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Polina
 

Polina

 
 
 

Résumé

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Planche de PolinaQuelque part en Russie, une petite fille de six ans s’apprête à passer une audition dans une école de danse prestigieuse. Malgré un manque de souplesse, Polina Oulinov obtient tout de même le droit d’intégrer la célèbre académie du professeur Bojinski. Imposant la crainte et le respect, ce dernier ne laisse d’ailleurs que peu de doutes quant à la méthode qu’il compte utiliser pour les transformer en danseuses étoiles : « La danse est un art, il ne s'apprend pas. Il faut l'avoir dans le sang. Ensuite, il faut travailler. Et avec moi, vous allez travailler tous les jours et croyez-moi, il va falloir vous accrocher ». Vite repérée par le maître, la jeune surdouée entame dès à présent une formation spartiate qui devra l’emmener vers les sommets de la danse classique.

Passer de "Pour l'empire" à un récit sur le ballet est une pirouette artistique qui en ferait trébucher plus d'un. Bastien Vivès, étoile montante et grand fidèle du label KST? de Casterman ("Le Goût du chlore", "Elle(s)" ou "Hollywood Jan"), s’en sort cependant avec brio. L’auteur invite à suivre l’émancipation artistique et personnelle d’une danseuse russe en devenir. Etalé sur une vingtaine d’années, le parcours initiatique de Polina (librement inspirée de la danseuse Polina Semionova) est parsemé d’embûches et d’émotions. Dans les coulisses d’un monde fait de rigueur, d’espoirs et de souffrances, Vivès explore les préoccupations, les choix et les passions de cette artiste en devenir. À travers la danse, il s’aventure sur les chemins de la création et propose sa vision de l’art et de son apprentissage. Au cœur d’un récit tout en mouvement, il développe une relation empreinte de respect entre la disciple et son maître. Alors que l’élève gagne en maturité au fil des pages, le mentor, lui, au détour d'une phrase ou d'une remarque, parvient à raviver la flamme artistique, à insuffler le feu et à provoquer ce déclic qui fait progresser au-delà du talent.

Le ballet graphique proposé par l’auteur semble d’ailleurs faire écho aux paroles éclairées du professeur Bojinski : « Les gens ne doivent rien voir d’autre que l’émotion que vous devez faire passer. Retenez bien ça, Polina. Si vous ne leur montrez pas la grâce et la légèreté, ils ne verront que l’effort et la difficulté. ». Usant d’un dessin noir et blanc, rehaussé de gris, et d’un trait qui épouse la grâce des ballerines russes, il donne vie à des protagonistes qui allient souplesse et esthétisme. Délaissant tutus et autres fioritures, il propose une mise en scène efficace et élégante, qui véhicule parfaitement la sensibilité du récit et des personnages.

Arrivé à la fin du spectacle chorégraphique, ce n'est pas une ovation qui retentit, non… pas directement, car il y a d'abord ce moment de silence qui s’accapare de la salle lorsque l'art laisse sans voix !


Chronique rédigée par yvan le 21/04/2011
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 5,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.33
Dépôt légal : Mars 2011

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Polina, lui attribuant une note moyenne de 4,33/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

25 11 2012
   

Un an et demi après sa sortie, je lis enfin cet album de Bastien Vivès qui avait fait grand bruit dans le monde de la BD.

Pourtant amateur de ce style, finalement, à part "Le goût du chlore", je n'ai pas lu tant que ça de romans graphiques de Vivès (alors qu'il est réputé dans ce genre). Mais par exemple "Pour l'empire" (qui est très différent) m'a bien plu.

Et bien c'est pas mal du tout (j'ai trouvé ça plus passionnant à suivre que "Le goût du chlore" car le scénario est plus dense). Il faut dire que, comme, beaucoup, je reconnais moi aussi un talent graphique très poussé et une aisance narrative évidente à Bastien Vivès. En effet, j'aime son trait lâché. Malheureusement, même si je l'apprécie, je trouve dommage que maintenant qu'il a en quelque sorte fait ses "preuves" auprès des lecteurs, et des éditeurs (de part son succès en terme de ventes), il néglige plus les détails qu'avant (du moins que dans "Le ogût du chlore") ce que j'assimile à du travail un peu bâclé, c'est dommage. Mais bon, je trouve son style agréable, la narration est très bonne (et je suis impressionné de voir la jolie Polina changer à des âges différents, Vivès réussit vraiment à vieillir son personnage d'une façon naturelle tout en la laissant reconnaissable).

Le scénario est plutôt agréable à lire, avec une fin assez émouvante. Cependant, il n'est pas parfait non plus, vers le milieu de l'album, une pointe d'ennui c'est fait sentir. Néanmoins, certains passages sont vraiment passionnants, et pourtant, vu comment l'art qu'est la danse ne me fait ni chaud ni froid, ce n'était pas gagné pour que je sois conquit (mais bon, je ne suis pas complétement fermé non plus, j'avais par exemple apprécié le film "Black Swan", même si le film a l’avantage par rapport à la BD la possibilité d'entendre la musique pour qui est mélomane).

Bref, un album agréable à lire, avec des personnages bien construits. Vivès est toujours aussi prometteur, même si pour moi, il faut qu'il travaille plus son dessin (on connaît le résultat lorsqu'il s'applique ; c'est magnifique) et son scénario.
Une BD qui m'a un peu fait penser à "L'encre du passé", la poésie en moins.

4 3 2012
   

Bastien Vivès n'a pas trente ans. Il a pourtant su s'imposer, depuis plusieurs années, comme un auteur à suivre, avec "Elle(s)", "Le goût du chlore" ou "Dans mes yeux" - autant d'ouvrages originaux qui témoignaient d'un potentiel créatif évident. "Pour l'empire", réalisé avec Merwan à partir de 2010, était déjà une montée en puissance. Avec "Polina", on oserait presque dire que l'auteur atteint le sommet de son art. Sauf qu'à 28 ans, on va plutôt parler de talent d'une précocité ahurissante et qu'on attend déjà avec impatience de lire les productions futures.

Restons au présent. "Polina" est un roman graphique très réussi. Empli de grâce, de sensibilité, d'intelligence. Bastien Vivès assurant le scénario comme le dessin, l'osmose est parfaite entre les non-dits et leur expression visuelle, entre les stylisations graphiques et les mots chargés de sens. Vivès ne dessine pas tous ses visages de la même manière : ils sont détaillés quand l'expressivité l'exige, minimalistes quand ils s'inscrivent dans une atmosphère qui les dépasse. Avec une stupéfiante maîtrise de la bande dessinée, l'auteur mobilise diverses possibilités du neuvième art pour servir son récit sur plus de 200 pages.

Que vous soyez attiré ou pas par la danse n'a aucune espèce d'importance. "Polina" s'adresse à l'intelligence et à l'humanité de chacun, dans une histoire d'une fluidité exemplaire qui saura toucher des publics très variés. Comme toutes les oeuvres qui comptent.

Lisez "Polina" et vous comprendrez aisément que l'équipe de CoinBD l'ait retenu comme un des meilleurs albums parus en 2011.