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Tome 19 : La Forteresse invisible
 

Thorgal, tome 19 : La Forteresse invisible

 
 

Résumé

Thorgal, tome 19 : La Forteresse invisibleAfin d'acceder au résumé de Thorgal, tome 19 : La Forteresse invisible, merci d'activer Javascript.

 

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Ce dix-neuvième tome de l'interminable saga de Thorgal inaugurait un nouveau cycle. Il paraissait être à la fois un album de transition mais également un très bon récapitulatif.

Avant d'effacer sa mémoire et de se faire oublier des Dieux, Thorgal revoit toute sa vie passer devant lui et il retrouve tous ces personnages qu'il a rencontrés au cours de ses aventures. Tout cela est assez admirablement mis en scène et, je me souviens très bien qu'à la lecture de cet album et de sa fin, machiavélique (arg, cette Kriss de Valnor!), je me disais : "Ca y est, la série est repartie pour de bon!".

Malheureusement, je sais aujourd'hui qu'il n'en est rien, les albums qui ont suivis n'ont pas retrouvés cet élan et cette qualité...

Dommage, mais que cela ne vous empêche pas de lire cet album, de qualité, et, qui sait, de peut-être arrêter la série à celui-là.


Chronique rédigée par ArzaK le 23/08/2002
 
 
Statistiques posteur :
  • 100 (93,46 %)
  • 2 (1,87 %)
  • 5 (4,67 %)
  • Total : 107 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.17
Dépôt légal : Novembre 1993

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Thorgal, tome 19 : La Forteresse invisible, lui attribuant une note moyenne de 4,17/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

28 8 2010
   

On sentait bien que dans les tomes précédents, les auteurs cherchaient à donner une nouvelle impulsion à cette série. Ils réutilisaient alors des concepts et des idées des tomes précédents. Pour sortir de cette spirale, qui avait pour conséquence de livrer des albums honnêtes mais pas transcendants, les auteurs ont fait avec ce tome des choix risqués, mais qui permettent d'insuffler dans cette série un souffle de renouveau et d'originalité. J'ai apprécié cette prise de risque, j'ai apprécié ce tournant décisif.

Si le début de l'album reste très classique, la seconde partie, en revanche, décoiffe sacrément. Plus difficile d'accès, on suit Thorgal dans un parcours initiatique inversé, dont le but n'est pas d'apprendre davantage sur soi-même, mais bien d'oublier. Cette idée est assez novatrice et présentée avec talent. C'est très abstrait, et terriblement machiavélique, notamment dans les dernières vignettes. Thorgal avait quitté les siens pour tenir éloignés de sa familles les dieux qui semblaient lui en vouloir. Dans ce tome, on se rend compte que Thorgal s'est éloigné tellement qu'il lui sera bien compliqué de revenir vers les siens. Symbolisme, action, ésotérisme : cet album est bien construit dans sa seconde partie, qui fait que Thorgal n'est plus simplement un héros de BD, c'est un héros mythologique, qui s'inscrit dans la grande tradition des héros perdus, tels Ulysse ou Jason...

Le dessin également gagne en originalité, avec ces personnages qui évoluent dans un décor non finalisé, sans fonds ou à peine esquissé.

J'ai aimé cette tournure des événements qui, outre une grande intelligence, révèle également une prise de risques, qu'il convient de saluer.

4 11 2007
   

Enfin, pour ce tome 19, on a doit à un scénario un peu plus original que d'habitude. Il faut dire que les deux ou trois derniers tomes ne nous avaient pas beaucoup gâtés. Il n'y a pas de mystère, les histoires de Thorgal doivent se passer au contact des Dieux. N'est-il pas Aegirson, le fils d'Aegir, dieu Scandinave des mers et des tempêtes ? Ce serait un peu comme Neptune, en fait. Bref, revoilà Thorgal face à son destin, destin maudit par les Dieux, Dieux dont il va essayer une fois de plus de déjouer les plans.

Cette forteresse invisible nous offre l'occasion de revivre un peu, au travers des personnages qu'il a rencontré, presque toutes les aventures de Thorgal. Sur ce concept un peu facile, qui pourrait sentir le réchauffé, Van Hamme et Rosinsky savent nous intéresser de bout en bout, et, au lieu de nous servir du vieux pour faire du neuf, nous entraînent dans le tourbillon des souvenirs de cette saga qui perdure depuis bientôt vingt volumes. Intelligemment, aucun rappel, aucune astérisque ne vient nous dire "voir album tel ou tel". C'est à nous de chercher, de nous souvenir, de replonger dans notre collection si l'envie nous en prend. Mais ce n'est pas obligatoire.

Ce qui donne quand même à réflexion, c'est la façon dont Thorgal retrouve ces personnages du passé. Tantôt assis sur une grande table, comme un tribunal (ce qui lui donne un sentiment de culpabilité), tantôt amassés sur un radeau au gré des courants (ce qui donne l'aspect inéluctable du destin), tantôt en face à face, en duel, pour des raisons opposées. Leif, son père qui est mort trop tôt, Tjall, qui l'a trahi, enfin toute une palette de sentiments qui meurent aussi vite qu'ils sont nés, puisque le but c'est d'oublier.

Reste un adversaire formidable à affronter, le pire ennemi de Thorgal : Thorgal lui-même.

Autour de cette histoire dramatique pour Thorgal, qui, non content d'avoir abandonné les siens, renie maintenant son passé, Kriss de Valnor, telle une araignée, tisse sa toile de maléfices, enfonce un peu plus Thorgal dans son errance, et sait tirer parti au bon moment du cadeau que lui fait le destin. C'est un peu ça la morale de l'histoire, rien ne sert de courir, il faut savoir prendre la bonne décision au bon moment. Et Kriss de Valnor le fait, plongeant ainsi Thorgal dans une aventure des plus sombres, causant également la ruine et la honte de sa propre famille, ainsi que nous le verrons dans la suite de l'histoire.

En résumé, le scénario est extraordinairement novateur, intelligent, dans la mesure ou il exploite à fond le coté fiction-fantasy de Thorgal. C'est son meilleur atout.

Les dessins sont une fois de plus splendides, les couleurs, surtout dans le blanc, étonnantes. On notera au passage que Rosinski éprouve le besoin de nous montrer Kriss de Valnor nue, sans artifices de main ou de décor qui cachent au bon moment les parties intimes. C'est un choix, on appréciera. Est-ce pour nous dire que Kriss de Valnor est aussi une femme ? On le savait, non ? Bon, c'est pour le cas ou on aurait oublié. Et puis c'est bon pour les ventes.

Somme toute, un très bon Thorgal, qui nous fait entrer de plein pied (par le dénouement) dans le cycle de Shaïgan-sans-merci. Indispensable à la série.