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Après nous avoir offert un cycle assez interessant Van Hamme retombe dans l'errance, tout comme ses personnages, on a l'impression qu'il ne sait pas où il va... tout ce qu'il sait c'est qu'il doit continuer à faire vivre la petite famille Aergisson. Et voilà où ça nous mène, à Arachnéa polis, ils tombent sur cette île, comme par hasard...
Cette fois, au caractère nagatif vient s'y joindre l'invraissemblance, les scenarri étaient en règle général logiques et bien fondées, et bien plus maintenant, on a l'impression de nager dans la choucroute : Van Hamme balade ses personnages dans des aventures qui ne font pas avancer d'un poil l'histoire, dommage car une fin digne de la qualité des tomes précédents aurait été pas mal du tout...
Les dessins sont quand à eux presque parfait, Rosinski a de plus en plus des traits sûrs, et ils sont d'ailleurs nombreux...cette habitude vient à mon avis du fait qu'il ait fait du noir et blanc dans sa jeunesse...Une mise en couleur de Graza qui colle bien à l'univers et aux dessins...
Bref, un scénario plus que moyen et des dessins sublimes !
5 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Thorgal, tome 24 : Arachnéa, lui attribuant une note moyenne de 2,80/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Thorgal renoue avec une certaine atmosphère de qualité. Il s'élève au rang de héros mythologique, qui tel un Ulysse ou un Jason, prend la mer pour trouver un nouvel endroit pour faire vivre sa famille, et qui doit relever des épreuves. Il échoue ici sur une île bien étrange, dont les habitants vivent en autarcie sans même pouvoir imaginer qu'un monde existe au-delà de leur frontière. Tout cet environnement me fait penser à la Grèce antique : physionomie, architecture, vêtements. Je ne suis pas surpris, Van Hamme s'étant inspiré par le passé des Aztèques (ou des Incas, je ne sais plus). Là, Van Hamme trouve le ton juste pour nous faire partager cette atmosphère et tout y est : les temples à colonnes, les toges blanches drapées sur l'épaule, jusqu'à la colère des dieux qui a une sacrée influence sur un peuple tout entier, et sur des individus en particulier. J'ai apprécié ce cadre, cette influence, qui font que ce tome est un one shot, une aventure de l'odyssée de Thorgal que n'auraient pas reniée ses aînés.
Mais je suis resté sur ma faim avec cette histoire de spider woman. J'ai eu l'impression que Van Hamme changeait son scénario au fur et à mesure de l'écriture, rendant un final qui souffre d'incohérences. En effet, un jeune homme doit être sacrifié deux fois par an pour honorer cette créature : c'est du moins ce qui est dit au début et ce qui explique comment Thorgal se retrouve dans la grotte. Mais au final, le scénariste introduit une urne qu'il faut ouvrir pour faire disparaître malédiction et châtiment. Comme cette dernière ne peut être ouverte que par une main innocente et pure, c'est Louve qui s'y colle : ce dénouement ne suit pas le fil logique que l'auteur a tissé depuis le début de l'histoire : dommage. De même, si Arachnéa peut reprendre sa forme humaine comme elle le souhaite, pourquoi n'a-t-elle pas adopté cette forme pendant mille ans ? Et puis, à quoi servaient tous ces jeunes hommes qui ont été donné en offrande à la créature ? Et puis, a priori, une autre araignée aurait le pouvoir de changer de forme ? Tout cela rend ce qui aurait pu être une grande épopée mythique en quelque chose de moins construit, de moins cohérent. Cet aspect m'a un peu déçu.
Je me suis donc rattrapé sur les dessins, qui sont réalisés de façon magistrale. Ai-je été le seul à frémir devant cette nuée d'araignées qui s'approchaient de Louve ? Ai-je été le seul à être bluffé par cet environnement, aussi bien en inférieur qu'en supérieur ? Ai-je été le seul à apprécié les transmutations d'une araignée fabuleuse ? Je ne pense pas...
Au final, cet album avait vraiment tous les ingrédients pour rendre l'histoire inoubliable. La précipitation, le manque de cohérence ainsi que des raccourcis inexpliqués en font un album qui reste sympathique par son ambiance, mais qui ne fera pas partie des "grands" de la série.
Je ne suis d'ordinaire pas très friand des albums de Thorgal, mais celui-ci m'a assez plu.
Tout d'abord, ce tome se lit très vite et n'a pas d'impact sur la série.
Puis, l'histoire va de rebondissement en rebondissement, et les dessins sont beaux (même si certains font un peu fouillis).
Pour conclure, pas besoin d'avoir lu les autres Thorgal pour se jeter sur ce récit qui vous emprisonnera de sa toile...
Il faut lire cet épisode comme on lit les épisodes de l'Odyssée.
Pris isolément, il ne font guère avancer Ulysse. Ils semblent servir de prétextes pour déployer des imaginaires toujours plus étranges. C'est ce qu'on trouve ici. Une double histoire de père et de fille, celle de Throgal et Louve, et celle de ce prêtre roi avec sa fille devenue monstrueuse. Pourquoi ce père homicide continue-t-il l'hécatombe ? Par culpabilité, bien sûr. Arachnéa est l'incarnation du remords qu'il doit éternellement expier. Logique implacable qui n'a rien d'une incohérence. À moins de déclarer que tous les mythes grecs sont incohérents.
Le dessin est sombre à souhait, l'atmosphère lourde. Quelques passages un peu précipités, peut-être. Mais au total un album réussi.
Thorgal, tome 24. C'est globalement une très belle histoire, sur un fond de fantastique, de la relation privilégiée entre un papa et sa petite fille. Par un subterfuge habile, le scénario écarte rapidement Aaaricia, Jolan, Darek et Lehla, les deux enfants qui sont restés avec la famille de Thorgal à la fin du cycle de Shaïgan-sans-merci. Thorgal et Louve, naufragés, abordent une terre inconnue qui a la particularité de ne pas connaître le monde extérieur, les habitants étant induits en erreur par leur grand prêtre/roi qui les maintient dans l'ignorance. Et donc, sur cette toile de fond, Louve est arrachée à Thorgal qui devra franchir bien des obstacles pour la retrouver.
En plus d'être une belle histoire, c'est psychologiquement très interessant pour la série. Jusque-là, en effet, le personnage de Louve était un peu retrait, et son don (parler aux animaux) assez peu exploité (sauf peut-être à la fin de l'épisode précédent, "La cage"). La petite fille de Thorgal a dans cet album un rôle prépondérant, essentiel, et sans trop dévoiler la fin, je peux quand même dire que c'est elle qui dénoue la situation finale, avec plein de super bons sentiments de pureté et d'innocence qui vous arrachent une larme, voire plusieurs.
Et au niveau des dessins, non seulement c'est sublime comme d'habitude, mais si on compare à d'autres histoires souterraines de Thorgal (la trilogie de Brek Zarith, par exemple), on juge les progrès extraordinaire accompli depuis (en même temps Brek Zarith c'était vingt album plus tôt, quand même). Dans les couleurs, les ombres, l'épaisseur du trait, c'est très réussit. Et le côté fantastique, dans l'antre de l'araignée, permet de jouer avec les bleus, les verts, qui donnent une ambiance malsaine, glauque, effrayante, en opposition aux bons sentiments dont je parlai plus haut. Que du bonheur.
Mais pour être tout à fait franc, le scénario est un peu ridicule, quand même, par certaines incohérences. Qu'est-ce que c'est que cette famille de six personnes, dont quatre enfants, qui voyagent dans deux petites barques ridicules ? C'était pas mieux d'en construire une plus grande ? Après ça tu t'étonnes d'être séparés par la tempête ! Et le vieux roi, il attends quoi, au juste, depuis mille ans ? Que Thorgal arrive ? A quoi ça lui sert de maintenir son peuple dans l'ignorance ? Il y gagne quoi ? Pas la puissance, pas la richesse, alors quoi ? Il aime sacrifier les jeunes garçons ? C'est un peu bizarre, quand même. Et pourquoi Louve elle parle pas aux araignées ? Et les quatre autre (Aaricia, Jolan, Darek et Lehla), ils ont fait quoi pendant deux jours ? Et comment ont-ils retrouvé l'île ? C'est un peu tiré par les cheveux, en fait ....
Mais tout est bien qui finit bien, Thorgal va s'installer sur l'île, on va le proclamer roi, ou chef, ou grand protecteur, happy end, ils vont vivre heureux et sans soucis. La suite nous prouvera que non, sans plus d'explications que d'habitude. Il serait pourtant bien que ça s'arrête ....