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Période Glaciaire
 

Période Glaciaire

 
 

Résumé

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avis bd

Planche de Période GlaciaireBon, et bien on va commencer par l'album, enfin son apparence.
Mon dieu que c'est beau, magnifique, et un touché super agréable…houlala, ça promet à l'interieur…
Maintenant, j'arrête de jubiler et j'écris mon avis, qui, je vous préviens tout de suite, fera en sorte que vous comprennez que j'ai adoré cet album ! Et bien plus que ça.

Ce magnifique nouvel album du talenteux Nicolas de Crecy, "Période Glaciaire" nous entraine avec des explorateur du futur à la recherche d'une société disparue, à cause d'une ère hivernale extrème, sous une grosse couche de neige ! Visiblement cette période subite de froid et de neige est arrivée de nos jours sur le continent européen (surnommé "euro" à cause de la trouvaille d'une piéce de 2 euros). Ces explorateurs, aidés de 3 chiens, dont Hulk et Spiderman (ils furent appelés ainsi car leur maître pense qu'à notre époque ces personnages étaient des Dieux !). Chiens obèses pouvant parler car génétiquement modifiés …
Leur expédition les ménera jusque dans le Louvre. C'est ainsi, qu'à l'aide des tableaux, ils vont déchiffrer notre histoire, et c'est à ce moment là que le scénario s'éxite.
Les explorateurs imaginent que nous ne connaissions pas l'écritures, et que l'on s'exprimait à travers les tableaux qu'ils pensent être fait par des machines, tellement les peintures paraissent réalistes. Donc autant vous dire que notre histoire est revue et merveilleusement corrigée.
De son côté, Hulk s'est perdu, et se retrouve parmis les œuvres antiques et historiques qui lui raconte ce qu'il s'est passé réellement ici et que leur avenir est compromis, le Louvre risquant de s'éfondrer à un moment ou à un autre !
Bref, le scénario est merveilleux, passionnant et délirant comme le sait très bien le faire De Crecy. Merci à lui !
Cette histoire sensationnelle - je ne le dirais jamais assez ! - est soutenue par la touche très originale et esthétique de De Crecy. Une facture qui laisse volontairement apparaitre le griffonage et qui donne de très belles vignettes…
Cet album est une authentique observation sur le monde artistique, historique et le monde des humains. Un véritable affrontement graphique car les Œuvres citées apparaissent et s'intégrent dans le dessin. Une réflexion amusante qui méle les représentations d'un artiste (entre autre celle d'Eugéne Delacroix, considéré par les explorateurs comme un etablissement, les Établissements Delacroix. Car la signature de l'artiste est E. Delacroix !) à la réalité passée. Au final, l'histoire devient totalement fantastique et les Œuvres prennent vie.

Bref, un très bel album où la philosophie devient amusante, légère et agréable…
chapeau quoi !


Chronique rédigée par c-drik le 26/10/2005
 
 
Statistiques posteur :
  • 110 (87,30 %)
  • 16 (12,70 %)
  • Total : 126 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 5,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.54
Dépôt légal : Octobre 2005

Avis des lecteurs

14 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Période Glaciaire, lui attribuant une note moyenne de 3,54/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

16 7 2017
   

L’idée de cet album part d’une bonne intention : notre Paris contemporain est soius la glace depuis un millénaire et les archéologues de ce futur font une expédition pour découvrir notre mode de vie. L’idée intéressante, c’est que ces archéologues « tombent » sur le musée du Louvre et tentent donc d’interpréter les images qui y sont présentes pour en déduire notre mode de vie actuelle. Mais comme les œuvres du Louvre ont été produites sur plusieurs siècles, et que l’on tente de les interpréter comme faisant partie d’une seule et même unité de temps, forcément, un certain décalage s’installe. Ainsi, comme beaucoup de tableaux représentent des nus, nos archéologues en déduisent que le Louvre était en fait une maison des plaisirs, nommé les Etablissements Delacroix, compte tenu du nombre de tableau « estampillés » E.Delacroix. La chronologie des œuvres du Louvre est bouleversée, les tableaux représentants des lieux différents sont mélangés pour créer une seule ville aux yeux des archéologues, tandis que les figures allégoriques sont incomprises : en voyant tous ces anges, les archéologues en déduisent que nous savons voler par nos propres moyens. L’idée de tordre le cou à la réalité historique pour qu’elle corresponde à ces experts du futur est un angle d’attaque intéressant qui crée une vision décalée de notre monde. Au-delà, on pourra y voir une critique de tous ces experts en archéologie qui crée de théorie sur les vestige du passé pour servir leur propre ambition de publier un théorie sérieuse et accéder ainsi, eux-aussi, à une forme d’immortalité.

Si l’idée est intéressante, beaucoup d’éléments m’ont semblé nettement moins bons. Si beaucoup s’extasient sur le dessin, je le trouve quant à moi triste, lourd, peu précis, et ne rendant pas forcément hommage à la luminosité des œuvres du Louvre. Cela me semble brouillon, très sombre, sans détail, sauf lorsqu’il s’agit de reproduire les œuvres elles-mêmes. Mais les personnages et environnements sont faits à la va-vite me semble-t-il. Par ailleurs, les personnages n’ont aucun charisme et on n’arrive pas à se fixer sur tel ou tel. Finalement, il n’y a que Hulk qui s’en sorte à peu près là-dedans. Enfin, au-delà de l’aspect « anticipation », on introduit, sans aucune justification valable, une large part de surnaturel, les œuvres devenant douées de paroles pour être les témoins de leur propre histoire. Un surnaturel qui frise avec la religion en toute fin de récit.

Une fin de récit, d’ailleurs, qui n’en est pas vraiment une et finalement on referme l’album en se disant que l’album a proposé un concept original mais n’a pas su construire une histoire autour, rendant l’ensemble parfois lourd.

3 9 2014
   

Une bande-dessinée superbe, de par sa forme comme bien souvent avec De CRECY mais aussi comme à son habitude je trouve ses fins de scénar' un peu "à-la-va-vite" et c'est toujours un départ vers un "ailleurs" (v."Le bibendum céleste", "Léon la came"). Les dernières planches sont toujours un départ, cadré en plans larges, "bye-bye"...
Et parfois j'ai espéré une fin différente qu'à ses habitudes pour moins ressentir le côté bâclé.
Les dessins sont superbes, comme toujours en couleur et tracés, les pages ont un grammage des plus agréables (peut-être proche d'un papier aquarelles) les repro' des oeuvres du Louvre sont nickel et pertinentes. L'histoire est passionnante : cette idée d'une France submergée de glace tel B.WILLIS sortant de sa prison dans "L'ARMEE des 12 SINGES" de Guilliam ou encore autre clin d'oeil au mythique BD "Transperceneige".
Donc dans un tel cadre les explorateurs vont découvrir l'Histoire de l'art européen (et autre) et en fournir une explication tout à fait étonnante et riche de réflexion. MAIS OUALA !! Patatras les personnages ne sont pas assez fouillés, leur contours sont superficiels, leur histoire, leur buts sont survolés dans cette BD qui manifestement aurait du contenir le double de planches pour offrir un récit dense, fouillé, solide et en profondeur et notamment pour ses personnages. LE Père de "Madame" qui est visionnaire de génie (et qui finance l'expédition) aurait mérité être développé, cette sorte de jalousie de Grégor pour Joseph d'ou vient-elle ? Pourquoi ? Dommage...je note "Très bien" et refuse l'appellation de Chef d'Oeuvre. Le scénar est trop léger même si l'objet est magnifique dans la forme le fond n'y est pas tant que ça...
A lire c'est indéniable...indispensable dans vos étagères ? ça l'est moins je pense...
Je l'ai lu comme une BD publicitaire au Musée du LOUVRE, une négociation commerciale entre futuropolis et Le Louvre Editions et quelques auteurs, pas plus convaincu que cela par "Période Glacière".

2 6 2013
   

Voici un album très sympa qui m'a fait veillé jusqu'à tard le soir pour Savoir le dénouement..

"Période Glaciaire", c'est d'abord un graphisme... Celui de Nicolas de Crécy qui est vraiment très joli (je crois que c'est le premier album de De Crécy que je lis). Son trait est reposant, harmonieux, agréable, doux, mais en même temps légèrement confus et hésitant et aussi hachuré : c'est une très belle BD.

En plus, comme le récit est plutôt bon (comme, jusqu'à maintenant, tout ce que j'ai pu lire venant de la collection "Louvre"), il ne faut pas bouder son plaisir.

En effet, si l'histoire est prenante, drôle (très, très drôle) et un peu touchante, pourquoi est-ce que je ne mets que 3.5/5 ?
Parce que j'ai trouvé la conclusion de l'album un peu décevante (si ce n'est bâclée) ce qui est franchement dommage, mais ça n'enlève rien au plaisir que j'ai pris à lire l'album...
Bef, une bonne BD qui pose des questions intéressantes sur l'art !

3 2 2007
   

L’idée du scénario est plutôt bien trouvée. Imaginer notre monde des années plus tard , enseveli sous la glace, et des archéologues qui découvrent des dessins dans un bâtiment qui émerge des glaces, et qui cherchent à interpréter la vie de l’époque par rapport à ces dessins. Mettre en plus en avant tous les tableaux du Louvre était original.
Mais franchement, c’est désolant. Le dessin est triste, simplement crayonné, peu précis dans les formes, impersonnel. Les personnages, ont une personnalité, mais en même temps ils n’émergent jamais. En lisant cette histoire, je n’ai rien ressenti et même je me suis ennuyé, au point que je me suis forcé à aller jusqu’au bout. Pourtant les dialogues sont assez pertinents, mais je trouve que c’est trop littéraire et finalement trop sérieux.
Alors, je m’aperçois que je ne suis pas en osmose avec tous les avis sur cet album, mais tant pis, je n’ai pas aimé ce graphisme triste et blafard.
Evidemment, montrer des œuvres du Louvre est certes agréable, mais je préfère alors les voir mieux, soit en photos ou en vrai. Ensuite extrapoler sur le niveau intellectuel et les moyens d’expression utilisés par les créateurs de ces œuvres est certes amusant, mais cela ne crée pas franchement d’intrigues ou de mystères et j’ai trouvé cela rapidement ennuyeux. Bien sur, il y a de l’humour un peu, mais bon voila. La fin est étrange et très brusque, comme si l’auteur n’avait plus su comment se sortir de ce récit.
Le travail est là et mérite bien sur une note, mais franchement je ne suis pas fan.

30 9 2006
   

Fantastique BD ! On se retrouve transportés dans un futur où le continent européen est glacé avec des explorateurs débordant d'imagination. Ainsi, on nous emmène au Louvre avec ses inombrables oeuvres d'arts (Le Singe Peintre de Chardin ; Vénus, l’Hymen et l’amour de Prud’hon ; le Déluge de Carracci …etc). On s'amuse à observer ces chercheurs qui essaient de trouver une explication fictive pour chaque indice retrouvé. Ainsi, le logo "Droit au But"de l'OM est une symbolique philosophique d'un but à atteindre. D'ailleurs, en découvrant des graffitis, ils pensent à des représentations religieuses. Lorsqu'ils se trouvent au Louvre, d'inombrables histoires sont imaginés par ces explorateurs. Comme quoi, leurs ancêtre n'auraient pas l'utilisation du langage par le "parler" mais par le "dessin" et qu'ils se serait fait envahir par un cataclysme démoniaque... Ceci me fait penser aux archéologues qui inventent des théories sur plusieurs civilisations, alors qu'ils se trompent peut-être.

L'histoire set donc très bien ficelée avec une touche d'humour, d'amour, et de surréalisme. Et puis on se régale à découvrir des planches couvertes d'inombrables aquarelles toutes plus belles les unes que les autres.

Je ne vois dc aucun pt noir dans cet album, à part peut-être une fin trop légère et surnaturelle qui nous laisse un peu sur notre faim.

Mais cela n'en reste pas moins un chef d'oeuvre qui nous fait découvrir les inombrables trésors du Louvre ...

Jacques :Une BD sans intérêt ! Note de l'album : 1,00
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11 9 2006
   

Le dessin est attendu, sans surprise: bien, comme d'habitude.
Le récit est bien mené, mais :
fallait-il un récit ?

Mais surtout : quelles questions sont-ici posées ? Finalement pas beaucoup, et surtout pas les bonnes. Ce livre, qui était sensé relativiser la grandeur occidentale et les valeurs de notre société, ne fait en fait que les enterriner une bonne fois pour toute. On s'amuse des folles spéculations de ces historiens du futurs... c'est drôle, parce que c'est absurde, c'est drole, et ça nous fait rire, parce que nous on sait de quoi il en retourne, et après la lecture de ce livre on le sait d'autant mieux. Mais tout ça n'est que du vent. On ne sait rien, on ne saura jamais rien, on n'est pas mieux que ces historiens. Ce livre est vicieux : sous couvert de relativisme culturel, il impose le dogme, incontournable. Le dogme au service du Louvre : institution, fumisterie, main-mise étatique, impérialisme spirituel, valeurs nauséabondes, triomphe de l'Occident décadent, histoire figée, révisionnisme historique, relent de colonialisme, société sclérosée, bourgeoisie omnisciente.

Oui, sans détours, je préfère le De Crécy de Monsieur Fruit.

10 9 2006
   

Pfft! Fondamental. Incroyable, surprenant, créatif. Fermez le ban.

Cet ouvrage est peut être ce que j'ai lu de plus subtil cette année, et je ne suis pas étonné de ses consécrations.
Et pourtant, j'avais du mal jusqu'alors à lire De Crécy, ses dessins ne me touchant guère, ses histoires me semblant un tantinet hermétiques.

Et bien, cette commande des musées nationaux, du Louvre en particulier, a provoqué ce livre, original, important, artistique et profond.
L'histoire est profonde et emplie de sens, et ce cochon-chien de héros m'a plu au plus haut fait.
Je me dis que les prochains auteurs concernés par ces commandes devront s'accrocher pour produire quelque chose d'aussi porteur, d'une qualité approchante. Pourvu que toute la série soit au diapason !

On trouve des couleurs osées, des oeuvres dépeintes, des sculptures avec vie, des vases qui racontent, des codes perdus et des traces archéologiques. Et les dessins vont avec les oeuvres évoquées, complètent les travaux d'artistes.

Notre civilisation ? Une autre ? Les tentatives de trouvailles, de recomposition, sont tout le temps réfléchies, et ce livre avec. Merci. Super !

21 5 2006
   

Eh bien moi je le trouve original et intéressant cet album. Le Louvre est une institution que l'on imagine pesante, engoncée dans un mépris crasse envers les arts mineurs. Cet album prouve le contraire, même s'il s'agit d'une oeuvre de commande, grâce au talent de conteur de Nicolas de Crécy. Ainsi, je me suis demandé comment il allait amener la découverte du musée, et le façon dont les choses vont se dérouler une fois dedans. C'est plutôt bien amené, l'idée de faire parler les oeuvres d'art n'est certes pas neuve, mais elle échappe -selon moi- à pas mal de clichés. Alors bien sûr, on peut râler sur les pages constituées par des oeuvres d'art, mais leur présence se justifie à mes yeux.
Bien sûr, le but de l'album est d'amener les gens à s'intéresser aux beaux-arts, et par là à venir au Musée du Louvre, mais il ne s'agit pas d'une tromperie...
Ceci dit, cet album tient une place un peu particulière dans le paysage BD...

24 4 2006
   

Je partais tout de suite avec un à priori positif. J'aime beaucoup le trait de De Crecy, son dessin faussement hésitant, aux proportions et perspectives déstructurées, installe une ambiance toute particulière.

Période Glaciaire est graphiquement moins riche qu’un Bibendum Céleste, puisque pour décors externes, il n'y a en majeure partie qu'une étendue de neige et de glace jusqu'à l'horizon, mais on retrouve ce traitement particulier des personnages et des situations, un ton plutôt crédible et classique pour les êtres humains, et savoureusement burlesque pour les chiens anthropomorphiques qui les accompagnent, des chiens gros et gras qui parlent, philosophent, et n'ont finalement d'animal qu'une morphologie canine, limite porcine, à grande puissance comique.

Le tout forme un univers cohérent, intriguant, que j’ai tout de suite dégusté en espérant seulement que le scénario allait utiliser tout ça correctement.

J'ai énormément apprécié le ton des deux premiers tiers de l'album, surtout le premier en fait, dans laquelle le chien Hulk, marrant et consistant (aussi bien en graisse qu’en esprit) occupe une place importante, mais la dernière partie m’a déçu, parcequ’excessive dans son approche fantastique, métaphorique. Du coup, le dénouement est en violent contraste avec l'ambiance du départ, qui installait une univers crédible et décalé à la fois, sans présager un basculement vers un trip libéré de toute contrainte de cohérence, ce qu'est la fin de cet album.

Une bd croquée, avalée, mais un peu de travers. Comme un chocolat qu’on croit bien praliné à l’intérieur, et qui cache en fait une saloperie de truc alcoolisé.

24 3 2006
   

De Crécy se lance ici dans un récit d'anticipation aussi jubilatoire que déconcertant.
Dans un futur très lointain, s'aventurant sur la couche de glace d'une Europe oubliée des hommes, une petite équipe d'archéologues et de chiens mutants (ben oui, ils parlent) tentent de retrouver des traces de leur histoire.
Surprise : au milieu de nulle part, émergeant de sous l'étendue blanche, ils découvrent un bâtiment d'architecture inconnue. C'est le Louvre. Mais ignorant jusqu'à la notion de musée, ces hommes s'imaginent découvrir le palais d'un riche patricien d'une civilisation perdue.
Quel sens donner à ces milliers "d'images" et d'objets qui l'habitent ?..
Combinant burlesque et catalogue d'expo, de Crécy réussit une sorte de pari impossible. Une BD frondeuse et libre, à la fin ouverte mais délirante et qui donne envie de plonger dans les yeux de la plus modeste statuette de la plus modeste vitrine du Louvre. Et attendre... attendre qu'elle nous raconte som immémoriale et personnelle histoire...

16 3 2006
   

Un chien à lunettes qui parle… ça commence fort. C’est avec ce ‘meilleur ami de l’homme’ que le lecteur est amené à accompagner une expédition, à la recherche d’on ne sait quelle civilisation, dans un climat polaire.

Le récit se veut d’emblée assez étrange : quelques chiens -tous semblables- qui causent et se charrient, un sigle mystérieux, une agglomération introuvable, une ambiance malsaine entre les membres d’équipe, une scène surréaliste entre un canidé et sa maîtresse,…

J’ai apprécié les dialogues ainsi que l’ambiance polaire qui règne tout au long de l’album. Quelques personnalités se détachent mais au bout des 74 planches, on n’a pas vraiment eu l’occasion de connaître les personnages et encore moins de s’y attacher. Si ce n’est notre compagnon canin Hulk.

La partie qui m’a le plus séduit est cette tentative de reconstitution historique sur base d’une série de tableaux découverts dans le musée du Louvre. Les théories élaborées par les explorateurs quant à notre manière de vivre et de communiquer valent le détour. Espérons que nos contemporains lancent des hypothèses moins farfelues à l’heure d’interpréter les résultats de leurs fouilles ! Sinon on peut jeter nos livres d’Histoire à la poubelle… ;)

La fin du récit est particulièrement fantasmagorique. Le décalage qui en résulte -l’histoire se voulait jusque là à caractère (pseudo) scientifique- est assez déstabilisant. J’ai moins accroché.

Le trait de de Crécy est très particulier ; je ne suis pas fan mais le graphisme ne manque pas d’esthétisme pour autant, grâce sans doute à la mise en couleurs. D’autre part, j’imagine que le travail de l’auteur pour sélectionner les œuvres du Louvre et les reproduire sous forme de bande dessinée n’a pas été mince. Je salue son effort.

Au final, je n’ai pas trouvé cette histoire palpitante mais suffisamment originale que pour l’apprécier.

15 3 2006
   

Première constatation : tout comme pour "Sourire du clown", l’autre BD qui relance Futuropolis, il faut apprécier la qualité exceptionnelle de cet album. Que ce soit l’épaisseur et la qualité du papier, la couverture ou la reliure, c’est un véritable plaisir de toucher et feuilleter des objets d’une telle beauté. Bravo Futuropolis.

Ensuite il faut applaudir cette collaboration surprenante entre Futuropolis et le Musée du Louvre, qui co-éditent cet album. En tout ils seront quatre auteurs à imaginer une histoire autour de ce prestigieux musée. Après Nicolas de Crécy, ce seront Bernard Yslaire, Marc-Antoine Mathieu et Emmanuel Guibert qui s’attaqueront à une oeuvre, une collection ou une partie du musée : cela promet !

Au premier feuilletage, on apprécie l’esthétique du dessin de De Crecy. De très belles planches avec des couleurs apaisantes et aqueuses qui installent une ambiance agréable.

Ensuite à la lecture, on apprécie immédiatement l’originalité du scénario. On se retrouve dans un récit d'anticipation, où en pleine période glaciaire, une équipe d'archéologues du futur va tenter de découvrir les traces d’une mythique civilisation préglaciaire : notre civilisation.

Mais on se retrouve également dans un album à l’humour décalé, intelligent et fin. Tout d’abord parce que l’équipe de scientifique est encore plus inculte que moi (et c’est peu dire), et puis parce qu’ils vont tomber sur ni plus ni moins que le Louvre. Cela donne évidemment lieu à des situations loufoques, d’autant plus que l’expédition est accompagnée de 3 cochons-chiens pisteurs d’œuvres historiques, dont Hulk et Spiderman (baptisé du nom de dieux de l'ancien temps).

J’ai beaucoup apprécié la première partie de cet album qui offre une réflexion lumineuse sur la culture et l’art, à l’aide de personnages attachants, de dialogues savoureux et de situations cocasses. Par contre, j’ai moins aimé la deuxième partie de l’album, où les pièces du musée s’animent et se mettent à parler, pour nous plonger totalement dans le fantastique. Un délire qui a le mérite de faire revivre une grande partie du Louvre (et c’est probablement là le but), mais qui a refroidi l’enthousiasme qu’avait généré la première partie de l’histoire.

On est cependant curieux de découvrir la suite de cette collection dédiée au Louvre.

3 1 2006
   

Jusqu'à présent, je n'avais jamais été pleinement satisfait par une BD de Nicolas de Crécy : son dessin me charmait toujours, mais ses scénarios ne me plaisaient pas suffisamment pour ne pas regretter mes achats tels que "Foligatto" ou "Salvatore". J'ai donc longuement hésité avant d'acheter cette BD phare du renouveau de Futuropolis. Mais finalement, la beauté de la couverture et les promesses du scénario m'ont fait craquer et je ne m'en plains pas.

Comme je le dis, je trouve la couverture superbe. Les couleurs, la composition, le dessin, à elle seule, cette couverture me séduit et me fait apprécier mon achat. Concernant le dessin des planches elles-mêmes maintenant, j'ai été un petit peu déçu par l'apparente "facilité" et le côté un peu brouillon du trait notamment quand il s'agit de représenter les personnages. Néanmoins, ce trait que j'aurais voulu un peu plus travaillé se révèle très réussi dans l'ensemble et à nouveau les excellentes compositions et couleurs donnent une vraie beauté à ces planches. Bref, c'est visuellement un bel album.

Concernant le scénario maintenant, il a le mérite d'être véritablement original et amusant : une équipe de scientifiques (dont des chiens génétiquement modifiés) trouve dans quelques centaines d'années les vestiges oubliées du Musée du Louvre et imagine, avec une foule d'erreurs, la civilisation qu'impliquent ces oeuvres artistiques d'un autre âge. La narration est simple et efficace, pas de digression dans l'absurde ou l'onirique comme celles qui m'ont un peu lâché en tant que lecteur sur d'autres oeuvres de De Crécy. Les personnages aussi sont simples et sympathiques, avec une affection particulière pour le personnage du chien Hulk. En outre, l'humour ne manque pas et rend la lecture bien agréable.
Le scénario enfin, dans son ensemble, se lit bien et est agréable même si l'aspect "oeuvre commandée par le Louvre" ressort un petit peu par moment, notamment concernant l'histoire du déménagement des oeuvres du musée durant la Seconde Guerre Mondiale. La fin de l'histoire part un petit peu en queue de poisson onirique mais rien qui me gâche mon plaisir de lecture.

Pour finir, je voudrais insister sur la beauté de l'objet en lui-même. Pour un prix tout juste supérieur à une BD classique, Futuropolis nous offre une BD d'une qualité physique formidable. Le papier, la couverture, les pages de garde sont d'une épaisseur, d'une beauté et d'une qualité exceptionnelle. J'aimerais véritablement voir davantage de BDs publiées avec un tel soucis de la qualité physique, un soucis qui à lui seul rehausse la valeur de la BD et ma satisfaction de l'avoir achetée.

Superbe objet, dessin excellent, scénario original et amusant même si présentant quelques petites lacunes : à conseiller fortement !