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Tome 1 : Société anonyme
 

Revanche, tome 1 : Société anonyme

 
 

Résumé

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Planche de Revanche, tome 1 : Société anonymeVoilà la nouvelle BD de Nicolas Pothier à qui nous devons notamment "Ratafia" ou "Junk".

Place à "Revanche", une espèce de super-héros français qui lutte pour la justice sociale. A sa façon de se présenter, on pensera à James Bond. Son côté "capitaliste" le jour, "justicier social" la nuit nous feront penser à Bruce Wayne / Batman. Avec les lunettes ou sans les lunettes, la référence est évidemment Superman.

Bon. Et maintenant, on fait quoi avec tout ça ? Pothier prend le parti de nous proposer plusieurs histoires courtes mettant en scène Revanche sur plusieurs de ces contrats. Le schéma "moral" est plus ou moins toujours le même : un gros capitaliste patron ou banquier très con vire ou harcèle ou délocalise. Des employés ne sont pas contents et ils demandent à Revanche d'aller mettre de l'ordre dans tout ça.
Alors certes, parfois, on a tendance à se dire que le monde est injuste, que les richesses sont mal réparties, que c'est indécent tous ces gens qui gagnent une tonne de fric. Surtout quand on a plutôt une mentalité dite "de gauche" comme c'est mon cas. Mais là, c'est quand même ultra-caricatural : les capitalistes sont tous des gros porcs sans morale, cruels, arrogants, pervers etc... je comprends bien le message de l'auteur, mais un peu de nuances n'aurait pas été superflue selon moi.

De plus, le format court des histoires ne permet pas d'entrer dans une intrigue très développée. On dirait plus une succession de gags, comme un "Boule et Bill" en polar. On sourit d'ailleurs parfois sur le côté cynique de l'ensemble. Mais sur la longueur, on a quand même l'impression que le propos est toujours le même. La seule chose qui change véritablement, ce sont les moyens employés et mis en oeuvre par Revanche pour piéger sa victime.

Mais au final, ce qui m'a le plus gêné, c'est la morale de cette histoire. Même si j'imagine que tout ça n'est pas très sérieux et qu'on flirte plutôt du côté du second degré, l'idée de payer grassement quelqu'un pour rendre sa conception de la justice (même sociale) me révolte un peu. D'après mon éducation "gaucho", la lutte des classes prend toute sa signification dans la lutte politique : les 35h, l'acquisition des congés payés, le Front Polpulaire etc... Aller cogner des gens sous prétexte qu'ils sont méchants me semble être un concept opposé à la "justice sociale". Même si encore une fois, je comprends bien que Pothier a voulu faire un parallèle avec les super-héros US comme Batman dont la morale et la légitimité peuvent être évidemment discutées. Mais au moins, Batman, il ne se fait pas payer pour casser des bouches... bref, ça me gêne un peu.

Au dessin, Chauzy a un trait plutôt agréable et fluide. Son style m'a fait penser aux polars BD des années 80 genre "Histoires d'en ville". Agréable, simple. Un peu le style dessin journalistique ou politique aussi. Personnellement, j'aime bien. En tous cas, c'est en totale adéquation avec le propos.

Une BD originale tant sur le fond (polar / lutte des classes) que sur la forme (histoires très courtes / humour) mais qui me laisse un sentiment mitigé à cause de choix moraux qui vont totalement à l'encontre de mes principes.

A lire tout de même par curiosité.


Chronique rédigée par david le 26/04/2012
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 2,50 Note générale
  • Originalité : 3,50 Originalité
  • Scénario : 3,00 Scénario
  • Dessin : 3,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 2.25
Dépôt légal : Avril 2012

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Revanche, tome 1 : Société anonyme, lui attribuant une note moyenne de 2,25/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

11 12 2014
   

Nicolas Pothier, pour moi, c'était la promesse d'une bonne tranche de rigolade. Il faut dire qu'après "Ratafia" et "Caktus", j'étais conquis d'avance. D'autant que le pitch était intéressant : un employé très proche de la présidente du Modef, l'organisation patronale, qui vient en aide aux employés malmenés par leurs salauds de patrons, était l'occasion de développer tout un humour sur le monde du travail. Connaissant le type d'humour du scénariste, je m'y plonge sans hésiter.

Et là, je me prends une grande baffe. Pour tout dire, cette production se révèle être un pamphlet politique qui aurait pu être commandé par la gauche de la gauche de la gauche. C'est d'abord très caricatural : on aura le droit au banquier pourri qui se prend de méga indemnités alors que des employés sont virés, au patron de Lejaby qui délocalise la chaîne de production en un week end, au petit responsable de grande surface obésdé sexuellement et raciste de surcroît... Bref toujours le méchant patron dans ce qu'il a de pire opposé au gentil employé/ouvrier dans ce qu'il a de meilleur. Comment ne pas en effet être pris de sympathie pour cet ouvrier compétent qui se retrouve au chômage seulement parce qu'il a atteint 50 ans ? Pour ces ouvriers gentils tout plein qui se racontent leur week end et qui se retrouvent devant une usine vide ? Comment ne pas détester ce banquier pourri et son discours ? On oublie un peu rapidement tous ces patrons de PME qui bossent jusqu'à pas d'heures pour maintenir une activité, des emplois, et qui sont loin d'avoir des salaires de ministres. Bref, c'est la crise, c'est difficile, mais il manque là-dedans de la nuance, du recul. C'est un dossier à charge, et uniquement à charge, dans lequel, finalement, les employés sont aussi cruels que les patrons, mais eux, on leur pardonne...c'est par leur faute, et faire appel à un justicier leur permet de se dédouaner.

Par ailleurs, à part un "Cass toi pauv'con" que j'ai trouvé utilisé à bon escient, l'humour est quasiment absent de cet ouvrage. Il y a bien une vision cynique de notre société, il y a bien ce regard décalé sur le Medef, mais je n'y ai pas goûté : c'est trop orienté pour moi.

Les situations décrites sont en effet des cas qui ont réellement existé et qui ont pu défrayé la chronique. Certes, il y a certaines situations que l'on a du mal à justfier. Certes, le monde est dégueulasses et il y a des patrons pourris, et des salauds partout. En revanche, Pothier semble avoir produit une commande : on n'y retrouve pas son humour, on n'y retrouve pas son talent et finalement ce n'est plus de la bande dessinée, c'est un tract dessiné. Et pourtant, l'idée initiale du scénario aurait permis de faire passer le message de façon efficace, en introduisant plus de nuance et de recul, ce dont Pothier est largement capable, comme il le montre sur d'autres très bonnes séries.