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Texas Cowboys
 

Texas Cowboys

 
 

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Planche de Texas CowboysQuasiment sorti en même temps que le "Tokyo" de Sfar, "Texas Cowboys" est également signé par un des papes de la nouvelle bande dessinée, courant novateur des années 1990. Lewis Trondheim, ici associé à Mathieu Bonhomme ("Le Marquis d'Anaon"), n'a rien perdu de son inspiration ni de sa verve. Si l'on devait comparer les deux nouveautés de ces bons amis, on pourrait dire que "Texas Cowboys" est un terrible camouflet, une de ces baffes qu'on n'aimerait surtout pas recevoir mais qui pourrait inciter Sfar à mieux exploiter son talent.

Trondheim avait déjà abordé le western dans un tome de Lapinot, "Blacktown". Il revient donc au genre des années plus tard, avec un découpage en chapitres lié à une prépublication dans le magazine Spirou mais qui ne fait qu'ajouter au charme de l'album. Chaque partie commence par une couverture qui s'inspire des vieux magazines de l'époque. Mathieu Bonhomme adopte une mise en couleurs loin des standards actuels, avec un nombre de teintes limité et des aplats qui cherchent peu les effets de lumière ; c'est très efficace car on a l'impression de lire un vieux western paru aux éditions Mon Journal ! Enfin, e gaufrier de six cases et sa simplicité illustrent la volonté des auteurs de rendre hommage aux bons vieux récits d'antan.

Et c'est formidablement efficace. Humour, action, dialogues ciselés, style graphique adapté : l'alchimie est si bien dosée qu'elle a des effets immédiats. Dès les premières pages, on est séduit par l'ambiance. La première scène montre, comme dans tant de westerns, une affiche de tête mise à prix, arrachée par un chasseur de primes soucieux de s'enrichir. Trondheim renouvelle immédiatement l'approche en faisant jaillir le shérif. "Hopopoo !!! Tu t'crois où, toi ? J'ai pas 30 000 affiches, moi." C'est surprenant, mais logique, et tout ce qui suit est vraiment bien tourné. Les récits parallèles pourraient dérouter mais ils enrichissent l'intrigue et on se laisse porter. Même lorsque le scénariste impose une certaine déconstruction chronologique (on découvre le shérif en vilaine posture et on ne nous racontera que plus tard les événements), le charme opère entièrement.

C'est vif, enlevé, grâce à un duo d'auteurs en belle forme. On a lu que Mathieu Bonhomme réclamait déjà à Lewis Trondheim le scénario d'un autre western : qu'on soit entendu ou non, on soutient vivement sa demande !


Chronique rédigée par Jean Loup le 15/09/2012
 
 
Avis de :Une excellente BD ! Note de l'album : 4,00
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 3,50 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.17
Dépôt légal : Aout 2012

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Texas Cowboys, lui attribuant une note moyenne de 4,17/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

22 9 2012
   

Après l’excellent "Omni-visibilis", Lewis Trondheim (au scénario) et Matthieu Bonhomme (au dessin) réitèrent leur collaboration dans un registre radicalement différent.

Prépubliée dans le magazine Spirou sous forme de fascicules faussement numérotés, cette histoire invite à suivre les pas de Harvey Drinkwater, un jeune journaliste de Boston qui est envoyé au Texas pour faire un reportage sur le “Hell’s Half Acre”, le coin le plus dangereux de tout le Far West. Débarquant dans ce bled perdu de l’ouest sauvage où la loi s’impose à coups de revolver, il décide néanmoins d’abandonner le journalisme pour se lancer dans une aventure remplie de bandits et de magouilles.

Ce one-shot est donc un pur hommage au genre, qui mêle shérifs corrompus, brigands, serpents à sonnettes, lynchages, poker, braquages, femmes fatales et une bonne dose de dynamite, dans un endroit rythmé par les duels au colt entre cow-boys, où les couteaux plantés dans des mains tenant deux as de cœur ne sont pas rares.

Les auteurs brossent le portrait de personnages charismatiques et haut en couleurs, qui s’entrecroisent au fil des pages, donnant progressivement tout son sens à ce récit choral géré de main de maître. De Sam Brass, le dangereux hors-la-loi dont la tête est mise à prix, à l’irrésistible Betsy Malone, la joueuse de poker du saloon local, en passant par Ivy, le vieux briscard qui sert de guide au jeune Harvey, les personnages sont tout bonnement exquis. Le tout étant ponctué de dialogues savoureux.

En se jouant de la chronologie linéaire, la narration permet de mener plusieurs récits en parallèle, sans jamais perdre le lecteur. À coups de six cases par planche, Lewis Trondheim assemble un puzzle dont les pièces s’assemblent au fil des pages. Le découpage en huit chapitres de 16 pages, précédés d’une couverture pleine page au style d’antan, entretient l’aspect feuilleton du récit. Le graphisme judicieusement vieillot de Matthieu Bonhomme vient couronner cette belle réussite.

Une leçon d’art séquentiel par deux pistoleros du neuvième art !

21 9 2012
   

J'avais lu cette bd de façon très fragmentée. En effet, elle a été prépubliée dans Spirou, sous forme d'encart, mais pas régulièrement. J'avais déjà apprécié, mais l'histoire me paraissait un peu décousue.
C'est en me promenant à la bibliothèque municipale que je suis tombé sur l'album, que j'ai donc lu d'un trait cette fois.
Et bien je m'étais trompé. L'histoire n'est pas du tout décousue, bien au contraire.
Lewis Trondheim mêle habilement les destins de plusieurs personnages, qui se croisent et se recroisent, certaines scènes étant revues selon différent point de vue.
Cest un très bon western, mais dans sa version moderne, plus proche d’Impitoyable que de Rio Grande.
Matthieu Bonhomme fait du très bon travail. Le trait est précis, sec, les personnages sont bien campés. J'aime beaucoup son style, avec un petit côté rétro, notamment les premières pages de chapitre qui parodient les gazettes feuilletonesque de l'époque.
C'est donc un très bel album, qui mérite d'être lu attentivement pour en apprécier tout le sel.