Afin d'acceder au résumé de Texas exil : Texas Exil, merci d'activer Javascript.
C'est le genre d'album qui trompe son monde. En se basant sur la couverture comme sur le titre, on s'attend à lire un bon vieux western avec pistoleros au long manteau et duels devant le saloon. Dès les premières planches, on comprend qu'on va lire autre chose puisqu'on se retrouve dans le Paris de la Commune, quelques jours avant la semaine sanglante qui va permettre aux Versaillais de Thiers de faire un ménage sanguinolent dans un groupe d'idéalistes qui tire profit de la défaite de Napoléon III face à la Prusse. On ne s'attendait pas à croiser Courbet et son "Origine du monde" (tableau d'une stupéfiante audace pour l'époque), ni à assister aux combats sur les barricades en 1871.
On se retrouve tout de même aux États-Unis, et il y a bien une ou deux scènes qu'aurait pu aimer Sam Peckinpah. Mais le récit reste assez déconcertant, avec des personnages auxquels on peine à s'attacher et une intrigue qui part dans trop de sens pour qu'on voie où on veut aller. Didier Daeninckx, déjà adapté en bande dessinée (par Tardi notamment), se montre moins à l'aise que dans ses romans pour ce scénario qui manque de rythme. On hésite entre l'aventure molle et le récit historique un peu trop plat pour être captivant. Le graphisme en noir et blanc de Mako laisse un sentiment de froideur et de raideur, même s'il est techniquement honorable.
Au final, "Texas exil" est un album qui manque de relief et qui n'a pas su émerger face à la quantité impressionnante d'autres titres à se mettre sous la dent. Rien d’infamant non plus : si vous êtes un grand consommateur de bande dessinée, ce titre-là peut en valoir un autre.