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Putain d'usine
 

Putain d'usine

 
 

Résumé

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avis bd

Planche de Putain d'usineBien sombre, cet album-là. Et en même temps, profondément chargé d'espoir, ce qui le rend encore plus déstabilisant..

En tout cas, on retrouve ici un Efix tel qu'on ne l'a jamais lu avant. Bien sûr, son trait et son traitement graphique est reconnaissable entre tous, d'autant plus en noir et blanc. Noir et blanc qui convient d'ailleurs très bien à cette histoire, cette tranche de vie brutale et obscure.

Le scénario quant à lui est représenté par une suite de courtes histoires symbolisant autant d'anecdotes de Jean-Pierre Lavaray. Pour info, Jean-Pierre Levaray est ouvrier dans une usine de produits chimiques. En tant qu'écrivain, il a déjà écrit de nombreux récits dont "Putain d'usine", ici "traduite" en BD par Efix. C'est donc en connaissance de cause qu'il a rédigé tout cela..
Et c'est pourquoi une sorte de rage sourde semble enrober l'album entier... une haine contre une société qui ne lui fait pas de cadeau... une haine au point même d'être aveuglé et de distinguer le monde du travail selon 3 groupes bien distincts :

- Les patrons
- Les métiers diplômés (Ingénieurs, Architectes)
- Les salariés

Et c'est là que je trouve le discours un peu léger. On comprend vite que les métiers diplômés gagnent tout son respect, mais Jean-Pierre Levaray semble noyer le terme salarié dans le terme ouvrier, et ce jusqu'à déclarer que mieux vaut ne rien faire plutôt que de travailler salarié. mais il n'en a pas la force, et on comprend très bien pourquoi à la lecture de cet album..

N'ayant jamais connu l'usine (ou presque), je ne peux pas avoir une vision aussi tranchée sur le travail salarié. Je trouve juste que certains amalgames existent dans cet album...

Mais "Putain d'usine" reste un album coup de poing, une véritable prise de conscience pour moi.
Et en celà, il mérite toute votre attention.


Chronique rédigée par Piehr le 07/01/2008
 
 
Avis de :Un bon moment de lecture ! Note de l'album : 3,50
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 3,50 Note générale
  • Originalité : 3,50 Originalité
  • Scénario : 3,50 Scénario
  • Dessin : 3,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.88
Dépôt légal : Septembre 2007

Avis des lecteurs

4 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Putain d'usine, lui attribuant une note moyenne de 3,88/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

17 7 2008
   

Je ne sais trop comment se situer par rapport au contenu de cette BD.
Etant ingénieur, je suis sensé être plutôt classé parmi les cadres et donc voir ici l'aspect "de l'autre côté de la lutte des classes".
Mais en même temps, ce qui est dit dans cet album m'a vraiment touché et paru similaire à ma propre vie professionnelle par bien des aspects. Le ras-le-bol, l'ambiance qui devient délétère, l'envie de tout plaquer, les patrons qu'on se met à haïr par leur aspect si éloigné du terrain, cette flemme ou cette peur qui font que finalement vous restez dans le train-train même si ça ne vous plait pas. Tout cela, je le ressens régulièrement (et encore c'est pire dans ma boîte puisqu'on ne fait même plus les apéros maintenant que nos services ont été explosés à coup de réorganisations ;)).
A cela s'ajoutent les conditions vraiment particulières de cette putain d'usine qui est décrite ici : le véritable danger de mort rôdant à chaque instant, les anecdotes mettant en jeu la vie des employés, etc.
Bref, c'est une BD qui m'a vraiment intéressé et qui a su me toucher par bien des aspects. Elle aborde avec un véritable succès les aspects les plus sombres de la vie professionnelle d'une grande catégorie de personnes. Alors même que le scénariste est militant CGT, j'ai trouvé son récit très impartial, se bornant à raconter des faits et des anecdotes sans pousser au militantisme forcené qui a su m'agacer dans d'autres ouvrages du même genre.

Le dessin est bon, voire très bon. Son style a cependant parfois un peu de mal à se prêter à ce genre de récit, car il me fait plus penser à du style comique ce qui tranche avec l'ambiance. Il impose d'ailleurs à plusieurs moments aux personnages des expressions faciales que j'ai trouvées un peu trop soutenues.
Mais finalement, peut-être est-ce le contraste entre l'ambiance sombre du récit et ce style de dessin tout en rondeur et dynamisme qui font l'une des forces de cette BD, ou qui la font sortir d'un lot qui aurait pu être nettement plus morne graphiquement parlant.

Bref, une bonne lecture, touchante et très instructive.

16 7 2008
   

Les gens qui se plaignent constamment, que ce soit concernant leur boulot, leur femme ou leur belle-mère (quoi que pour la belle-mère :) …) : ça m’énerve ! Pourtant cette adaptation du roman de Jean-Pierre Levaray (chez l'Insomniaque), qui aborde les conditions de travail des ouvriers d’usines, livre un témoignage intéressant.

C’est sur un ton autobiographique que le scénariste y décrit son quotidien d’ouvrier dans une usine pétrolière. Si, à l’aide de nombreuses anecdotes, il parvient à mettre le doigt sur certains dangers et aspects négatifs de la gestion des usines et de leurs employés au sein d’un monde gérer par le profit, j’ai trouvé cela tout de même trop subjectif par moments. A force d’accentuer les aspects négatifs (grèves, accidents, licenciements, salaires trop bas, patrons trop éloignés du terrain, boulots monotones, etc) et d’omettre sciemment les points positifs, l’auteur finit par donner l’impression d’exagérer, et cela, même si les histoires qu’il relate semblent très sincères. A la fin de l’album j’avais un peu la même impression qu’à la fin du journal télévisé : cette impression de n’avoir reçu que les mauvaises nouvelles. OK, tous les faits sont véridiques, voire intéressants, mais n’y a-t-il franchement pas moyen de trouver quelques anecdotes plus joyeuses à partager ?

Bref, j’ai trouvé cette œuvre très intéressante, mais également trop sombre, trop pessimiste. Le graphisme noir et blanc d’Efix colle d’ailleurs parfaitement à cette ambiance sombre.

1 2 2008
   

L’usine est un monde que je connais, j’ai bossé dans un usine pétrochimique classer Seveso 2 (copie presque conforme d’AZF) pendant quelques temps. Autant dire que l’ouvrage me parle. C’est sans avoir lu le bouquin et sans connaitre le documentaire que je me suis jeté dans cet album.

L’univers si particulier qui règne dans ces usines est parfaitement retranscrit, autant par les textes que par le dessin. Le texte d’abord et d’une simplicité et d’une banalité qui touche forcement. Il en ressort beaucoup de poésie, même si le récit est très sombre, assez pessimiste, il retranscrit bien l’état d’esprit dans lequel sont la plupart des salariés. Aucun tabou n’est écarté, les sujets comme la mort, la dépression, l’alcool, la drogue sont tous abordés. L’auteur a su garder une distance qui lui permet de critiquer le système dans son ensemble, les actionnaires, les patrons mais aussi les salariés.

L’auteur à tous de même eu le défaut, à mon sens, de trop vouloir noircir le tableau, notamment sur les accidents de travail. S’il est vrai qu’ils ont été, et sont encore, fréquent j’ai trouvé le point de vu de l’auteur un poil excessif.

Le traitement graphique de cette bande dessiné est remarquable. Elfix change de technique pour chaque nouvelle selon le sujet, et c’est très efficace. J’ai découvert ce dessinateur avec cet album et je suis séduit.

A noter l’interview de l’auteur et du dessinateur à la fin de l’œuvre qui permet d’apprécier au mieux le travail permettant la réalisation de ce type d’ouvrage. Une œuvre militante que je conseille à tous.