40 771 Avis BD |17 287 Albums BD | 6 971 séries BD
Accueil
Avis BD de Mike2a
 

Avis BD de Mike2a sur Thorgal


Note moyenne de Coin BD sur la série Thorgal Moyenne Coin BD : 3,49/5
Note moyenne de Mike2a sur la série Thorgal Moyenne de Mike2a : 3,41/5
 
Note de l'album : 3,50
Tome 1 : La magicienne trahie

IL y a beaucoup à dire sur ce premier album de Thorgal, et on peu parler beaucoup de ses défauts, qui sont nombreux. Les couleurs sont nulles, le dessin est hésitant, le scénario n'est pas bien épais, et les auteurs ont eut la regretable idée de ne pas finir l'histoire principale et de nous servir autre chose à la place. C'est là qu'on est le plus frustré, bêtement : si l'histoire s'arettait avec l'album, et un petit à suivre en bas à gauche, on trouverait ça normal. Mais il nous font un cadeau superbe, celui d'une autre histoire, pour nous faire déjà goûter à l'autre dimension de Thorgal, et on râle! C'est pas raisonable, quand même!

Mais l'immense pouvoir de Thorgal, la série, pas le personnage, c'est de nous plonger dans une ambiance indéfinissable qui nous prends aux tripes et ne nous lâchera pas avant longtemps. Quel est donc ce pouvoir, cette force, quel est cet enchantement qui nous lie dores et déjà aux aventures de Thorgal Aegirson ? Le talent, tout simplement.

C'est enfoncer des portes ouvertes que de saluer les auteurs comme il se doit, et pourtant, cette première aventure de Thorgal le mérite, même si elle fait sourire. On sent quand même les hésitations du traits, la maladresse dans le propos, et pourtant il va bien faloir lire la suite, la suite et encore la suite. Si vous êtes de ceux que les grandes saga tiennent en haleine, réjouissez-vous, car ce ne sont pas moins de trente tomes qui vous attendent et vous mèneront tant sur les rivages de l'Héroic Fantasy que sur les mers de la science fiction pure. Avec Thorgal, on ne s'ennuie jamais.

Note de l'album : 3,50
Tome 2 : L'ïle des mers gelées

Et voilà donc ce deuxième album qui vient logiquement clore la première aventure de Thorgal. Ce que nous aprends surtout ce tome, c'est dans quel univers vont se situer les aventures de Thorgal : un mélange à la fois d'héroic fantasy (les Trolls, les nains, les géants, les sorcières) et le space opéra (les vaisseaux de l'espace, la technologie du futur). Ansi le découpage de l'histoire en deux tomes se comprend mieux : la première histoire "La magicienne trahie" appartient à l'héroïc fantasy, et ce second tome est résolument science fiction du futur.

Il reste quand même de grands blancs dans le scénario, des points d'interogation, des incohérences. Il faudrait qu'on m'explique qui a eu l'idée saugrenue d'embarquer une femme enceinte proche du terme sur un drakar, et pourquoi toutes ces femmes préfèrent jeter le bébé à la mer en pleine tempête avant le naufrage du navire. Pourquoi les aventuriers de l'espace sont restés coincés au pole Nord, plutôt que d'aller explorer le monde et s'établir dans des terres plus clémentes, et autres pourquois dont nous auront un aperçu dans les prochains tomes, quelquefois au prix de contradictions qui ne gènent pas vraiment la trame génerale, mais montrent bien que tout n'était pas prévu au départ.

Bref, un dessin qui cette fois ci est beaucoup mieux maîtrisé, des couleurs de bien meilleur aloi, une histoire qui globalement tient la route, et voilà Thorgal, dernier descendant d'un peuple mystérieux, prêt à vivre les plus folles aventures que vont lui imposer les Dieux jalous. Car, n'appartenant pas au monde de la Fantasy, ni vraiment à celui de la Fiction, le destin de Thorgal Aegirson irrite les Dieux d'Asgaard. Et ils sont rancuniers ......

Note de l'album : 4,00
Tome 3 : Les trois vieillards du pays d'Aran

Un leger plus pour ce tome, donc un petit bonus à la note : c'est le premier tome des aventures de Thorgal que j'ai lu en 81 ou 82, environ, et c'est lui qui m'a donné goût à la série. Pourquoi ? Après tout, l'histoire n'est pas si extraordinaire : c'est l'histoire d'un couple, la femme est enlevée, le mari va la délivrer de ses ravisseurs. Mais ça, c'est le scénario réduit à sa plus simple expression, il serait dommage de s'arréter là.

Il y a des trouvailles étonantes, comme par exemple l'enigme qui consiste à couper quatre cordes avec une seule flèche. La solution est belle. Il y a ensuite les épreuves qui désigneront le vainqueur qui épousera Aaricia. On est en plein dans le style des "Heros de l'équinoxe" de la série "Valérian", mais pas du tout dans le thème Science-Fiction, on reste ici dans le domaine de la Fantasy. Et puis brusquement, coup de théatre, on tombe dans les paradoxes des voyages dans le temps qui n'ont plus rien à voir, mais qui rendent d'un seul coup tout le scénario logique de bout en bout. On peut faire une petite remarque au passage, en essayant de ne pas dévoiler l'intrigue : si tant de héros voyagent dans le temps depuis si longtemps, ils devraient être nombreux à l'époque de Thorgal. Mais bon, c'est un détail.

On découvre également ici les premiers personnages récurents de la série : Volsung de Nichor, et surtout la gardienne des clés, qui aura l'honneur d'un opus à elle toute seule. Les dessins sont habiles, les couleurs sont bonnes, le trait s'affirme. C'est un régal de lire ce conte comme une histoire au coin du feu, avec sa belle princesse prisonnière du donjon, et son héros sans peur et sans reproche. Bien que le coup du grapin me semble un peu irréalisable techniquement, mais c'est secondaire.

Bref, si on n'apprends pas grand chose de neuf sur les origines de Thorgal, on en apprend beaucoup en revanche sur son caractère. Il est droit de chez droit, loyal, courageux, anti violence, et n'aspire qu'à une chose : vivre en paix. Mais les Dieux vengeurs semblent en avoir décidé autrement .....

Thorgal, tome 4 : La galère noire
ajouté le 29/10/2007
Note de l'album : 3,00
Tome 4 : La galère noire

Voilà un tome 4 étonnant, ne serait-ce que par sa qualité nettement en baisse. On est presque déçu après avoir savouré "les tois vieillards du pays d'Aran", le tome précédent. Au niveau du scénario, les auteurs attaquent un triptyque qui mets extrèmement longtemps à se mettre en place. Au niveau des dessins rien à redire. Au niveau des couleurs, on retrouve, pour les scènes de campagne, des couleurs criardes et baveuses, ce n'est vraiment pas une réussite.

Le scénario est faible, en ce sens qu'il n'avance pas. Il est incohérent dans la disproportion entre le nombre de galériens et la chasse à l'homme qu'il engendre : avec autant d'esclaves, un rameur de plus ou de moins ne fait pas grande différence. Et au pire on va à terre, on kidnappe un paysan et on repart. Et puis Thorgal accusé par une gamine de moins de seize ans que tout le monde croit sur parole, c'est lourdingue. Bref, ce scénario est très light, et à part la confrontation finale qui relève le niveau, je suis déçu.

Déçu aussi par les dessins, plus exactement par le coloriage dont le niveau était bien remonté dans les tomes deux et trois, et qu'on retrouve ici très insuffisant, ce qui donne un côté "bâclé" aux dessins. Ce qui est bien sûr très très dommage. Le prince Véronar, par exemple, à beau être gras et adipeux, c'est plus une caricature qu'un dessin. On attends mieux du talent de Rosinski.

Au final, un album très interessant bien sûr si on le ratache aux deux albums suivants dont il est le prologue, mettant en scène le prince Galathorn que l'on retrouvera par la suite, mais diablement décevant pour la qualité générale de la série. Qu'est-ce que vous voulez, il y a quelquefois des ratés dans les premiers tomes des grandes saga ....

Note de l'album : 4,00
Tome 5 : Au-delà des ombres

Cinquième album de Thorgal (et 200e post de votre serviteur), "Au-delà des ombres" est un album de grande qualité, ne serait-ce que par la superbe couverture à laquelle nous avons droit. J'ai rarement vu un visage en gros plan aussi finement tracé, à part peut-être pour l'album "Chihuahua Pearl" de la série "Blueberry". Tout est à la fois sombre et lumineux dans cet album. Sombre Thorgal, sombre histoire, sombre dénouement, qui viennent en parfait contraste avec l'émergence finale de Thorgal à la lumière, avec l'espoir pour Shaniah de racheter sa faute par son sacrifice, avec l'espoir de revoir Aaricia vivante, les exemples sont nombreux.

Le scénario utilise de manière subtile la ficelle des personnages récurrents, avec la seconde apparition de la gardienne des clés, clé de fer justement que Thorgal a conservé depuis le troisième épisode et qui va maintenant lui permettre de retourner au pays des ombres. On peut trouver bien mystérieux ce fameux pays, et se demander qui est cette gardienne et ce qu'elle y fait. Ces questions trouveront une réponse partielle dans le tome 17, autant dire que notre patience va être mise à rude épreuve.

Le scénario est très logique, c'est l'intermède entre l'introduction et le dénouement. Après avoir perdu sa femme, Thorgal doit sauver son âme, avant de la sauver physiquement, elle et l'enfant qu'elle porte et qu'il ne connaît pas encore. C'est très intéressant, et c'est même habile pour le scénario, de ne pas nous faire assister à la naissance de cet enfant dont les pouvoirs vont se révéler au fur et à mesure dans les prochains albums. Le dessin par contre, laisse quelquefois à désirer, parce que Rosinski fait des gros plans qu'il semble ne pas bien encore maîtriser, mais je ne suis pas spécialiste. Il me semble quand même que le visage de Thorgal, par exemple, est très déformé sur certains plans, au point de le rendre méconnaissable. Quand à la qualité du coloriage, elle est un peu en dent de scie, comme toujours. On a l'impression que certaines vignettes sont faites au pinceau tellement les couleurs sont inégales, et pourtant le résultat est loin d'être laid. Ce que c'est que le talent, tout de même !

Enfin pour conclure cette critique, on a encore rien appris de plus sur les origines de Thorgal, mais son caractère se confirme. Même si c'est une loque au début de l'album, qui retrouve sa force et sa fierté au fur et à mesure que l'espoir renait, c'est justement cette résurrection qui nous en apprends le plus sur ses motivations, sur l'homme qu'il est vraiment. C'est un héros, un vrai.

Note de l'album : 3,00
Tome 6 : La chute de Brek-Zarith

Sixième tome des aventures de Thorgal, basé sur une atmosphère de décadence de l'empire Romain ou autre. Le prince régnant, Shardar le puissant, règne sur une cour d'aristocrates désabusés, sombrant dans l'alcool et les plaisirs, ne s'intéressant plus à grand chose à part les intrigues et les règlements de compte. L'histoire commence avec une expérience d'homme volant qui tourne mal, autant pour le cobaye que pour l'instigateur de l'expérience. On ne voit pas bien pourquoi Shardar a fait enlever Aaricia, mais c'est le scénario qui est comme ça, alors on suit.

En fait, si le dessin a encore progressé, les visages sont encore très sombres, mais c'est certainement à cause de la colorisation qui encore une fois n'est pas au top. C'est vraiment pour l'instant un assez gros défaut récurent, qui handicape le trait de Rosinski. Patience, patience, le meilleur reste à venir. Il y a quand même quelque failles dans la logique du récit, déjà évoqués par mes collègues : certains décors changent assez brutalement, de façon presque incohérente, des personnages perdent ou trouvent des accessoires sans réelle continuité, mais d'un autre coté, ça ne saute pas aux yeux. L'ambiance générale est quand même bonne, dynamique, et se lit facilement. Une bonne histoire en somme.

Oui, mais parlons de l'histoire, du scénario. Il y a quelques grosses invraisemblances déjà cités par les posteurs précédents. Je doute que les miroirs convexes de Shardar soient capables de mettre le feu à un Drakkar, tout au plus de roussir les voiles, mais là, mettre le feu à toute une flottille, c'est un peu exagéré. D'autre part, le labyrinthe sous le château est trop gros, on se demande quand et comment le propriétaire a eu le temps de faire tout ça, quand on songe aux moyens techniques de l'époque, c'est exagéré. Par exemple, la salle remplie d'or qui donne sur un gouffre est peu crédible.

En fait, l'élément majeur de ce tome est la mise en évidence des pouvoirs de Jolan. Même si on se demande pourquoi Thorgal n'a pas les mêmes, on accède à une nouvelle dimension. Thorgal est l'héritier des pouvoirs d'une race extra-terrestre, il les a transmis inconsciemment à son fils. C'est ce qu'on peut se dire pour l'instant, même si les épisodes suivant nous apprendront que ce n'est pas tout à fait exact. On attend donc la suite avec impatience .....

Note de l'album : 3,50
Tome 7 : L'enfant des étoiles

Je peux déjà répondre à la grande question que se posent mes prédécesseurs : pourquoi cet album est-il constitué de trois histoires d'une quinzaine de pages ? Parce qu'ils ont paru non pas en histoire à suivre dans l'hebdomadaire Tintin, mais dans une publication annexe et trimestrielle : les recueils de Tintin (pocket sélection). Il n'y a donc là ni volonté délibérée, ni tentative de rupture, mais une simple conformité aux exigences du moment.

Je trouve curieusement ces histoires beaucoup mieux dessinées, les couleurs ressortent mieux, c'est finalement beaucoup plus agréable à lire. Et dans la mesure ou on nous raconte l'enfance de Thorgal, il y a une continuité certaine. Bref, c'est un tome qui me semble entier, cohérent, pas une bête opération de marketing comme on en voit trop souvent. C'est un bon album.

La première histoire nous montre que Gandalf le fou n'en était pas à son coup d'essai quand il s'en prenait à Thorgal dans le premier tome. Il est vil, lâche, cruel, bref c'est un méchant. Et Aaricia est sa fille, donc tout son contraire, c'est pour ça que Thorgal l'aime. Quelle belle histoire. Le plus surprenant est quand même la balise ou les parents de Thorgal l'ont mis, je l'ai déjà dit, qu'est-ce que c'est que cette manie qu'ont les parents de jeter les bébés à la mer quand le bateau fait naufrage ? Enfin, on en a vu d'autres !!

La seconde histoire est la plus passionnante du point de vue action. On y apprends que Thorgal est mort une première fois, et il y en aura d'autres. Je m'étonne du nom du Nain, Tjahzi, il me semble que j'ai déjà entendu ce nom. Ah oui, c'est dans les trois vieillards du pays d'Aran, le collier dont s'empare Aaricia est celui de la Déesse Thjazi. Bizarre, non ? Et première apparition du serpent Nidhogg, que nous aurons l'occasion de retrouver dans une autre histoire.

Et puis il y a la troisième histoire. Qui lache le morceau sans coup férir. Thorgal est le .... mais non, je vous laisse la surprise. En tout cas, c'est quand même un peu beaucoup en contradiction avec la version de Slive, la magicienne des deux premiers tomes. Il semble que le scénario veuille bifurquer là-dessus, mais certains détails ne collaient pas, alors cette histoire remets les pendules à l'heure. Parce que bon, tout raconter à Thorgal pour qu'il oublie tout aussitôt après, tout ça pour le disque laissé dans la barge qui que quoi, ça y est, je suis perdu aussi. Enfin, maintenant on sait.

Bref, c'est un album indispensable de la saga, car il dévoile bien des clès, qui vont ouvrir de nombreuses portes, il serait dommage de le manquer.

Thorgal, tome 8 : Alinoë
ajouté le 30/10/2007
Note de l'album : 3,00
Tome 8 : Alinoë

Ce tome se situe dans la parfaite ligne des ouvrages de science fiction qui exploitent le thème du syndrome de Frankenstein, ou de la créature qui échappe au contrôle de son maître. Jolan crée un être d'apparence humanoïde, qui est au départ simplement un compagnon de jeu. Puis il lui apprends, le mensonge, la désobéissance et la violence, et bientôt la créature manifeste son indépendance et retourne le mensonge, la désobéissance et la violence contre son créateur. Pire, elle devient elle-même capable de créer, ce qui lui donne en plus l'avantage du nombre. Ce mythe n'appartient ni vraiment à la Fantasy ni à la Fiction, mais plutôt au fantastique et à l'épouvante.

On pourrait ainsi trouver l'univers de Thorgal immensément riche, grâce à ce nouvel opus qui ajoute encore une facette à l'ensemble de l'oeuvre. Qui n'est dailleurs pas qu'un one-shot à part sans envergure, puisque la critique lui a décerné le prix de la Sonnaille d'Or du Festival de Sierre, en 1984. Mais à mon humble avis, plusieurs détails viennent rompre ce charme, cet envoûtement indiscutable tissé par le scénario tout au long de l'album.

Thorgal est absent de cette histoire, on a quand même un peu l'impression qu'il s'agit là d'un moyen de mettre en avant Jolan et Aaricia, face au danger. Et peut-être vont-ils s'en sortir tous seuls, ce qui serait un moyen d'affirmer leur personnalité, surtout pour Aaricia qui jusque là a plutôt joué les blondes de service. Et puis non, Thorgal surgit au dernier moment pour tout arranger, plonge on ne sait comment pour repêcher Jolan, devine tout seul qu'il faut briser le bracelet pour détruire les Alinoë et leurs maléfices, bref, c'est un peu rapide.

Il n'en reste pas moins que cet album nous fait découvrir une nouvelle facette des pouvoirs de Jolan, qui jusque-là pouvait détruire ou créer de la matière, peut maintenant carrément créer la vie. C'est ce qui me dérange un peu, parce que du coup, tout est permis, mais en fait non, parce que Jolan semblera avoir tout oublié de cet épisode dans les albums suivants. Mouais, un peu bâclé côté psychologie de Jolan, donc.

Et puis la couleur est toujours aussi inégale en qualité, même si les dessins ont encore progressé. Thorgal, Aaricia, Jolan, sont définitivement campés, on va peut-être pouvoir passer à la suite. Et la suite, justement, nous réserve l'un des plus beau épisodes dont il faudra cinq volumes pour venir à bout. Le meilleur est donc à venir .......

Thorgal, tome 9 : Les archers
ajouté le 30/10/2007
Note de l'album : 4,50
Tome 9 : Les archers

Les Archers. Un titre qui sonne comme une aventure de Robin des bois, sauf que la belle Mariane n'est pas l'enjeu, mais c'est en fait pour Thorgal le moyen de s'acheter une barque. On descend de plusieurs crans dans le ton sentimental, mais qu'importe. Ce qui est très extraordinaire dans ce récit, c'est qu'à la fois il annonce l'une des meilleures aventures de Thorgal sur plusieurs tomes (4 ou 5 selon les avis), et d'un autre côté il est absolument exempt de toute attache de fiction. C'est du Conan à l'état brut, entendez de l'héroic Fantasy, mais sans magie, sans créature, bref, du médiéval pur et dur. A part peut-être les défenses de l'atelier de pied d'arbre qui sont éxagérément modernes (un levier dans la grotte déclenche une herse circulaire camouflée dans la roche), mais bon, c'est un détail.

Le scénario est surprenant, très accrocheur malgrè sa simplicité : un concours de tir à l'arc, que le meilleur gagne, et voilà. Mais non, le scénario nous fournit nombre de détails qui nous font vivre ces trois jours comme si nous étions nous même candidats. Et il y a les lâches, les fourbes, les alliances, les duperies, le conciliabulle des jurés, un peu de psychologie des organisateurs, bref, pas une seconde de répit pour le lecteur qui est bien obligé de lire tout ça d'une traite sous peine d'insomnie irrémédiable.

Cet album marque aussi l'arrivée de Kriss de Valnor. Second rôle de base, son identité va s'affirmer au fil des épisodes, et elle fait partie de ces méchants attachants qu'on ne peut detester tout à fait, qui sont l'anti-thèse du héros, ce qu'il aurait du être s'il n'était pas aussi bon, et aussi loyal. Un peu comme Kurdy dans "Jeremiah", c'est un adversaire qui fait plus ou moins partie des héros.

Il serait cependant dommage de commencer à lire Thorgal avec ce tome, car il tient pour acquis nombre de détails non expliqués. Lisez plutôt les tois vieillards du pays d'Aran, ou la trilogie de Brek Zarith. C'est néanmoins un tome qui peut se lire comme un one-shot, mais il serait tellement dommage de passer à côté de la fantastique quadrilogie du Pays Qa !!!

En résumé, un très très bon scénario, surtout par son dépouillement face à la fiction. Des dessins toujours très beaux, handicapés par une couleur toujours aussi brouillone, mais on commence à s'habituer au style. Alors au total, c'est un incontournable, un must, un chef d'oeuvre, ou presque. A lire absolument.

Thorgal, tome 10 : Le pays Qâ
ajouté le 31/10/2007
Note de l'album : 4,00
Tome 10 : Le pays Qâ

Suite directe de l'album précédent, on retrouve dans ce tome tous les protagonistes, ou presque, qui ont fait son succès. Pied d'arbre, Tjall, et surtou Kriss de Valnor, dont on ne sait toujours pas dire si elle est simplement fourbe ou vraiment infâme. Le scénario nous débarasse rapidement de l'enfant et du vieillard, restent quatre aventuriers jeunes et vaillants, deux hommes et deux femmes, car sur ce coup-là, Aaricia est de la partie.

Un détail du scénario me semble stupide : comment se fait-il que pour aller chercher un aventurier sans scrupules, le premier régent d'une tribu d'Amérique du Sud ait eu besoin de remonter jusqu'en Norvège, où éventuellemnt en Allemagne, enfin bref, en Europe ? Soit dit en passant, Ogotaï est un sacré nageur, qui a fait naufrage en mer du nord pour nager jusqu'à une plage du pacifique ! Mais bon bref, c'est le scénario, on veut bien.

On peut croire ou non aux vaisseaux volants, technologie avancée ou pas, les dons de navigateurs aériens des Xinjins et des Chaams sont quand même assez impressionants, autre détail un peu anachronique de cette histoire. Mais malgré tout on se laisse prendre par cette histoire, même si c'est toujours la même sauce qui prend avec un minimum de changement des ingrédients. Thorgal est beau, bon, fort, généreux, c'est le plus beau, le plus fort, et en plus il est non-violent. Donc on l'oblige à se battre par tous les moyens, parce que le destin est cruel. C'est toujours pareil et ça ne change pas.

Les desssins de Rosinski sont arrivée à peu près au sommet , y'a plus rien à changer sauf les couleurs qui sont toujours aussi fades. Un petit rien , quelque chose qui fait que la neige est trop blanche, l'herbe trop verte, le ciel trop bleu. Mais on a finit par s'y habituer, on le remarque moins. On ne voit plus que les dessins, qui sont magnifiques, on a droit à une vignette de presqu'une page entière pour le village des Xinjins, par exemple.

Avec toutes ces critiques, pourquoi une aussi bonne note ? Parce que le scénario est magique, parce qu'Aaricia est formidable en aventurière, parce que Kriss est odieuse, parce que Tjall est faible, autant de sentiments et de caractères qui sont super bien représentés. On y croit, à ses entiments, on aime cette aventure, c'est de l'Indy remanié à la sauce Conan dans un univers de Western, bref, c'est prenant, captivant, génial.

Avec le pays Qâ commence un des cycles les plus fameux de la saga Thorgal que vous ne devez manquer sous aucun pretexte.

Note de l'album : 4,00
Tome 11 : Les yeux de Tanatloc

Cet album de Thorgal casse brusquement le rythme sur lequel on était parti tambour battant avec "Les archers" et "Le pays Qâ". C'est l'heure des explications pour le lecteur, donc on passe l'essentiel du scénario à suivre Thorgal et son groupe progressant péniblement dans la jungle, tandis que Jolan, chez les Xinjins, est lui aussi mis au courant de ce qui se passe.

Il y a franchement plusieurs points très positifs dans le scénario : la trahison de Tjall, que l'on sentait faiblir face à Kriss de Valnor, son repentir, sa douleur, tout est juste. Et Kriss est toujours aussi froide et dédaigneuse, méchante, vicieuse, on a vraiment envie de la frapper ! Aaricia ne se gêne pas, elle est son opposé parfaite, et nous offre un match de catch dans la boue très convaincant. Thorgal reste Thorgal, le héros, le vrai, le pur, le dur. Autant dire que toute cette palette de sentiments suplée à merveille à l'action qui est presque absente.

Pendant ce temps, Jolan est initié par Tanatloc, et il y a un petit air de "Star Wars" là-dedans : Thorgal va t-il tuer son père ? Jolan va t-il succomber au côté obscur de la force ? . Pour Jolan, c'est oui. Qu'est-ce que vous voulez, c'est normal, il n'a que cinq ans après tout. Et le pouvoir que lui offre Tanatloc, son arrière grand-père, ferait tourner la tête à plus d'un. Il reste que si Tanatloc à des pouvoirs, si Ogotaï a des pouvoirs, si Jolan a des pouvoirs, comment se fait-il que Thorgal n'en ait pas dans cette lignée de super-héros ? Mystère.

Ah, et pour une fois les couleurs sont bonnes, enfin plus agréables que d'habitude. Y'a vraiment un effort, et pour une fois les dessins de Rosinski sont biens desservis. J'ai particulièrement aimé le passage ou Thorgal voit en rêve tous les personnages qu'il a croisé jusque-là : la gardienne des clés, les trois vieillards du pays d'Aran, Slive, le Iarl Ewing, Destinée, Shanah, Tjahzi, les trois immortelles, et tous les autres. Donc on a un réel plaisir à lire cette histoire, cette double histoire en fait, du père et du fils, de Thorgal et Jolan, chacun de leur côté. Même si au bout de 42 pages l'action n'a pas avancé d'un poil, ou presque. Il nous reste encore deux tomes pour finir cette histoire, ils ne seront pas de trop pour ce cycle qui est surement le meilleur dans la saga Thorgal.

Note de l'album : 5,00
Tome 12 : La cité du dieu perdu

Voilà un grand, un très grand album de Thorgal. La couverture est absolument sublime, plus que celle du tome précédent qui était déjà très belle. Cellle-ci est sublime de simplicité, dans les tons de vert, avec Haynée en arrière plan, les mains écartées, Thorgal qui tient dans ses bras Tjall, je trouve ça magnifique. Quand en plus on a lu l'histoire, et qu'on sait ce que tout cela représente, je trouve ça sublime.

Il y a un destin maudit chez Thorgal, c'est clair. Condamné à errer, sans avoir connu ses parents, il ne retrouve son père que comme ultime adversaire, alors qu'il a sombré dans la folie. Aaricia est là, témoin muette, assistant impuissante au combat, sachant qu'il n'y aura ni vainqueur ni vaincu puisque chacun y perdra au moins quelque chose. Et surtout le dernier instant de lucidité d'Ogotaïqui reconnaît finalement Thorgal avant de le perdre à jamais. C'est superbe. Et ne croyez surtout pas que j'ai dévoilé l'intrigue, elle n'est rien à côté des rebondissements et coups de théatre qui vont mener Thorgal jusque-là.

Au niveau des dessins, Rosinski maîtrise encore parfaitement le trait, les expressions sont bonnes, les gros plans bien choisis, les scènes d'obscurité alternent avec celle de jour, c'est très bien fait, bien amené, bien dessiné, il n'y a rien à redire. La couleur est quand même très moyenne, mais c'est le style de Thorgal, ce n'est pas au douzième épisode qu'on va changer le monde. Et donc le scénario est excellent, même si je me demande pourquoi l'ultime combat entre le héros et le méchant se déroule toujours au sommet d'une montagne, ou comme ici en haut d'un plateau surmontant un gouffre béant, où bien sûr, le méchant va finir par tomber en poussant un grand cri. Bon, c'est comme ça.

Et pourtant ce n'est pas fini. D'abord Kris de Valnor ne peut pas finir comme ça. C'est une méchante récurente, Kris, elle a encore plein de mal à faire, et Odin sait si elle va en faire encore voir à THorgal, et à Aaricia. Comment ? La suite au prochain épisode. Et puis, il va flloir retourner chez les Xinjins récupérer Jolan, et on a vu dans le tome précédent que celui-ci commençait à prendre plaisir à jouer à l'enfant-Dieu. L'histoire n'est donc pas terminée. Une histoire magnifique qui donne envie de tout reprendre depuis le début, c'est tout dire.

Je n'hésite pas à dire que ce cycle est un sommet de la bande dessinée, et que cet album est sans doute l'un des meilleurs du cycle.

Note de l'album : 3,50
Tome 13 : Entre terre et lumière

Voilà donc ce qui est pour moi le cinquiéme tome du cycle d'Ogotaï, ou du pays Qâ, car je pense que "Les archers" en fait pleine et intégrante partie. Moyennement interessant, ce tome s'adresse à ceux qui veulent en savoir plus. On aurait pu laisser Thorgal et Aaricia rentrer dans leur fjord tout tranquillement, on aurait pu retrouver par hasard Kriss de Valnor sans trop savoir comment elle s'en était sortie, mais non, on nous offre une petite suite de consolation.

On aime ou on aime pas, c'est vrai, mais en tous cas ça se laisse lire. Détail amusant, c'est sur cet ultime scénario du cycle que va être construit le one-shot peut-être le plus controversé de la série, "La couronne d'Ogotaï". On en reparlera. Moi je pense que cet album est utile, car on a vu dans les trois épisodes précédents que le fond de l'intrigue repose sur les machinations des Xinjins, il est donc normal d'y consacrer quelques pages. Peut-être pas à ce point, mais c'était nécessaire. On a dit, par exemple, que Jolan, du haut de ses cinq ans, commençait à croire que s'était arrivé, jouer au Dieu moyen, comment Thorgal réussira t-il à lui faire entendre raison ? Et bien, par une bonne fessée, et voilà. Un grand moment !

J'ai un peu plus de mal avec la transformation de Kriss de Valnor. Il est clairement expliqué dans les albums qui vont suivre que le pouvoir de Jolan s'exerce exclusivement sur de la matière inerte, donc ce rebondissement me semble illogique. Mais ce n'est pas la première fois que le scénario est discutable, on ne va pas s'en formaliser. La lutte intestinale entre Variay et Maloc n'est pas très crédible non plus, je trouve. Variay est un homme bon, pourtant il n'hésite pas à sacrifier Jolan aux intérêts de son peuple, enfin, d'après lui, parce que le peuple, comme d'habitude, on ne lui demande rien. Maloc est l'arriviste type, le méchant de cette histoire, et pourtant il change complètement à la fin. Pas très logique tout ça, en somme, non ?

Bien, après avoir quelque peu vilipendé le scénario, passons aux dessins. C'est quand même du très très bon travail. Et les couleurs sont assez bien réussies, on pourrait même penser que c'est un nouveau coloriste qui est intervenu, du moins pour certaines planches. Quand on sait que les couleurs seront signé Graza à partir du tome suivant, il y a un doute que l'on peut effacer d'un simple trait de pensée ....

En résumé un très bon album, par ses dessins brillants et son scénario prenant. Mais comme on ne peut pas le lire sans avoir lu les quatre tomes précédents, comme le scénario souffre de quelques gros défauts, comme la conclusion arrive un peu comme un cheveu sur la soupe (lisez, vous verrez), je ne mets pas une note extraordinaire à cet album. Il est utile à la conclusion du cycle, mais sans plus.

Thorgal, tome 14 : Aaricia
ajouté le 02/11/2007
Note de l'album : 4,00
Tome 14 : Aaricia

Après l'album-recueil "L'enfant des étoiles", voilà donc le reste de ces courtes histoires qui paraissaient dans "Tintin Press Pocket", plutôt centrées sur l'enfance de Thorgal et d'Aaricia. On peut en débattre tant qu'on veut, il me semble que Van Hamme distillait à l'occasion quelques pistes, quelques clés, des détails qu'il savait réutiliser, ce qui rend ces albums indispensables. Que serait l'album "La gardienne des clés", si nous n'avions pas eu son prologue, par exemple. Sans parler des retrouvailles entre Aaricia et Vigrid dans le tome 29 ...

Ce qui est aussi interessant dans cet album, c'est le retour à l'héroic fantasy, alors que les cinq tomes précédents étaient plutôt marqués par le space-opéra. Mais l'univers de Thorgal appartient à ces deux univers, même si c'est parfois de façon discutable, et il est interessant de replonger dans ce monde-là. C'est surtout la quatrième histoire qui en est le meilleur exemple, mais il faut pouvoir scinder le monde de Thorgal en deux parties.

Les deux histoires centrales, la seconde et la troisième, soulèvent un autre problème : comment Thorgal, rejeté par le clan depuis la mort de son père adoptif, réussit-il à survivre dans ce monde qui fait tout sauf du sentiment ? Qui l'élève, qui le nourrit, qui lui apprend à se battre, comment se fait-il que Gandalf ne puisse pas le banir pour s'approprier les trésors de Leif Haraldson ? Curieux, quand même.

Mais venons-en à l'essentiel, les dessins et les couleurs, qui enfin sont au niveau de ce qu'on pouvait attendre d'une telle saga. On a enfin droit à de la régularité dans l'image, dans les couleurs, et pour s'en convaincre il suffit de comparer l'intérieur de cet album à ceux des premiers épisodes. Toute une époque désormais révolue, on ne s'en plaindra pas. Le découpage reste néanmoins académique, pas beaucoup de grandes planches, ni de plans en traveling, mais le format d'origine, rappelons que c'est du A5, ne s'y prette pas trop non plus.

Au final, un excellent album de transition, soulignons le. Ce n'est pas une réelle aventure de Thorgal, mais un résimé de plusieurs histoires courtes. Elles sont néanmoins utiles à la série toute entière, et ce n'est pas du racollage bête et méchant, bien au contraire. On prend quoiqu'il en soit beaucoup de plaisir à la lecture, et même s'il serait dommage de se limiter à ce seul opus concernant la série, il mérite de figurer en bonne place dans votre bibliothèque.

Note de l'album : 2,00
Tome 15 : Le maître des montagnes

Après le superbe, après le génial cycle du pays Qâ, et exception faite de l'album-recueil "Aaricia", que va donc nous concocter Van Hamme ? Une histoire de voyage dans le temps, ni plus ni moins. Mais aussi avec tous les paradoxes que ce genre de récit entraîne, et j'avoue que le scénario met semble un peu faible de ce point de vue.

Dans la plupart des oevres de science fiction traitant du voyage dans le temps, on retrouve deux hypothèses : ou bien le voyageur du temps peut changer les évènements à sa guise, le passé ou l'avenir, et quelque soit ces modifications, la trame originelle cesse d'exister créant ainsi à chaque fois quantité de mondes parallèles dont un seul est la réalité. Ou alors on part du principe que, quoi qu'il fasse, le voyageur ne peut rien altérer, que tout est écrit et c'est comme ça que les détails incompréhensibles trouvent leur signification, une fois le voyage dans le temps effectué.

Ici, Van Hamme joue avec les deux théories sans trop de discernement, à mon avis. Par exemple, on voit au début le jeune Torric enseveli par l'avalanche, et ce n'est en fait possible que parce que Thorgal va voyager dans le temps, mais ce faisant, il va aussi empêcher que la maison de Vlana ne brûle, donc il est illogique qu'il trouve à son époque une cabane en ruines.

Il y a aussi autre chose qui me déplait dans cet album, c'est le côté actions du dernier moment qui augmentent l'intensité de l'histoire alors que tout aurait pu être réglé depuis longtemps. Quand on a la possibilité de voyager dans le temps, pour sauver la vie de quelqu'un, on ne revient pas pile poil au moment où on va le tuer par exemple. Il suffit de revenir trois jour avant et de lui dire de rester couché.

Bref, le scénario est certes original, comme l'ont souligné les autres posteurs, mais je n'ai pas aimé à cause des incohérences. Il n'en reste pas moins que cet album plonge l'univers de Thorgal dans un nouveau genre de science fiction qui n'est ni de l'héroic Fantasy, ni du Space Opéra. C'est entre les deux, donc c'est novateur, et donc interessant.

Les dessins de Rosinski sont très agréables, le style n'a plus bougé pourrait-on dire depuis qu'il a trouvé ses marques depuis une dizaine de tomes. C'est donc sans surprise que nous retrouverons tout l'art du dessinateur dans ces montagnes enneigées qui sont souvent le cadre des aventures de Thorgal. La couleur est sobre, peut-être un peu trop, ce qu'il fait que le desssin finit par manquer de relief. Comme d'habitude.

Une histoire un peu à part de la saga, sans Aaaricia, sans Jolan, sans Kriss de Valnor, sans de réels méchants, en fait. Un exercice de style interessant, mais que je n'ai pas trop aimé dans l'ensemble.

Thorgal, tome 16 : Louve
ajouté le 03/11/2007
Note de l'album : 3,50
Tome 16 : Louve

Il y a une chose qui nous frappe tout de suite dans cet album : le dessin a changé, plus exactement la mise en couleur. Et c'est à mon avis une réussite, il y a là un réel progrès. On peut dire qu'il était temps, les précédents albums ne brillaient pas trop de ce côté-là, et on en est quand même au seizième tome ! Les dessins sont une nouvelle fois splendides, dès les premières pages par exemple la mise à sac du village, les brigants qui s'éloignent en laissant l'incendie derrière eux, ou encore les paysages vu du bateau qui ramène Thorgal et Aaricia au village des Vikings. Une bonne partie de l'histoire se passe la nuit, sous la pluie, ou dans la pénombre de la forêt, ce qui permet au dessinateur et à son coloriste de s'en donner à coeur joie, et ce qui est un régal pour le lecteur.

C'est même un peu rapide comme lecture, on arrive brutalement à la fin (qui par opposition se déroule de jour entre la neige et le ciel bleu) sans presque s'en rendre compte. C'est que le scénario est bon et que les dessins le servent admirablement. Et pourtant, une sensation de vide se fait à la fin de cette lecture. Que s'est-il passé ?

Oui, que s'est-il passé dans cette histoire ? Presque rien. Thorgal et Aaricia rentrent au pays, sauf que c'est surtout le pays d'Aaricia. Le pays de Thorgal, on ne le connaît toujours pas, et c'est bien dommage. Encore une lubie d'Aaricia, qui veut faire naître son futur enfant dans la maison où elle-même est née. Sans savoir ce qu'il est advenu de la maison en question, nous savons que son père est mort, pourra t-elle faire valoir ses droits ? En court de route, un obstacle se dresse, Thorgal le surmonte, et l'enfant naît dans les bois. Et voilà.

C'est un peu pour ça qu'il y a un arrière goût à cette histoire, il ne s'y passe pas grand chose. Tout au plus a t-on une nouvelle fois exemple du pouvoir de Jolan, mais c'est vraiment la seule touche de science fiction de l'histoire. Et il y a en filigrane le bossu maléfique aux griffes de métal, ça me rapelle un peu "Delta" de la série "Jeremiah".

En résumé, on ne va quand même pas bouder son plaisir. C'est une bien belle histoire, qui se lit très bien, très compréhensible (sauf peut-être la machination contre Thorgal, c'est un peu tordu, mais bon), nous fait passer un bon moment. C'est pas le meilleur, mais au moins les couleurs et le dessin ont gagné une nouvelle maturité. C'est un bon Thorgal.

Note de l'album : 4,50
Tome 17 : La gardienne des clés

J'avoue que la gardienne des clés est un de mes albums préférés. Comme ça, sans raison, uniquement par son coté héroïc Fantasy, monde parallèle, panthéon Nordique, tout un ensemble que j'apprécie énormément. En fait cet album pourrait être une suite du tome 3 de la série "Les trois vieillards du pays d'Aran", et si ce n'est une petite explication sur le retour de Thorgal et les siens au village d'Aaricia, les deux tomes pourraient se lire à la suite.

Il y a peut-être aussi la plastique de la gardienne des clés qui est pour quelque chose dans mon attrait pour cet album. Une femme nue vêtue de sa seule chevelure (et la ceinture, c'est vrai) a un look super sexy qui ne peut laisser personne indifférent. Son entrevue avec Thorgal qui arrive presque nu lui aussi, leur dialogue à 2cm l'un de l'autre, les mains sérrés, les étreintes à peine esquissées, les auteurs font ici une petite excursion dans le charme, et nous le sommes, charmés.

Thorgal arrive dans le deuxième monde presque nu parce qu'il est mort pour la deuxième fois, la première remontant à son enfance, lors de son premier affrontement avec Nidhogg, dans l'album "L'enfant des étoiles". La boucle est donc bouclée. On retrouve avec plaisir Tjahzi, le Nain, et l'infâme Volsung de Nichor. Il ne manque que Karshan d'Urizen, mais peut-être fera t-il l'objet d'une autre histoire (NB : on sait aujourd'hui que non).

Et puis il y a la terrible décision que va prendre Thorgal, irrévocable, et surtout désastreuse. C'est à la fin de ce tome que prend naissance un tout nouveau cycle, que l'on pourrait appeler cycle de Shangaï-sans-merci, qui va durer 6 tomes (jusqu'à l'Album "La cage") et qui laissera de profondes séquelles dans la vie des protagonistes. Décision terrible, donc, peut-être pas très logique, Thorgal en parlera lui même comme "d'une erreur", mais qui ferme une époque de la vie de Thorgal comme les pages d'un livre.

Enfin les dessins, toujours superbes, et les couleurs, qui sont remontées au plus haut niveau depuis le tome 15 avec l'arrivée de Graza, font de cet album un ouvrage vraiment indispensable de la série Thorgal. Ne le lisez pas comme un One-shot, il prend ses racines dans de nombreux tomes précédents, ce serait dommage. Encore une fois, Van Hamme et Rosinski montrent qu'ils ne sont jamais à court d'idées pour relancer le suspense dans cette série. Un excelent Thorgal.

Thorgal, tome 18 : L'épée-soleil
ajouté le 04/11/2007
Note de l'album : 3,00
Tome 18 : L'épée-soleil

D'une manière ou d'une autre, Van Hamme parvient régulièrement à mettre en scéne Thorgal tout seul, sans son encombrante famille. Si on y réfléchit un peu, c'est vrai que le concept est plutôt ardu : comment concilier la vie de Thorgal, aventurier, guerrier, archer, et j'en passe, et néanmoins bon père de famille, aux côtés d'une épouse aimante, d'un grand fils et d'une toute petite fille ? Et bien Thorgal a décidé qu'il était maudit, et que pour le bien de tous il irait vivre sa vie en solitaire. Il reviendrait quand les Dieux le laisseront tranquile. Pour être franc, j'ai fait la même chose, sauf que moi, j'ai promis de rentrer quand le bar fermerait.

Bien, on ne va pas épiloguer là-dessus, les intentions de Thorgal sont discutables, il le dit lui même, mais c'est comme ça. L'arrivée de Louve lui a t-elle fait peur ? Est-ce le sinonyme définitif de l'abandon de l'aventure et des folles chevauchées ? L'album "La galère noire" nous a montré un Thorgal ambivalent, moitié amoureux d'une vie tranquile avec Aaricia, moitié soumis a un désir d'espace, d'aventures, de défis, bref, de héros. Et c'est cela que lui ont jeté àla tête shannah, puis Kriss de valnor : étant ce qu'il est, il ne peut rester dans les jupes de sa femme. Un autre destin l'attend.

Kriss de Valnor, nous la retrouvons dans cet album, justement, toujours hautaine, toujours froide, toujours cruelle, et surtout toujours amoureuse de Thorgal. Si notre sympathique héros y regardait à deux fois, c'est plutôt ce genre de femme qui est sa malédiction, et la supprimer résoudrait bien des problèmes. Mais bon, on se refait pas. Alors Thorgal va à la fois résoudre les problèmes que lui dictent sa conscience, et libérer les esclaves d'Orgoff, et contrecarer les plans de Kriss de Valnor, qui n'ambitionne finalement rien d'autre que d'être calife à la place du calife.

Un thème déjà utilisé moultes fois dans la saga de Thorgal, et qui marche peut-être un peu moins bien que d'habitude. Et d'abord, elle sort d'où, cette épée-soleil ? Si on relit le cycle du pays Qâ, Ogotaï foudroyait ses ennemis de sa main nue. C'est quoi cet histoire de pistolet ? Qui tombe à court de munitions au bon moment, en plus. Et puis, il est vachement fort Thorgal, de vaincre un adversaire armé (du pistolet en question) avec un couteau dont il fait miroiter le soleil sur la lame pour projeter l'éclat de lumière dans ses yeux. Vous avez déjà essayé ? Moi j'y crois pas une seconde.

Mais il y a une belle histoire d'amour entre le fils du paysan et la fille du Duc ou du Prince, je ne sais plus, mais c'est beau. Bien entendu, la jeune personne ne manque pas de trouver notre héros grand, beau et fort, et elle dit à son amoureux : "Quel homme ! Pourvu que tu sois comme lui, plus tard !". En fait c'est très conventionnel, comme histoire.

N'empêche que si on prend tout ça au premier degré, ça se lit d'une traite, c'est fluide, clair, le scénario est lumineux de simplicité, et s'est peut-être tout ce qu'on lui demande. Le dessin est toujours excelent, les couleur de Graza sont parfaites. On sent même une légère différence avec les tomes précédents, un changement de technique, de procédé d'application, je ne sais pas, mais c'est superbe quand même. Et on lit donc toute cette histoire sans heurt, sans complication, c'est du Thorgal simple, sans prise de tête. Ce n'est pas mon album préféré, mais il est bien. En attendant mieux .....

Note de l'album : 4,00
Tome 19 : La Forteresse invisible

Enfin, pour ce tome 19, on a doit à un scénario un peu plus original que d'habitude. Il faut dire que les deux ou trois derniers tomes ne nous avaient pas beaucoup gâtés. Il n'y a pas de mystère, les histoires de Thorgal doivent se passer au contact des Dieux. N'est-il pas Aegirson, le fils d'Aegir, dieu Scandinave des mers et des tempêtes ? Ce serait un peu comme Neptune, en fait. Bref, revoilà Thorgal face à son destin, destin maudit par les Dieux, Dieux dont il va essayer une fois de plus de déjouer les plans.

Cette forteresse invisible nous offre l'occasion de revivre un peu, au travers des personnages qu'il a rencontré, presque toutes les aventures de Thorgal. Sur ce concept un peu facile, qui pourrait sentir le réchauffé, Van Hamme et Rosinsky savent nous intéresser de bout en bout, et, au lieu de nous servir du vieux pour faire du neuf, nous entraînent dans le tourbillon des souvenirs de cette saga qui perdure depuis bientôt vingt volumes. Intelligemment, aucun rappel, aucune astérisque ne vient nous dire "voir album tel ou tel". C'est à nous de chercher, de nous souvenir, de replonger dans notre collection si l'envie nous en prend. Mais ce n'est pas obligatoire.

Ce qui donne quand même à réflexion, c'est la façon dont Thorgal retrouve ces personnages du passé. Tantôt assis sur une grande table, comme un tribunal (ce qui lui donne un sentiment de culpabilité), tantôt amassés sur un radeau au gré des courants (ce qui donne l'aspect inéluctable du destin), tantôt en face à face, en duel, pour des raisons opposées. Leif, son père qui est mort trop tôt, Tjall, qui l'a trahi, enfin toute une palette de sentiments qui meurent aussi vite qu'ils sont nés, puisque le but c'est d'oublier.

Reste un adversaire formidable à affronter, le pire ennemi de Thorgal : Thorgal lui-même.

Autour de cette histoire dramatique pour Thorgal, qui, non content d'avoir abandonné les siens, renie maintenant son passé, Kriss de Valnor, telle une araignée, tisse sa toile de maléfices, enfonce un peu plus Thorgal dans son errance, et sait tirer parti au bon moment du cadeau que lui fait le destin. C'est un peu ça la morale de l'histoire, rien ne sert de courir, il faut savoir prendre la bonne décision au bon moment. Et Kriss de Valnor le fait, plongeant ainsi Thorgal dans une aventure des plus sombres, causant également la ruine et la honte de sa propre famille, ainsi que nous le verrons dans la suite de l'histoire.

En résumé, le scénario est extraordinairement novateur, intelligent, dans la mesure ou il exploite à fond le coté fiction-fantasy de Thorgal. C'est son meilleur atout.

Les dessins sont une fois de plus splendides, les couleurs, surtout dans le blanc, étonnantes. On notera au passage que Rosinski éprouve le besoin de nous montrer Kriss de Valnor nue, sans artifices de main ou de décor qui cachent au bon moment les parties intimes. C'est un choix, on appréciera. Est-ce pour nous dire que Kriss de Valnor est aussi une femme ? On le savait, non ? Bon, c'est pour le cas ou on aurait oublié. Et puis c'est bon pour les ventes.

Somme toute, un très bon Thorgal, qui nous fait entrer de plein pied (par le dénouement) dans le cycle de Shaïgan-sans-merci. Indispensable à la série.

Note de l'album : 3,50
Tome 20 : La marque des bannis

La marque des bannis : une histoire triste, mais belle, mettant en scéne ceux qu'on avait un peu oubliés depuis deux ou trois albums : Aaricia, Jolan et Louve. Et puis les Vikings, bien sûr, toujours dans la neige et les fourures, parce qu'il fait quand même froid, dans ce pays. Et donc, Thorgal a perdu la mémoire, Kriss de Valnor en a profité pour lui faire croire qu'il est un pirate sanguinaire et qu'elle est son épouse. Mais ce n'est pas suffisant.

Trois ans ont passé depuis que Thorgal a abandonné les siens, et le Shaïgan qu'il est devenu ravage impitoyablement les mers, détruit les villages, notamment ceux des Vikings. Qui finissent par le reconnaître, dénoncé par un rescapé, et il s'en prennent à sa famille au titre du Wergild (le prix du sang : on fait payer aux proches les actes infâmes du traitre). Aaricia est marquée au fer rouge, ses biens confisqués, elle et ses enfants sont chassés du village, n'importe qui peut leur faire n'importe quoi. Je vous disais que c'était une histoire triste.

C'est l'occasion pour les auteurs de mettre en avant deux nouveaux personnages, Darek et Lehla, deux enfants qui ont à peu près l'âge de Thorgal. C'est intéressant, mais ça rabaisse un peu le niveau, ils sont un peu jeunes pour être de vrais aventuriers. Néanmoins, nous avons l'occasion de voir Jolan à l'œuvre, dans les premières maîtrises de son pouvoir, et c'est quand même assez stupéfiant. Avec un don pareil, on ne voit pas bien qui peut lui résister, heureusement pour le suspense qu'il le maîtrise mal et que ça ne marche pas à tous les coups.

Du point de vue du scénario, il y a un petit point faible, c'est la machination de Kriss de Valnor pour capturer Aaricia, que je trouve complètement tirée par les cheveux. Vous savez, le genre : je savais que si je faisais ça, tu ferais ça, et que si tu ne le faisais pas, de toute façon je te retrouverais à tel endroit, car tu serais bien obligée de .... Abracadabrantesque. Le plan en question repose sur tellement de facteurs hasardeux que c'est quasiment impossible. Mais bon, du coup, Aaricia est prisonnière.

Et finalement, c'est un album de Thorgal étonnant à plus d'un titre, mais essentiellement parce qu'il nous raconte ce qui se passe en parallèle des aventures de Thorgal lui même, qui n'apparaît pas une seule fois dans l'histoire. Et on sait donc que trois ans se sont écoulés depuis le dernier tome, ce qui nous laisse quand même un peu sur notre faim. Pendant trois ans, Aaricia et Jolan (je ne parle pas de Louve, bien sûr) se sont contentés d'attendre. Mais que pouvaient-ils faire d'autre ?

Les dessins et les couleurs sont toujours superbes, le coup de crayon de Rosinski est plus léger, les traits sont moins lourds, on sent que les personnages sont bien sentis, et que l'auteur possède bien le sujet, pour les personnages comme pour les décors. Peut-être un peut d'abus dans les scènes finales, où le manque de lumière ambiante simplifie beaucoup les décors, et il y a très peu de jeux d'ombres. Les pirates, comme les femmes Vikings, ont vraiment un visage très laid, si on n'a pas compris qui sont les méchants, c'est à désespérer.

Voilà en somme un album de Thorgal différent, c'est quand même bien de réussir encore à se renouveler. Le scénario et les dessins ont encore évolués, c'est à souligner. On commence peut-être à s'essouffler de suivre les aventures de l'enfant des étoiles, et il est vrai que le scénario n'est pas très dynamique. Finalement, c'est un bon album, mais son handicap, c'est qu'on ne peut pas le lire indépendamment du reste du cycle. C'est dommage.

Note de l'album : 3,50
Tome 21 : La Couronne d'Ogotaï

Un des albums les plus controversés de la série, la couronne d'Ogotaï a séduit les uns qui se régalent des allers-retours dans le temps et admirent la complexité du scénario, et irrité les autres qui dénoncent les faiblesses que ce type de récit engendre fatalement. C'est vrai que, si on peut voyager dans le temps et dans l'espace, comme notre bon "Valérian", on se demande un peu où est l'aventure, dans la mesure où on peut recommencer encore et toujours la même scène jusqu'à ce que l'histoire corresponde à nos voeux.

Je trouve pour ma part que l'exercice est bien mieux maîtrisé que dans "Le maître des montagnes", dont le scénario m'a laissé dubitatif. Thorgal est tué par un de ses capitaines, Jolan qui est au courant voyage dans le temps pour revenir bien avant cette mort et intervient au bon moment. Jusque là, tout va bien. Notons au passage que c'est la troisième mort de Thorgal, ça commence à faire beaucoup.

Le scénario prends le risque de laisser se rencontrer deux personnages à deux époques différentes. Le Jolan de 10 ans se rencontre lui même à 30 ans, c'est un paradoxe que peu d'histoires utilisent, car il est effroyablement complexe. Sans parler du fait que le jeune Jolan reste à l'époque du moins jeune, lequel part dans l'époque du plus jeune pour sauver son père. Vous avez suivi ? Tant mieux.

Non, ce qui est toujours désastreux, c'est ce mélange des genres. Si on peux changer le futur en revenant dans le passé, le futur n'est pas écrit à l'avance. Donc, au début de l'histoire, Jolan ne peut pas tomber à l'eau et réapparaître dix mètres plus loin à cause de son voyage dans le temps, il ne l'a pas encore fait. Le scénario est ici incohérent, même quand on admet le principe du voyage dans le temps. Et je suis aussi d'accord avec mes collègues posteurs : quels besoin les voyageurs du temps ont-ils d'aller trouver Jolan pour récupérer la fameuse couronne d'Ogotaï ? Ils n'en sont pas capable tout seuls ?

Bref, c'est finalement bien compliqué pour sortir Thorgal de la situation sans issue où il se trouvait (je parle de sa perte de mémoire en effaçant son nom de la mémoire des Dieux, pas du fait qu'il soit tué). Et puis il y a le Jolan jeune homme qui vient au secours de sa maman pour l'arracher des griffes de Kriss de Valnor, c'est beau, on en pleurerait.

Est-ce qu'on va encore dire que les dessins sont sublimes ? Oui évidement, ce n'est pas parce que nous nous régalons avec le trait de Rosinski depuis une quinzaine de tomes qu'il faut le passer sous silence. Comme toujours, la qualité du trait augmente le plaisir de l'histoire, les couleurs servent admirablement le dessin, on ne peut pas trouver grand chose à reprocher à cet ensemble. On peut juste être un peu tatillon au niveau du scénario, mais dans l'ensemble, c'est un album de Thorgal qui fait passer un très bon moment.

Un dernier point avant de conclure, c'est album n'est pas la fin du cycle de Shaïgan, contrairement (peut-être) aux apparences. Il n'y aura d'ailleurs quasiment plus de one shot dans cette série, chaque album étant souvent la suite directe du précédent. Donc, à partir de maintenant, ou vous lisez la série depuis le début, ou vous passez outre. Mais ce serait tellement dommage ....

Thorgal, tome 22 : Géants
ajouté le 06/11/2007
Note de l'album : 1,50
Tome 22 : Géants

Je n'ai pas aimé cette histoire. Voilà, ça devait arriver depuis le temps, je me suis profondément ennuyé en lisant ce tome. Je crois même que je suis particulièrement déçu par le fait que l'ensemble se passe dans l'univers que je préfère : le fantastique, c'est à dire, pour Thorgal, quand les Dieux interviennent. Mais là, le coup des géants, ça passe pas.

Pourtant ça commence plutôt bien. Le prince Galathorn était un personnage intéressant, que l'on retrouve avec plaisir, son caractère complexe étant à peine effleuré dans la trilogie de Brek Zarith. Il y a un côté règlement de dette assez sympathique dans cette amitié qui lie les deux hommes, même et surtout si Thorgal a perdu la mémoire. De plus, Galathorn est justement le morceau de puzzle qui recolle à la mémoire de Thorgal, lui apprenant qu'il avait autrefois une femme, un enfant, Thorgal en est abasourdi.

Mais brusquement, au milieu de tout ça, l'affaire tourne mal, encore une fois à cause de Kriss de Valnor, et nos deux compères sont perdus, foutus, cuits, carbonisés. Non, l'épouse d'Odin intervient et lui sauve la vie. En échange, une petite mission de rien du tout pour Thorgal : récupérer l'anneau Draupnir détenu par le roi des Géants. Et c'est parti.

Bon, mais c'est quoi, ces géants ? Un bon père de famille rubicond, deux jumeaux farceurs, une petite fille capricieuse. Et tout autour des monstres à tête d'animaux (on retrouve au passage le géant Hjalmgunnar, ça fait plaisir) qui chantent, ripaillent, à la bonne franquette. C'est ça les adversaires des Dieux du jour de Ragnarok ? Mort de rire ! Et là au milieu, Thorgal arrive, parade, taille le bout de gras (tiens, comment se parlent-ils ? En quelle langue ? Ni l'un ni l'autre n'est dérangé par la différence de volume sonore ? bref) et tout ça dans une bonne humeur incroyable. Je trouve franchement ce passage grotesque.

Ah, et puis Thorgal n'arrive même pas à s'en sortir tout seul ! En plus il rate lamentablement (non, mais presque) sa mission, et hop, c'est pas grave, on va te rendre ta mémoire quand même. Franchement, y'a pas de moralité. Ou alors j'ai rien compris. Ouais, ça doit être ça, c'est pas possible autrement.

Bon, il fallait que ça arrive, j'ai pas aimé. Je l'ai déjà dit, je le répète. Les dessins, les couleurs tout ça, génial, comme d'hab' et tout, bravo. Mais Van Hamme, Rosinski et Graza auront beau faire, je n'aime pas. Peut être le scénario aurait-il mieux tenu la route avec d'autres dessins. Peut-être les dessins auraient-ils été meilleurs avec un autre scénario. Le résultat est là. Je n'ai pas aimé cet album.

Thorgal, tome 23 : La Cage
ajouté le 07/11/2007
Note de l'album : 4,00
Tome 23 : La Cage

Un rien psychologique, un rien sentimental, rehaussé d'un brin d'aventure et d'une pincée de fantastique (les pouvoirs de Louve et de Jolan), le trio Van Hamme, Rosinski et Graza nous livre un tome des plus aboutis. Bien que la saga n'en soit pas pour autant terminée, on peut quand même considérer que c'est cet opus qui clôt le cycle de Shaïgan-sans-merci, dans un festival de styles différents, il faut bien le dire. Ce qui aura l'avantage de plaire à tous, mais le désagrément de laisser les inconditionnels sur leur faim.

Après plusieurs albums décallés, dont les scénarii faisaient un peu des pirouettes en tous sens, nous avons là une trame beaucoup plus conventionelle, plus linéaire. Thorgal, soumis aux tentations lubriques d'une courtisane, la repousse, car il est fidèle. Il rentre sur son île où l'attendent femme et enfants car il est obstiné. Il écarte les dangers en route car il est fort. Il tombe dans un piège car il est confiant. Il se soumet parce qu'il est résigné. Etc, ets .... La psychologie de Thorgal est saine et simple : il a fauté, il expie.

La psychologie d'Aaricia, par contre, est beaucoup plus complexe, et les auteurs insistent sur quelque chose qui aurait pu nous échapper : la femme de Thorgal a beaucoup souffert de son absence, elle a payé un prix hors de proportion, elle peut en rendre Thorgal responsable, ou partiellement, il y a aussi de la jalousie vis-à-vis de Kriss de Valnor qui s'esst vengée de la plus odieuse des façons. Pourra t-elle pardonner ?

C'est ce côté psychologique que j'ai trouvé le plus surprenant et le plus interessant dans cet album. Sinon, du côté fantastique, les pouvoirs naissants de Louve et de Jolan sont passionants pour l'ensemble de la série. Mais en fait, en ce qui concerne Jolan, on ne sait pas bien ce qu'il maîtrise et ce qu'il ne maîtrise pas, ce qui a l'air de bien arranger le scénariste, il n'y a en fait pas trop de logique dans tout ça. Quand à Louve, c'est une vraie petite bonne femme, parfais mélange de Thorgal et d'Aaricia. On attends avec impatience un album qui lui serait spécialement consacré.

Le dessin de Rosinski a peut-être un peu baissé dans l'ensemble, ou du moins il a beaucoup changé par rapport au début du cycle. J'aime peut-être un peu moins ces couleurs passées comme au fusain, quelquefois dégradées sur plusieurs tons sans qu'on en ressente le besoin. La colorisation de Graza n'en est pas la seule responsable. Enfin bref, c'est un look un peu différent qu'on sentait venir au fil des albums les plus récents qui me laisse dubitatif.

Enfin un vrai album de Thorgal, pourrait-on dire, encore qu'avec la déception du précédent j'étais prêt à tout accepter ou presque. Alors un album simple, à la trame lisible, aux dessins superbes, biens colorisés, je n'en demandait pas plus. Même si au final on est revenu à la case départ, avec une nouvel fuite en avant pour Thorgal et les siens, on a quand même retrouvé une part de la magie d'autrefois.

Thorgal, tome 24 : Arachnéa
ajouté le 24/12/2007
Note de l'album : 2,50
Tome 24 : Arachnéa

Thorgal, tome 24. C'est globalement une très belle histoire, sur un fond de fantastique, de la relation privilégiée entre un papa et sa petite fille. Par un subterfuge habile, le scénario écarte rapidement Aaaricia, Jolan, Darek et Lehla, les deux enfants qui sont restés avec la famille de Thorgal à la fin du cycle de Shaïgan-sans-merci. Thorgal et Louve, naufragés, abordent une terre inconnue qui a la particularité de ne pas connaître le monde extérieur, les habitants étant induits en erreur par leur grand prêtre/roi qui les maintient dans l'ignorance. Et donc, sur cette toile de fond, Louve est arrachée à Thorgal qui devra franchir bien des obstacles pour la retrouver.

En plus d'être une belle histoire, c'est psychologiquement très interessant pour la série. Jusque-là, en effet, le personnage de Louve était un peu retrait, et son don (parler aux animaux) assez peu exploité (sauf peut-être à la fin de l'épisode précédent, "La cage"). La petite fille de Thorgal a dans cet album un rôle prépondérant, essentiel, et sans trop dévoiler la fin, je peux quand même dire que c'est elle qui dénoue la situation finale, avec plein de super bons sentiments de pureté et d'innocence qui vous arrachent une larme, voire plusieurs.

Et au niveau des dessins, non seulement c'est sublime comme d'habitude, mais si on compare à d'autres histoires souterraines de Thorgal (la trilogie de Brek Zarith, par exemple), on juge les progrès extraordinaire accompli depuis (en même temps Brek Zarith c'était vingt album plus tôt, quand même). Dans les couleurs, les ombres, l'épaisseur du trait, c'est très réussit. Et le côté fantastique, dans l'antre de l'araignée, permet de jouer avec les bleus, les verts, qui donnent une ambiance malsaine, glauque, effrayante, en opposition aux bons sentiments dont je parlai plus haut. Que du bonheur.

Mais pour être tout à fait franc, le scénario est un peu ridicule, quand même, par certaines incohérences. Qu'est-ce que c'est que cette famille de six personnes, dont quatre enfants, qui voyagent dans deux petites barques ridicules ? C'était pas mieux d'en construire une plus grande ? Après ça tu t'étonnes d'être séparés par la tempête ! Et le vieux roi, il attends quoi, au juste, depuis mille ans ? Que Thorgal arrive ? A quoi ça lui sert de maintenir son peuple dans l'ignorance ? Il y gagne quoi ? Pas la puissance, pas la richesse, alors quoi ? Il aime sacrifier les jeunes garçons ? C'est un peu bizarre, quand même. Et pourquoi Louve elle parle pas aux araignées ? Et les quatre autre (Aaricia, Jolan, Darek et Lehla), ils ont fait quoi pendant deux jours ? Et comment ont-ils retrouvé l'île ? C'est un peu tiré par les cheveux, en fait ....

Mais tout est bien qui finit bien, Thorgal va s'installer sur l'île, on va le proclamer roi, ou chef, ou grand protecteur, happy end, ils vont vivre heureux et sans soucis. La suite nous prouvera que non, sans plus d'explications que d'habitude. Il serait pourtant bien que ça s'arrête ....

Thorgal, tome 25 : Le Mal Bleu
ajouté le 05/12/2007
Note de l'album : 3,50
Tome 25 : Le Mal Bleu

Thorgal, c'est l'histoire d'un mec qui n'a pas de chance. En tous cas, il a trois grands défauts : son fils Jolan, sa femme Aaricia, et lui-même. Son fils Jolan a des pouvoirs para psychiques qui l'entraînent souvent dans des aventures incroyables. Sa femme, elle est trop belle, alors y'a tout le temps d'autres hommes qui veulent la lui piquer, et après ça fait des histoires pas possibles. Et lui, il est trop. Trop tout. Trop beau, trop fort, trop loyal, trop honnête, trop con, donc. En plus il a irrité les Dieux à force d'être trop, et du coup ça n'arrange rien. C'est pas de bol.

Dans cet album, c'est Jolan qui parle. "Je m'appelle Jolan, j'ai douze ans et je vais mourir". Tu parles. On n'y croit pas une seule seconde. Mais on veut quand même savoir pourquoi, et comment Thorgal va faire pour se sortir de cette nouvelle histoire. Alors je vous résume le scénario, sans dire comment ça finit : Thorgal c'est Ulysse version l'odyssée. Il a trouvé une île de rêve, on veut le nommer roi, il refuse évidement, et décide qu'il est temps de partir. Partir on ne sait où, et lui non plus. Mais il faut partir. Et tout le long du chemin, il lui arrive des aventures extraordinaires.

Cette fois-ci, le scénario réussit le tour de force de réunir : la maladie étrange sans antidote connu, le monstre du Loch Ness, le frère jumeau tué à la naissance (qu'on croit) qui prépare la révolution dans le maquis, le savant un peu fou et génial qui invente le deltaplane avec1500 ans d'avance, et un méchant prince qui convoite Aaricia même si elle est déjà mariée à Thorgal. Ah, j'oubliais la naine qui tombe amoureuse de Thorgal, mais leur amour est impossible, et le duel d'archer où Thorgal réussit à prouver qu'il est le plus fort sans tuer le pigeon. C'est dense comme histoire, non ?

Le problème, quelque part, c'est justement ça. Le scénario en fait trois tonnes quinze, la plupart des "rebondissements" ont un goût de déjà vu, et il y a des passages assez incompréhensibles. Jolan, par exemple, ne se sert plus de ses pouvoirs, qui pourtant seraient bien utiles. Mais il faut croire que la maladie l'en empêche. Le coup du deltaplane est risible. Je ne suis pas expert, mais je ne peux pas croire que Thorgal et son compagnon (je ne donne pas son identité, c'est fait exprès) arrivent du premier coup à se servir de ces engins sans se planter. Et puis, si Thorgal arrive à s'échapper du labyrinthe, pourquoi personne n'a t-il essayé avant ? Et le mort dans la barque au début de l'histoire, c'est qui, il sort d'où ? Et Louve, dans tout ça, pourquoi ne fait-elle rien ?

Bon, je critique, je critique, mais ça reste toujours un Thorgal, donc une bonne lecture en perspective. Les dessins ont gagné en intensité, il y a certainement une nouvelle technique à l'oeuvre, et c'est pas mal du tout. J'attends encore un tome ou deux pour dire que c'est beau. Le seul défaut du scénario, c'est d'être trop touffu, mais on ne va quand même pas reprocher à un scénariste d'avoir trop d'idées, quand même ? Non, finalement, la seule vraie critique, c'est un peu qu'on ne connait pas vraiment les motivations de Thorgal. Qu'est ce qui le pousse en avant, qu'est-ce qu'il cherche ? Le sait-il lui même ? Est-ce un nouveau tour que lui jouent les Dieux ? Est-il à la recherche de son passé ? Et si s'était son passé qui le retrouvait le premier ? .......

Note de l'album : 2,00
Tome 26 : Le royaume sous le sable

Et voilà, ça devait arriver. Thorgal se caricature lui-même dans un album au scénario fourre-tout, où l'on retrouve des ficelles éculées, dont certaines sont à peine déguisées. Encore une fois, Louve fait des bêtises, Jolan détruit des pistolets quand il se mets en colère, Aaricia redevient la geignarde chiante qui en a marre et veut rentrer à la maison, bref, si ce n'étaient les beaux dessins de Rosinski, l'album pourrait prétendre au titre de Purge de l'année.

Ou alors c'est du deuxième degré, et les auteurs ont décidé de revenir en arrière, comme Thorgal qui vient enfin de comprendre qu'il ne trouvera jamais ce qu'il cherche. Ce qui me fait dire ça, c'est le couple d'Atlantes qui dirigent les opérations : un grand imbécile costaux et un petit malingre intelligent, il y a un côté Astérix, là-dedans, en même temps que les coupes de cheveux font penser à Tintin et Haddock, et d'autres détails rappellent plein d'autres couples célèbres de la Band dessinée. Mais c'est avis personnel, sans plus.

J'avoue que j'ai quand même bien aimé la double page des souvenirs de Thorgal. Il y abeaucoup de nostalgie là-dedans, en revoyant les décors somptueux du Pays Qâ, les univers fantastiques de la gardienne des clés, et tout le reste dont je ne vais pas faire la liste : tout y est. On pourrait presque dire que le scénariste s'amuse volontairement à nous monter qu'il a été capable du meilleur, comme il est aujourd'hui capable du pire. Car encore une fois le scénario est complètement invraisemblable. Encore un labyrinthe, encore une énigme transparente, encore une sortie improbable, encore un cataclysme final qui engloutit les méchants (Thorgal en est incapable, il faut bien que quelqu'un fasse le sale boulot. Tiens, au hasard, prenons le plus lâche du groupe, pour rigoler.)

Même dans le final, c'est grotesque. Thorgal voit disparaître définitivement toute sa race sans sourcilier, et en prime, ça efface les preuves qui feraient désordre pour les siècles à venir. Et puisqu'on a perdu Darek et Lehla dans le tome précédent, accueillons deux nouveaux membres dans le groupe, encore un frère et sa soeur, ça marche bien. Et dans le prochain tome, je les tue, allez hop ! Ecoute, Thorgal, il est temps que tu t'arrête, parce que tu me fatigues. Comment ça, c'est pas toi, c'est Rosinski et Van Hamme ? Et bien, tu leur dis. Plus que trois tomes ? Tu veux dire "Encore" trois tomes ! Eh, ben, ça va être long, j'ai peur .......

Thorgal, tome 27 : Le Barbare
ajouté le 25/04/2012
Note de l'album : 3,00
Tome 27 : Le Barbare

Je trouve la couverture magnifique, j'adore cette espèce de contre plongée où l'on voit à peine la flèche à cause de la perspective. D'autre part on ne voit pas bien comment Thorgal tient sa flèche mais la corde semble tendue est prête à se rompre si l'archer ne libère pas rapidement son dard.

Ce sentiment d'urgence se retrouve dans toute l'histoire, où le scénario s'ingénue à distraire Thorgal de son but, qui est de rentrer en Norvège avec sa femme et ses enfants. Mais comme d'habitude le destin s'acharne et lui fait perdre un temps pas possible.

Alors bien sur le scénario ressemble à beaucoup de choses déjà vues, surtout le concours des archers, dans l'album du même nom. Notamment le fait que Thorgal soit obligé de faire alliance avec un ancien adversaire, mais en fait ce n'est pas du tout pareil. Ici, Thorgal ne s’intéresse pas du tout au résultat (enfin en principe), il sait très bien que c'est encore un piège, même s'il gagne, Aaricia, Jolan, et Louve, ne seront pas forcément libérés.

Et puis la bonne surprise finale, même si on se doute que ça ne peut pas finir comme ça. C'est original, je n'en dis pas plus, et on se demande quand même comment ça va se poursuive. Et les auteurs, sciemment ou pas, ravivent encore notre intérêt, rien qu'avec le titre du prochain album. Allez voir. C'est bon ? Alors ? Et bien, il faut lire la suite, obligé.

Thorgal, tome 28 : Kriss de Valnor
ajouté le 28/03/2013
Note de l'album : 4,00
Tome 28 : Kriss de Valnor

Il y a énormément de choses qui m'ont plu dans cet album, et une petite poignée qui m'ont déplu. Au début, j'ai trouvé la pirouette pour expliquer la résurrection de Thorgal un peu trop grossière. Enfin, pas très crédible. Je ne suis pas expert en poisons, mais bon, chacun se fera son opinion. Et il y a un autre détail qui me choque à la fin, mais il est difficile d'en parler sans gâcher le plaisir des lecteurs, alors je n'en dit pas plus, ce n'est pas la peine. C'est juste pour dire qu'il y a selon moi une faille, et c'est tout.

Voilà, c'est fait, parlons des bonnes surprises dans cet album. Tout d'abord, Thorgal y est inexistant. Vous allez me trouver cruel, je m'explique. C'est selon moi un excellent album, et pourtant, la part de Thorgal dans le scénario est très mince. Donc le scénario est très bon, puisqu'il arrive à ce passer du personnage principal, et à nous intéresser suffisamment au reste. Je vous vois venir, on ne va pas commencer à discuter de Kriss de Valnor et Aaricia complètement nues et dessinées sous de nombreux profils dans les bains d'eau chaude, ça c'est juste pour le plaisir. Non, il y a bien d'autres rebondissements, sachant que déjà la présence de Kriss aurait pu en être une si le titre n'avait pas vendu la mèche depuis longtemps. Il y a en fait un renouvellement du genre assez fort, avec de nombreux détails qui préparent les séries parallèles (Jolan, Louve, Kriss de Valnor). Je sais, c'est facile de parler, maintenant que ces séries sont produites, il aurait été difficile de le dire à la sortie de l'album. Mais relisez-le, et vous conviendrez que cet opus est un tournant majeur dans l'exploitation des mondes de Thorgal. Voilà peut-être pourquoi celui-ci est carrément absent dans toute l'histoire.

Et puis voilà, toujours ce dessin magnifique de Rosinski, les expressions, les caractères, les décors, avec des contrastes entre l'éclairage sourd des torches à huile au fond de la mine, ou bien les vapeurs des bains chauds, si profonds qu'ils semblent s’échapper des vignettes. Il y a une alternance dans le scénario entre les phases nocturnes et diurnes pleinement rendue par ce dessin. Et la dernière vignette fait à elle seule comprendre que ce n'est qu'un au revoir.

Oui Thorgal est une vieille série, qui a connu son apogée, qu'on ne retrouvera sans doute jamais, qui s'est essoufflée, qui a produit pourtant de temps à autre quelques perles. Et si les fans de la première heure étaient déçus des égarements récents, voici un album qui sent bon le renouveau et le retour de la grande aventure.

Thorgal, tome 29 : Le Sacrifice
ajouté le 13/04/2013
Note de l'album : 3,50
Tome 29 : Le Sacrifice

J'ai moi aussi un sentiment mitigé pour cet album, surtout en le jugeant sept ans plus tard. Tout ce qu'on pouvait dire sur la dernière apparition (ou presque) de Thorgal dans la série, avec le passage de relais à Jolan, se révèle maintenant complètement faux. L'ambiance tragique du sacrifice de Kriss de Valnor, la résurrection de Thorgal en échange de l'esclavage de son fils, paraissent un peu dérisoire quand on sait maintenant que les besoins scénaristiques ont rendu caduques ces rebondissement de la saga.

Sinon, je m'interrogent toujours sur le besoin que Thorgal et Aaricia ont de revenir dans le village natal de cette dernière, vu que la moitié du clan ne peux pas les piffrer. Rien ne les attends là-bas, ni amis, ni trésor, ni honneur, et en plus pour élever un mioche de deux ans, un climat tempéré me semblerait plus adéquat. En ce qui concerne le passage dans l'entre-monde, je dis simplement que la déesse Vlana est bien sotte de s'être faite surprendre sur Midgard avec son amant, alors qu'un petit coin tranquille à l'abri des foudres d'Odin leur tendait les bras. Et pour sortir du château de Manthotr, je connais la blague des deux gardes, un qui ment, l'autre qui dit toujours la vérité, depuis le CM2.

Sinon, c'est agréable à lire, j'aime bien la nouvelle technique de Rosinski, la barbe de Thorgal ne me dérange pas, c'est logique, s'il est malade depuis trois mois, le gag du pont levis dissous par Jolan quand le seigneur et ses valets passent dessus m'a fait sourire, la gardienne des clés est toujours un régal pour les yeux, et la fin est d'une intensité poignante qui vous arrache presque une larme jumelle de celle de Thorgal.
Et puis je trouve la couverture superbe, et c'est vrai que quelque part, c'est la fin d'un cycle, et le départ d'un scénariste de grand talent qui tire sa révérence avec panache.

Thorgal, tome 30 : Moi, Jolan
ajouté le 13/04/2013
Note de l'album : 3,00
Tome 30 : Moi, Jolan

Ce qui m’énerve un peu dans ce tome c'est que non seulement ce n'est pas du Thorgal, mais ce n'est pas non plus une histoire complète de Jolan ou de qui que ce soit d'autre. Il y a d'une part une histoire de Jolan qui prend la moitié des pages, et d'autre part une histoire de Thorgal et d'Aaricia. Cette dernière se débarrasse vite de Thorgal pour continuer sa quête seule, donc c'est une histoire d'Aaricia. Non, en fait, elle se fait raconter l'histoire du fils de Thorgal, pas Jolan, puisque ça c'est aussi son fils, non, il s'agit d'Aniel, le fils de Thorgal et de Kriss de Valnor, dont le destin semble être au moins aussi important que celui de Jolan. Et donc on s'y perd un peu.

J'avoue que, au bout d'un moment, j'ai lu les deux histoires séparément, c'est vachement plus clair. Et donc, voilà Jolan à l'aventure avec deux autres garçons et deux filles, ça me rappelle le club des cinq, sauf que là, c'est un pour tous, tous pourris. Sauf Jolan qui est honnête. Et bien, il sera récompensé, parce que c'est lui qui va gagner, on s'en doutait absolument pas. Et je trouve bizarre un peu aussi que le scénario s'attarde sur l'épreuve du feu réussie par Arlac et Draye, et qu'on sache simplement que Jolan, Ingvild, et Xial qui arrive on se comment, ont surmonté l'épreuve de l'eau. Bref, il y a beaucoup de non-dit, et c'est un peu frustrant.

Faut-il voir là les prémices des futurs séries parallèles, notamment de Kriss de Valnor et de Louve ? Peut-être. En tout cas, on sent que le nouveau scénariste, Y. Sente, bouillonne d'idées, et même s'il a du mal à les canaliser, cet album s’intègre bien à la série.

Note de l'album : 3,00
Tome 31 : Le bouclier de Thor

Curieusement, je suis un peu déçu. Il est visible maintenant que Jolan ne prend pas la place de Thorgal dans la série, mais qu'il vit lui aussi des aventures. Et que donc, on va devoir se tartiner pendant un certain temps ce concept des aventures de Jolan coupées par un intermède pour raconter ce que fait Thorgal pendant ce temps-là, et puis au moment ou il se passe un truc important, paf ! on revient sur Jolan pour deux ou trois pages, et quand lui aussi arrive au point culminant du suspense, on retrouve Thorgal, qui, et ainsi de suite. Personnellement ça me nifle. Plus exactement, le scénario du père et celui du fils ne me tiennent pas suffisamment en haleine pour conserver à chaque fois mon impatience trois pages plus loin. Où on m'a raconté autre chose, en plus. Presque si je ne reviens pas en arrière pour me souvenir de ce qui se passait trois pages avant.

Autre chose, le scénario principal est l'histoire de Jolan, en principe, c'est comme ça qu'on nous l'a vendu. Et bien je trouve que c'est exactement pareil que le tome précédent. Et tout aussi creux. Les cinq ados doivent s'aider parfois, mais y'en a qu'un qui peut gagner, donc ils se tirent dans les pattes dès qu'il peuvent, sauf Jolan qui est sage, et en plus c'est lui qui gagne à la fin. Quand à Thorgal, je vois pas comment il peut se lancer à la poursuite des ravisseurs d'Aniel, le fils qu'il a eu avec Kriss de Valnor, ou alors c'est que la confrérie des sorciers de la magie rouge y met beaucoup de bonne volonté.

Et encore autre chose, j'ai l'impression qu'on nous raconte une troisième fois l'histoire du père de Kriss de Valnor, mais avec des add-on qui ne collent pas toujouirs très bien avec la version initiale, comme si il fallait rectifier le tir, parce que sinon ça ne colle plus avec la trame générale. Quand à la partie qui concerne Loki, elle me laisse dubitatif, parce que ça ne correspond pas avec ce que je crois connaître de la mythologie Nordique le concernant. Mais c'est vrai que déjà la vision qu'en on donné les Comics Américains brouille les pistes en mélangeant un peu tout.

Bon voilà, hormis le fait que l'histoire devient intéressante, parce qu'on sait maintenant que tout est combiné d'avance par Mantor qui projette rien de moins que d'envahir Asgard avec une armée de poupées de chiffons (oui, c'est aussi ridicule que tout le reste, mais ça, ça me fait rire), et que Jolan à piqué le bouclier de Thor, et que je me demande bien pourquoi, et que de toute façon je vais acheter le tome suivant parce que je vais pas laisser tomber la collection maintenant, je dirais que c'est pas l'album de Thorgal le plus génial que j'ai eu entre le main. Pas le pire, non plus ...

Note de l'album : 2,00
Tome 32 : La Bataille d'Asgard

Voilà un album qui encore une fois montre à quel point on peut être indulgent pendant la lecture, tournant les pages pour savoir la suite, se laissant bercer par cette ambiance construite savamment depuis de si nombreux tomes, sans se lasser, et puis devenir impitoyable et sévère quand on cherche à en faire une critique objective.

Alors oui, il y a de très beaux dessins, une technique qui se confirme depuis le passage à la couleur directe, mais comment peut on s'empêcher de constater les faiblesses du scénario ? Surtout quand on nous a fait languir depuis trois tomes, et que, pour Thgorgal en tout cas, c'est loin d'être fini ? Tous ces petits défauts resurgissent, entre Jolan dont le physique est resté enfantin, mais qui va séduire une déesse, Loki, qui est tantôt un Dieu, tantôt seulement un demi-Dieu, et qui semble se complaire dans cette apparence de gnome grotesque (dans la mythologie nordique, il me semble que Loki a choisi un physique avantageux), mais qui cherche aussi à séduire, et surtout l'intervention physique d'Odin, que jusque-là Jean Van Hamme s'était bien gardé de provoquer.

Et puis, tout ça pour quoi ? Si je récapitule, Manthor veut pour sa mère une pomme d'éternelle jeunesse, même si raisonnablement il n'y a aucune raison qu'elle retrouve l'immortalité retirée par Odin. On ne sait jamais. Pour cela, il faut un élu à la tête d'une armée, pour le cas où Loki se mettrait en travers du projet. On ne sait jamais. Du coup le seul passage possible nécessite la possession du bouclier de Thor, que l'on ne peut récupérer sur Asgard qu'en passant par la porte aux cinq clefs que les Dieux on mis en place on se demande bien pourquoi, mais là aussi, on ne sait jamais. Bref, voilà un Manthor étrangement puissant par moments, mais qui se trouve obligé de concevoir un plan abracadabrant parce que sa puissance a des limites. Voilà un Loki étrangement malveillant qui veut se déguiser en blond, donc qui doit absolument couper la chevelure d'une Déesse blonde, au hasard Sif, la femme de Thor, alors qu'il peut se métamorphoser comme bon lui semble. Ce même Loki, devine instantanément que le bouclier que porte Jolan est celui de Thor, et propose un échange contre la pomme dont il était question depuis le début. Jolan refuse bien évidement, mais si le bouclier et la pomme deviennent l'enjeu d'une bataille, ça change tout. Et on comprend bien pourquoi Loki fait une telle proposition, c'est juste pour chasser l'ennui. ben voyons. Et Odin, qui a assisté à la scène depuis le début, laisse faire aussi. Parce qu'il s'ennuie. Parce qu'il veut voir si Loki tiendra sa promesse. Et ça lui ,permettra de convoquer tout le monde au tribunal pour rendre sa sentence. Sans compter que Thor apparaît là, au beau milieu de la bataille, on ne sait pas trop pourquoi. Il cherchait son bouclier, sans doute. Soit dit en passant, pour autant que je sache, Thor n'a pas plus de bouclier qu'il n'est forgeron. C'est un guerrier qui tire sa force de sa ceinture, c'est le dieu du tonnerre, bref, je trouve que le scénario prend beaucoup de libertés avec la mythologie, mais il me semble avoir déjà fait cette réflexion.

Voilà pourquoi je trouve cet album en dessous de la moyenne, tant j'y trouve de choses à redire, surtout dans le scénario, mais seulement après lecture, c'est vrai, tant il reste quand même baigné de cette ambiance inégalée qui a fait le succès de la série.

Thorgal, tome 33 : Le Bateau-Sabre
ajouté le 30/12/2011
Note de l'album : 4,00
Tome 33 : Le Bateau-Sabre

Et bien je dois dire, moi qui suis un fan de Thorgal, quand même, que cet album m'a presque réconcilié avec l'enfant des étoiles. Presque. En fait, je commençais à me perdre un peu dans l'intrigue, moi aussi je croyais que pour Thorgal l'aventure était finie et que la série allait principalement se consacrer à Jolan. Apparemment ce n'est pas, ou plus, le cas. Soit que l'histoire ne tienne pas ses promesses, soit que le lectorat se fatigue, il est temps de revenir aux valeurs d'antan.

Alors bien sûr, on ne change pas un système qui gagne, et le mieux est de revenir aux fondamentaux. Par une pirouette du scénario, Thorgal se retrouve tout seul à mener la barque, si j'ose dire, et ça lui va bien. L'histoire du traineau avec les chiens de neiges, les tigres blancs, le village aux mains d'une horde de méchants qui terrorisent les innocents, tout ça c'est du déjà vu, certes. Mais ça fonctionne. Et Thorgal, grand, fort, inventif, roule tout ce petit monde dans la farine, ou plutôt dans la neige, et s'en sort comme un chef. Globalement j'ai bien aimé.

Par contre les histoires parallèles, Jolan d'un côté, Aaricia de l'autre, ne cassent pas trois pattes à un canard, c'est même un peu faible.Et je ne vois pas bien pourquoi Manthor a manigancé tout ça, rien que pour envoyer une troupe d'enfants aux super-pouvoirs combattre les ennemis des Vikings. C'est capilotracté, je trouve. Tiré par les cheveux, quoi.

Et puis bon, le dessin, je suis pas très fan de la peinture, je trouve que ça en rajoute là où ce n'était pas forcément la peine. D'un autre côté, il faut bien admettre que dans ces paysages de neige, c'est quand même joli.Voilà, y'a rien d'autre à dire, c'est quand même joli. Mais je préférais quand même les anciens graphismes.

Allez, la conclusion, c'est que c'est un album de Thorgal comme on en attendait un depuis bien longtemps, alors ne boudons pas notre plaisir, et espérons que la suite, puisque suite il y aura avec la belle orientale aux yeux de biche, sera à la hauteur.