peu lourde.
On retrouve la belle et vénéneuse Gina déjà présente dans Choc 235 qui semble faire tourner la tête de Tondu. Desberg semble très influencé par les films de James Bond comme le prouve une nouvelle fois la scène finale. Au dessin Will, reste efficace, même si il est sans doute un peu moins concerné par la série, les décors de jungle sont toujours très bien rendus tout comme la transposition graphique des quartiers interlopes d’Asie.
On est à mille lieux de l’époque Rosy, les personnages ont évolué en bien ou en mal. Chacun se fera son opinion…