40 587 Avis BD |17 198 Albums BD | 6 927 séries BD
Accueil
Avis BD de gdev
 

Avis BD de gdev sur Thorgal


Note moyenne de Coin BD sur la série Thorgal Moyenne Coin BD : 3,49/5
Note moyenne de gdev sur la série Thorgal Moyenne de gdev : 3,56/5
 
Note de l'album : 2,50
Tome 1 : La magicienne trahie

Je découvre cette série dont j'ai tellement entendu parler ! Eh bien, heureusement qu'il y a un consensus pour dire que la série s'améliore au fil des tomes car, là, c'est pas génial... La première histoire avec Slive va très (trop) vite, le scénariste faisant l'impasse sur bon nombre d'explications (que sont véritablement ces bracelets, pourquoi sont-il enfermés dans une tour, qui sont ces deux gardiens, etc.) et sur un grand nombre de scènes d'enchaînement, qui auraient pourtant permis de fluidifier ce récit, dans lequel les temps forts sont plus entassés les uns derrière les autres que véritablement construit. Au niveau des dessins, les couleurs (le blond très jaune de Gandalf, le roux très rouge de Slive - rien à voir avec la couverture) font un peu mal aux yeux. Bah, ce n'est que le premier tome, tout cela nécessite encore d'être affiné. Et puis, j'ai apprécié le personnage de Thorgal, homme d'honneur esclave de Slive suite à un pacte, qui doit lutter entre sa profonde nature et les actions qu'il est obligé de réaliser.

Vient ensuite une seconde histoire, qui semble hors de la série (cette histoire se situerait après le récit principal présenté précédemment : en effet, tout porte à croire que le cheval de Thorgal est mort dans la chute de cette histoire, alors qu'il est bien vivant dans le premier récit). La construction de cette histoire est plutôt efficace : en peu de planches, le scénariste nous fait part de ses interrogations sur le temps qui passe. Efficace et intéressant, les dessins et surtout les couleurs plus sobres de cet album le rendent aussi plus joli.

C'est donc un avis mitigé que je rends sur ce premier tome, un peu hésitant et maladroit, mais c'est généralement comme cela que les plus grandes séries ont débuté. Pas d'inquiétude, donc.

Note de l'album : 3,00
Tome 2 : L'ïle des mers gelées

Le scénario s'améliore doucement par rapport au tome précédent, même si certains enchaînements, mal préparés, sont encore un peu maladroits. C'est surtout la fin de cet album qui a retenu mon attention : la découverte des origines de Thorgal est, à n'en pas douter, un élément clés de ces deux premiers tomes. Même si je ne comprends pas bien pourquoi, dans le premier tome, Slive n'a pas ramené directement Thorgal "à la maison", plutôt que de lui faire faire des épreuves un peu sottes. La fin relève donc le niveau de cette histoire même si j'ai un peu de mal à gober que, sachant ce qu'il sait désormais, Thorgal reprenne son Drakkar pour repartir dans les contrées du nord, comme si de rien n'était, comme si cela ne l'intéressait pas. On sent donc que le scénario nous réserve des surprises, même si l'ensemble peut encore paraître maladroit et pas totalement achevé.

Concernant les couleurs, c'est peu la même chose, elles s'améliorent nettement en fin de cet album (la chevelure de Slive est un bon exemple des évolutions dans ce domaine depuis le premier tome). Mais le début de l'album reste assez terne et triste, ce que je trouve dommage.

Voilà donc une série, qui avec ce tome, s'affirme un petit peu. Mais il reste du travail, tant sur le scénario que sur les couleurs, pour le rendre vraiment percutant.

Note de l'album : 3,50
Tome 3 : Les trois vieillards du pays d'Aran

Voici un album mené sous le mode d'un one shot. A part la relation entre Thorgal et Aaricia, rien des albums précédent n'est repris ici. Encore une fois, les scénariste utilisent la concept du temps, concept déjà utilisé dans la seconde histoire du premier tome. Traité sous un mode différent ici, plus long et plus aventureux, l'histoire en elle-même n'est pas désagréable. Cette notion de temps vient relever un récit qui aurait pu sembler bien fade. Mais il reste quelques grosses incohérences ou incompréhensions : pourquoi Thorgal et Aaricia ne se doutent-ils de rien en arrivant dans ce village terne et triste ? Pourquoi faut-il qu'ils aillent se fourrer dans la gueule du loup ? Pourquoi Thorgal est-il le seul à passer sa porte avec succès ? Tout cela rend cet album un peu facile parfois. Toutefois, le côté grande aventure est bien traité, avec notamment cette intrusion de Thorgal dans le château, l'un de mes passages préférés de cet album. Ingénieux et graphiquement très bien réalisé, ce passage est certainement le meilleur de l'album. Le passage des portes en fin d'album, avec ces couleurs très tranchées et orangées, sentent à mon goût un peu trop les années 70.

Cet album est donc pimenté de bonne idées et d'ingéniosité, mais la plupart de l'histoire reste un peu classique, et graphiquement pas toujours réussie.

Thorgal, tome 4 : La galère noire
ajouté le 02/08/2010
Note de l'album : 4,00
Tome 4 : La galère noire

Je trouve que cet album marque un pas sensible par rapport aux productions précédentes. Le récit est plus rythmé, les personnages mieux campés et définis, et surtout le dessin s'améliore grandement. Alors, certes, le prétexte de toute cette histoire, à savoir le mensonge d'une petite écervelée que personne ne remet en cause, paraît un peu léger au vu des drames qui se jouent, et les couleurs sont encore aléatoire. Mais dans l'ensemble, j'ai trouvé l'intrigue plutôt intéressante, et le tout plutôt bien joué, dont le pivot est sans aucun doute le rôle d'Ewing. Ce personnage m'est apparu charismatique, ses motivations cohérentes, et ses réactions en accord avec ce qu'il nous est dit de lui. J'ai bien apprécié cet album. Par ailleurs, depuis le premier tome, aucune magie ni science-fiction n'apparaît dans ce récit. Ces aspects, bien que participant au charme de la série, ne m'ont pas vraiment manqué dans cet album qui se suffit à lui-même. J'ai apprécié la noirceur de cet album, entre galériens en fonds de cales et dénouement. J'ai apprécié le fait que les scénaristes ont joué sur la corde sensible du lecteur pour lui arracher des sentiments. J'ai apprécié l'ingéniosité à la fin de l'album, qui permet de présenter les atouts de Thorgal : maîtrise à l'arc et intelligence pour s'en servir.

L'incohérence du début de l'histoire (avec ce mensonge un peu gros que tout le monde croit), l'heureux hasard en milieu (avec l'arrivée de vikings à cet instant précis, dont le chef reconnaît Thorgal uniquement à la voix), et les couleurs criardes du début sont des défauts qui apparaissent bien maigres au regard des personnages travaillés et des situatiions surprenantes développées.

Note de l'album : 4,00
Tome 5 : Au-delà des ombres

Voici un tome bien étrange, tout en symboles, avec un petit parcours initiatique. J'ai vraiment aimé le début de cet album qui annonce la suite du tome précédent tout en reprenant certains éléments du tome 3 (les " vieillard du pays d'Aran"). Une continuité se crée petit à petit ce qui est plutôt appréciable, même si je suis un peu frustré que l'on ne revienne pas sur la véritable nature de Thorgal. Tout le monde l'appelle "fils des étoiles", mais à part les quelques rares explications du tome 2, on ne voit pas très bien ce que cela implique.
Le début de l'histoire est très bien mené, avec ce Thorgal qui n'est plus que l'ombre de lui-même. La promesse de retrouver sa promise (pardon, sa femme) va lui permettre de sortir de sa torpeur pour affronter des mondes parallèles. J'ai particulièrement goûté la représentation de la mort, et apprécié comment le scénariste révisitait la mythologie et le fil de la vie qui se brise. J'ai bien aimé le côté poétique de la fin de cette histoire, avec les papillons et le rôle que jouait Shania dans cet album. Tout cela emmène les récit très haut et très loin, hors du temps et des références, avec une saveur mthologique d'un héros qui affronte des dieux. C'est également une preuve que Thorgal se complaît aussi bien dans un tome très classique d'actions et d'évasion comme dans le tome précédent, que dans quelque chose de plus intimiste et de moins terre-à-terre, comme dans celui-ci.

Et pourtant, certains passages ont encore du mal à remporter un engouement total de ma part. S'il est ingénieux de réutiliser la clé de bronze acquise dans le tome 3, j'ai un peu de mal à comprendre comment Galathorn et Wargam ont pu être informés de ce fait d'armes. Par ailleurs, lors de la lecture j'ai un peu eu peur de la tournure des évenements lorsque Thorgal remonte le temps et lorsqu'il arrive dans le "deuxième monde" : tout cela avait l'air trop gros (comme le coup des dinosaures) et assez mal ammené. Mais finalement, j'ai bien vite oublié ce passage pour découvrir la véritable surprise de Van Hamme.

Un bon tome, qui peut toutefois dérouter par son côté un peu abstrait.

Note de l'album : 4,00
Tome 6 : La chute de Brek-Zarith

J'ai trouvé que cet album clôturait plutôt efficacement ce cycle. On ne pouvait pas vraiment s'attendre à autre chose que la libération de la belle par son preux chevalier, alors forcément tout cela semble bien classique. Surtout que tout est fait pour que finalement, tout le monde soit content (ou presque). Mais il y a aussi, et surtout, quelques très bons éléments qu'il convient de ne pas occulter : la présentation de Jolan, qui semble disposer de bien étranges pouvoirs, en est une. Il est sans doute vrai que la suprise, la joie et le soulagement ne se lisent pas véritablement sur les visages de cette famille recomposée, mais la découverte de ce nouveau personnage est suffisamment mystérieuse pour que le lecteur soit appâté. J'ai aussi bien aimé l'atmosphère de décadence présentée dans cet album, où l'orgie semble être le maître mot. C'est un peu gros parfois, c'est un peu lourd (surtout au niveau des couleurs de cette fumée dans la salle des fêtes) mais cela donne bien la mesure de ce qu'est devenu le royaume tant convoité. Mais du coup, on a plus de mal à gober le rôle du roi tout puissant, indestructible, etc... qui était mentionné il y a deux tomes. L'issue de cette histoire est assez ironique pour Galathorn et on ne peut s'empêcher de penser que le pauvre a fait beaucoup pour finalement pas grand chose. J'ai aussi apprécié le regard désabusé de Shardar sur sa propre existence...

Graphiquement, il y a du très bon, comme ces premières planches aérées présentant les essais aériens de Shardar. Mais il y a également du moins bon : l'ensemble de l'album paraît grisâtre, à part justement ce passage avec la fumée qui agresse un peu l'oeil.

J'ai trouvé que cet album clôturait de façon plus qu'honnête ce cycle, notamment grâce à la présentation de Jolan et certains partis pris de l'histoire.

Note de l'album : 2,00
Tome 7 : L'enfant des étoiles

Pour moi, cet album, c'est un grosse déception. Après avoir lancé plutôt efficacement les aventures de Thorgal, après la rencontre avec Jolan, on s'attendait à ce que les auteurs continuent sur leur lancée. Mais leur choix a été autre, en décidant de nous présenter trois petites histoires, censées dévoiler le secret des origines de Thorgal, et ce de façon maladroite. J'ai donc été coupé dans mon élan par un tome à la qualité toute relative.

La première histoire n'apporte véritablement pas grand chose de plus que ce qui a été révélé par Slive dans le second tome. C'est juste mettre en image ce que l'on connaissait déjà. Seul élément nouveau, Thorgal serait le fils adoptif du chef qui a précédé Gandalf le fou. Le tome 1 de la série nous présentait Thorgal comme un troubadour, ce qui ne semble pas véritablement coller avec cet image de fils de chef viking.

La seconde histoire est certes assez poétique et mythologique mais je ne vois pas son rapport avec ce que l'on connaît de la série jusqu'à présent. Cela n'apporte aucun éclaircissement sur les origines de Thorgal. C'est un petite histoire comme ça, sans véritable implication, si ce n'est démontrer combien Thorgal était gentil, courageux, fort, tout petit déjà.

Pour la troisième histoire, on revient sur les origines de Thorgal (on avait perdu le fil avec l'histoire précédente), et on découvre l'histoire des parents et grands parents du fils des étoiles. Mais encore une fois, c'est traité sans véritable motivation. D'ailleurs, il faut effacer cet épisode de la mémoire de Thorgal pour qu'il ait vraiment l'air surpris lorsque Slive lui présente la vérité en fin du tome 2 (il y a d'ailleurs quelques incohérences entre ces deux récits, notamment sur la notion du temps écoulé).

Bref, j'ai l'impression que l'on a empilé des petites histoires (comme celle qui était à la fin du tome 1), qu'on a collé une mention "avec les origines de Thorgal dedans" et que l'on a balancé cela au lecteur. La frustration est d'autant plus grande que j'attendais beaucoup des révélations de ces origines, mais surtout pas présentées comme cela.

Thorgal, tome 8 : Alinoë
ajouté le 04/08/2010
Note de l'album : 3,00
Tome 8 : Alinoë

Ce huitième tome n'est pas le plus réussi jusqu'à maintenant : il a l'avantage de nous présenter un peu plus le mode de vie de la famille Thorgal, et de nous présenter également un don de Jolan, celui de créer des êtres imaginaires. Mais finalement, il y a quand même pas mal d'incohérences dans ce récit. Si Jolan a la possibilité des créer des êtres imaginaires, à quoi sert le fameux bracelet ? Si c'est ce dernier qui permet de prendre le contrôle d'Alinoë, cela signifie-t-il que n'importe qui l'ayant trouvé, aurait eu ce pouvoir ? Dans ce cas, la nature même de Jolan, petit fils des étoiles, n'aurait rien à y voir...Comment Thorgal sait-il qu'il fait couper ce bracelet, comment sait-il où trouver Jolan ?

Bref, c'est un album commun qui nous est présenté, avec plus de questions que de réponses. Le rythme est assuré par une Aaricia qui déguste particulièrement dans cet album et l'atmosphère un peu étrange qui se dégage de cet album sauve un peu le récit. J'ai aprticulièrement apprécié comment les auteurs arrivaient à faire monter la pression pour créer une situation tendue, à défaut d'être crédible.

Quant aux dessins, ils sont désservis par des couleurs plus que pâlichonnes (à part sur la couverture). Pour le coup, je devine que cette histoire se déroule en automne et la topologie des lieux aurait été un excellent prétexte pour appuyer un peu plus les couleurs et contrastes des forêts et plaines et créer ainsi de formidables personnages. ici, tout m'a semblé insipide; la blondeur d'Aaricia se transforme en espèce de blancheur grisâtre, le verts des cheveux d'Alinoë tire sur un kaki sans saveur : en bref, tout semble éteint. Je n'ai pas été conquis par l'utilisation de ces couleurs inspides.

C'est donc un tome moyen, sauvé par une atmosphère étrange bien rendue, mais dont les couleurs et les incohérences du récit en font quelque chose de rapidement lu, sans grand plaisir (mais sans déplaisir non plus).

Thorgal, tome 9 : Les archers
ajouté le 04/08/2010
Note de l'album : 4,50
Tome 9 : Les archers

Voici un très bon album de cette série. Thorgal est un pro du tir à l'arc, et ce depuis plusieurs albums (il nous avit d'ailleurs fait une démonstration très explicite en fin du tome 4), et c'est donc une assez bonne idée de revenir sur ce talent pas caché du tout. L'histoire est lancée un peu rapidement, avec un Thorgal désargenté qui doit trouver des sous pour acheter un bateau qui lui permettra de rentrer sur son île. Il participera donc à un concours de tir à l'arc. C'est assez efficace, malgré une apparente légéreté.

La grande nouveauté de cet album, c'est la rencontre avec d'autres personnages bien sympathiques : Tjall et Pied-d'Arbre d'un côté et Kriss de Valnor d'autre part. Ces personnages apportent un renouveau certain à ce Thorgal, qui tournait un peu en rond entre sa femme et son fils. Par ailleurs, le récit lui-même prend une nouvelle orientation, tournée vers l'aventure pure : ici, point de récit intimiste, point de réflexion sur la vie, la mort, le pouvoir, point de transfert dans des mondes parallèles. Non Thorgal vient pour la gagne, un point c'est tout. Kriss de Valnor est un personnage fort appréciable : tout en force, tout en froideur, tout en efficacité, mais aussi prête à défaillir. C'est donc un personnage clé de cette aventure, dont la personnalité est attachante, et ce malgré le fait qu'elle s'oppose parfois à Thorgal. On pourra toujours s'interroger sur l'absence de réaction du baron local face à la rébellion de Thorgal, qui lui impose une fin de tournoi avant la fin, mais dans l'ensemble, le scénario est plutôt bien construit, et efficacement sobre.

Parlons enfin des dessins et des couleurs : c'est désormais un style propre à la série qui nous est proposé. Les couleurs s'améliorent grandement par rapport au tome précédent. Plus lumineuses et mieux dosées, les couleurs rendent plus vivantes la plupart des scènes.

Après deux tomes dont on ne savait trop que penser, voici que les auteurs remettent Thorgal au centre d'une aventure dynamique. C'est bien.

Thorgal, tome 10 : Le pays Qâ
ajouté le 04/08/2010
Note de l'album : 4,50
Tome 10 : Le pays Qâ

Voilà un album prometteur ! Bon, je passe rapidement sur les rapts initiaux qui contraignent Thorgal à se mettre au service de Kriss de Valnor (un peu comme dans le tome 1, où il devait servir d'esclave à Slive). La réutilisation de ce personnage dont on avait mesuré toute la sympathie dans le tome précédent est plutôt bien vue. Elle a un peu évolué et semble plus mature, plus "femme" que dans l'épisode précédent, mais ce changement intervenu en très peu de temps n'est pas véritablement dommageable à sa personnalité, au contraire. On nous propose ainsi de débuter une aventure qui s'annonce épique. Ca tombe bien, j'aime bien Thorgal dans ce registre.

Le début de l'histoire semble classique, mais traité avec soin, et bientôt l'histoire débute sur les chapeaux de roues avec des leviers de suprise intéressants. Le fait qu'Aaricia prenne part à l'aventure, démontre sa force physique (ben oui, 'faudrait pas oublier que c'est une princesse Viking, quand même !) et quitte son rôle de bobonne un peu nunuche qui attend le preux chevalier à la maison, est certainement la première d'entre elles. La seconde concerne bien évidemment le récit des événements qui se sont déroulés dans le pays Qâ, dans lequel les auteurs introduisent de la science fiction, de la magie, et de la divinité. Ces éléments, qui font également partie de cette série, viennent relever un petit peu l'épopée qui s'annoncait classique et amènent un peu d'originalité. Sur fond d'histoire des peuples d'Amérique du Sud, auxquels les scénaristes ont pensé en établissant ce scénario, on introduit des moyens de locomotion poétiques et futuristes, une architecture connue mais réutilisée... bref, une belle ingéniosité pour nous présenter le décor de cette grande aventure.

Ce tome ne présente ici que le début d'une aventure qui s'annonce palpitante, et intéressante et qui se permet même de renouveller certains aspects de la série.

Note de l'album : 5,00
Tome 11 : Les yeux de Tanatloc

Cet album permet de confirmer la bonne impression qui se dégageait du tome précédent. nos héros avancent un petit peu vers le but qui était fixé, et l'aventure dans la forêt amène une dose de rythme appréciable.

Mais les surprises ne viennent pas tant des actions que des relations. Le groupe de Tjall, Thorgal, Aaricia et Kriss connaît certains événements qui permettent à chacune des personnalités de s'affirmer et de dévoiler le jeu des uns et des autres. Quant à Jolan, il découvre, un peu comme l'avait fait Thorgal précédemment, les mystères de sa lignée (il y a donc un petit air de déjà vu). Jolan semble donc être doué de pouvoirs incroyables, que Thorgal, malgré sa paternité ne semble pas posséder. Peut-être n'a-t-il pas été initié à ce secret comme l'est Jolan dans ce tome ? Peut-être cela viendra-t-il par la suite? En outre, ce que j'ai apprécié, c'est que l'on rentre ici dans une véritable tragédie : Thorgal doit tuer son père et les dieux semblent être bien présents et conduire la lignée des uns et des autres (Xargos, malgré ce qu'il sait et d'où il vient, semble même adhérer à cette idée au détour d'une phrase). Les actions du second de Xargos permettent quant à elle de donner un nouvel élan à cette histoire.

Côté dessins et couleurs, il n'y a plus véritablement de surprise et il nous reste à apprécier ce style bien particulier qui colle assez bien à l'univers présenté. La planche de Thorgal rêvant de tous les personnages qu'il a croisés jusqu'à présent est assez forte. On s'y attarde forcément, même si, je dois bien le reconnaître, je n'ai pas reconnu l'ensemble des personnages.

On est en pleine aventure, à laquelle on a ajouté des ingrédients surprenants, issus de l'histoire, de la mythologie et de la science fiction. C'est diablement bien imaginé, c'est forcément une oeuvre incontournable.

Note de l'album : 5,00
Tome 12 : La cité du dieu perdu

Une couverture magnifique pour une tome qui n'en est pas moins ! J'aime vraiment cette couverture, tout en sobriété, tout en finesse, tout en beauté... Je m'y suis attardé plus que sur les précédentes, c'est donc déjà un très bon point.

Le rythme de l'album est très prenant et entre actions, révélations et surprises, on arrive au bout de cet album sans véritablement s'en rendre compte, un peu trop vite. On aurait bien aimé prolonger le plaisir de lire cet album. C'est une histoire digne d'une grande tragédie, qui joue sur les contradictions : rebelles et adorateurs d'ogotaï, père et fils, jeunesse et vieillesse, haine et amour, rites barabres d'un autre temps et intérieurs d'un futur qui n'est pas encore... Vraiment, l'ensemble est bien géré et ça fait vraiment plaisir de lire ce genre d'album, malgré ici ou là des petites facilités ou des petits raccourcis. Les relations entre les personnages gagnent encore un peu en profondeur, donnant plus de consistance à cette histoire.

Le dessin est bien réalisé et les couleurs gagnent encore en luminosité.

Un bien bon tome, en vérité, qui nous pousse inexorablement vers le prochain. Certains parlent de la fin d'un cycle avec cet album. Pour moi, tant que Thorgal n'aura pas retrouvé Jolan, le cycle sera inachevé. A suivre donc...

Note de l'album : 3,50
Tome 13 : Entre terre et lumière

Voici un tome qui clôt plutôt honorablement ce cycle qui a entrainé Thorgal dans le nouveau monde, où il n'a jamais été aussi près de ses origines. Le graphisme est désormais totalement maîtrisé, et a ce petit quelque chose de "passé" que j'apprécie. Couleurs et dessins sont plutôt agréables à l'œil.

Au niveau du scénario, voici donc les dernières révélations, actions, qui permettent à la famille Thorgal de se réunir. Beaucoup de péripéties, d'actions, d'intrigues, et un rôle de Kriss de Valnor plus diabolique que jamais : tous les éléments sont réunis pour faire de cet album un très bon opus, qui restera malgré tout en retrait par rapport à ses prédécesseurs : les auteurs n'ont plus grand chose à nous dévoiler, l'ensemble est donc un peu moins prenant que précédemment. Par ailleurs, beaucoup de hasards et de raccourcis sont employés pour donner du rythme et une cohérence à ce récit, signe que l'ensemble n'est pas toujours maîtrisé (Thorgal qui croise la route de Jolan à ce moment précis, Jolan qui croise celle de Kriss, le masque d'Ogotaï qui tombe plutôt bien aux pieds de Thorgal,...). Malgré tout, l'album est plutôt sympathique à lire et à découvrir, car l'action est au rendez-vous, et parce que les auteurs savent exploiter le capital sympathie de certains personnages secondaires.

Un album qui s'en sort donc honnêtement pour clore ce cycle, qui a permis à cette série d'acquérir ses lettres de noblesse.

Thorgal, tome 14 : Aaricia
ajouté le 23/08/2010
Note de l'album : 2,50
Tome 14 : Aaricia

Je n'ai que très moyennement apprécié cet opus : Aaricia n'est pas le personnage que je préfère, alors, forcément, un tome qui lui est consacré n'avait rien d'alléchant. Par ailleurs, le traitement sous forme de petites histoires ne m'a pas véritablement séduit et je ne vois pas bien le lien entre cet album et le reste de la série. Certes, on découvre que Aaricia était moins nunuche enfant qu'adulte, et qu'elle et Thorgal avaient prévu de se marier depuis leur plus jeune âge (expliquant ainsi la scène d'introduction de la série dans le tome 1). Mais dans l'ensemble, on reste bien en dessous de ce à quoi on s'attend désormais. La dernière histoire est certainement la meilleure, avec un touche de fantasy, avec une touche de poésie, et un brin de mythologie : c'est la seule qui ait véritablement retenu mon attention. Le reste est assez insipide et pas vraiment intéressant.

J'attends donc la suite avec impatience !

Note de l'album : 4,00
Tome 15 : Le maître des montagnes

Décidemment, les auteurs aiment s'amuser avec le temps. Ils l'ont déjà fait par le passé et voilà que cela recommence. J'ai bien accroché à cet album, qui joue sur un thème peu original, mais traité d'une façon qui l'est beaucoup plus. J'ai particulièrement apprécié être perdu en début d'album, où on ne comprend pas bien où on se trouve. J'ai également aimé comme l'auteur traitait le passage d'une époque à une autre, en un clin d'œil, sans transition. J'ai trouvé que ce procédé donnait beaucoup de rythme à cette histoire. En revanche, je trouve un peu gros que les différents protagonistes, qui sont victimes d'un procédé qui leur est inconnu, savent le maîtriser pour arriver toujours au moment voulu. Par ailleurs, tout n'est pas très académique dans ces voyages dans le temps, et certaines petites incohérences sont visibles assez rapidement.

Il n'en reste pas moins que le style de cet album est plutôt séduisant : le rythme est plutôt bien géré, et les personnages parfaitement travaillés. Torric et Vlana notamment, sont des personnages haut en couleur, dont les choix et les réactions donnent beaucoup d'allant à cette histoire. On perd parfois un peu le fil du temps, on ne comprend plus vraiment comment les actions s'enchainent dans le temps présent, conséquence de nombreux voyages dans le passé, mais cette sensation de se perdre dans cet album est plutôt agréable. On est toujours sur le fil, sans jamais verser dans l'absurdité ni dans l'incohérence la plus totale. En bref, malgré des défauts apparents, cette histoire est plutôt bien conduite.

Une belle déclinaison sur le thème du temps, que je n’ai pas l’impression d’avoir perdu en lisant cet album.

Thorgal, tome 16 : Louve
ajouté le 25/08/2010
Note de l'album : 3,00
Tome 16 : Louve

Voici une histoire sympathique à découvrir, et facile à lire. Le scénario est assez linéaire, avec une grande dose d'actions et de suspense. Certains aspects de ce scenario sont assez faciles et certaines ficelles sont tirées, comme c'est le cas pour l'intervention du bossu en fin d'album, qui joue un peu le rôle de deus ex machina. L'intrigue elle-même est un peu tirée par les cheveux, avec l'apparition d'un nouveau grand méchant qui veut s'en prendre à Thorgal et sa famille. Malgré tout, le charme opère, grâce notamment à un rythme soutenu, et une belle utilisation des couleurs qui permettent des jeux de lumière inédits pour cette série. En fait, les auteurs nous tiennent plus par cette histoire de naissance (sympathie envers la famille de Thorgal oblige) que par cette histoire de combat entre Worn et Thorgal, qui est plus convenue.

Après le cycle d'Ogotaï, j'ai l'impression que les auteurs hésitent sur la suite à donner à leur histoire : le tome d'Aaricia permettait de revenir sur son passé avec une touche de poésie, le tome sur le maître des montagnes était axé sur le fantastique, et ce tome revient à quelque chose de plus sobre et de terre à terre : une intrigue centrée sur l'action en pays viking, sans référence à des forces surnaturelles. Plus simple, plus linéaire, ce scénario sympathique souffre peut-être du manque d'éléments qui font l'identité de Thorgal.

Une bonne lecture tout de même...

Note de l'album : 3,00
Tome 17 : La gardienne des clés

Album très difficile à noter. D'un côté, j'ai bien aimé ce retour vers la gardienne des clés, vers ces mondes parallèles, qui représentent l'un des thèmes abordés en fil rouge au cours de cette série. Il était assez intéressant de noter cette petite touche à peine érotique dans les attitudes ou dans les propos, subtilement mise en image. Il était assez sympathique de renouer connaissance avec Tjazhi le nain, personnage sympathique d'un tome précédent. Il était agréable de découvrir un dessin globalement réussi, avec notamment les transformations du visage de Nidhog. Enfin, les révélations finales sur les choix de Thorgal sont assez prometteuses. Au passage, après avoir vécu un grand cycle de science fiction, et des tomes qui jouaient avec le fantastique ou l'aventure pure et dure, on sent que la série s'oriente désormais vers une direction plus mythologique (ou plutôt, renoue avec ce thème)...

Mais sur le scénario en lui-même, j'ai été un peu déçu : tout arrive un peu sans véritable préparation. Ainsi, on ne connaîtra pas vraiment les motivations initiales de Nidhog. De même certains passages paraissent faciles, comme la récupération de la fameuse ceinture par Jolan. Par ailleurs, certains passages sont un peu "gros" comme celui de la toute-puissance de l'imposteur au sein du village Viking. J'ai trouvé que les enchainements étaient peu soignés. Ainsi, il est quand même sacrément étrange que Thorgal se retrouve pile poil à l'emplacement d'une "porte" en début d'album. Enfin, si j'apprécie ce retour dans le deuxième monde, je ne peux m'empêcher de remarquer cette couleur orange étrange. Même si la couleur est plus nuancée que précédemment, j'ai trouvé que ces pages n'étaient pas les plus belles de l'album.

En bref, il y a de très bonnes idées dans cet album, et le scénario permet véritablement d'inscrire ce tome dans la continuité de la série (ce qui n'était pas forcément le cas précédemment) en reprenant des personnages ou des situations antérieurs. Mais le scénario ne brille pas par son originalité et peut parfois paraître maladroit. Toutefois, l'ouverture que propose Thorgal en fin d'album ne peut que nous intriguer et relancer notre intérêt pour la série.

Thorgal, tome 18 : L'épée-soleil
ajouté le 26/08/2010
Note de l'album : 3,50
Tome 18 : L'épée-soleil

Le seul point faible de cet album, c'est qu'il ne présente pas véritablement de surprise ni de grande originalité. Encore une fois, Thorgal arrive dans une contrée dont le chef est une brute sans nom, que Thorgal va devoir défaire pour libérer de son joug les pauvres habitants et assurer également son salut. Trame super classique à laquelle nous sommes désormais bien habitués. Mais en même temps, c'est ce qui fait que Thorgal est Thorgal... Par ailleurs, les scénaristes réintroduisent des éléments du passé dans cette histoire, et pas des moindres puisqu'il s'agit d'éléments issus du cycle d'Ogotaï, cycle qui a certainement fait la renommée de la série. Après quelques tomes d'errements, on sent que les auteurs veulent renouer avec ce qui a fait ce succès en réutilisant une recette, jusqu'à y intégrer un ingrédient savoureux des tomes passés : Kriss de Valnor.

Alors, forcément, on obtient ce que l'on est venu chercher, à savoir un Thorgal désormais bien connu, très fort pour se battre, très intelligent pour s'échapper des pires situations. Mais l'ensemble reste un peu bancal et c'est quand même un sacré hasard que Thorgal et Kriss se rencontrent dans cette histoire. Sans surprise, presque sans originalité, cet album classique est cependant bien conduit. La recette est désormais connue, elle est toujours bien appliquée, et toujours aussi savoureuse, même si le manque d'originalité la rend moins épicée.

Toutefois, les dessins et couleurs gagnent vraiment en qualité dans cet album. Cela a été d'ailleurs la première impression que j'ai eue en ouvrant cet album. La colorisation s'affirme et l'ensemble devient meilleur. Bon, les sourires forcés de certains personnages rendent leur visage un peu bizarre, mais graphiquement, j'ai trouvé que ce tome était meilleur par rapport à ce qui avait été fait précédemment.

Note de l'album : 4,50
Tome 19 : La Forteresse invisible

On sentait bien que dans les tomes précédents, les auteurs cherchaient à donner une nouvelle impulsion à cette série. Ils réutilisaient alors des concepts et des idées des tomes précédents. Pour sortir de cette spirale, qui avait pour conséquence de livrer des albums honnêtes mais pas transcendants, les auteurs ont fait avec ce tome des choix risqués, mais qui permettent d'insuffler dans cette série un souffle de renouveau et d'originalité. J'ai apprécié cette prise de risque, j'ai apprécié ce tournant décisif.

Si le début de l'album reste très classique, la seconde partie, en revanche, décoiffe sacrément. Plus difficile d'accès, on suit Thorgal dans un parcours initiatique inversé, dont le but n'est pas d'apprendre davantage sur soi-même, mais bien d'oublier. Cette idée est assez novatrice et présentée avec talent. C'est très abstrait, et terriblement machiavélique, notamment dans les dernières vignettes. Thorgal avait quitté les siens pour tenir éloignés de sa familles les dieux qui semblaient lui en vouloir. Dans ce tome, on se rend compte que Thorgal s'est éloigné tellement qu'il lui sera bien compliqué de revenir vers les siens. Symbolisme, action, ésotérisme : cet album est bien construit dans sa seconde partie, qui fait que Thorgal n'est plus simplement un héros de BD, c'est un héros mythologique, qui s'inscrit dans la grande tradition des héros perdus, tels Ulysse ou Jason...

Le dessin également gagne en originalité, avec ces personnages qui évoluent dans un décor non finalisé, sans fonds ou à peine esquissé.

J'ai aimé cette tournure des événements qui, outre une grande intelligence, révèle également une prise de risques, qu'il convient de saluer.

Note de l'album : 4,00
Tome 20 : La marque des bannis

Voilà encore un très bon cru de cette série, qui sonne un air de renouveau. Thorgal est absent de cet album, et Aaricia, Jolan et Louve sont mis en avant dans une histoire à grand suspense et pleine d'actions. Le début de l'histoire est très fort et on ne peut que frémir lorsque la sentence de bannissement est exécutée. Finalement, on les aime bien, les Thorgal, et on est forcément sentimentalement impliqué dans cette histoire. Ce fut une bonne idée également de placer Jolan au centre de ce récit, ce dernier devenant le moteur de l'histoire dans les dernières pages. Ses faits d'armes peuvent paraître peu crédibles compte tenu de son âge, mais cela s'arrête là. Le récit est bien construit, avec rythme et suspense, et l'introduction de nouveaux personnages semble prometteur pour la suite des événements. Je n'ai pas boudé mon plaisir et trouvé ce tome plus qu'honorable.

Note de l'album : 3,50
Tome 21 : La Couronne d'Ogotaï

Le début de l'histoire est assez prenant, avec toutes ces catastrophes qui s'enchaînent. Et puis vient le temps où les auteurs jouent avec le temps. Ils l'ont fait par le passé, il rempilent dans cet album, mais les écueils du paradoxe temporel ne peuvent être évités. Le Jolan de maintenant se retrouve dans le futur : il y aura donc bien plusieurs Jolan d'âge différents dans le futur. Et dans le présent, finalement, on devrait se retrouver avec deux Aaricia et deux Louves quelque part. J'ai comme l'impression que les auteurs ont voulu en faire beaucoup, et que ce beaucoup se transforme en trop... Les allers-retours dans le temps ne sont pas vraiment maîtrisés et le scénario en prend un coup dans l'aile. Les visiteurs du futur sont un peu tirés par les cheveux, et en effet, on se demande pourquoi, compte tenu de leur pouvoir, ils viennent voir directement Jolan.

Et pourtant, malgré ces faiblesses, la magie opère toujours. Le rythme est toujours présent et il faut bien avouer que la vie de Thorgal et de Kriss de Valnor ne peut que retenir l'intérêt du lecteur. Par ailleurs, c'est plein de bons sentiments, c'est plein d'héroïsme (cela peut paraître parfois enfantin, le fait que le héros Thorgal s'efface au profit de son fils Jolan venant renforcer cette impression) et dans l'ensemble, on est pris dans l'histoire et on ne peut que s'interroger sur la suite des événements.

Finalement, les auteurs ont joué aux funambules, on a bien cru qu'ils allaient tomber et ce n'est donc pas très gracieux, mais finalement, ils ont tenu bon jusqu'au bout sans s'écraser lamentablement. C'est un peu l'image que je garde de ce tome.

Thorgal, tome 22 : Géants
ajouté le 30/08/2010
Note de l'album : 2,50
Tome 22 : Géants

J'ai été sous le charme de la "forteresse invisible" qui présentait comment Thorgal avait perdu la mémoire et comment il est devenu Shaïgan. Mais cet album, qui présente tout l'inverse, à savoir la reprise de sa mémoire et de son identité, me laisse un peu un goût amer. Tout d'abord parce que la cohérence de l'ensemble est mise à mal : on se demande bien pourquoi Frigg et Alayin sont venus chercher Thorgal précédemment pour l'envoyer dans un vie sans souvenir, si c'était pour mieux rétablir sa mémoire et son identité quelques tomes plus tard. On se dit que cet épisode aura tout juste permis à la famille de Thorgal, et principalement Jolan, de se mettre en avant dans des aventures assez intenses. C'est toutefois une bien maigre consolation : je me serais attendu à un retour à la normale plus mythologique, plus dramatique, plus recherché.

Cet album présente avant tout une histoire de Thorgal chez les géants, qui permet surtout au dessinateur de prouver une nouvelle fois son talent, notamment dans le respect des proportions. Teinté d'aventure, ce tome a tout de même un peu de mal à s'inscrire dans la continuité de la série, tant ce fait d'armes semble anecdotique au regard des drames qui se jouent dans le monde réel. Ce tome permet certainement aux auteurs de pouvoir faire disparaître Shaïgan sans merci, dont on se doute bien qu'ils ne savaient plus qu'en faire. Mais c'est fait de façon assez maladroite, et on ne comprend plus bien (si toutefois on l'avait compris un jour) pourquoi les dieux jouent ainsi avec Thorgal (on ne saura d'ailleurs pas si les origines de Thorgal "autorisent" les dieux à jouer avec lui de la sorte) ni s'ils lui sont favorables ou non.

Cette lecture fut pour moi une déception, même si certains fondamentaux de la série sont respectés.

Thorgal, tome 23 : La Cage
ajouté le 30/08/2010
Note de l'album : 3,00
Tome 23 : La Cage

Après le tome précédent, la série a du mal à reprendre de l'allant. ce tome semble avoir pour principal objectif de présenter les retrouvailles de Thorgal et de sa famille. L'élément intéressant de ces retrouvailles reposent sur la réaction d'Aaricia, qui exprime dans ce tome toute sa souffrance des événements passés lorsque Shaïgan était au pouvoir. La résignation dont fait preuve Thorgal est également un élément intéressant. Malheureusement, tout cela est présenté un peu rapidement et sans grande conviction. J'ai eu un peu de mal à "entrer" dans cette histoire, dont certains éléments, tels que le début (bien que très soigné graphiquement) ou la fin, qui apparaissent plus comme du remplissage que comme une véritable volonté de développer une intrigue suivie. Le message des retrouvailles malaisées était une idée intéressante que les auteurs n'ont pas su exploiter suffisamment, se contentant d'allonger le récit par des péripéties qui ne font qu'encadrer ces retrouvailles. Dommage.

Thorgal, tome 24 : Arachnéa
ajouté le 01/09/2010
Note de l'album : 3,00
Tome 24 : Arachnéa

Thorgal renoue avec une certaine atmosphère de qualité. Il s'élève au rang de héros mythologique, qui tel un Ulysse ou un Jason, prend la mer pour trouver un nouvel endroit pour faire vivre sa famille, et qui doit relever des épreuves. Il échoue ici sur une île bien étrange, dont les habitants vivent en autarcie sans même pouvoir imaginer qu'un monde existe au-delà de leur frontière. Tout cet environnement me fait penser à la Grèce antique : physionomie, architecture, vêtements. Je ne suis pas surpris, Van Hamme s'étant inspiré par le passé des Aztèques (ou des Incas, je ne sais plus). Là, Van Hamme trouve le ton juste pour nous faire partager cette atmosphère et tout y est : les temples à colonnes, les toges blanches drapées sur l'épaule, jusqu'à la colère des dieux qui a une sacrée influence sur un peuple tout entier, et sur des individus en particulier. J'ai apprécié ce cadre, cette influence, qui font que ce tome est un one shot, une aventure de l'odyssée de Thorgal que n'auraient pas reniée ses aînés.

Mais je suis resté sur ma faim avec cette histoire de spider woman. J'ai eu l'impression que Van Hamme changeait son scénario au fur et à mesure de l'écriture, rendant un final qui souffre d'incohérences. En effet, un jeune homme doit être sacrifié deux fois par an pour honorer cette créature : c'est du moins ce qui est dit au début et ce qui explique comment Thorgal se retrouve dans la grotte. Mais au final, le scénariste introduit une urne qu'il faut ouvrir pour faire disparaître malédiction et châtiment. Comme cette dernière ne peut être ouverte que par une main innocente et pure, c'est Louve qui s'y colle : ce dénouement ne suit pas le fil logique que l'auteur a tissé depuis le début de l'histoire : dommage. De même, si Arachnéa peut reprendre sa forme humaine comme elle le souhaite, pourquoi n'a-t-elle pas adopté cette forme pendant mille ans ? Et puis, à quoi servaient tous ces jeunes hommes qui ont été donné en offrande à la créature ? Et puis, a priori, une autre araignée aurait le pouvoir de changer de forme ? Tout cela rend ce qui aurait pu être une grande épopée mythique en quelque chose de moins construit, de moins cohérent. Cet aspect m'a un peu déçu.

Je me suis donc rattrapé sur les dessins, qui sont réalisés de façon magistrale. Ai-je été le seul à frémir devant cette nuée d'araignées qui s'approchaient de Louve ? Ai-je été le seul à être bluffé par cet environnement, aussi bien en inférieur qu'en supérieur ? Ai-je été le seul à apprécié les transmutations d'une araignée fabuleuse ? Je ne pense pas...

Au final, cet album avait vraiment tous les ingrédients pour rendre l'histoire inoubliable. La précipitation, le manque de cohérence ainsi que des raccourcis inexpliqués en font un album qui reste sympathique par son ambiance, mais qui ne fera pas partie des "grands" de la série.

Thorgal, tome 25 : Le Mal Bleu
ajouté le 01/09/2010
Note de l'album : 5,00
Tome 25 : Le Mal Bleu

"Je m'appelle Jolan, j'ai 12 ans et je vais mourir". Ainsi débute cette nouvelle aventure de Thorgal, racontée par son fils Jolan. Une entrée en matière forte et qui d'emblée retient l'attention, une introduction intelligente et habile, car nouvelle dans cette série. Le récit nous emmène vers de nouvelles contrées, vers de nouveaux habitants, et les atmosphères sont soignées : l'histoire commence dans une mangrove, pour laisser la place à un décor oriental, doté tout de même d'un grand canyon de sable rouge et d'une montagne aux monts enneigés. C'est envoûtant, c'est très bien fait et encore une fois, les auteurs ont su exploiter les images de l'inconscient collectif pour créer un monde qui parlera à tous. Un château des mille et une nuits, un roi doté d'un jumeau que l'on a caché à la naissance, des petits hommes qui établissent des camps dans les arbres pour se tenir à l'écart des grands, une bébête surgie de 20000 lieues sous les mers, un inventeur de génie (qui étudie également le mouvement perpétuel)... tout cela fait référence à des codes qui permettent au lecteur de se sentir bien dans ce nouveau monde imaginaire qui lui semble de fait plus familier. J'ai vraiment apprécié ce caractère de l'album, plus facile d'accès que d'autres de la série.

Sur le scénario en lui-même, je ne peux que saluer le découpage des scènes, même si certains éléments sont moins bons (d'où vient le mal bleu ? quelques minutes pour rejoindre le château depuis la montagne alors qu'il a fallu plusieurs jours pour accéder à cette dernière, le retournement du monarque des lieux...). L'ensemble est sacrément léché. Et même si on se doute bien que cette histoire de Thorgal ne pourra se dénouer que par un happy end, le scénario est bien conduit et bien construit. Certaines scènes, certaines idées ont une force à peine imaginable, comme ce rocher de la délivrance qui marque forcément les esprits. Pour moi, ce Thorgal est l'un des meilleurs de la série, avec ce qu'il faut d'actions, d'aventures, de mystères, de profondeur et d'images choc. C'est une histoire linéaire, très facile d'accès, qui a l'avantage de traiter une histoire en un seul tome.

Non vraiment, je suis tombé sur le charme de cet album qui paraît plus consensuel et facile d'accès que d'autres, tout en présentant un scénario classique mais bien construit, aux dessins et couleurs savamment utilisées. Si quelqu'un qui ne connaîtrait pas Thorgal me demandait lequel des tomes il devrait lire pour se faire une idée de la série, ce serait certainement celui-ci que je conseillerais.

Note de l'album : 1,50
Tome 26 : Le royaume sous le sable

Que la chute est rude depuis le tome précédent, qui était si savamment construit ! Ici, on obtient une caricature de Thorgal. Au début, j'étais pourtant plein d'espoir, je suspectais un habile retour aux sources de la série, aux origines de Thorgal. Mais bien vite cela s'est transformé en une histoire sans véritable fonds ni motivation. Tout devient caricatural : le grand méchant qui veut devenir maître du monde, les gentils qui veulent aider Thorgal, le labyrinthe dans lequel on passe deux secondes et qui se trouvait comme par hasard sur place, les explications sur l'arrivée de ce nouveau peuple qui sont à dormir debout... Tout est vraiment mauvais. On sent que Van Hamme a repris les éléments qui faisait le succès de la série : de la science fiction avec cette histoire de fusée et de peuple venu des étoiles, de la mythologie avec ce labyrinthe, de l'héroïsme, de l'aventure, de l'amitié, la séquestration de la famille de Thorgal pour obliger ce dernier à faire ce qu'il ne souhaite pas... jusqu'à cette double page des souvenirs de la famille Thorgal qui est la reprise d'une idée qui avait marché dans le passé.

Tous les ingrédients sont réunis mais agencés de façon aussi maladroite, on a l'impression que rien n'est maîtrisé : j'ai été déçu par cette histoire. Par ailleurs, Thorgal, semble faire les mauvais choix à chaque fois : abandonner sa famille pour la mettre à l'abri de la colère des dieux avait été une mauvaise idée, quitter son île pour trouver un havre de paix semble en être une autre. Ce qui est bien, c'est que Thorgal reconnaît à chaque fois qu'il s'est trompé...

J'ai également été un peu surpris par les couleurs, et notamment celles utilisés pour les vêtements des Atlantes : rouge et violet flashy font penser à un album d'un autre âge. De même certaines vignettes ont pour seul fonds une couleur uniforme : tout cela ne sent pas vraiment la modernité...

Il n'y pas grand chose qui ait retenu mon intérêt dans cette histoire.

Thorgal, tome 27 : Le Barbare
ajouté le 03/09/2010
Note de l'album : 3,50
Tome 27 : Le Barbare

Voici un tome qui tire son épingle du jeu, notamment en reprenant des bouts de trames des albums précédents : une captivité, une obligation de participer à quelque chose pour s'y soustraire, une volonté de sauver sa famille, des personnages secondaires aux destins tragiques, un concours de tir à l'arc, des esclaves... C'est du Thorgal, pas de doute là-dessus...

Les premières pages de cet album sont vraiment très prenantes, et j'ai particulièrement apprécié la partie de chasse à laquelle participe Thorgal. Lumineuse et dynamique, voire ingénieuse, cette partie m'a beaucoup plus. J'ai également aimé la présentation de la condition des esclaves dans ce nouveau pays. Le reste de l'album est plus classique, avec cette histoire de concours, dans laquelle encore une fois les talents d'archer de Thorgal sont vantés. Sans être révolutionnaire, c'est une histoire qui se lit bien, mais qui reste en retrait des meilleurs albums de la série. Les dernières pages de l'album, quant à elles, sont assez énigmatique et relance un soupçon de suspense et d'intérêt, en positionnant ce tome comme le premier d'un nouveau cycle. Du coup, forcément, on a envie de connaître la suite.

Les dessins sont clairs et lumineux, c'est une bonne chose. A vrai dire, on ne fait plus tellement attention au trait. Au bout de 27 albums, on a l'impression de bien connaître le coup de crayon de Rosinski. Et pourtant, j'ai l'impression qu'il évolue encore, notamment pas rapport au tome précédent : les visages semble plus lisses, moins marqués, et les expressions sont moins mises en valeur (Héraclius, qui pourtant passe par beaucoup d'état d'âme, de la peur à la férocité extrême, semble toujours avoir le même visage angélique et lisse). C'est un peu dommage : les personnages secondaires semblent être moins impliqués dans cette histoire que dans les précédentes.

C'est un album qui se maintient. Pas véritablement exceptionnel, mais pas raté non plus. Son principal atout est de nous précipiter dans les pages du suivant.

Thorgal, tome 28 : Kriss de Valnor
ajouté le 04/09/2010
Note de l'album : 3,50
Tome 28 : Kriss de Valnor

C'est un album que j'ai apprécié. Comme certaines fois dans le passé, Thorgal est un peu mis de côté, et on se concentre sur sa petite famille, et on ne peux s'empêcher de frémir. Les auteurs profitent également de cet album pour organiser le retour de Kriss de Valnor, un retour qui sonne comme un hommage. Car , à bien y regarder, c'est quand même un sacré hasard qui ce personnage haut en couleur se retrouve pile poil au même endroit qu'Aaricia. Les auteurs nous proposent une nouvelle déclinaison de ce personnage, qui a encore gagné en maturité, grâce notamment à de jolies surprises réservées au lecteur. J'ai bien aimé comment les auteurs ont encore une fois joué avec cette personnalité nécessaire à cette série. Difficile d'en dire plus sans tout dévoiler, mais c'est un album incontournable à tous ceux qui ont aimé suivre Kriss dans les aventures de Thorgal.

C'est une histoire forte, noire, mais teintée d'optimisme, et le fait que certains hasards permettent une famille de se retrouver un peu facilement ne vient pas tellement entacher le cours du récit.

Côté dessins, j'ai particulièrement apprécié les jeux de lumière dans les mines. Encore une fois, le talent du dessinateur se confirme, s'il en était encore besoin.

Un tome qui renoue avec une certaine qualité, que l'on avait peur d'avoir définitivement perdu.

Thorgal, tome 29 : Le Sacrifice
ajouté le 04/09/2010
Note de l'album : 4,50
Tome 29 : Le Sacrifice

J'ai trouvé cet album très bon. La première bonne surprise vient des dessins, ou plutôt des couleurs, qui s'inspirent des techniques d'aquarelliste. Une belle originalité qui n'intervient qu'au 29ème tome, je trouve que c'est dommage. Car, dans cet album, tout devient magnifique : des nuages vaporeux à la neige insaisissable, des paysages verdoyant à cette couleur du deuxième monde (qui est de loin la plus jolie version qui nous a été présentée jusqu'à présent), du visage vieillissant de Thorgal (il était temps, après plus de 25 ans d'errance) au masque mystérieux de Manthor... Graphiquement, c'est certainement l'un de mes albums préférés de cette série.

Du côté du scénario, tout se lit bien et son sent un grand souci de rétablir une continuité avec le reste de la série : les exploits passés de Jolan permettent à la petite famille de rentrer au bercail, l'évocation de kriss permet de faire référence à bon nombre d'albums, tout comme l'apparition de la gardienne des clefs, de Vilgrid ou des vieilles du village. on sent que Thorgal retrouve une paix intérieure et Van Hamme nous présente ainsi un fin de cycle attendue, tout en respectant les éléments distillés ici ou là de cette très longue série, aux albums de qualité parfois inégale. Et non seulement, cet album respecte les albums passés, mais prépare également l'avenir, avec ces dernières pages qui appellent forcément une suite centrée sur Jolan (ce ne sera pas une surprise d'autant que ce personnage a déjà été moteur de l'histoire en de nombreuses occasions).

Graphiquement très réussi, pas de faute majeure au niveau d'un scénario un peu nostalgique, et un peu attendu, voilà un très joli tome de cette série.

Thorgal, tome 30 : Moi, Jolan
ajouté le 06/09/2010
Note de l'album : 4,50
Tome 30 : Moi, Jolan

L'exercice était vraiment casse-gueule pour Sente : reprendre une série au 30ème tome, à la suite d'un talentueux scénariste, il était forcément attendu au tournant et on pouvait craindre le pire. Et pourtant, Sente réussit là un tour de force et cet album est plutôt une sacrée réussite, qui allie continuité et nouveauté.

Dès la première vignette, on a compris que ce tome se situait dans la continuité de la série : rien ne serait renié : cette vignette présente en effet celle du tome précédent, vu sous un autre angle. Elle aurait pu être la dernière du tome précédent. Dans cette histoire, on sent que Jolan vole la vedette à son père, mais comme il l'a déjà fait dans le passé, lorsque Thorgal était indisponible, ce n'est pas choquant et cela apparaît même comme naturel. Sente oriente son histoire vers un mode heroic fantasy un peu plus poussé que son aîné, en reprenant l'idée de l'entremonde, et en le développant. Cette histoire de 5 élus qui doivent mériter leur place auprès de Manthor le mentor, pour avoir une destinée incroyable (on ne sait pas encore laquelle) est plutôt bien vue : très linéaire, presque sans surprise, elle a le mérite de renouveler intelligemment le petit monde que l'on connaissait bien. Quatre nouveaux personnages qui donnent l'impression de s'inscrire dans la durée : voilà qui promet belles aventures dans le futur. Il est vrai que l'on reste sur un mode peu classique de "5 personnes doivent se rendre du point A au point B dans un monde fabuleux, et rencontreront des épreuves sur leur parcours". Mais c'est bien fait, même si on a l'impression que les auteurs cherchent à toucher un public moins âgé que précédemment (notamment au regard de l'âge des protagonistes). Et puis, Thorgal et Aaricia sont bien présents, assurant ainsi une certaine nostalgie appréciable. Tout est bien étudié, tout est au millimètre, avec des efforts pour faire référence à des personnages qui ont fait référence dans la série. C'est bien fait, et j'ai aimé.

Quant aux dessins, ils sont tout bonnement réussis, comme dans le tome précédent. J'avais déjà remarqué cette nouvelle technique précédemment, je l'avais salué dans le tome précédent et je suis ravi que Rosinski persiste et signe. La finesse des visage, la beauté des paysages, et des personnages parfaitement imaginés : tout cela, c'est du solide.

Une très bonne surprise que cet album, même si je regrette un peu le manque d'originalité de cette nouvelle quête.

Note de l'album : 3,50
Tome 31 : Le bouclier de Thor

Ce tome, tout comme les deux précédents, est toujours enthousiasmant par les dessins et les couleurs. J'apprécie vraiment ce style, qui dénote une grande maturité, et un grand talent. Encore une fois, c'est un album qui physiquement, présente plutôt bien.
Concernant l'histoire, le côté un peu "découverte" du tome précédent a disparu et on continue cette histoire d'heroic fantasy sans heurt majeur. L'ensemble est assez maîtrisé, même si j'ai l'impression que l'histoire n'avance pas beaucoup. C'est une deuxième épreuve, pour Jolan et ses compagnons, qui nous est présentée ici et, à part le moment intéressant où on découvre les dons de chacun, l'histoire manque de rythme et d'allant et on se traine un petit peu. Mais pour le reste, j'ai bien aimé cette nouvelle déclinaison du thème du temps (même s'il est peu crédible dans la mesure où les dieux sont intemporels), qui est un joli clin d'œil à Van Hamme, ce dernier ayant consacré nombre de tomes à triturer le concept du temps. J'ai également apprécié l'histoire qui se joue sur dans le monde réel, qui permet de recentrer Thorgal dans un récit dont il ne pourra être que moteur.

A bien y regarder, certains éléments appellent nombre de questions : comment Draye a-t-il pu rejoindre le château de Thor en une demi-journée alors qu'il faut plus de trois jours pour faire l'aller-retour (si c'était grâce à son talent, j'aurais aimé en être informé)? Pourquoi Mahana attendait-elle la "confession" d'Aaricia (j'ai l'impression que tout cela était par hasard)? Si on comprend d'où vient le don de Jolan (de ses ascendants venant des étoiles qui ont maîtrisé certaines ondes psychiques), on se demande bien d'où viennent ceux de ses acolytes, qui comme par hasard correspondent à ceux dont Manthor a besoin. Par ailleurs, j'ai un peu peur que Sente reconstruise ce que Van Hamme avait si élégamment détruit dans un tome précédent...

Bref, on retrouve ce souci de la continuité avec les aventures de Thorgal, qui est appréciable. On retrouve de belles couleurs et de jolis dessins qui font mon bonheur. Mais les aventures de Jolan empruntent un courant finalement très classique qui manque de piquant, et dont le rythme n'est pas suffisamment soutenu.

Note de l'album : 4,00
Tome 32 : La Bataille d'Asgard

Encore une fois, je trouve que ce nouvel album de Thorgal est d'un bon cru, et que le nouveau scénariste a su donner un souffle nouveau à cette série depuis quelques tomes, pour l'empêcher de tomber dans une trop grande lassitude. Il est vrai que voir Thorgal quitter à nouveau son village pour sauver l'un de ces enfants, ce n'est pas d'une nouveauté extraordinaire, mais cela s'inscrit dans une dynamique plutôt convaincante : cette histoire de mages rouges et de Kahaniel est plutôt bien conduite, et Thorgal y trouve tout naturellement sa place. J'apprécie également que Thorgal redevienne un héros de premier plan dans cette série, même s'il partage l'affiche avec son fils Jolan. Thorgal tente de retrouver son fils Aniel dans le monde réel et Jolan, lui, mène une mission pour Manthor dans le monde des dieux, Asgard. Le lien entre ces deux histoires, c'est cette histoire de Kahaniel, et il y a fort à parier que ces deux histoires se rejoindront à plus ou moins longue échéance. Ainsi, comme d'habitude dans la série, le côté aventure de Thorgal rejoindra l'aspect purement Heroic Fantasy (incarné par Jolan).

Concernant l'histoire de Thorgal, c'est du très classique, mais en rien décevant. On pourrait juste reprocher que l'histoire n'avance pas assez rapidement. Dans ce tome, pour Thorgal, il ne se passe qu'une soirée, le temps d'apprendre la prochaine étape qu'il devra franchir et de se faire un nouvel ami, Petrov. Comme pour son fils Jolan dans les tomes précédents, de nouveaux personnages sont ainsi présentés, certainement pour que le récit ne soit pas trop monocorde. C'est donc plutôt une bonne idée, même si, du coup, on n'avance à peine et Aniel nous semble bien loin. Rien d'inquiétant à ce stade, mais attention tout de même à ne pas faire traîner cette intrigue trop en longueur, on risquerait de se lasser à la longue. Mais le peu de développement concernant Thorgal s'explique certainement par le fait que l'aventure de Jolan prend beaucoup de place dans ce récit.

Concernant l'histoire de Jolan, justement, j'ai été un peu surpris par le fait que ce dernier soit seul pour mener à bien cette mission, laissant ces compagnons, auxquels on commençait à s'attacher, dans l'Entremonde. Par ailleurs, je trouve que le physique dont il est affublé le rend très peu crédible pour accomplir sa tâche et pour croire à toutes les situations présentées. C'est un peu comme si Jolan avait 8 ans alors qu'en fait, il est bien plus vieux (près du double). C'est un détail, mais certaines scènes, notamment celle de la rencontre avec la déesse qui aime les blonds, est peu crédible et même un peu dérangeante. Enfin, puisque Jolan avait réussi à aller chercher le bouclier de Thor en arrêtant le temps sur Asgard dans le tome précédent, on se demande un peu pourquoi, cette fois-ci, il est obligé de braver tous ces dangers.
Mais dans l'ensemble, cela reste une bonne aventure, avec beaucoup de sensibilité et de poésie. L'armée de poupées de chiffon, les dieux, les géants, et les déesses nous font partager la magie du lieu, et j'ai aimé me retrouver dans cet Asgard. Et même si les plus bégueules pourront trouver un tas de bonnes raisons pour mettre en évidence les défauts de cette aventure (crédibilité d'un Jolan mortel qui se bat contre un dieu, simulacre de tribunal présidé par Odin, facilité de Jolan à discréditer Loki aux yeux d'Odin avec un argument qui ne tient pas 2 secondes, etc...), j'ai quant à moi été séduit par l'irréalité du lieu et la mise en scène de tous ces personnages, qui ne se contentent pas de jouer des gros bras. Je regrette que la bataille en elle-même, superbement réalisée, soit un peu survolée, mais vous l'aurez compris, il y a beaucoup de choses dans cet album et il faut bien faire des sacrifices sur certains passages. De plus, nul ne sait à ce stade si la décision d'Odin conviendra à Manthor, réservant des effets de surprise pour les tomes à venir.

Quant aux dessins, ils sont toujours très surprenants et appréciables. Ils contribuent parfaitement à nous faire toucher du doigt (ou bien des yeux) la réalité du monde d'Asgard. On sent un véritable travail de fond. Encore une fois, j'ai assez peu de chose à reprocher à ce dessin, si ce n'est qu'il me semble parfois trop sombre pour rendre totalement hommage aux traits (notamment dans la partie concernant Thorgal). Comme dit plus haut, le physique de Jolan est à mon avis un peu raté, il fait bien trop jeune pour se lover dans les bras d'une déesse, et pour tenir tête à Odin. En revanche, j'ai trouvé un Loki parfaitement réalisé. A part cela, le graphisme est riche et véritablement intéressant, même si son côté un peu sombre pourra lasser à la longue.

Un bon album, donc, qui arrive à maintenir un niveau de qualité appréciable. Au 32ème tome d'une série, c'est assez rare pour être souligné, surtout lorsque que le scénariste a changé en cours de route. Un tome riche et dense, qui souffre parfois d'une crédibilité manquant de force, et d'un dessin un peu obscur, mais qui s'inscrit dans une dynamique appréciable, dynamique que l'on aimerait pourtant voir s'accélérer.

Thorgal, tome 33 : Le Bateau-Sabre
ajouté le 13/11/2011
Note de l'album : 3,00
Tome 33 : Le Bateau-Sabre

Voici un album qui s'inscrit bien dans la continuité de la série mais qui manque certainement un peu de ressort et un peu d'originalité pour le faire sortir du lot. D'un côte, Jolan semble avoir terminé la mission qui lui était confiée par Manthor, il vient donc chercher sa récompense et on s'attend tous à ce que le destin formidable qui lui a été vendu soit vraiment à la hauteur des attentes des ces derniers tomes. Malheureusement, le sujet est assez bateau, et finalement Jolan et ses amis aux pouvoirs extraordinaires devront contrer un peuple colonisateur qui détruit les Vikings. Ce peuple est dangereux car, monothéiste, son emprise sur le peuple Viking signerait la fin des dieux tels que nous les connaissons dans cette série. Ouais, bof, expliqué en deux pages, je trouve que ce destin annoncé est à mille lieues des aventures extraordinaires vécues par Jolan en Mitgard et en Asgard. Il faut presque comprendre que le tome précédent marquait la fin d'un cycle, celui de Jolan. C'est d'ailleurs d'autant plus flagrant que pendant 4 tomes, Jolan était au centre des aventures, Thorgal n'apparaissant qu'en guest star dans les ouvrages. Ici, Thorgal reprend le pouvoir sur la série et redevient le héros de la série qui porte son nom, Jolan étant à peine évoqué en début d'album.

Mais cette nouvelle aventure de Thorgal n'a pas réussi à me convaincre totalement. En effet, je trouve que le scénario est un peu pauvre et ne fait pas avancer de beaucoup l'histoire. Ainsi, on suit les péripéties de Thorgal sur un Bateau Sabre, puis sur les terres enneigées et glacées mais finalement, ces événements n'apportent pas beaucoup de nouveauté par rapport aux quelques tomes précédents et la trame générale n'avance pas des masses. Je suis par ailleurs, pour ma part assez déçu d'abandonner le monde merveilleux d'Asgard pour se retrouver dans ce petit monde d'humains, ou finalement, il ne se passe pas grand chose : à part une course poursuite en chiens de traineau et une pseudo intrigue autour d'un orque, on a vite fait le tour de cet album qui pourrait presque se lire comme un one shot, tellement il semble déconnecté de ce qui précède et parce qu'il propose des événements qui ne semblent pas non plus préparer l'avenir. En gros, c'est gentillet mais ca ne rime pas à grand chose (d'autant que l'Orque se trompe de cible : c'est bien Thorgal qu'il fallait viser, car c'est lui qui a demandé à ce que l'on fasse une diversion).

Il n'en reste pas moins que cet album reste sympathique car on se réapproprie notre Thorgal qui se faisait bien discret jusque là. D'autant que les dessins sont encore une fois de toute beauté, la technique de Rosinski rendant encore plus froids et plus flous ces terres enneigées battues par le vent.

C'est sympathique, mais ca manque de nouveautés sur la trame générale. On a l'impression que pour suivre cette dernière, ou pourrait faire l'économie de ce tome que l'onn' aurait rien perdu.

Thorgal, tome 34 : Kah-Aniel
ajouté le 10/12/2013
Note de l'album : 3,00
Tome 34 : Kah-Aniel

Cette couverture est magnifique. Quelle mise en page ! Quelle belle réalisation ! Quelle ingéniosité de confondre la tunique de Thorgal et les dunes de sable blanc ! Cette couverture annonce une sacrée qualité graphique, que l'on retrouvera effectivement dans toutes les pages de l'album. C'est du grand art, de la belle maîtrise, qui m'a envoûté. En plus, si Thorgal a déjà affronté à peu près tous les environnements de notre monde et de celui des dieux, il se rend cette fois-ci en orient, et l'ambiance qui se dégage de ce dessin est magique. Vraiment, encore une fois, le travail de Rosinski est admirable.

Au niveau de l'histoire, en revanche ca patine un peu. On sent un Thorgal qui a du mal à reprendre le dessus sur le scénario, et ce depuis le tome 29. Ici, pendant une bonne partie de l'ouvrage, il ne fait qu'écouter l'esclave Souléma lui expliquer ce qu'elle sait de la confrérie de la magie rouge. Et ce récit traine un peu en longueur. L'histoire des mages rouges est importante, et on sent que l'auteur nous pose là les fondements de l'intrigue, mais ca manque largement d'actions dans lesquelles Thorgal aurait l'initiative. Quant à la fin de l'ouvrage, elle n'a pas su me surprendre totalement dans la mesure où j'ai déjà assisté à ce genre de transmutation dans certains tomes de "Marlysa". C'est donc un tome de transition qui permet de profiter du voyage vers Bag Dadh pour en apprendre un peu plus sur ces mages rouges sortis de nulle part dans le tome 30 et qui semblent désormais bénéficier d'une histoire ancestrale.

Graphiquement, c'est vraiment joli, mais on attend désormais que le scénario s'excite un peu. Pas sûr que 48 pages étaient vraiment nécessaires pour en arriver là.