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Tome 4 : Journal d'un ingénu
 

Spirou et Fantasio - Une aventure par..., tome 4 : Journal d'un ingénu

 
 

Résumé

Spirou et Fantasio - Une aventure par..., tome 4 : Journal d'un ingénuAfin d'acceder au résumé de Spirou et Fantasio - Une aventure par..., tome 4 : Journal d'un ingénu, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de Spirou et Fantasio - Une aventure par..., tome 4 : Journal d'un ingénuExcellente lecture. Emile Bravo nous gratifie d’un superbe album évoquant la jeunesse de Spirou, lorsqu’il était groom au Moustic Hotel. Nous découvrons Bruxelles en 1939 à la veille de la seconde guerre mondiale et plus précisément à la veille des premiers bombardements nazis sur la Pologne.

La collection parallèle de Spirou et Fantasio est l’occasion pour un auteur invité de s’essayer à l’exercice périlleux consistant à scénariser ou dessiner une aventure du célèbre groom. Emile Bravo a choisi d’expliquer certaines facettes de l’histoire de Spirou restées inconnues jusqu’ici telle que l’origine de son amitié avec Fantasio ou comment un modeste groom se transforme en héros. Sacré programme, presque périlleux. Et pourtant, Bravo s’en sort avec brio. Le dessin tout d’abord est juste et crédible, il évoque la ligne claire des premières BD’s, quelques part entre Hergé et Franquin, c’est précis, rythmé, agréable à parcourir et cela contribue parfaitement à l’ambiance d’avant guerre de l’album. Le scénario n’est pas en reste, l’histoire est riche tout en préservant un très bon équilibre entre les développements parallèles et la trame de fond. Les personnages sont également bien maîtrisés, avec un Fantasio farfelu et un Spirou plus sérieux honnête, courageux et encore un peu naïf face au monde en guerre. Les caractères sont proches de ceux des premiers récits Franquin mais le monde dans lequel ils évoluent est dénué de la fantaisie de Franquin, selon moi plus proche du réalisme de Hergé. Les références aux deux maîtres se multiplient d’ailleurs tout au long des pages ; Tintin est littéralement cité à plusieurs reprises.

Signalons aussi un côté éminemment politique à cette aventure avec entre autres quelques réflexions intéressantes sur la notion de nationalité.
Bref, une aventure visuellement “rétro” mais stylée et moderne dans son traitement et son rythme, une histoire forte et crédible, parfaitement maîtrisée sur les racines d’un mythe tel que Spirou.

Pari réussi, c’est superbe, je vous invite à plonger dans ce journal d’un ingénu et découvrir pourquoi, 70 ans après, Spirou porte toujours son costume de groom...


Chronique rédigée par BronX le 28/04/2008
 
 
Statistiques posteur :
  • 57 (93,44 %)
  • 4 (6,56 %)
  • Total : 61 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,50 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.42
Dépôt légal : Avril 2008

Avis des lecteurs

13 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Spirou et Fantasio - Une aventure par..., tome 4 : Journal d'un ingénu, lui attribuant une note moyenne de 4,42/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

29 4 2015
   

J'aime beaucoup l'idée de cet album, qui nous propose de revenir aux origines du personnage de Spirou. On le connaît groom, ce qui signifie qu'il a travaillé dans un hôtel. Or, jusqu'à présent, personne ne s'était intéressé à ce passé, si ce n'est pour sous-entendre que Spirou était le groom des éditions Spirou. De même, on revient sur la première rencontre entre Spirou et Fantasio, sur la personnalité de Spip, et sur cette décision de Spirou de garder sa livrée rouge de groom. Autant d'éléments intéressants, d'autant plus qu'ils prennent place dans un scénario suivi et construit, à l'aube de la première guerre mondiale. Autant d'éléments crédibles, d'autant plus que le dessin nous retranspose dans l'époque qui a vu naître Spirou, avec cette ligne claire "des débuts" tellement caractéristiques. Il n'y a pas vraiment de fautes de goût : Spirou est courageux et naïf, mais a également le coeur sur la main. Fantasio est quant à lui lourdaud et gaffeur, ce qui, selon Emile Bravo, a eu un impact non négligeable sur le sort de l'Europe. Le rythme est bien présent, l'atmosphère de l'époque est bien retranscrite, et finalement cet album propose une vision, nouvelle mais cohérente, de notre héros.

Mais je lis ces ouvrages dans un ordre different que celui de leur sortie et avant de lire celui-ci, j'ai lu "le groom vert de gris". Un ouvrage qui présente la même atmosphère, la même ambiance de guerre. Du coup, l'effet de surprise, qui aurait certainement du pousser à l'admiration totale, est un peu émoussé. Par ailleurs, j'ai trouvé l'album un peu long, et si la naïveté de Spirou fait partie de sa personnalité (ou du moins de sa jeunesse), on peut toutefois s'étonner de certaines réflexions ou réactions qui font plus "gamin" que "naïf".

Pour autant, l'idée est appréciable et avec cet album, Emile Bravo nous propose un voyage qui va plus loin que la simple revisite d'une histoire de Spirou. Il nous propose un voyage dans le temps, en proposant des débuts de Spirou totalement cohérents avec ses aventures, tout en nous entrainant, grâce à un trait "à l'ancienne" et une reconstitution historique d'une atmosphère que l'on sent crédible, dans une autre époque.

25 10 2011
   

Je ne serais pas original en disant que cet album est génial.

Émile Bravo nous offre un récit dense et super documenté, une sorte de préquel racontant la vie d'un Spirou jeune, pratiquemment sortant de la puberté (l'histoire raconté ici est un peu comme un passage entre l'adolescence et l'âge adulte pour Spirou) qui est un bel hommage au Spirou de la première période (Rob-vel, Jijé et le début de Franquin -les histoires avec Poildur, etc...).
Je crois que ce qui plait tellement dans cet album, c'est le fait d'avoir une histoire à la fois adulte (c'est rare de voir Spirou tomber amoureux -ou c'est rare de la voir boire de la bière aussi- et d'avoir des préoccupations d'adultes, et puis il y a pas mal de références historiques, sociales et géo-politiques, comme l'intrigue avec les espions) mais aussi drôle et légère (l'histoire avec Spip et le rat, les péripéties avec le couple Delastre-Choukroune, le fait que l'autour pointe constamment la ressemblance entre Spirou et Tintin). L'auteur s'attache aussi à donner une explication sur pas mal de faits qui seront importants dans la série mère (la rencontre avec Fantasio, le métier de reporter, la tenue de groom, etc) mais aussi de faits historiques.
Il y a bien quelques rares défauts, mais le tout est noyé sous le talent de E. Bravo et de ses idées brillantes, c'est pourquoi je donne la note maximale à l'album.

Le dessin lui aussi est excellent : dans un style proche d'une ligne claire, moderne (mais c'est hommage à un style retro, comme l'album en lui-même) avec de jolies couleurs un peu délavées et tristes qui donne une ambiance à l'album : c'est magnifique.

Un must, à lire et à relire.

4 9 2010
   

J'ai adoré !
La génèse de Spirou et de son petit univers est imaginée par émile Bravo avec beaucoup d'intelligence.
Les dialogues, les situations, les attitudes des personnages, tout sonne extrêmement juste.
Le personnage de Spirou est particulièrement réussi dans ses attitudes, ses réactions, ses répliques. On ressent tout l'innocence, la naïveté, mais aussi la débrouillardise, la méfiance et l'intelligence du personnage. Et on connaît enfin son vrai nom ! Saviez-vous qu'il se prénomme Jean-Baptiste ?
Fantasio n'est pas en reste non plus.
Beaucoup de très bonnes idées dans cet album. Beaucoup de remarques fort judicieuses et intelligemment amenées sur l'époque comme sur le personnage de Spirou lui même, (les réflexions sur son costume par exemple)...Des moments de génie, j'en ai relevé presque à chaque page. Je ne vais pas tous les citer.
Le dessin : Certes, le style parait minimaliste et naïf et semble une régression comparé aux auteurs précédents. Mais E. Bravo maitrise parfaitement son art. Les attitudes des personnages sont parfaites et les expressions de visages bluffantes de précision bien que rendues avec "trois coups de crayons". (pour s'en convaincre, voir la détresse dans le visage de Spirou lorsqu'il apprend le sort de son amie, p.62. Il nous tirerait presque des larmes !).
L'épilogue, sympa aussi, nous fait regarder spip avec d'autres yeux.
Son rôle est clairement établit dans les évènements.
Sans cette dernière partie, grâce à des scènes intelligemment placées précédemment, on aurait pu imaginer sa responsabilité mais sans en être sûr (plusieurs responsables possibles). Cette solution m'aurait bien plut également, du fait de l'énormité des conséquences.
Encore un exemple de tout l'art faussement simpliste d'Emile Bravo : la couverture !
A 1ere vue, on ne peut imaginer plus dépouillé et dénué de message. Pourtant à y regarder de plus près, on voit que la bande noire de gauche (ouest) est composée de croix gammées et la rouge à droite (est), de marteaux/faucilles. Symboles des nazis et des soviétiques qui se referment comme un étau sur Spirou, bien impuissant au milieu.

13 2 2010
   

Je sens que je ne vais pas me faire que des amis, mais je vais tenter d'expliquer pourquoi cet album fût, pour moi, une belle déception.

Tout le tapage fait autour de cet opus a créé chez moi une véritable frénésie, et dès que l'occasion c'est présenté, je me suis précipité chez mon libraire (ravi de mon choix soit dit en passant) pour me le procurer. J'attendais une véritable gifle en parcourant les pages, mais elle n'est jamais venu. Oui le thème abordé est audacieux, oui Emile Bravo c'est approprié les personnages, mais non je n'ai pas été convaincu. J'ai même trouvé ça trop niais ... Tout est très caricatural, et on se croirait revenu dans les films d'après guerre où les allemands ne sont que des idiots. Il manque du dosage dans le comportements de tous les protagonistes de l'histoire : les gentils très très gentils, les méchants très très méchants, la fille allumeuse très très allumeuse, les collabos très très collabos (j'arrête là, même moi ça m'agace).

Autre chose, même si le but de cette série est de montrer les personnages vu par un auteur différent, j'ai trouvé que les personnages étaient trop différents de ceux vu par Franquin (et autres). Surtout Fantasio. Encore une fois, son comportement fantasque est trop poussé à l'extrême à mon goût.

Force est de constater que tout n'est pas à jeter. Le dessin notamment. Même si ce n'est pas mon style favori (décidément ...), il est parfaitement maîtrisé et donne une dimension spéciale à la lecture.

J'en attendais certainement trop, et souvent quand c'est le cas, je reste sur ma faim. Je salue l'audace, mais pas le résultat.

22 12 2009
   

Quand j'ai lu cet album en début 2008 dans le Journal de spirou, j'ai su tout de suite que ce serait un succès. Et je ne me suis pas trompé! L'album a remporté les prix les plus prestigieux, et Emile Bravo (auteur de la série Jules chez Dargaud et qui est maintenant chez Dupuis) et devenu un auteur très connu en quelques mois!
Un très bon tome qui explique plusieurs zones d'ombre de la genèse de Spirou pendant la période 1938-1939 (le 21 avril 1938 étant le jour de sa naissance dans le journal du même nom), et qui nous fait passer un très bon moment! Un classique. Je sais que c'est la 50000ème fois au moins qu'on lui dit , mais: bravo à Emile Bravo!

7 3 2009
   

Pas de doute, avec ce tome 4, l'idée de proposer Spirou à des auteurs nouveaux est une excellente idée.
Les traitements variés, les points de vue originaux offrent au lecteur un plaisir et une qualité savoureux.

Découvrir Spirou (et Fantasio) à un autre moment de l'Histoire, nouer autour d'eux plusieurs intrigues plus ou moins mêlées, est un vecteur d'originalité intéressant.
Émile Bravo, à son habitude, propose au lecteur un travail léché, impeccable, et glisse des moments d'espièglerie et d'entourloupes de première.
Je trouve que ce livre correspond très bien à l'atmosphère de la série originelle, un brin de dérision dans un écrin sérieux.
On retrouve en sus les côtés mélancoliques des œuvres d'Émile Bravo, un rien désabusées en général.
Le tout assemblé génère un ouvrage très captivant, bien construit, fidèle, sincère, instructif qui cumule les récompenses (dernière en date au moment où j'écris ces mots, le prix des Libraires Canal BD).

Alors, pourquoi me cantonne-je à un 4 ?
Car, comme pour la majorité des travaux de l'auteur, je trouve que c'est un peu trop construit, un peu trop convenu, un peu trop lisse et bien pensant.
Mais que ce bémol ne t'abuse pas, lecteur potentiel de ce Spirou adapté, tu es devant une BD de grand niveau, qu'on ne peut occulter de ses connaissances.
Un indispensable ? Pas loin ! (mais pas tout à fait).

21 8 2008
   

Émile Bravo nous propose une histoire ancrée dans le contexte politique et historique de l’Europe de 39, une tractation secrète entre Polonais et Allemands ayant pour cadre l’hôtel Moustic, dans lequel travaille Spirou.

Un Spirou à la fois roublard et naïf, peu au fait de la géopolitique et maladroit avec les femmes, ce qui nous vaut des dialogues plein de doubles sens absolument délectables de la part de la blondinette. A signaler d’ailleurs qu’il faut attendre la page 34 pour que Spirou réalise enfin qu’il ne connaît toujours pas son nom !

Le scénario est bon, excellent même, il nous propose sa vision de la rencontre entre Spirou et Fantasio. A ce stade de mon avis, je me dois d’avouer que je ne suis pas familière de la série « mère » n’en ayant encore lu aucun titre, et je dois dire que pour le moment, je ne trouve pas Fantasio particulièrement sympathique, au contraire, même. Bravo a t-il été fidèle au personnage créé par Franquin ?

Par ailleurs, l’album est parcouru de clins d’œils –plutôt appuyés quand même- à Tintin, j’aurais même tendance à le voir comme un hommage plein de tendresse à Hergé.
L’attrait de ce one-shot réside aussi dans ses dialogues, vraiment excellents, et le soin qu’a pris l’auteur dans l’élaboration de ses personnages secondaires. Tout sonne juste, tout est très vivant, on ne s’ennuie pas un instant.

Si l’on ajoute à cela un dessin dynamique, très classique (ligne claire ?) sans être ringard, mettant l’accent sur les expressions faciales des personnages tout en soignant les décors, et une mise en couleurs impeccable, il ne reste plus qu’à s’exclamer :
Bravo, Émile !

(Hé oui, j’ai osé :$ )

6 5 2008
   

Je viens ajouter un éloge de plus à ce formidable album ou l’on découvre la naissance de notre héro dans un scénario proche du récit historique qui ne laisse aucune place a la science fiction (contrairement à bon nombre d’aventure de notre Groom).

Du coup le scénario sonne prodigieusement juste. L’univers crée par Emile Bravo est sans faille il replace Spirou à la veille de l’attaque de la Pologne par l’Allemagne l’événement qui sera le début de la seconde guerre mondiale. C’est dans ce contexte que Bravo va exprimer toute sont intelligence en mêlant nos héros à l’Histoire.

Le premier (et unique) amour de Spirou est lui aussi une grande réussite, par sa psychologie et son rôle dans cette histoire. En revanche Fantasio apparaît comme vénale et assez antipathique et l’on se demande comment Spirou peu se lier d’amitié avec lui. Toutefois cela correspond au personnage des premiers tomes qui a bien changé depuis.

Le dessin cadre avec l’époque et les débuts de la série (Jigé) tout en étant très moderne, La aussi c’est une réussite.

Plus qu’un hommage, un tome qui fera date dans l’histoire des aventures de Spirou et Fantasio.

3 5 2008
   

Il y a quelque temps l’éditeur Dupuis avait entrepris une démarche intéressante : la réappropriation du mythe Spirou par différents auteurs reconnus. Si les premiers tomes signés Yoann, Tarrin ou Le Gall m’avaient quelque peu déçu (j’attendais un peu trop du Spirou signé Yann et Tarrin…) ; je dois bien reconnaître que ce livre signé Emile Bravo est sans doute le plus réussi. L’auteur de l’excellent "Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill" s’intéresse au début de la carrière aventureuse du jeune groom.
Bravo recontextualise Spirou dans son siècle : on le retrouve groom dans un grand hôtel alors que le monde est aux portes de la Seconde Guerre mondiale et que se nouent dans les chambres de sombres tractations diplomatiques entre Polonais et Allemands sous l’œil d’agents de Moscou. Donc, ne vous attendez pas à trouver des inventions loufoques ou à l’apparition programmée du comte de Champignac ; c’est à une histoire sensible et belle (non dénuée d’humour) que nous convie l’auteur…
Spirou est encore un jeune homme naïf pris de passion pour une jeune fille de confession juive qui travaille dans le même hôtel que lui. Il fait la rencontre de Fantasio journaliste prêt à tout pour faire un scoop et qui s’intéresse beaucoup au boxeur Choukroune qui loge dans l’hôtel.
Ce qui est intéressant dans cet ouvrage ce sont les multiples références à la politique de l’époque : le rexisme, le communisme, la guerre d’Espagne, le nazisme, les lois antisémites... Autre particularité : les nombreux clins d’œil faits à un autre mythe Tintin le héros emblématique de bd des années 1930. Bravo va parfois jusqu’à la reproduction de cases identiques et s’interroge sur ce héros pétrit de culture bourgeoise et catholique qu’il compare souvent à Spirou.
Alors n’hésitez pas à le lire c’est une vraie réussite…

30 4 2008
   

Attention, cet album est un chef d'oeuvre. Il pourrait très bien être l'album 0 et prendre place juste après La naissance de Spirou par Rob Vel. Cette histoire nous montre donc les origines de Spirou, alors qu'il était encore groom. Il se place d'ailleurs dans les années de sa naissance (1939) juste avant la seconde guerre mondiale.

L'histoire nous apporte de nombreuses réponses, comme pourquoi Spirou a toujours porté sa tenue de groom (du moins jusqu'à l'album 19, mais restant ensuite en rouge), pourquoi le héros n'a jamais eu de relations avec une fille, et surtout, comment il est devenu l'aventurier que l'on connaît. Tout de bons points pour une histoire, à la fois drole (voir Spirou amoureux) et grave (les négociations entre la Pologne et l'Allemagne, le pacte germano-soviétique). L'auteur nous montre aussi que la vie de notre héros fut difficile (les fins de mois).

Le scénario, en deux actes, est très bien construit. On assiste à l'évolution de notre héros qui passe d'un personnage innocent éloigné de la réalité à un personnage qui découvre un monde complexe. Cela est bien traité car Spirou, si il peut sembler naïf, n'y apparaît pas caricaturé.

Emile Bravo reprend le style graphique des premiers albums (Rob Vel, Jijé), ce qui est une très bonne chose et colle bien à l'histoire.

Enfin, le point que j'affectionne dans cette histoire est celui-ci: la rencontre entre Spirou et Fantasio, et le début de leur amitié.

Cet album est le meilleur de cette série

29 4 2008
   

Superbe oeuvre que nous offre Emile Bravo ! A la fois hommage, prequel et récit totalement original.

Le dessin de Bravo convient parfaitement à Spirou tant son style s'apparente à la fin de l'époque Jijé et aux débuts de Franquin. Le trait est maîtrisé, beau, et la mise en page est efficace. Emile Bravo donne à Spirou un air qui est à la fois celui qu'on lui connait et celui d'un jeune homme pas si éloigné de l'adversaire de Poildur dans les débuts de la série. Le pauvre Spirou serait presque à plaindre quand on le voit, coquard à l'oeil, perplexe devant la réaction complexe de la jolie fille dont il s'est entiché.

L'histoire est excellente. Elle nous présente Spirou sous un jour nouveau, le Spirou jeune quand il était vraiment groom à l'Hotel Moustic, quand il avait du mal à joindre les deux bouts, qu'il jouait les arbitres de foot auprès des gamins de rue et qu'il ne connaissait pas encore Fantasio. Le scénario est d'autant plus original et osé qu'il nous place à la veille de la seconde guerre mondiale et aborde le sujet historique et politique de plein fouet, ce qui n'est pas pour désarçonner le jeune ingénu qu'était Spirou à l'époque.
Plein d'humour et d'intelligence, le scénario est dense et très plaisant à suivre. On y découvre beaucoup de choses sur les origines de la série, pourquoi Spirou porte toujours son costume de groom alors qu'il est plutôt devenu reporter par la suite, comment Spirou et Fantasio se sont rencontrés, comment Spip est devenu doué d'une conscience, etc.
Seul regret, le fait que Fantasio ne soit guère attachant dans cette histoire, à tel point que j'en suis venu à me demander ce qui avait bien pu faire que Spirou et lui deviennent amis par la suite. Ceci dit, imaginer que Fantasio soit le déclencheur de la seconde guerre mondiale est une idée amusante et franchement osée.

Mais pour tout le reste, pour le dessin, l'ambiance, l'originalité du récit, son humour et sa densité, cet album est excellent !

28 4 2008
   

Après Yoann et Vehlmann, Frank Le Gall et le duo Tarrin / Yann, c’est au tour d’Emile Bravo de livrer un album de la série "Spirou et Fantasio - Une aventure par...". On ne pouvait rêver d’un plus beau cadeau pour fêter les 70 ans de Spirou que de confier ce tome à l’auteur des "Une épatante aventure de Jules" et du sublime "Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill" !

Emile Bravo situe son récit à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, dans un cadre qui ramène le lecteur à l'époque de la création de ce personnage emblématique de la bande dessinée franco-belge par Rob-Vel, fin des années 30. Emile Bravo va non seulement livrer un récit d’espionnage prenant, mais également s’attaquer aux origines de Spirou en abordant sa première rencontre avec Fantasio, ses premiers amours et ses débuts en tant que groom de rouge vêtu au Moustic Hôtel de Bruxelles. L’auteur va également profiter de ce one-shot pour délivrer quelques clins d’oeil amusants à Tintin.

Comme d’habitude Emile Bravo livre des personnages très humains et très attachants et, malgré le contexte politique tendu et l’ombre d’une guerre mondiale qui plane sur l’Europe, il parvient à conserver un style léger et un ton amusant. Son dessin a un côté rétro nostalgique qui colle parfaitement à l’époque qu’il représente. Grâce à une couverture aux couleurs tricolores belges, Spirou (et Dupuis) contribuent également à arborer ces trois couleurs historiques dans un pays en crise d’identité.

Excepté un épilogue dispensable, Emile Bravo livre un splendide hommage à Spirou et un one-shot qui ravira petits et grands, fans de Spirou et néophytes.