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Avis BD de lclmr
 

Avis BD de lclmr sur Thorgal


Note moyenne de Coin BD sur la série Thorgal Moyenne Coin BD : 3,49/5
Note moyenne de lclmr sur la série Thorgal Moyenne de lclmr : 3,58/5
 
Note de l'album : 3,00
Tome 1 : La magicienne trahie

Bon, j'arrête de découvrir Thorgal en désordre et me décide à commencer par le début.

Cette histoire m'a immédiatement fait penser à la "Corne de brume", un des premiers et des meilleurs Chevalier Ardent. Ce n'est pas la première ni la dernière fois, j'imagine, que Thorgal me fera penser à cette autre série. (En un sens, Thorgal est un croisement réussi entre Chevalier Ardent et Valérian, avec quelques autres ingrédients venus d'ailleurs)

Mais pour en avoir déjà lu plusieurs, Thorgal m'apparaît plus réussi que Chevalier ardent. Le personnage central a plus de dimensions, les scénarios plus d'ampleur. Pas encore dans ce premier tome, toutefois, dont le dessin, en plus, est un peu sommaire, avec des couleurs criardes. Le récit se tient mais ne prendra tout son sens que dans le tome suivant.

Récit viking, l'homme noble qu'on sent différent, la sylphide venu du nord, des affreux qui gardent des mystères... Éléments connus, mais tout ça, encore un peu maladroit, annonce quand même une série qui saura tout se réapproprier avec panache.

Note de l'album : 3,50
Tome 2 : L'ïle des mers gelées

Première révélation de l'identité réelle de Thorgal.

Les deux univers de la série se mêlent d'emblée, l'aspect fantastique lié aux légendes nordiques, la dimension de science fiction par l'origine de cette petite élite dominante perdue dans les confins du Nord. Par son apparence, le personnage de la "magicienne" semble d'ailleurs unir les deux aspects.

Encore quelques maladresses du scénario. On a du mal, par exemple, à croire que tant de féroces Viking se laissent contrôler par des gardiens somme toute peu nombreux et peu redoutables. Certains aspects sont également difficiles à réconcilier avec ce qu'on apprend dans le tome 7, sur la jeunesse de Thorgal.

Mais ne boudons pas notre plaisir ! L'atmosphère de fin d'un monde supérieur est assez bien réussie (elle évoque tant de références similaires! Pensons notamment à l'Empire des milles planètes, dans la série Valérian) Et parce nous ne sommes pas non plus de ces temps barbares d'avant l'an mille où l'on aime néanmoins projeter nos rêves, on s'identifie à ce Thorgal, exilé malgré lui dans un monde étranger.

Thorgal, tome 4 : La galère noire
ajouté le 05/03/2009
Note de l'album : 4,00
Tome 4 : La galère noire

Ce tome me paraît supérieur au précédent, qui dépendait un peu trop du schéma classique de l'opposition entre quelques tyrans et un peuple soumis et abruti.

Il est intéressant ici de voir Thorgal en simple paysan, heureux de sa vie villageoise. Mais le bonheur ne dure pas. Très frappante et crédible, aussi, cette jalousie d'adolescente. On ne s'étonne pas non plus de voir les autres croire ses mensonges vengeurs - combien d'adultes, encore aujourd'hui, sont injustement condamnés sur le témoignage d'enfants... Et ce bouffi de prince ! On est proche ici des classiques caricatures de romains décadents dans certains tomes d'Astérix. Le combat contre la panthère est sans doute un peu fort en café, mais le dessin est superbe.

L'ombre au tableau, ce duel final très peu crédible. On ne voit pas du tout quel intérêt Ewing avait à attendre Thorgal au risque de se faire tuer.

Note de l'album : 4,50
Tome 5 : Au-delà des ombres

Très bel album.

Le Thorgal déchu du début est très frappant, même si la fin du tome précédent n'annonçait pas ça... Mais si ces hiatus importants entre chaque album d'un même cycle surprennent d'abord, on se dit ensuite qu'ils ouvrent le vaste espace de l'imagination.

Voyage chamanique au pays des morts. L'idée de la quête initiatique est bien sûr on ne peut plus classique, mais l'intérêt de la série est précisément de revisiter tous les mythes. La représentation de la fragilité de chaque vie est exprimée ici par une idée ingénieuse, bien rendue par un dessin qui sait évoquer le mystère. Belle et troublante finale - cet amour qui trouve sa rédemption dans la mort.

Note de l'album : 3,50
Tome 6 : La chute de Brek-Zarith

Très bon album malgré tout.

Quelques difficultés, certes, à rattacher tous les fils d'un scénario complexe. Mais l'idée de ce roi cynique et blasé qu'ennuient même ses fêtes décadentes crée une atmosphère malsaine qui en vient presque à faire paraître puéril l'héroïsme de Thorgal. (Quelle tête de Voltaire qui aurait mal tourné, d'ailleurs, ce Shardar !)

Quant à Thorgal, son refus du pouvoir ne s'était jamais affirmé aussi nettement.

Difficile d'admettre par contre que l'amoureux si profondément blessé des albums précédents retrouve ici sa belle, après des années de séparation, en lui disant à peu près "Plus tard, les émotions, on a autre chose à faire, ma vieille". Quant à Jolan, il n'est encore qu'un objet qu'on s'échange et qu'on convoite. À quelle heure qu'il braille, cet enfant ?!

Thorgal, tome 9 : Les archers
ajouté le 04/03/2009
Note de l'album : 3,50
Tome 9 : Les archers

Cet album est mon point d'entrée dans la série Thorgal... Mieux vaut tard que jamais !

Dessin séduisant, personnages très typés. Cette peste de Chris de Valmor attendait d'être inventée! Climat médiéval héroïque assez réussi. Tension dramatique impressionnante lors du défi à l'arc. Un certain manque d'ampleur du scénario, malgré tout, et une impression de déjà vu, parfois, liée sans doute à de vieux souvenirs d'autres séries sur le Moyen-âge.

Note de l'album : 3,50
Tome 15 : Le maître des montagnes

Assez plaisante histoire. Je n'aime guère habituellement les récits de voyage dans le temps. Comme d'habitude, cela soulève toute une séries de questions sur la cohérence. Il faut ici admettre que les changements provoqués par un retour dans le passé peuvent faire qu'un personnage du futur (du présent initial) sera en fait autre qu'il n'était... et même "joué", si l'on veut, par une autre personne.

Et n'est pas trop sûr non plus de ce qui provoque le passage d'un temps à un autre... Mais c'était au moins une bonne idée de limiter la possibilité du voyage extra-temporel à un lieu précis.

Tout de même l'intrigue nous tient jusqu'à la surprise finale, qui s'inscrit bien pourtant dans le mythe Thorgal et l'importance qu'y jouent les femmes.

Thorgal, tome 16 : Louve
ajouté le 07/03/2009
Note de l'album : 3,00
Tome 16 : Louve

Trame très simple, à laquelle s'entremêlent des développements pas toujours très clairs. Au total, l'album le plus barbare, depuis le début... Tout n'y est que violence brute, forcenée, bestiale...

Mais en réalité seules les bêtes, à cet égard, nous donnent un répit. Étonnante scène de naissance, sans doute totalement improbable, mais passe tout de même l'idée d'une complicité secrète de la vie. L'ensemble demeure toutefois un sombre cauchemar.

Thorgal, tome 23 : La Cage
ajouté le 14/03/2009
Note de l'album : 4,50
Tome 23 : La Cage

Un des meilleurs Thorgal, du moins pour le lecteur adulte.

Tout repose ici sur le thème de la difficulté du retour. La complexité des émotions d'Aaricia est très bien rendue. Elle part d'abord chercher Thorgal, initiative presque absurde qui ne fait que témoigner de son désir de le voir revenir. Et quant il est là... la rencontre est d'abord impossible. La métaphore de la cage, puis ce dialogue nocturne où elle ne l'appelle plus que "l'homme". Cette toute petite case où la main de Thorgal cesse de serrer le bras de la femme qu'il aime et qui le rejette, où ses doigts se dénouent en une presque caresse....

Tout cela a une force qu'on voit rarement dans la BD. (La BD est à son aise dans l'épique et le comique, mais les sentiments ne sont généralement pas son fort.) Juste un peu trop de petits oiseaux, peut-être, parmi la scène finale de réconciliation.

Mais le scénario de tout le tome est parfaitement équilibré, crédible. On n'a plus ici l'impression, fréquente dans ce long cycle de six albums, que l'auteur "remplit" le grand canevas qu'il s'est d'abord tracé. Tous les détails comptent.

Thorgal, tome 24 : Arachnéa
ajouté le 21/03/2009
Note de l'album : 4,00
Tome 24 : Arachnéa

Il faut lire cet épisode comme on lit les épisodes de l'Odyssée.

Pris isolément, il ne font guère avancer Ulysse. Ils semblent servir de prétextes pour déployer des imaginaires toujours plus étranges. C'est ce qu'on trouve ici. Une double histoire de père et de fille, celle de Throgal et Louve, et celle de ce prêtre roi avec sa fille devenue monstrueuse. Pourquoi ce père homicide continue-t-il l'hécatombe ? Par culpabilité, bien sûr. Arachnéa est l'incarnation du remords qu'il doit éternellement expier. Logique implacable qui n'a rien d'une incohérence. À moins de déclarer que tous les mythes grecs sont incohérents.

Le dessin est sombre à souhait, l'atmosphère lourde. Quelques passages un peu précipités, peut-être. Mais au total un album réussi.

Thorgal, tome 25 : Le Mal Bleu
ajouté le 21/03/2009
Note de l'album : 4,00
Tome 25 : Le Mal Bleu

Tout ça en un seul album, bien ficelé, il faut quand même le faire.

Bien sûr, l'invention de royaumes, de peuples étranges, on a déjà vu, on vient d,ailleurs de voir dans l'album précédent. Mais Van Hamme sait quand même renouveler ses ambiances. On se croirait ici aux frontières forestières d'une carthage oubliée, un mélange d'orient et d'Afrique qui rappelle un peu l'orientalisme des peintres du 19e siècle. Tout cela n'est cependant que l'arrière-scène. L'essentiel reste ce mal bleu, cette attaque venue cette fois de l'intérieur.

Certains pinaillent sur les prétendues incohérences du scénario. Mais Jolan n'a pas besoin de ses pouvoirs avant d'être amené dans ce canyon de la mort et ensuite il est trop faible. Il n'y a pas là d'incohérence. Quant à reprocher l'idée du delta plane, clin d'oeil à Léonard de Vinci, mieux vaut jeter tous les albums de Thorgal au bout de ses bras si on s'entête à ce genre d'exigences réalistes.

Une des forces de la série a toujours été la dureté dans la représentation de la mort. L'idée du rocher de la délivrance exprime cela avec une force nouvelle. Cette dureté est d'ailleurs l'arrière-plan nécessaire pour comprendre Thorgal : il la fuit, portant en lui l'illusion d'un monde apaisé. Curieusement, ce monde apaisé, c'est le nôtre, et nous le fuyons, l'espace d'un moment, pour nous plonger dans un héroïsme sombre, parfois au bord du macabre. L'homme est un curieux animal, jamais satisfait !

Note de l'album : 2,00
Tome 26 : Le royaume sous le sable

En effet, très décevant... Surtout qu'au fond, on attendait vaguement qu'une nouvelle évocation du monde originel de Thorgal vienne enrichir la saga. Mais ici, tout semble caricatural. Les adversaires sont bêtes, sans relief. Le dessin commence dans des tons purs, lumineux. Mais tout est trop simple - des histoires d'Atlante, il y en a eu tellement de meilleures... Dommage.

Thorgal, tome 33 : Le Bateau-Sabre
ajouté le 19/11/2011
Note de l'album : 3,50
Tome 33 : Le Bateau-Sabre

Étrange album, en effet, où le temps semble suspendu.

On en oublie presque pourquoi Thorgal s'enfonce ainsi dans ce monde glacé. Le huis-clos sur le "bateau-sabre" est lourd de tensions dont on ne saisit pas tous les aspects. La rencontre d'esclaves ajoute une dimension en apparence extérieure à la trame principale. L'histoire de ce qui arrive à un autre navire achève presque, enfin, de nous perdre dans les méandres du récit.

Mais se déploie tout de même, à partir de là, une sorte d'intermède d'une beauté cruelle tout à fait saisissante. Le dessin touffu de Rosinski atteint un lyrisme impressionnant dans ces scènes polaires où les hommes périssent comme des phoques dérisoires dans la gueule d'orques qui se faufilent entre les glaces. Au milieu de tout ce blanc et ce bleu profond contraste un instant un rouge vif et sanglant. Une des forces de Thorgal a toujours été cette dureté barbare montrée sans détour ni emphase.

Au final, on se dit qu'il faudra encore attendre pour la suite, mais que l'épisode a quand même une force indéniable.