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Tome 1 : Péplum
 

Péplum, tome 1

 
 

Résumé

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avis bd

Planche de Péplum, tome 1«Péplum», de Blutch, est un ouvrage remarquable sur bien des points.

Remarquable d'abord, et ce dès le premier coup d'oeil, son graphisme où un noir ligneux, très hachuré, se fond sans problèmes avec le blanc. Le talent de Blutch à dessiner les corps m'a aussi frappé (je me suis laissé dire que son «Vitesse moderne» présente cette même qualité); ces derniers restent forts réalistes sans sombrer dans une marée de détails: un trait pour la marque de la colonne vertébrale, une zone légèrement hachurée pour figurer le gonflement des hanches...

L'ambiance qui se dégage du récit est aussi assez stupéfiante: lorsque la brutalité du dessin en noir et blanc rejoint celle d'un monde où la vie compte peu, on croit alors sans peine à ces histoires de pirates braillards, de jeunes femmes considérant leurs amants comme maudit du fait de leur impuissance... si j'ose dire, car ça fait un peu prétentieux, «Péplum» renoue avec cette vision d'un monde jeune et violent que nous a inspiré l'antiquité à travers la force de ses mythes, de la légende du Minotaure à celle de Persée en passant par le périple d'Ulysse...

Si l'antiquité appartient à notre imaginaire collectif, force est de constater que la plupart des récits contemporains -qu'ils soient littéraires ou cinématiques- se servent de sa toile de fond comme d'un argument exotique (vous voyez, ça s'passe dans la Rome antique, alors bon, y' a une course de char [obligatoire] et le héros y tombe et puis on pense qu'il arrivera pas à sauver la vestale [vous voyez le niveau, je ne vais pas vous faire un dessin]...); bien peu dérogent à une atmosphère 'kitsch' composée de temples blancs et de grands-prêtres à longue barbe pour nous en proposer de nouvelles visions.

Moi, je crois à ces scènes de «Péplum» où des marchands entassés dans la cale d'un navire attendent, anxieux, que la tempête passe... et à toutes les autres. J'espère que vous y croirez aussi.


Chronique rédigée par Kolik le 03/02/2003
 
 
Statistiques posteur :
  • 27 (71,05 %)
  • 4 (10,53 %)
  • 7 (18,42 %)
  • Total : 38 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,50 Note générale
  • Originalité : 3,00 Originalité
  • Scénario : 3,00 Scénario
  • Dessin : 5,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.50
Dépôt légal : Novembre 1997

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Péplum, tome 1, lui attribuant une note moyenne de 3,50/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

29 4 2010
   

Tout comme pour Baudoin, je fais un blocage sur les oeuvres et le dessin de Blutch, n'ayant jamais réussi à trouver une de leurs BD qui me plaisait quand d'autres crient au génie pour l'un comme pour l'autre. Peplum est sans doute la BD de Blutch qui a le plus bel aspect de toutes celles que je lui connaisse, belle couverture, gros album au physique de qualité et un scénario s'inspirant d'un récit connu et existant, le Satiricon. C'est donc empli d'espoir que je l'ai entamée (merci à qui de droit).
Hélas, non...

Blutch excelle particulièrement dans le dessin de ses personnages. Il arrive à donner une vraie âme et une vraie expressivité à leurs corps et attitudes.
Mais au-delà de cela, ce que je n'aime pas dans son graphisme, ce sont son encrage et ses décors. Son encrage, gras, hachuré, faussement hésitant, qui donne une impression de "sale" à ses planches. Ses décors, vides, sombres, intensément hachurés, qui donnent l'impression que les personnages évoluent dans le brouillard ou tout simplement nulle part. Ce vide et cette obscurité me forcent à me focaliser sur les personnages mais m'empêchent totalement de situer mentalement l'intrigue autrement que comme une suite de dialogues, d'actions entre personnages, sans cette localisation géographique qui donne une profondeur et une dimension que je trouve indispensable à un récit.
L'impression que je ressens à la visualisation puis à la lecture de ces planches est celle d'un récit sombre et théâtral... ce qui est peut-être précisément le désir de Blutch quand il adapte le Satiricon mais que je n'apprécie ni ici ni dans ses autres oeuvres.

Le récit donc tend vers la tragédie antique.
Je lui vois deux qualités. La première est son décorum antique réaliste, notamment dans les relations entre personnages : j'apprécie cela. La seconde est sa linéarité et l'absence de ces séquences oniriques et absconses qui m'avaient largué dans d'autres oeuvres de Blutch.
L'histoire m'a intrigué et relativement intéressé à son commencement. Qui était donc cette femme congelée qui charme les hommes et attire le malheur sur eux ? Qu'allait-il advenir du héros qui en tombe éperdument amoureux ? Comment cette part de fantastique allait-elle s'intégrer dans l'Empire Romain ?
Hélas, le récit traîne en longueur. Et plus particulièrement, il s'attache quasi uniquement aux affres de l'âme du personnage principal, à ses relations amoureuses conflictuelles, avec des femmes de passage ou ce jeune garçon avec lequel il vit un amour bref mais intense. Il fait des rencontres étonnantes, bizarres et souvent glauques. Il vit quelques aventures qui l'amènent parfois plus bas que terre. Et tout cela ne le mène guère plus loin, il erre ainsi sans but avec sa passion congelée. Et un récit qui ne mène nulle part ne mène pas mon esprit bien loin personnellement.
D'autant que les dialogues sonnent faux en permanence. Je ne sais s'ils sont directement issus du Satiricon lui-même mais ils sont théâtraux, mélodramatiques, pompeux. Et les postures des protagonistes sont idem, théâtrales, sans naturel, forcées. C'est voulu et explicite dans certaines scènes mais cela m'empêche totalement de me plonger dans le récit. Et je n'y ressens pas l'esthétique que Blutch semble vouloir en faire ressortir.

Un récit sous forme de pièce de théâtre sombre et un peu glauque qui m'a hélas ennuyé sur la longueur même si je lui reconnais quelques qualités manifestes.