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"Le Sang du Mississippi" est le premier volet d’une trilogie imaginée par Philippe Thirault ("Mille Visages", "Lucy") et Steve Cuzor ("Black Jack", "Quintett").
Proposant bien plus qu’une simple mise en place, ce premier tome invite à suivre les péripéties de deux personnages à qui la vie n'a pas fait de cadeaux : Huck, un jeune garçon qui doit subir la violence d’un père alcoolique, et Charley, un noir qui subit les injustices quotidiennes d’un Etat du Sud ségrégationniste. Deux personnages que tout oppose, mais que la musique va rapprocher pour nous livrer une belle histoire d’amitié.
Situé dans les Etats-Unis des années 30, "O'Boys" est un road-movie qui s’inspire de l’univers de Mark Twain et de ses célèbres «Aventures de Huckleberry Finn». Cette quête initiatique de deux personnages qui fuient la misère baigne dans le blues et ne manque pas d’exploiter la légende de ce bluesman qui vendit son âme au diable afin de devenir le cultissime Robert Johnson.
Au dessin, Steve Cuzor restitue parfaitement l’ambiance poussiéreuse de cette Amérique sudiste bercée par l’alcool, la musique et le racisme.
Une grande aventure qui s’annonce très prometteuse !
2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD O'Boys, tome 1 : Le Sang du Mississippi, lui attribuant une note moyenne de 3,75/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Voilà un premier tome plutôt prometteur, qui présente beaucoup d'aspects qui ont retenu mon intérêt. Tout d'abord, il y a ce contexte d'une Amérique ségrégationniste, criante de vérité. Il y a ensuite cette histoire revisitée d'un Hucklberry Finn, qui ne sera pas épargné par la vie et dont les mésaventures conduisent sur les routes, accompagnés d'un Charley Williams, à la recherche d'un frère disparu. Il y a surtout tout cet environnement très dur d'un père envers ses enfants et d'une famille adoptive dont le père est plutôt touchant et la mère plutôt rigide. Il y a cette relation un peu bizarre de deux marginaux. Il y a ces espèces de parenthèses oniriques, fantasmées, embrumées et rêveuses qui donnent à tout cela une dimension à peine fantastique. Il y a cette promesse d'un grand et beau voyage au travers d'une Amérique en recherche de repètres et de travail. Il y a ce rythme assez particulier, qui permet au lecteur de reconstituer rapidement ce qui a bien pu se passer entre deux vignettes. Il y a ce dessin plutôt attachant, qui aurait atteint des sommets s'il était, tout au long de l'album, de la même trempe que celui sur les première et quatrième de couverture. Il y a donc beaucoup de choses dans cet album, qui lui confèrent un charme particulier, un peu atypique mais qui sait rester proche du lecteur (il faut dire que le fait d'utiliser le nom de Huck Finn permet à beaucoup de s'identifier ou de se rémomérer un personnage plus ou moins connu). Les passages qui auraient nécessité plus d'enchaînement, ou plus de réalisme, se lisent sans déplaisir car le côté un peu fou, fantasque et fantastique vient expliquer les éventuels égarements du scénariste. C'est un album qui a su me porter hors du temps et qui m'encourage à lire la suite.
| Album | Avis | Moyenne |
|---|---|---|
| O'Boys, tome 1 : Le Sang du Mississippi | 2 | 3.75 |
| O'Boys, tome 2 : Deux chats gais sur un train brûlant | 2 | 3.00 |
| O'Boys, tome 3 : Midnight crossroad | 1 | 2.50 |