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Tome 1 : Chroniques diplomatiques
 

Quai d'Orsay, tome 1 : Chroniques diplomatiques

 
 

Résumé

Quai d'Orsay, tome 1 : Chroniques diplomatiquesAfin d'acceder au résumé de Quai d'Orsay, tome 1 : Chroniques diplomatiques, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de Quai d'Orsay, tome 1 : Chroniques diplomatiquesTrès intéressé par le thème de cette BD, j'ai été littéralement captivé par son contenu.
Quelle excellente idée de mettre en scène un personnage tout droit inspiré d'un animal politique tel que Dominique de Villepin ! Cela nous permet non seulement de découvrir une personnalité hors du commun mais également le fonctionnement particulièrement complexe d'une structure telle que le Ministère des Affaires Etrangères. Est-ce donc ainsi qu'était exercée la diplomatie à la française au début des années 2000 ? Est-ce ainsi que l'Etat Français réagit à des crises telles que la guerre en Irak, des prises d'otages, le début d'une guerre civile dans un pays similaire au Rwanda ou simplement les négociations européennes avec l'Allemagne ?

Le récit est légèrement fantasmé, un peu romancé, mais il repose visiblement sur un solide socle d'informations concrètes et véridiques. C'est parfaitement crédible et bigrement intéressant.

Le personnage de Taillard de Vorms est également assez magnifique. Hyperactif, dominateur, charismatique, impressionnant, presque effrayant, il en impose dès qu'il apparait en scène.
J'ai retrouvé en sa présence une ambiance que j'ai déjà ressentie lorsque, en condition de travail, vous allez travailler avec des supérieurs hiérarchiques sur un projet complexe, avec de réels besoins de négociations et de réflexion politique, et qu'une ou plusieurs de ces personnes sont manifestement supérieurement intelligentes, du moins dans le domaine concerné. Vous avez alors l'impression d'être emporté par le courant, un peu noyé, et surchargé de boulot devant ces éternels insatisfaits qui vous font refaire le travail jusqu'à ce que finalement ils aient façonné l'ensemble du projet à leur image mentale. Vous vous sentez petit, agacé par leurs ordres directifs et parfois apparemment contradictoires, confronté à quelque chose de trop complexe pour vous et en même temps fasciné par ce ou ces personnages et la puissance de leurs idées. Vous avez l'impression qu'ils sont à côté de la plaque, qu'ils négligent les détails pourtant cruciaux au profit d'une vision d'ensemble parfois surprenante. Et ce n'est souvent qu'après coup qu'on se rend compte que, malgré tout ce qu'ils vous ont fait endurer, le pire c'est qu'ils avaient raison.

Taillard de Vorms est représenté comme un être à part, aussi admirable qu'il peut apparaitre ridicule, aussi impressionnant qu'inquiétant. Colérique et emporté, il est parfaitement représenté dans une case comme une puissante locomotive qui fonce à toute vitesse, prête à défoncer tous ceux sur son chemin qui ne vont pas aussi vite que lui. Il est tourné en dérision par son habitude de baser toute sa réflexion sur des citations de livres qu'il prône comme d'implacables arguments alors qu'il les déforment tous pour leur faire dire ce qu'il veut. Et en même temps, il attire l'admiration de tous ses proches par sa pensée hors norme, ses discours passionnés où l'on a l'impression qu'il part en vrille alors qu'en fait il s'avère qu'il a tout compris, à sa manière, sur un plan supérieur. Vraiment un cas, une personnalité à part.

Mais Taillard de Vorms n'est pas seul. L'ensemble de son cabinet est composé de personnalités fascinantes et intéressantes. J'ai adoré découvrir ce microcosme d'intelligence mais aussi de caractère et parfois d'égoïsme. Il est d'autant plus intéressant de les voir s'agiter et peiner comme des fous pour réussir à suivre la pensée vrombissante de leur ministre.

Blain et Lanzac font en outre la part belle à l'humour. Au fil des chapitres, tandis que l'on apprend à connaître les personnalités des protagonistes, leurs réactions deviennent de plus en plus drôles alors qu'on se prend à les deviner mais qu'elles surprennent toujours autant.
Les bons mots et les dialogues ciselés sont légion dans cet album. Les clins d'oeil et les références sont également nombreuses, donnant une touche moderne à ce récit qui s'éloigne des basiques intrigues historiques et politiques d'une France désuette.
J'ai franchement ri à de nombreuses reprises au cours de cette lecture. Et malgré un dernier chapitre où la pression retombait un peu à mon goût, c'est sur la toute dernière page que j'ai le plus ri.

Intelligence, intérêt, humour, personnalité... Quand à cela s'ajoute un beau dessin qui donne parfaitement vie et caractère aux personnages, cette BD devient un vrai bijou.
A lire par tous les amateurs de politique, diplomatie, psychologie, par tous les curieux mais aussi par tous ceux qui veulent rire tout en s'instruisant.


Chronique rédigée par Ro le 16/06/2010
 
 
Statistiques posteur :
  • 941 (79,08 %)
  • 164 (13,78 %)
  • 85 (7,14 %)
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 4,50 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 4,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.40
Dépôt légal : Mai 2010

Avis des lecteurs

5 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Quai d'Orsay, tome 1 : Chroniques diplomatiques, lui attribuant une note moyenne de 4,40/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

12 3 2011
   

J'ai acheté cette BD car, avec tous ces avis positifs lus dessus, je pensais qu'elle allait recevoir le grand prix (ou au moins un prix) au festival d'Angoulême. De toute manière une BD sur la politique avec Blain au dessin, ça ne pouvait être mauvais.

Et c'est vrai que ça ne l'est pas. Car (comme je le pensais), c'est assez drôle. Même si à première vue, les dialogues ont l'air austères, c'est un grand plaisir à lire, les dialogues sont fluides. Il y a des scènes vraiment excellentes où je me suis bien marré (je pense notamment à celle de "Tintin" ou des "Stabilo")... Donc le scénario n'a rien d'ennuyant, et même si j'ai trouvé l'album assez inégal dans son intensité et son humour, toutes les histoires se lisent avec un réel plaisir, de plus, même le scènes les plus invraisemblables (a priori, dans un ministère) sonnent vraies. Sans oublier, Alexandre Taillard de Vorms, qui nous rappelle particulièrement un homme politique (Dominique de Villepin)... D'ailleurs c'est assez marrant de mettre "une gestuelle" (ce qui caractérise le plus Alexandre) sur un ex-ministre, que je ne n'imaginais pas comme ça.

Au niveau du dessin, c'est du Blain, moi j'aime beaucoup son style, en plus d'être esthétique, il est très lisible et très expressif, tous ses personnages ont des têtes bien spéciales, que j'aime beaucoup. Enfin, moi c'est un style que j'apprécie énormément.

J'attends la suite, et je pense que les auteurs n'auront aucun mal à faire aussi bien. J'aimerais juste que certaines zones d'ombres nous soient révélés (comme, comment Arthur a rencontré Alexandre, car dès la première scène Alexandre à l'air de bien le connaître).

12 11 2010
   

Difficile d'être original après ce concert de louanges fait par les autres posteurs. J'ai adoré également ce feuilleton moderne qui nous plonge dans les arcanes du pouvoir : une sorte de The West Wing (série d'Aaron Sorkin qui dépeignait les coulisses de la Maison Blanche) à la française.
De plus c'est drôle, les dialogues d'Abel Bonnard sont finement ciselés et particulièrement ironiques. La personnalité de Taillard de Worms (alias Dominique de Villepin) est dépeinte sans concession, mais également avec une certaine admiration pour ses qualités rhétoriques et son sens de la pirouette.
La prouesse vient aussi du dessin de Blain, admirable, remarquable, virevoltant, capable de passer d'une superbe planche en hommage à la science-fiction à une description caricaturale de Villepin tout à fait crédible. Alors, inutile d'en dire plus, jetez vous sur ce premier tome de 96 pages qui est une des plus belles découvertes de l'année.

3 10 2010
   

De son expérience d'ancien membre de cabinets ministériels, Abel Lanzac a tiré un scénario co-écrit par celui qui le met en, images : Christophe Blain. La politique a récemment montré son nez dans le monde bédéphile (on se souvient notamment de "La face karchée de Sarkozy", sorti avant la présidentielle de 2007) et "Quai d'Orsay" montre avec un bluffant brio tout le potentiel de cette association a priori surprenante.

Arthur Vlaminck est donc engagé au cabinet du ministre des Affaires étran­gères, Alexandre Taillard de Worms. Le premier est le double du scénariste Abel Lanzac ; on devine facilement derrière le second Dominique de Villepin. Qu'est-ce qui relève de la fiction, qu'est-ce qui est réel ? Le lecteur ne peut faire la différence entre situations vécues et scènes imaginaires, entre l'exagéré et le pourtant vrai. C'est ce brouillage des pistes qui rend "Quai d'Orsay" passionnant : le scénario est de haute volée.

On devrait s'ennuyer ferme à la lecture de ces réunions ubuesques et de ces discours fumeux. Il n'en est rien : on dévore les 96 pages, suivant les différentes affaires et les tentatives de résolution, sans jamais étouffer dans le huis-clos des ministères (il y a très peu de scènes d'extérieur !). Les relations entre les personnages sont extrêmement bien vues, les envolées lyriques du ministre sont à la fois fascinantes et ridicules. Les personnages parviennent tous à exister avec une forcé déconcertante, même lorsqu'ils n'apparaissent que dans quelques scènes éparses au fil du récit.

Christophe Blain met tout cela en images avec un talent peu commun. Dans un style original, d'une incroyable efficacité, il parvient à créer une ambiance étonnante de crédibilité. Les visages hyper expressifs, les postures travaillées d'une grande fluidité, les décors qui s'effacent dès que les personnages prennent le dessus : tout est remarquablement réfléchi et mis en scène.

Un très bon album, qui saura vous séduire par son originalité, son propos et sa forme. Que demander de plus ?

16 6 2010
   

Etant grand fan de la série télévisée «The West Wing», j’ai été véritablement happé par cet album d’Abel Lanzac et Christophe Blain.

C’est en suivant les pas d’Arthur Vlaminck, fraîchement engagé par le Quai d'Orsay pour servir de scribe au ministre des affaires étrangères, que le lecteur se retrouve au cœur d’une machine politique lancée à toute vitesse. Un univers bouillonnant et impitoyable, dont on découvre enfin les coulisses. Au commande de cette locomotive diplomatique, on découvre le ministre Alexandre Taillard de Worms, personnage visiblement inspiré de Dominique de Villepin. Croisement entre un moulin à paroles et un véritable courant d’air, l’homme, épris de belles phrases, vit au rythme de l’urgence politique et inonde ses interlocuteurs d’envolées lyriques. Dans son sillage, le cabinet ministériel tente désespérément de rester accroché au bon wagon, retravaillant les discours après chaque virage du pilote, afin de plaire à certains sans froisser les autres. Un exercice périlleux ayant pour enjeu l’image du ministre … et de la France.

Ayant travaillé dans plusieurs cabinets ministériels, Abel Lanzac nous emmène dans la frénésie des coulisses de l’univers politique et invite à découvrir le fonctionnement des organisations qui gravitent autour des hommes d’Etat. Si l’ambiance qui y règne est parfaitement rendue, les dialogues ciselés du scénariste sont également emplis d’humour et de cynisme.

Graphiquement le trait nerveux de Blain se place au diapason de la tension qui règne au sein du cabinet ministériel. Sa représentation légèrement burlesque du ministre est magistrale et fait ressortir le dynamisme et le côté théâtral de ce personnage qui, gesticulant à l’image d’un chef d’orchestre, bat la mesure politique de toute une équipe. Et pour couronner ce graphisme plein de panache, l’auteur ajoute des allusions à Darth Vador et à X-Or qui sont assez désopilantes.

Qui a dit que la politique était soporifique ?