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Moby Dick (Chabouté) : Livre Premier

 
 

Résumé

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Planche de Moby Dick (Chabouté) : Livre Premier"Moby Dick" est ce qu'on appelle un classique de la littérature américaine. C'est surtout une oeuvre dense et métaphorique. Au-delà de cette chasse à la baleine blanche, c'est bel et bien une histoire quasi biblique de lutte entre le Bien et le Mal qui nous est contée par Melville. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si deux personnages (au moins) de "Moby Dick" ont été retranscrits dans les séries "Battlestar Galactica" (on parle de Starbuck et Boomer), qui, à leur façon, sont aussi des histoires quasi bibliques de lutte du Bien contre le Mal. Et que ce soit "Moby Dick" ou "Battlestar", le Bien et le Mal semblent clairement définis pour ensuite se mêler afin de perdre le lecteur / spectateur selon qu'on aborde le point de vue du capitaine (des humains dans Battlestar) ou du cachalot (des Cylon dans Battlestar).
Tous les personnages importants du bouquin ont un nom tiré de la Bible (Achab, Ismael, Elijah etc...), ce qui renforce évidemment la parabole religieuse.
Bref, "Moby Dick", le bouquin, c'est à lire absolument. Mais comme toute adaptation, le risque est d'appauvrir l'original.
Ici, c'est Chabouté qui s'y colle. On ne présente plus le bonhomme qui est un des talents majeurs du 9e art. Je vous laisse consulter les chroniques consacrées à ses oeuvres, c'est tout simplement divin pour filer la métaphore religieuse.
Laissons tomber le suspense. Encore une fois, Chabouté fait mouche. Non seulement grâce à trait dur et subtil, usant d'un noir et blanc qui, pour le coup, illustre parfaitement cette lutte du Bien contre le Mal, de ce capitaine fou contre cette baleine blanche furieuse.
Mais en plus de son trait, il y a cette science du découpage : c'est magistral ! comme à son habitude, il utilise les non-dits, les silences et les expressions pour faire passer des émotions. A tel point qu'on ne sait plus ce qu'on doit à Melville et ce qu'on doit à Chabouté.
Le tout est ponctué d'extraits du texte original qui finissent de nous convaincre.
Le seul défaut que je trouve, c'est que le tome suivant n'est pas encore sorti. C'est bien simple, je l'ai dévoré aussi sûrement que Moby Dick a avalé la jambe du Capitaine Achab.

Bref, en un mot comme en cent, c'est du grand art !


Chronique rédigée par david le 29/01/2014
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 5,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.13
Dépôt légal : Janvier 2014

Avis des lecteurs

4 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Moby Dick (Chabouté) : Livre Premier, lui attribuant une note moyenne de 4,13/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

3 12 2017
   

Pour amener le brin de contradiction qu'il me plait souvent d'épouser ici, je vais commencer par affirmer que dire que l'intérêt principal de l'adaptation de Chabouté est son dessin revient aussi à réduire, de façon que je ne trouve pas juste, tout le travail premier : adapter !
Chabouté ne dénature en rien le roman. Mieux : il arrive à en traduire la substance même. Et le rythme de la narration me rappelle singulièrement celui qui faisait naître les émotions inoubliables à la lecture du bouquin.
S'attaque à un tel mythe et le rendre si singulier, avec un trait et un découpage tout en sobriété, c'est même un exploit.
Je conseille, maintenant que la série est terminée, d'embarquer les deux volumes car ce qui est remarquable avec ce volume, c'est qu'il vous marque après l'avoir achevé. Les personnages, leur attitude corporelle, les contractions et désirs qu'ils portent, tout cela continue à vivre en vous.
Une remarquable BD, que je qualifierais exactement de la signification de ces 4 étoiles et demie : superbe !

1 12 2015
   

Le principal intérêt de cet ouvrage réside dans le dessin de Chabouté : un dessin en noir et blanc uniquement, comme toujours avec cet auteur, qui prend de fait une dimension grandiosement dramatique et mystérieuse. Détails, personnages, expressions : chaque trait choisi, chaque partie blanche et chaque partie noire a une vraie signification et prend une dimension particulière chez Chabouté.

C'est encore le cas ici, avec cette revisite de l'oeuvre éponyme tant reprise de Melville. Ce premier tome est centré sur le personnage d'Isamaël, qui s'engage sur le Péquod, un baleinier dont le Capitaine Achab est obnubilé par un cachalot blanc dans la gueule duquel il aurait perdu sa jambe. Rien de révolutionnaire donc dans cette adaptation, qui nous évite toutefois le délire de "Grands Anciens". Une narration assurée et maîtrisée, voilà ce que propose ce premier tome auquel on pourrait juste reprocher l'absence d'un petit brin de folie. Aussi, pour pimenter la lecture de cette très académique adaptation, graphiquement superbement réalisée, je conseillerais de lire au préalable la série "Achab", qui permettra de mettre en relief certains traits de caractères ou certaines expériences du fameux capitaine qui sont ici évoquées : le passage chez les cannibales, la vie de famille, et la recherche de fameux cachalot blanc à l'aide de cartes et d'une analyse historiques des anciennes apparitions du fameux animal.

Pour l'heure, cette lecteur s'avère fort agréable, car le dessin est avant tout magique. Mais dans les événements qui son relatés, on retrouve un peu trop à mon goût l'oeuvre originale, ou du moins les éléments qui ont été maintes fois répétés et sur lesquels s'appuie cette impression que tout le monde connaît cette oeuvre incontournable, que je n'ai pourtant jamais lue.

8 2 2014
   

Après avoir démontré son pied marin dans "Terre-Neuvas" et sa capacité à adapter des récits d’aventure en s’attaquant à une nouvelle de Jack London ("Construire un feu"), Christophe Chabouté vient gonfler la légende du capitaine Achab, dont la quête vengeresse envers Moby Dick est gravée à jamais dans l’imaginaire collectif.

Fidèle au récit original d’Herman Melville, l’auteur débute chaque chapitre par des extraits du roman. Cette première partie de diptyque se contente d’installer les différents personnages clés de l’histoire, tout en partageant progressivement la folie qui anime le capitaine du Pequod, seul maître à bord et obnubilé par une vengeance aveugle envers ce cachalot blanc qui lui a autrefois arraché la jambe. Si ce premier tome retranscrit également à merveille l’ambiance à bord de ce navire baleinier de la fin du XIXe siècle, le lecteur regrettera néanmoins de ne pas encore apercevoir Moby Dick. Réservant la véritable confrontation pour le second volet, Chabouté ne fait en effet qu’évoquer le célèbre monstre marin.

Le scénario ne réservant que peu de surprises, cette longue mise en place vaut surtout le détour au niveau du graphisme. Dans son style typique, Chabouté s’approprie le récit de Melville dès les premières pages. Multipliant les planches muettes, il utilise les non-dits pour installer une atmosphère dont il a le secret. En quelques cases, il parvient à brosser des personnages hauts en couleurs, tels que le capitaine Achab, dont les pas sur le pont du navire semblent hanter le sommeil des marins, ou le harponneur cannibale Queequeg, dont les tatouages et les têtes humaines momifiées s’installent immédiatement au diapason de la personnalité du personnage. À l’aide de grands aplats noirs, il parvient à faire planer l’ombre du célèbre cachalot blanc sur cette histoire qui attend le prochain tome pour prendre son envol.

Un bon tome d’introduction… en attendant un second volet que l’on espère grandiose !