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Chaque amateur de Bd sait à quel point l’École italienne est riche, avec ses fumetti, leur tradition populaire et les genres visés. De l'érotique au fantastique, du western au polar, il y en a pour tous les goûts. Sans même parler des auteurs, dont certains sont devenus des super-stars du 9ième art...
Ici, on nage dans les eaux troubles du polar noir, et pur jus s'il vous plaît, à la manière des expresso italiens : très serrés, à l'arôme puissant, aux vertus vivifiantes et qui appellent, sitôt consommés, à y revenir bientôt.
Il ne faut en effet pas 10 pages pour être complètement happé par l'ambiance de cette terrible première scène, une exécution de sang-froid. Comme la seconde scène est le stéréotype parfait du privé blasé qui reçoit une cliente à la subjuguante beauté, on se dit que Diego Cajelli maîtrise parfaitement les codes du genre.
Et ce n'est pas le reste de l'histoire qui le démentira. Rebondissements, trahisons, personnages épiques, tout y est. Du flic intègre à l'officier schizo, de la petite frappe au maffieux accompli, en passant par les femmes fatales (victimes ou mantes religieuses), et bien sûr beaucoup de billets verts, ce "Pulp stories" porte parfaitement son titre.
A défaut d'une grande originalité, il s'avère particulièrement efficace.
A ces qualités s'ajoutent celle du trait parfaitement équilibré de Luca Rossi. Là aussi, son travail est un exemple de classicisme et de sobriété. Tout est juste, bien posé, d'une grande lisibilité. Comme un orfèvre, il s'amuse des ombres et lumières et propose une galerie de portraits saisissants, glissant au passage quelques procédés étonnants.
Bref, c'est une remarquable production transalpine, mais qu'on se s'y trompe pas, on tient entre les mains l'héritage du comics policier. Et tous ceux qui en sont fans y trouveront leur compte !