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NonNonBâ
 

NonNonBâ

 
 

Résumé

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Planche de NonNonBâCe livre est un pavé de plus de 400 pages, issu d’une très belle édition signé Cornélius. L’éditeur a fait un très gros travail, il a notamment respecté les onomatopées originelles en les sous-titrant. On trouve, de plus, de nombreux renvois pour expliquer des termes typiquement japonais.
C’est aussi le grand prix d’Angoulème et cela a créé une légère polémique, à mon avis injustifiée.

L’auteur du livre Shigeru Mizuki s’amuse à reconstituer son enfance, ainsi que son imaginaire. Pour cela, l’aide de NonNonBâ lui est précieuse. Cette femme désargentée vient vivre chez ses parents et lui raconte des histoires de yokai, ces créatures fantastiques qui peuplent la nature.

Ce roman graphique est intéressant pour sa description du Japon d’avant la Seconde Guerre mondiale ; les solidarités qui se nouent au sein de la communauté locale, les traditions familiales, le conservatisme ambiant, le culte de l’honneur. Les rapports au sein de la famille de Shigeru sont tout à fait intéressants ; un grand-père notable du village au caractère très patriarcal, un père plus moderniste et jouisseur, une mère qui vit sur une forme de fierté outrée et qui a honte de sa condition actuelle. Cela crée parfois des relations détonantes et donne un aspect assez humoristique à ce livre.

Cela n’empêche pas les moments d’émotion. Le livre se sépare ainsi en deux parties, constituées de plusieurs petites saynètes qui constituent des étapes de la vie de « Shige ». Au cours des deux parties, Shigeru est confrontée à quelque chose qui n’est pas encore de l’amour, mais qui commence à y ressembler. Deux jeunes filles vont marquer sa vie, toutes les deux très liées à ce monde fantastique et étrange des yokai. Deux jeunes filles, dont le point commun sera la destinée émouvante et dramatique.

NonNonBâ n’est donc pas seulement un récit autobiographique : c’est aussi un récit initiatique, un récit de la transmission. La culture populaire de NonNonBâ se transmet à Shigeru qui conservera cette influence très panthéiste dans sa vie future. La nature joue un rôle important ; chaque rivière, chaque arbre a son yokai.

Vraiment un très beau livre, une histoire simple, belle et touchante.


Chronique rédigée par JAMES RED le 04/03/2007
 
 
Avis de :Une excellente BD ! Note de l'album : 4,00
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Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,50 Originalité
  • Scénario : 3,50 Scénario
  • Dessin : 3,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.58
Dépôt légal : Septembre 2006

Avis des lecteurs

6 internautes ont donné leur avis sur l'album Manga NonNonBâ, lui attribuant une note moyenne de 3,58/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

2 8 2010
   

J'ai bien aimé "NonNonBâ"...Depuis longtemps cet album m'attirai, de part évidemment son grand prix à Angoulême donné par Lewis Trondheim (comme beaucoup de gens je croient) mais aussi de par sa qualité d'édition : belle couverture chatoyante, belle édition et gros album, beau papier.

Quand j'ai entamé la lecture, j'ai été surpris par le dessin. Shigeru Mizuki a un style particulier, ses personnages tout en rondeur on des allures comiques (ce qui m'a fait pensé à Ozuma Tezuka, seul mangaka de ma connaissance, avec Mizuki, a utilisé ainsi des personnages assez ronds) et des décors très travaillées. Même si Mizuki a quelques tics dont on pourrait se passer sur ses personnages, j'aime son style.
J'ai aussi aimé le scénario, mélange de roman graphique, de documentaire et de fantastique, mélange de rire et d'émotion (surtout vers la fin). J'ai appris beaucoup de chose sur le Japon (comme les Yōkai dont j'ignorais totalement l'existence) et d'autres coutumes. J'ai aimé les personnages (NonNonbâ mais aussi le père de Shigeru) et j'ai aimé me replonger souvent dans ce livre pour voyager. Un beau récit, semi autobiographique, semi fantastique.

Bref, un très bon manga, que je vous conseille à tous !

1 7 2010
   

Est-ce que ce gros album de manga est bien ? Oui.
Est-ce qu'il vaut son prix assez élevé ? Oui, je pense.
Est-ce qu'il mérite d'obtenir le grand prix d'Angoulême ? Non, pas à mes yeux.
Car ce manga est très sympathique, c'est certain, mais rien ne le rend particulièrement excellent, ou du moins au même niveau que les meilleures BD parues en 2006.

Les qualités de cet album sont nombreuses.

Cornelius nous offre tout d'abord un bel objet, gros, solide et agréable à paginer.
Le dessin est tout à fait agréable. Pourtant j'ai eu du mal à me faire à ses personnages simples et assez caricaturaux, aux traits me rappelant ceux de personnages à la Tezuka. Mais ces faciès s'assimilent assez rapidement et surtout contrastent de belle manière avec des décors eux très réalistes et travaillés. Cela permet de bénéficier à la fois d'une narration graphique fluide et simple et de décors très intéressants et beaux. Une belle façon de raconter une histoire en image et de nous plonger de manière vivante dans le passé du Japon.

Le récit ensuite est assez original mêlant émotion douce, touche de fantastique et intérêt culturel et historique.
L'auteur parvient avec brio à retranscrire l'ambiance de cet authentique village japonais, ambiance empreinte de superstition, de vie de famille et de petites querelles de clocher/autel de prière. A bien des moments je me suis laissé entraîner, ressentant les frissons des enfants qui s'imaginent plongés dans la brume, la nuit, avec des Yokaï les suivant insidieusement dans l'obscurité. Et flschhh font les vagues sur la plage tranquille...
Le récit permet de découvrir une époque, celle de la vie plus ou moins rurale dans le Japon des années trente, vie relativement dure - les enfants mouraient jeunes à cette époque -, pleine de mille et un rites et croyances, mais aussi pleine de vie, d'amusement et de sentiments.
En outre, les personnages sont attachants et dotés de personnalités intéressantes. Le jeune héros et NonNonBâ en sont de bons exemples. Mais j'apprécie aussi beaucoup le père du héros, un japonais finalement très moderne avec sa philosophie de vie, ses ambitions, sa douce flemmardise et son imagination.

Tout cela m'a procuré un intérêt et un plaisir simple de lecture.
Cependant, le récit ne m'a pas captivé plus que cela. Rien ne donne particulièrement envie de dévorer chaque page. Et les émotions, même quand elles sont bien distillées, ne m'ont pas marqué plus que cela. Tant et si bien qu'arrivé en fin d'album, j'avais l'impression d'avoir fait une lecture plaisante mais je ne quittais pas avec un réel regret les personnages et ce village. Et au moment où j'écris ces mots, je doute que NonNonBâ aie vraiment marqué mon esprit autant que je l'aurais souhaité.

1 7 2010
   

Le récit aborde la vie romancée de l’auteur quand il était gamin. Entre un papa banquier raté et une maman qui possède un patronyme et porte le sabre (signe de distinction sociale), la vie de gégé est heureusement enrichie par la présence de NonNonBâ qui va l’initier aux Yokaï (les esprits bien ou malfaisants).

Sans être un spécialiste débridé de la question bd nipponne, j’ai trouvé la lecture de NonNonBâ à la fois fort intéressante et divertissante. Intéressante car elle met en lumière bon nombre de traditions et de croyances du pays du soleil levant (les Yokaï notamment) et divertissante car l’humour est omniprésent. Passé ces considérations plutôt positives, on peut épingler les dessins qui, s’ils sont globalement bons (comprendre pas rébarbatifs à la lecture), souffrent toutefois de certaines exagérations dans l’expression des personnages. A l’inverse des yeux exubérants (voir exorbités) du manga classique, l’auteur use dans le cas présent davantage des grosses gouttes de sueur qui perlent sur le visage des protagonistes ainsi que d’une expiration brutale (comme le souffle d’un buffle prêt à charger). Côté positif de cette surexpression des personnages : cela renforce le caractère comique du manga. Mais sous cette légèreté apparente se cachent des propos plus graves, voire adulte. L’humour est donc ici un moyen d’aborder la réalité de la vie du Japon des années 30. Et ce n’était pas joyeux tous les jours !

Je n’en conseille pas l’achat, la faute au coût élevé du dit ouvrage et le fait que je ne le relirai pas. Mais si l’occasion se présente, n’hésitez pas à plonger le nez dedans !

21 2 2008
   

La mise en avant de cet album à Angoulème n'a pas suscité partout une réaction d'enthousiasme unanime. Le prix du meilleur album, très convoité, est donc allé à cet épais volume en noir et blanc, dû à l'auteur nippon Shigeru Mizuki. Les amateurs de manga ont forcément été contents de voir un album oriental mis à l'honneur. Pourtant, si l'album est assez bon, il n'est certainement pas l'incontournable de 2007.

En mélant des influences diverses (le récit autobiographique, la vision enfantine, les apparitions fantastiques...), Mizuki se livre à un audacieux patchwork qui peut pleinement s'épanouir grâce au nombre conséquent de planches de "NonNonBâ". Sur un format plus réduit, il est évident que l'impression aurait été moins favorable ; ici, l'auteur prend son temps pour mettre en place le contexte et les différents personnages, s'autorisant des digressions qui ne font pas avancer le récit mais qui l'enrichissent néanmoins. En clair : le 44 planches n'est plus qu'un souvenir contraint dans l'édition actuelle, et c'est tant mieux.

L'originalité de "NonNonBâ" ne saute cependant pas aux yeux. Le récit autobiographique est devenu un lieu commun dans la BD depuis plus de quinze ans. Certes, la vision enfantine et marquée par les croyances japonaises, souvent peu connues du lecteur occidental, est déjà moins courante. Mais si vous avez lu "Le cortège des cent démons" ou "Mushishi", ou tout autre manga traitant des créatures surnaturelles du folklore nippon, vous serez beaucoup moins surpris. Le cocktail proposé par Mizuki est agréable à lire mais il peine parfois à faire passer l'émotion qui lui aurait permis de vraiment se démarquer du reste de la production.

Le prix du meilleur album vient à la fois récompenser un scénariste et un illustrateur. Mizuki tient ici les deux rôles. Et graphiquement, c'est plutôt plaisant mais cela n'a rien d'extraordinaire. On est très loin des planches impressionnantes de "Là où vont nos pères" primé à Angoulème en 2008 ! Le trait en rondeur cadre assez bien avec le récit mais on peut comprendre certains bédéphiles qui auraient aimé voir récompensé un album plus abouti au niveau graphique.

"NonNonBâ" est donc sympa à lire mais n'a pas, à mon sens, l'étoffe d'un chef d'oeuvre. En revanche, il peut sans doute énormément plaire à quelqu'un qui lirait peu de bande dessinée et qui n'aurait aucune idée ou presque de ce qui s'est fait dans les vingt dernières années. Mais si vous êtes un gros lecteur, je ne suis pas persuadé que vous trouviez cela aussi extraordinaire que le jury d'Angoulème a voulu le faire penser.

5 8 2007
   

Cette brique de 400 pages est la première œuvre publié en français de Shigeru Mizuki, mangaka de renommé au Japon, surtout connu pour son œuvre "Kitaro le repoussant". L’excellent travail de l’éditeur Cornélius, qui respecte les onomatopées originelles tout en pourvoyant un lexique très riche, est d’ailleurs à souligner sur cet album qui décrocha le grand prix du Festival d’Angoulême en 2007.

Shigeru Mizuki va puiser dans ses souvenirs d’enfance pour cette œuvre grandement autobiographique. On y découvre un humour et une fraicheur découlant logiquement d’un univers enfantin, mais également une chronique sociale qui découle du quotidien de ce petit village du Japon des années 30.

Un Japon qui a fort évolué depuis et largement tourné le dos à ces nombreuses superstitions villageoises et à cette foisonnante mythologie japonaise auxquels l’auteur réfère en long et en large avec une certaine nostalgie. Une description des traditions, des rapports familiaux et d’un certain conservatisme qui font penser à l’excellente trilogie "Histoire couleur terre", sauf qu’ici le fantastique vient remplacer la symbolique de la nature. Les yökaï, créatures des légendes de ce quotidien révolu où morts et vivants cohabitent, sont en effet omniprésents au sein de ces nombreuses histoires courtes pleines de sagesse.

Le graphisme en rondeur et assez espiègle se met entièrement au service de l’histoire et colle parfaitement à cette narration issue de l’univers des enfants.