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Gestion d'adolescents et course à pîed. Voilà en deux expressions un résumé du contenu de l'album, clairement orienté en deux parties : Soledad Bravi raconte sa remise au sport pour perdre quelques kilos superflus, avant de donner sa vision des deux adolescentes qu'elle s'efforce d'élever et qui la poussent souvent à aller courir pour ne pas se laisser aller à les étrangler !
Les habitués des blogs seront en terrain archi-connu. Le trait est minimaliste, avec une mise en couleurs rapide. Le ton est intimiste, mettant en scène un quotidien qui n'a absolument rien d'original ni de palpitant, avec un ton humoristique qui prend de la distance. On a déjà lu pas mal d'albums de ce type, les éditeurs proposant de plus en plus des versions papier de parutions numériques.
"Restons calmes !" n'est pas original, c'est le moins que l'on puisse dire. Toutefois, malgré un début un peu laborieux où l'on se dit que la lecture risque d'être désespérément plate, on finit par se laisser séduire par le quotidien de cette mère de famille qui ressemble à tant d'autres et à laquelle on peut évidemment s'identifier. La lecture est rapide mais plaisante, à défaut d'être révolutionnaire. On s'est encore une fois laissé avoir par quelqu'un qui nous parle tout en ne racontant que des choses banales mais humaines. Mais on entrevoit le moment où ces sorties nombrilistes vont finir par nous lasser...
3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Restons calmes !, lui attribuant une note moyenne de 2,83/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Dans un genre devenu très à la mode, Soledad Bravi nous livre une portion de sa vie: pourquoi elle s'est mise à la course à pied, ses relations avec ses adolescentes de filles.
J'avoue rester sur ma faim.
Comme souvent avec ce type de chroniques, le style est minimaliste: crayonné rapide, dessin simple, couleurs proche du crayon de couleur, sur fond blanc. Et surtout typographie écriture manuelle. Bref, encore un blog.
Même si les deux thèmes me parlent, je pratique aussi le footing régulier, j'ai aussi une adolescente de 16 ans à la maison, je n'ai pas pour autant été surpris ni n'ai été happé par ce récit.
Ce n'est cependant pas un album mauvais, certaines scènes, notamment les remarques de ses filles, sont sympathiques. Je ne suis sans doute pas le lecteur idéal de ce style de récit.
On ne présente plus la très en vogue Soledad Bravi tant ses illustrations ponctuent notre quotidien sous de multiples supports.
Avec Restons Calme, nous sommes plongés dans l’univers personnel et familial de l’auteur, en proie aux exigences de cette merveilleuse époque où les complexes se fabriquent à grand renfort d’articles de presse féminine, ou sont nonchalamment générés par les remarques acides et badines dont seuls les ados ont le secret (et en pratiquent d’ailleurs l’usage quasi-exclusif auprès de leurs très chers parents). Si l’album tient davantage du journal de bord qu’un récit à part entière et peut apparaître comme une succession de prise de notes et d’anecdotes illustrées, le lecteur est cependant immédiatement plongé au cœur de l’intime. En spectateur de l’ordinaire, on assiste aux mécanismes qui ont permis de reprendre et d’apprécier l’activité physique – en l’occurrence le footing, le run. Au départ motivé par le dictat du kilo superflu solidement ancré sur les cuisses (Aaaaargh ! la méchante « culotte de cheval »), courir devient surtout la nécessaire parenthèse dans cet harassant quotidien où tout semble reposer sans cesse sur les seules épaules de la narratrice. Le besoin de rupture d’un trop plein de sollicitations est parfaitement retranscrit dans la succession de cases répétitives « je cours », une bonne fuite en avant nombriliste que l’on peut mieux appréhender dans la deuxième partie de l’album mettant davantage en scène l’attitude symptomatique adolescence des deux grands enfants (voire trois même, il s’agirait de ne pas oublier le conjoint qui n’est pas en reste…), permettant ainsi de visualiser plus directement le sentiment de solitude croissant que peut ressentir le personnage principal et cette envie frénétique de retrouver une communauté à laquelle elle se sent en adhésion malgré les différences, celle des coureurs. A la fois observatrice amusée ou désolée et actrice à plein temps, Soledad Bravi nous dresse un portrait attachant de cette femme active sur tous les fronts, entourée et paradoxalement parfois bien seule.
Les illustrations à l’aquarelle, très fidèles aux traits fluides et longilignes caractéristiques de l’illustratrice, apportent à l’album à la fois fraîcheur et douceur grâce à la richesse des couleurs employées et à l’absence de trame ou cases : un régal pour les yeux pour qui apprécie le travail de l’artiste.
Peut-être davantage destiné de prime abord à un public féminin, Restons Calme s’avère plutôt touchant et devrait permettre à un planel de lecteur assez large de faire lui aussi une petite parenthèse divertissante dans son quotidien tourbillonnesque.