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Radicalement intimiste, loin de la furie du Sommeil du monstre et De trente-deux décembre, comme s'il fallait se débarrasser d'une mémoire trop pesante pour garder l'équilibre, survivre, s'aimer, le point final de ce dernier récit est volontairement d'interrogation.
Paradoxalement, au bout d'un tel voyage (cette tétralogie a été entamée en 1995), ce point d'interrogation trahit le fond de réalisme que la forme baroque pouvait occulter. Il s'agit avant tout d'un travail sur la mémoire. Mémoire individuelle et collective, où se mêlent des images écrites de l'éclatement de la Yougoslavie, " lieu " de naissance d'Enki Bilal (pays déjà sorti des mémoires, en même temps que sa dislocation) et des images peintes d'une entêtante conjugaison passé-présent-futur.
Ce quatrième album signe donc la fin, plutôt sereine, de la série "Tétralogie sommeil du monstre". La mélancolie et le spleen, propre à bilal, laissent place au bonheur simple et naïf des 3 personnages. Mais en finissant l'album, cette fin si austère me paraît sutout commode pour l'auteur, qui ne savait plus où diriger l'histoire. Heureusement, en nous expliquant l'origine et la biographie de Warhole, bilal sauve la série.
Côté dessin, c'est toujours magnifique, aucun mot pour le décrire, du Grand Bilal quoi!...
Alors pour les fans, il est clair que la lecture de ce nouvel opus est indispensable. Pour les autres, même si ce dernier album est comme le 3e, plutôt moyen en comparaison des deux premiers, je vous recommande tout de même de le lire.
2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Tétralogie sommeil du monstre, tome 4 : Quatre?, lui attribuant une note moyenne de 3,50/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Le dessin de Bilal saute à la figure immédiatement. C’est maintenant habituel mais j’ai, à chaque fois que j’ouvre un Bilal, besoin de m’adapter pour pouvoir « digérer « ce style violent et fort. Je ne peux pas dire que je déteste, bien au contraire, mais je ne pourrais pas lire tout le temps ce genre d’album. La découpe des cases y est pour quelque chose. Ces grandes cases occupent complètement l’espace et ne laisse pas de place pour respirer. On est dans l’album sans pouvoir en sortir. Mais dans ce quatrième opus, plus centré sur les personnages principaux, il y a beaucoup moins de violence que dans les trois autres albums, et donc le choc émotionnel est moins grand. En fait, Bilal donne un certain nombre de réponses, tout en laissant des zones d’ombres qui m’ont laissé un tantinet déçu. L’impression que l’histoire doit se terminer mais que l’Auteur a du mal à trouver la manière de le faire. Bon, je précise que je ne l’ai pas acheté, simplement emprunté à la Bibliothèque, et tant mieux car le prix est élevé pour un contenu un peu frustrant.
A lire pour découvrir la fin de ce récit, très intimiste dans ce quatrième opus.