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La couverture a le mérite d'être explicite : on est dans du polar, avec des hommes en costume et chapeau, une jolie femme en imperméable, une brume en arrière-plan et des teintes gris-bleu. L'intérieur est presque surprenant par rapport à cette devanture car s'il y a bien une enquête, il y a aussi un fond historique et un déroulé biographique qui prennent beaucoup d'importance.
Avec une alternance de scènes entre passé et présent (on pense à "Citizen Kane" dès le début de l'album), l'intrigue est bien menée par un Stephen Desberg qui joue les vieux routards de la bande dessinée auxquels on n'apprend plus à doser les ingrédients d'une affaire efficace. C'est plaisant à lire même si cela manque méchamment d'originalité : on a l'impression d'avoir déjà lu plusieurs fois ce genre de récit, tout en reconnaissant qu'on prend du plaisir à se laisser mener par l'histoire.
Le dessin de Griffo joue aussi dans le classicisme, mais ses planches cadrent bien avec l'époque des années 50, avec une mise en couleurs de Burgazzoli qui permet d'identifier facilement les flash-back et qui facilité ainsi la lecture. Griffo ne surprendra pas grand monde mais œuvre en artisan sérieux et efficace.
Pas révolutionnaire, cet album, mais c'est le genre de titre qu'on peut recommander aux amateurs car c'est suffisamment bien fichu pour qu'on ait envie de lire la suite.
2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Sherman, tome 1 : La promesse. New York, lui attribuant une note moyenne de 3,25/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Desberg n'est plus à ce stade un amateur. Avec cette nouvelle série, il ferre en quelques pages l'attention du lecteur avec un postulat assez simple.Dans les années 50, Jay Sherman est un homme comblé. Après une enfance difficile, parti de rien, le voilà qui incarne le rêve américain, celui où tout est possible. Magnat de la finance, richissime, et dont les appuis politique sont puissants (son fils se présente à la présidence), voilà un personnage qui ne peut que sembler sympathique dans la mesure où son enfance n'a semble-t-il rien eu de vraiment facile et qu'il a gardé un semblant d'humanisme (à noter d'ailleurs que son fils et candidat démocrate ce qui, on ne sait trop pourquoi, attire toujours plus la sympathie que les républicains). Et suite à ce décor planté en deux pages, voilà que l'intrigue est lancée : on tire sur le fils de Jay. A première vue, on se dit que le gars étant candidat à la présidence des USA, il n'y rien de plus normal. Mais c'est à cet instant que le scénariste nous introduit son levier de dynamisme : il apparaît que ce soit Jay qui soit la cible de cet attentat, une force obscure ayant juré qu'il perdrait tout ce qu'il a acquis. Imaginant que cette promesse est issue de ces actions passées, voilà que Jay et le FBI se mettent à fouiller dans son passé pour retrouver qui aurait bien pu lui en vouloir. L'accroche est plutôt bonne et elle justifie pleinement le traitement de cette histoire sur le mode d'un immense fash back, nous ramenant à la jeunesse de Jay, ses premiers pas dans la mafia et son mariage avec la fille d'un riche banquier : dans tous ces environnements, la concurrence et les ennemis ne manquent pas et l'enquête sur l'attentat s'oriente donc vers ces premières relations.
Le traitement de cette histoire comme un immense flash back permet de gérer efficacement le rythme. Malheureusement, il n'y aura pas vértiablement de grande ingéniosité et d'originalité dans ce premier tome. Desberg est un bon scénariste qui assure ici le service minimum. Ce qui est assez intéressant, au niveau du scénario, c'est de voir que l'amitié fort utile entre Hay Sherman et le chef du FBI Mac Everett ne date pas d'hier. Par ailleurs, j'ai aimé dans cet album voir les personnages vieillir ou rajeunir en fonction des époques abordées : le dessinateur arrive à faire vieillir ses personnages tout en permettant qu'on les reconnaisse et c'est assez plaisant (un peu comme dans la série "Cold Case").
Pour l'instant, c'est un début, honnête et honorable certes, mais sur lequel je ne m'extasie pas non plus. Mais Desberg à cette faculté de me retenir avec des histoires simples, et ici, la volonté de savoir qui en veut à Jay et pourquoi, est un moteur suffisamment puissant (et rodé) pour je me laisse conduire dans cette série.
| Album | Avis | Moyenne |
|---|---|---|
| Sherman, tome 1 : La promesse. New York | 2 | 3.25 |
| Sherman, tome 2 : L'ascension, Wall Street | 2 | 3.25 |
| Sherman, tome 3 : La passion. Lana | 2 | 3.25 |
| Sherman, tome 4 : Le piège. Bayreuth | 2 | 3.75 |
| Sherman, tome 5 : Les ruines. Berlin | 2 | 3.25 |
| Sherman, tome 6 : Le pardon. Jeannie | 2 | 3.00 |