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Pyongyang
 

Pyongyang

 
 
 

Résumé

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Planche de PyongyangJe ne connaissais pas Delisle, et je dois avouer que ce premier album lu va certainement me pousser à ne pas en rester là.
Les récits autobiographiques peuvent être de deux sortes : mal racontés, ils deviennent rapidement un calvaire intimiste qui ne touche pas le lecteur ou qui lui passe au-dessus; et bien racontés, ils se transforment en véritable petit bijou de le BD. C'est dans cette deuxième catégorie qu'entre Pyongyang, avec une force narrative particulièrement brillante.

Le ton est très juste et donne un parfait décalage entre la vie occidentale telle que la connaît Delisle et le quotidien de ce régime totalitaire qu'est la Corée du Nord. Le moindre détail devient le vecteur d'une réflexion humaine qui ne s'embarrasse ni de questions fumeuses ni de théories fantasques : le narrateur est un Homme comme vous et moi. Ses réflexions sont pertinentes et elles ont un écho que tout lecteur partagera à la lecture de cet album. Les pensées décalées de l'auteur apportent un comique qui constitue un violent contraste avec l'univers décrit. De tous petits détails prennent une importance aiguë dans l'analyse sociologique et politique de ce monde si différent du notre. Des anecdotes du quotidien revêtent un ton croustillant et joyeux qui invitent le lecteur à s'imprégner complètement de cette ambiance atypique.
C'est tellement mesuré, drôle et bien rapporté qu'on a vraiment l'impression de partir avec lui et de partager sa chambre dans l'hôtel froid et impersonnel où il loge.

Le dessin en nuances de gris s'accorde parfaitement à l'histoire décrite, les bâtiments et les autres signes du régime apparaissent parfois sur des planches d'une page entière très réussies. Le découpage est varié, et participe à la facile lecture de la BD.
Gros pavé, cet album n'est toutefois jamais ennuyeux, et le rythme est savamment dosé. Ces trois mois passés par Delisle à Pyongyang se déroulent devant nos yeux curieux et enthousiastes et je suis littéralement tombé sous le charme de cet univers et de ce ton qui ne tombe ni dans la caricature ni dans le parti pris.


Chronique rédigée par jbt900 le 01/07/2003
 
 
Statistiques posteur :
  • 228 (93,44 %)
  • 16 (6,56 %)
  • Total : 244 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.17
Dépôt légal : Mai 2003

Avis des lecteurs

12 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Pyongyang, lui attribuant une note moyenne de 4,17/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

5 3 2013
   

Comment ? Je n'ai pas avisé "Pyongyang" ? Alors que je l'ai lu (pas qu'une fois), et je trouve que c'est une grande œuvre (comme d'autres travaux de Delisle que sont "Shenzhen" et "Chroniques Birmanes") qui mine de rien contribue à me faire aimer, d'avantage encore, le support de la BD.

"Pyongyang" c'est un graphisme simple, le plus lisible possible, faisant dans le stylisé et dans le simple mais qui permet à la narration de laisser s'exprimer un superbe récit.

En effet, "Pyongyang" c'est aussi le témoignage de l'occidental capitaliste ayant la chance (?) que peu peuvent se permettre d'avoir, de se glisser dans un pays, totalitaire, ultra-fermé et communiste (un super lieu de vacance en somme), où les habitants vivent un enfer, embrigadés dans un régime atroce, travaillant pour 7 jours sur 7 et qui leur laisse peu de chance pour leur avenir.

Delisle brosse un portrait de ce pays derrière un regard à la fois consterné et amusé. Malgré le sujet qui aurait pu être ultra plombant, l'histoire est finalement assez légère, l'auteur pointant du doigt les incongruités (pour un occidental) d'un pays et lance quelques brides de réflexion plus profonde sans aller trop loin : le bouquin est donc assez universel car même sans bagage politique ; la lecture est assez facile et aisée.

Drôle, ultra passionnant et instructif mais en ne laissant pas de côté la réflexion, voici une autre œuvre de Delisle marquante dans sa carrière.

11 6 2012
   

De Delisle, je ne connais pour l'instant que "Shenzhen", je suis donc encore un peu néophyte dans le style. Et pourtant, "Pyongyang" fait en de nombreux points penser à l'oeuvre précitée. En effet, on retrouve Delisle qui travaille dans l'animation, et qui est expatrié pour quelques mois dans un de ces pays d'Asie, dans une entreprise de sous-traitance pour le compte d'une entreprise d'animation/ d'un chaîne de télévision française. On retrouve donc ce côté "carnet de route" d'un gars expatrié dans un pays lointain, en Asie, dans un pays aux moeurs et au mode de vie décalé. Par tous ces aspects, "Pyongyang" m'a fait penser à "Shenzhen", et j'ai aimé retrouver cette ambiance, et j'ai aimé ce regard amusé, décalé, ironique, et parfois désabusé de Delisle sur son nouvel environnement.

Dans cet album toutefois, Delisle va plus loin que dans "Shenzhen". Il était le témoin d'un mode de vie en Chine, le voilà qu'il passe une étape pour dénoncer le régime en place en Corée du Nord. Comme le dit Delisle lui-même, la Chine est un espace de liberté, comparée à la Corée du Nord. Et le récit qu'il nous propose ici nous montre toute l'étendue de la propagande du pouvoir pour museler la conscience collective et étouffer dans l'oeuf toute volonté de liberté. Il nous explique comme le régime a mis en place tout un système pour charmer les expatriés, pour leur présenter une certaine vision de la Corée du Nord, espérant peut-être que les étrangers se laisseraient prendre au piège comme le peuple. Et ce sont les réactions de Delisle face à toutes ces visites imposées, à tout cet accompagnement gentil mais un peu collant, qui est vraiment drôle à découvrir. Delisle donne son avis, et s'engage, mais la réalité qu'il décrit ne semble pas être déformée : c'est une vérité brute, c'est une tranche de vie qui est décrite. Tout cela fait que je suis resté accroché à cet ouvrage jusqu'à sa dernière page.

C'est plein d'humour, c'est plein de bon sens, mais c'est également terrible. C'est assez fort, même si j'ai du mal à apprivoiser ce dessin simpliste, dont le seul intérêt réside selon moi dans sa cohérence avec le statut de "temoignage" du récit : il favorise une proximité entre le lecteur et l'auteur, et sa simplicité prouve que rien n'est caché et que tout est relaté tel que vécu.

Encore une fois, Delisle prend un ton badin pour raconter un tranche de sa vie, mais le tout devient extrêment sérieux et prenant.

15 3 2012
   

Après avoir lu ses "Chroniques Birmanes" et ses "Chroniques de Jérusalem", je me devais donc d’attaquer ce séjour en Corée du Nord en lisant “Pyongyang”.

La grosse différence par rapport aux deux ouvrages précités est que Delisle est encore célibataire lors de cette aventure plus ancienne. Alors qu’il accompagne son épouse en mission sur place pour MSF lors des récits plus récents, on le suit ici dans le cadre de son travail en tant que superviseur de dessin animé européen fabriqué à Pyongyang. Étant plus fan de sa vision du pays visité que de ses (més)aventures en tant que père au foyer, cette approche différente a déjà tout pour me plaire.

Dans “Pyongyang”, Guy Delisle raconte les deux mois qu’il a passé dans un des pays communistes les plus fermés au monde. Voguant entre le carnet de voyage et une succession d’anecdotes, le récit permet de visiter le pays de l’intérieur. Le séjour très encadré de l’auteur n’offre certes qu’une vue assez limitée de la réalité, mais il demeure tout de même très instructif.

Au fil des pages, l’auteur se heurte régulièrement à ce régime totalitaire qui contrôle et surveille tout. Ce pays dirigé de main de fer par la dynastie Kim Jong va jusque dans le cerveau des gens en diffusant constamment une propagande mensongère destinée à glorifier le leader suprême et à diaboliser les autres pays, emmenés par les États-Unis. Après lecture de cet ouvrage, les images de ce peuple pleurant la mort de son bourreau fin décembre 2011 prennent tout leur sens.

Alors certes, “Capitaine Sim n’est pas de notre galaxie…” mais la vision que Delisle propose de son monde est aussi édifiante qu’amusante. L’auteur offre un regard très détaché de ce pays qui rationne l’éclairage, mais qui ne lésine pas sur les monuments et les photographies représentant Kim Il-Sun. Usant d’un ton légèrement ironique, il parvient à dépeindre les situations avec humour, simplicité et justesse.

Le dessin minimaliste est d’une grande lisibilité et malgré son apparence ‘simpliste’, il parvient à distiller énormément d’informations, d’émotions et de non-dits. Quant au noir et blanc, il colle parfaitement à l’atmosphère froide et austère de cette ville sombre.

Si la visite du pays n’est pas conseillée, la lecture de cet ouvrage qui lui est consacré l’est bel et bien !

13 2 2008
   

Guy Delisle, en quelques années, est devenu une sorte de spécialiste de la bande dessinée autobiographique, voire du récit de voyage façon neuvième art. "Pyongyang", comme son nom l'indique, relate les mois passés par l'auteur en Corée du Nord. C'est l'occasion de découvrir certains aspects du pays et de se frotter au talent de conteur de Delisle.

Graphiquement, l'album n'est pas très attirant : j'avoue qu'il m'a fallu passer souvent devant pour me décider à le lire. La couverture, notamment, est très austère, alors que le contenu de l'album est plutôt agréable une fois qu'on est plongé dedans. Avec un trait simple mais efficace, sans couleurs (cela aurait certainement beaucoup alourdi le coût de l'album et des 176 planches !), Delisle finit par convaincre le lecteur qui a bien fait de dépasser un a priori mitigé.

L'intérêt principal de l'album est de découvrir l'effarante existence menée par les Nord-Coréens. On pense souvent à la Chine communiste, détentrice actuelle du sombre record du nombre d'exécutions capitales par an, qui est en plein développement économique mais qui reste pointée du doigt pour son non-respect des droits de l'homme. Beaucoup moins mise en avant par les médias, la Corée du Nord paraît pourtant souffrir encore plus que la Chine du joug d'un communisme à l'ancienne que Staline n'aurait sans doute pas désavoué. Les libertés les plus élémentaires ne sont pas accessibles aux habitants et les étrangers, vus comme de génants suppôts du capitalisme libéral, sont étroitement surveillés. Les nombreuses anecdotes vécues et livrées par l'auteur ont le mérite d'être édifiantes.

L'album est donc bon. Je regrette tout de même qu'il n'y ait pas davantage de mise en perspective, d'ajouts sur la situation géopolitique, ou de précisions sur la vie quotidienne. Delisle en reste au stade empirique : il raconte ce qu'il a vu, c'est tout. On ne comprend donc pas certaines situations, certains refus, et on a le sentiment d'avoir fait une approche du pays sans l'avoir vraiment cerné. C'est un parti-pris de l'auteur, et encore une fois, la lecture est très recommandable ; cependant, "Pyongyang" aurait peut-être été un chef d'oeuvre si Delisle avait entouré son expérience personnelle de la glose nécessaire à un entendement plus général.

Lisez "Pyongyang", qui vous donnera sans doute envie d'en savoir plus sur ce pays tellement verrouillé que le monde semble l'avoir oublié.

5 2 2008
   

Pas mal. Vraiment.
J’ai vécu l’histoire de quelqu’un qui travaille dans le domaine de l’animation. Et cette personne est envoyée en Corée du Nord pour œuvrer sur un nouveau film.
La Corée du Nord ?… c’est celle du dictateur Kim Jong II. Et là, j’ai plongé dans un monde que n’aurait pas renié Kafka… ou Ubu, c’est selon !…
J’ai plongé dans une sorte de voyage en Absurdie, avec ses courbettes imposées, ses coupures d’électricité, ses visites –quasi obligatoires- dans les musées du régime en place, ses moments de résignation de la part de la population… mais aussi ses quelques rares accès de rébellion.
J’ai voyagé dans une satire assez féroce où l’auteur n’a pas eu besoin de « grossir le trait » pour nous monter une des dictatures des plus caricaturales ; un monde étrange décrit avec humour (acerbe) ainsi qu’une vraie finesse.
Delisle n’entend pas nous faire une quelconque leçon, mais ce qu’il nous montre –comme une sorte de journaliste engagé- représente quand même quelque chose d’insensé contre lequel le système occidental devrait agir… à défaut de méditer par de sempiternelles palabres.

Doña Hermine :Un bon moment de lecture ! Note de l'album : 3,50
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13 3 2007
   

Passionnant. C’est un gros pavé, d’aspect assez ingrat, de prime abord, mais ça se lit étonnamment bien. Il faut dire que le sujet s’y prête. Assez peu de choses filtrent de ce pays, parmi les plus fermés du monde, aussi, j’étais assez avide d’informations sur la Corée du nord et le quotidien de ses habitants.
Et pour une fois, j’ai fait totalement abstraction du dessin, assez quelconque, il faut bien le dire.
J’ai aimé découvrir un peu ce pays, les aberrations de son système politique, l’ampleur du désastre humain, pour le peu qu’on en perçoit.

Par contre, le regard assez détaché et souvent même, un peu goguenard, que pose sur lui Delisle, m’a gênée. Je conçois que devant le grotesque et l’absurde de certaines situations, le mieux soit d’en rire, mais quand même, ce dont lui semble parfois s’amuser, genre “on va jamais me croire, quand je vais raconter ça, au retour ...” constitue le quotidien terrifiant de millions de personnes, dont la vie est quasiment confisquée. J’ai l’impression de l’avoir plus ressenti que lui, ce qui est un comble.
Ceci dit, je le remercie pour son témoignage, et même si j’en perçois les limites, pas uniquement dues à son regard particulier d’ailleurs, mais aussi au terrifiant contrôle social dont les Nord-Corréens sont à la fois les victimes et les acteurs, j’ai dévoré goulûment ce gros one-shot .

24 11 2005
   

Le moins qu'on puisse dire de cette BD, c'est qu'elle est instructive. Mais au-delà de ça, Guy Delisle a une manière de raconter vraiment prenante et amusante. La première partie de cet album m'a non seulement franchement intéressé mais en plus l'auteur m'a fait rire par la façon dont il présente son voyage, ses anecdotes, ses petits jeux dans la BD, etc... Le dessin n'a rien d'exceptionnel (le côté noirci au crayon à papier lors des scènes de nuit m'a même légèrement gêné en me donnant l'impression de lire un cahier de texte décoré) mais il est très lisible, et très sympathique sur la longueur.
Et donc non seulement on en apprend énormément sur ce pays aussi fermé qu'est la Corée du Nord, ses habitants, son mode de vie, la vision qu'en a un visiteur étranger, etc... mais en plus on passe un très agréable moment à lire ce carnet de voyage de Guy Delisle.
Seul petit défaut que je verrais, c'est que la seconde moitié de ce gros album est un peu moins drôle et passionante à mon goût que la première partie. Ca continue à être très instructif mais il est possible que l'auteur se soit un peu lassé sur la longueur, ce qui implique que je me suis senti un tout petit peu moins plongé dans la lecture lors des quelques 70 dernières pages... ou alors ça venait de ma fatigue grandissante ?
Quoiqu'il en soit, je suis sorti de cette lecture ravi, ravi d'en avoir appris autant mais aussi d'avoir passé un aussi bon moment de lecture grâce à la narration très sympathique de Guy Delisle.

18 1 2005
   

Comment montrer l'absurdité du régime communiste de la Corée du Nord. Une prof à moi, balunga et lezard, nous avait passer cet album dont l'auteur ne me disait rien - comme tout le monde d'ailleur - l'année dernière et je dois dire que je l'ai dévoré

Le début commence comme un début, c'est-à-dire à l'aéroport où l'auteur reçoit un présent floral (hum c'est joli !!!) qu'il doit, accompagné de son guide et de son traducteur, déposer au pied d'une statue à l'effigie du père de la nation, Kimi Zung (ou ki mil szung, m'enfin je sais plus moi, kkmiilzumllj…). Autant vous dire que dès le début on a l'ambiance.
Cet album montre la réalité, le quotidien des Coréen et, c'est affreux ce que je vais dire mais il se trouve que parfois, c'est très drôles. Cependant, on rigole, on rigole mais Delisle ne nous fait jamais oublier le régime totalitaire qui régne… Ainsi c'est un album à la foi marrant et très triste. En fait si on arrivait à se voir en lisant, on s'appercevrait que l'on ferait des grimaces, une, parce-que l'on rit, l'autre, parce-qu'on a pitié ! En tout cas c'est une histoire très passionante
Niveau graphisme, la facture de Delisle est en véritable corrélation avec l'absurdité qui trône dans cet album.

Bref, on fini l'album et on se déjà, c'est tout - malgrè sa longueur (c'est du gros !)… à découvrir, vraiment !

27 9 2004
   

Suite en quelque sorte de Shenzhen, l'auteur continue de nous raconter ses expériences asiatiques.
Après la solitude et les difficultés de communication que rencontre Guy Delisle dans le premier ouvrage, on assiste cette fois-ci à une expérience plus en groupe. Tout d'abord l'auteur ne se sépare jamais de son traducteur et de son "guide", et puis il y rencontre pas mal d'occidentaux.
Moins fragile que Shenzhen, Pyongyang est davantage un témoignage sur la dictature en Corée du Nord. L'ouvrage est très intéressant ne serait-ce que pour ça. L'auteur sait conter ses expériences et les étrangetés du régime sans jamais prendre parti. Il narre la situation et nous laisse nous forger notre propore jugement. Et ça c'est très agréable.
Une grande BD (même si j'ai une petite préférence pour Shenzhen que je trouve plus à fleur de peau).

18 8 2004
   

L’auteur nous raconte dans cet album son séjour en Corée du Nord, pays communiste totalitaire et dictatorial.

A travers le récit de son séjour, Delisle nous montre les absurdités de ce régime avec beaucoup d’humour. C’est donc très drôle et très bien narré ce qui rend la lecture passionnante. Contrairement à Shenzhen, l’auteur rencontre beaucoup plus d’occidentaux avec qui il peut alors discuter, se promener… Il y a un passage où il est avec David, un français qu’il connaît bien, avec qui il va reprendre la chanson de capitaine Flam qui m’a fait beaucoup rire. Et on parcours ainsi Pyongyang, on visite les monuments de la ville et de ses environs sous l’œil de Delisle. C’est génial.

Le dessin est très agréable, très fluide. On retrouve comme dans Shenzhen le côté animateur de Delisle. Le personnage qu’il utilise pour se représenter est simple mais en quelques traits, il lui donne vie sous nos yeux et on a l’impression qu’il va se mettre à marcher de case en case sur notre livre ouvert et nous faire coucou d’un signe de la main. Le découpage est simple et convient tout à fait au récit. Bref, un régal pour les yeux également.

Donc, cet album est un vrai délice à lire. Je vous le conseille vivement.

16 8 2004
   

Un très bon album, en effet. Après Shenzhen, l'auteur part diriger une équipe d'animateurs de Corée du Nord, et nous fait découvrir par l'intermédiaire de ce carnet de voyage l'univers très particulier de ce pays privé de bien des droits...

La narration est géniale. Delisle, comme d'autres auteurs du même éditeur, a cette force lui permettant de rendre tout sujet complètement fascinant, en dépit de son aspect banal et commun.
On découvre petit à petit ce monde que l'on imagine à peine, cette pauvreté latente, et ce lavage de cerveau à l'échelle nationale que subissent les Nord-Coréens.

Mais ce voyage, qui semble avoir parfois profondemment boulverser l'auteur, ces deux mois qui lui ont paru interminables, Guy Delisle nous le présente avec un humour tel que la lecture en devient géniale, fluide, agréable. Pourtant, PyongYang est un sacré pavé. Oui, mais un pavé qui se lit aussi simplement que Blankets pour moi, à l'époque.

Le dessin, dans son genre, est particulièrement maîtrisé, et ajoute beaucoup au côté parfois comique des situations.

Tristesse, peine, joie, rire, vous connaitrez bien des émotions à la lecture de ce petit bijou. Indispensable, tout simplement.