
Ce petit album ressemble avant tout à un exercice de style, une boucle hors du temps dans la vie de deux enfants à l'imagination débordante et au comportement plus adulte qu'on ne le pense.
Difficile de ne pas tomber sous le charme de "Neptune" : son trait, épais tout en noir et blanc, est remarquable d'efficacité. La mise en page et le rythme de la narration jouent eux aussi un rôle certain dans cette ambiance unique qui accompagne l'album, finalement assez rapidement lu.
Les dialogues (ou plutôt l'ensemble du long monologue d'Erika) font souvent mouche, le style faussement adulte des pensées des enfants étant parfois tordant. Finalement, comme régulièrement dans les albums des éditions Ca et là, c'est avant tout la performance narrative qu'il faut saluer, avant même d'analyser le scénario. Et pour le coup, Aron Nels Steinke est un narrateur très efficace.
Reste que l'histoire n'est finalement pas si incroyable. Gentiment barrée, elle manque peut-être un peu d'envergure. Les rapports entre les élève et l'enseignement sont un peu surréalistes (c'est un peu aussi cela qui participe au charme de l'album) et sont une bonne base pour écrire cette histoire pas comme les autres.
Toutefois, les lecteurs qui pensent ouvrir cet album en y lisant une critique objective et intelligente de la scolarité de notre époque risquent d'être désappointés. Neptune est avant tout un agréable moment, rien de plus.
Et c'est déjà pas mal !