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Queen and Country déclassifié, tome 1

 
 

Résumé

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Planche de Queen and Country déclassifié, tome 1Cet album n’est pas la réédition du tome un de "Queen & Country" (paru au sein de la collection Semic NOIR), mais le début d’une série parallèle proposant des enquêtes hors chronologie visant à développer les personnages de Greg Rucka ("Gotham central", "Whiteout"). Ce premier "Queen & Country: Déclassifié" se concentre sur le patron de Tara Chace, avant que celui-ci ne devienne directeur des opérations.

Ce spin-off propulse le lecteur au début des années 80. Cette période où les méchants étaient encore séparés des gentils par un Mur de la honte renforce un peu plus le contexte politique de la série. Ce retour en arrière, en pleine guerre froide, installe d’entrée un climat différent, caractérisé par la peur permanente de se voir interpeller par la police secrète. Cette atmosphère de suspicion au sein de relations Est/Ouest tendues est palpable tout au long du récit. Même si cela n’enlève pas grand chose au suspense, le fait de situer ces missions dans le passé présente cependant l’inconvénient de connaître à l’avance le sort de Paul Crocker.

A l’instar de son autre série, "Gotham central", Greg Rucka livre une enquête prenante au sein d’un décor réaliste et soigne particulièrement le développement psychologique des différents acteurs. C’est en suivant les pas de l'agent S.I.S. Paul Crocker que le lecteur va s’immerger dans le quotidien des sections spéciales britanniques. A mille lieux de James Bond, l’aventure est ici située dans un environnement ultra-réaliste : stress, relations entre collègues et difficultés hiérarchiques font partie des obstacles rencontrés par les agents secrets. Le monde de l’espionnage, du contre-espionnage et de la politique s’avère complètement pourri et le quotidien de ces hommes de terrain fait ressortir toute l’ironie du titre de cette saga.

En mettant en scène le personnage de Jenny Crocker, ce one-shot totalement indépendant va également montrer l’homme qui se cache derrière Paul Crocker. Une carrière qui pèse sur sa vie privée et une vie familiale rythmée par des voyages non planifiés et à durée indéterminée. En soulignant à la perfection l’incompatibilité totale entre ce job anormal et une relation affective normale, l’auteur parvient à donner beaucoup de profondeur à une histoire qui repose sur une intrigue au demeurant assez classique.

Le graphisme noir et blanc sans fioritures de Brian Hurtt sied parfaitement à cette collection Regard noir & blanc de chez Akileos. D’entrée, le dessin parvient à saisir le ton et l’esprit de ces villes bercées par le communisme. La scène d’ouverture montrant la vue plongeante d’un mirador sur ce corridor séparant physiquement Berlin-Est de Berlin-Ouest est splendide et place cette minisérie directement dans l’ambiance adéquate. A l’aide de scènes d’action jamais gratuites, allant d’une chasse à l’homme en Ukraine à une poursuite en voiture dans les rues de Prague, l’auteur insuffle également beaucoup de rythme au récit. En multipliant les non-dits et à l’aide d’expressions faciales appropriées, Brian Hurtt ("The Damned", "Gotham central") véhicule parfaitement les sentiments de ses protagonistes, à l’image de cette scène finale montrant tout le désarroi d’un Paul Crocker qui ne sera plus jamais le même.

Un hors-série qui offre un mélange parfait entre émotion, politique, action et espionnage et qui n’a certainement pas à rougir face à cette série principale couronnée d’un Eisner Award en 2002.


Chronique rédigée par yvan le 27/07/2008
 
 
Statistiques posteur :
  • 2374 (58,34 %)
  • 1123 (27,60 %)
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 3,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.75
Dépôt légal : Mai 2008

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics Queen and Country déclassifié, tome 1, lui attribuant une note moyenne de 3,75/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

7 1 2013
   

Au détour de mes lectures il m'arrive de tomber sur des albums complètement inattendus mais étant de très bonne surprise.
Ce tome 1 de "Queen and Country déclassifié" en fait parti.
J'ai hésité entre le 3,5 et le 4 étoiles. Finalement, après quelques jours de digestion, le fait de n'avoir pas tant envi de relire cet album m'a fait pencher vers ma note actuelle.

L'album se situe dans un contexte historique intense et lourd. Les années 80 où le mur de Berlin séparait encore 2 mondes totalement opposés.
Le contexte historique est très bien expliqué dans une très longue mais très intéressante préface.
L'ambiance est posée, l'histoire peut démarrer.

Tout de suite le scénariste nous plonge au coeur de la guerre froide, avec un espion qui tente de s'exfiltrer de Berlin est. La tension monte rapidement, le malaise s'installe. Nous sommes immédiatement capté par cette histoire.
la suite saura tenir le même rythme et le même niveau. Tension, espoir, trahison, manipulations politiques, intérêts personnels, professionnels, nationaux...les sources de conflits sont nombreuses et parfaitement exploitées par Greg Rucka.
La psychologie des différents personnages, (tout comme dans "Whiteout") est parfaitement exploitée et sert à merveille le scénario. D'ailleurs sans cela, cette intrigue plutôt simple n'aurait plus grand intérêt.
Mener une carrière d'agent secret et une carrière de père de famille n'est pas évident. Partir régulièrement sans prévenir pour une durée indéterminée, n'aide pas à construire des relations amoureuses.
Le scénario tout comme dans "Whiteout" est très bien balancé entre action, psychologie, pause. La BD se lit sans voir défiler les pages et on arrive à la fin sans concession heureux de notre lecture.
D'autant plus heureux que je ne connais pas la série mère et que j'avais un peu peur d'être perdu avec les personnages. Mais que nenni, j'ai immédiatement accroché. Les personnages arrivent à bon escient et rentrer dans cet univers est extrêmement facile.

Le dessin en noir et blanc est très bien géré. le style réaliste, précis, détaillé nous plonge au cœur de cette histoire et de l'Histoire de fort belle manière.
Les cadrages, comme l'a indiqué Yvan, nous aident souvent à prendre la mesure de la difficulté de (sur)vivre à cette époque pas si lointaine.

Une très bonne BD assurément.