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Dès la couverture, une jeune femme au look résolument moderne pose devant un vitrail évoquant Jeanne d'Arc sur le bûcher. L'air frondeur, la poitrine généreuse, avec un tee-shirt bleu minuscule mais étoilé qui fait penser à Captain America, le personnage intrigue. Son identité est révélée dans la deuxième partie de l'album, et finalement on aurait dû s'y attendre.
"Septième sens" flirte encore avec la vague ésotérique qui a déferlé sur la bande dessinée dans les années 2000, mais lorgne aussi beaucoup vers les comics. Le tome ressemble à une introduction, présentant l'organisation et différents personnages issus de l'histoire religieuse. Là où Alan Moore mettait en scène des figures littéraires dans "La Ligue des Gentlemen Extraordinaires", Corbeyran convoque des célébrités du monde de la foi, ayant existé ou non. "La Brigade Chimérique" vient aussi à l'esprit au fil de la lecture, même si le format de "Septième sens", annoncé en seulement trois albums, l'éloigne de l'aspect feuilletonesque des deux oeuvres citées ci-dessus.
Ce premier épisode démarre par une scène efficace, au découpage très cinématographique, qui montre une femme ensanglantée menée aux urgences. Le scénario remonte ensuite le temps pour que le lecteur comprenne ce qui a pu se passer, avec habileté et savoir-faire - il faut dire que Corbeyran n'a plus rien d'un débutant ! Le graphisme de Defali, dans un style réaliste sombre, est dans la lignée de pas mal d'albums de l'éditeur Delcourt.
On peut reprocher à ce premier album de ne pas être novateur et de faire du neuf avec des ficelles déjà bien utilisées. Mais on passe un agréable moment avec ce récit qui joue la carte du fun et du dynamisme : si c'est ce que vous cherchez, ce n'est pas une mauvaise adresse.