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Maus: Un survivant raconte : Intégrale (L')

 
 

Résumé

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Planche de Maus: Un survivant raconte : Intégrale (L')Lire cet album est incontournable et passionnant, mais en même temps très éprouvant. On se trouve en effet immergé dans les années les plus horribles (et les plus honteuses pour l'humanité) du XX° siècle, et on souffre avec les victimes de l'holocauste, car le grand talent de Spiegelman réside dans le fait qu'il réussit à nous présenter des destins individuels (ceux de ses parents) auxquels on s'attache, tout en restituant l'ampleur du génocide et du drame humain.

A ce titre, les petits passages au cours desquels Spiegelman intervient dans l'histoire, permettent de mieux mesurer les répercussions psychologiques à long terme de la déportation et le fossé infranchissable entre la génération de ceux qui l'ont vécue et celle qui lui succède, et ils apportent également des "respirations" bienvenues.

Sur le plan graphique, le parti pris de l'auteur est assez discutable (pourquoi en effet mêler des animaux à la barbarie humaine ?) Et il rend de surcroît, difficile la distinction entre les personnages, tous semblables. Cependant, la métaphore fonctionne, la sobriété sert le propos et le message passe. Un précieux témoignage à ranger à côté de "Si c'est un homme de Primo Levi", et à mettre entre toutes les mains.


Chronique rédigée par Doña Hermine le 17/04/2006
 
 
Avis de :Un bon moment de lecture ! Note de l'album : 3,50
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 3,50 Note générale
  • Originalité : 3,50 Originalité
  • Scénario : 3,50 Scénario
  • Dessin : 2,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.39
Dépôt légal : Novembre 1998

Avis des lecteurs

9 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics Maus: Un survivant raconte : Intégrale (L'), lui attribuant une note moyenne de 4,39/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

17 8 2012
   

Un récit sincère et bouleversant qui ne laissera personne indifférent. Art Spiegelman a eu la bonne idée de ne pas gommer les défauts de son père afin de ne pas en faire qu'une victime larmoyante, instaurant ainsi une authenticité et une humanité bienvenue et rendant ainsi son témoignage encore plus poignant. Les dessins sont assez simplistes mais fourmillent d'idées remarquables, et les dialogues sont particulièrement bien écrits... Un chef d'oeuvre absolu qui vous hantera longtemps. À lire absolument...

1 12 2011
   

Un auteur ayant obtenu le prix Pulitzer pour une BD, ce n'est pas commun. Et puis, dès que l'on a l'ouvrage en main, on se dit que cette lecture sera forcément différente, et que l'on n'abordera pas cette histoire avec la légèreté dont on fait preuve lorsque l'on ouvre une d'autres BD. Art se fait le porte parole de son père, déporté à Auschwitz, et cette première partie permet de présenter le témoignage d'un juif polonais, qui a vécu la montée du nazisme, les rafles, les planques, la déportation à Auschwitz, la peur, la tension, la survie, l'horreur et la libération. Album terrible sur lequel je n'ai rien à dire sur le scénario : témoignage historique, et volonté du scénariste de nous présenter cette histoire telle qu'il l'a lui-même reçue (au point de nous montrer comment il a obtenu ce témoignage) font que le fonds mérite, à mon sens respect. Pas question pour moi de revenir sur ces événements, ici décrits tels que vécus, où l'on a l'impression que le ton employé pour décrire les moments d'insouciance du début et le même que celui utilisé pour présenter toutes ces épreuves. Comme si finalement, pour Vladek, tout cela, c'est sa vie passée et rien de plus. On lui sent plus d'émotions lorsqu'il est vieux et qu'il est pris par les tracas quotidiens que quand il était jeune et confronté aux pires atrocités. Hommage d'Art pour son père, témoignage d'un père pour son fils, et à travers lui, pour tout ses lecteurs... Je me vois mal apporter une critique positive ou négative sur le fonds, sur ce fonds.

Je note tout de même que la forme est originale. Ces dessins sont déstabilisants dans un premier temps, mais j'ai apprécié leur sobriété, leur humilité, comme pour permettre au fonds prendre toute sa place, non pollué par des effets de style graphique. Je trouve que l'idée des masques est très bien vue, et finalement la forme permet de bien supporter le propos.

Là où je me suis plus ennuyé, c'est justement sur les parties traitant du temps présent. La vie conjugale actuelle de Vladek, ses relations avec son fils, ses problèmes de véranda ou de toiture : je soupçonne l'auteur d'avoir tout présenté, y compris les conditions dans lesquelles il a obtenu ce témoignage, , y compris ses interrogations sur les premiers résultats issus de ces entretiens, sans faire de tri au préalable pour se dédouaner du fait que les témoignages, étant recueillis à différents moments, manquent peut-être un peu de liant. Les différents épisodes de la vie de Vladek se suivent mais ne sont pas totalement linéaires : ces intermèdes présentant Vladek et Art sont donc un moyen de lier les événements. J'y vois la volonté pour Spiegelman de donner une vérité brute, non retravaillée et donc la plus proche possible de la vérité, quitte à ce que ce procédé, à l'occasion, pourra mettre en évidence les travers de son père (et comme le relève Art, le fait que tous les rescapés d'Auschwitz n'ont pas tous ces travers) ou de sa mère (tous les rescapés d'Auschwitz ne s'étant pas suicidés). Ces parties, bien qu'ennuyeuses et un peu répétitives, sont pour moi le gage d'une fidélité de ce qui est retranscrit, à ce qui a été dit. De même, comme pour l'auteur, on s'interroge sur l'existence du fameux journal d'Anja, qui aurait permis à Art d'apporter une vision différente de celle rapportée par Vladek. Encore une fois, Art en bon journaliste, se dédouane de ne pas avoir croisé les sources. Comme si quelque part, il aurait bien aimé confronter le récit de son père à celui d'un autre, pour s'assurer que son père, perclus de défauts pendant sa vieillesse, est bien ce gars héroïque car survivant qu'il dépeint.

J'ai été touché par cet ouvrage qui présente une vérité brute, qui ne cherche pas à plaindre ou à mettre sur un piédestal, qui ne cherche rien d'autre que de consigner, sous un format original qui touchera un public autre ou plus large que celui des biographies plus classiques, les propos d'un rescapé d'Auschwitz. Même s'il y a quelques longueurs, même si le style graphique peut être déroutant, cet album reste pour moi culte de par son sujet traité avec humilité, sobriété, souci de la vérité historique et honnêteté.

11 6 2009
   

En ouvrant un livre tel que celui-là, une foule de pensées nous traverse l'esprit.
Encore une oeuvre sur l'Holocauste, terrible évènement de l'Histoire du XXème siècle dont les manuels scolaires sont surchargés ? Est-ce vraiment un chef-d'oeuvre, ou est-il considéré comme tel uniquement à cause du thème abordé ? ...
J'ouvre donc ce livre, imposant pour une bande dessinée (certes, c'est l'intégrale, mais tout de même). Je ne m'étonne pas du style particulier des dessins, j'ai déjà croisé ces planches au hasard des manuels déjà cités.
Je lis l'introduction, bien amenée et qui annonce le récit à venir. Et plus j'avance ma lecture, plus j'ai du mal à m'en extirper...
Il faut dire que l'auteur a eu l'excellente idée de ne pas directement aborder la trame principale. En fait, il y a deux narrations : le récit cadre est centré sur Art Spiegelman lui-même. On assiste au travail qu'il mène pour recueillir le témoignage de son père, mais aussi à ses sentiments envers ce dernier, ses doutes... Et l'on a le récit de Vladek, personnage central de l'histoire. Cela rend l'oeuvre doublement plus intéressante et beaucoup plus vivante. Le côté historique n'est absolument pas négligé et on en apprend énormément. Plus que dans les manuels d'Histoire.
Le dessin. Certains ont du mal à s'y faire. Pour ma part, j'ai apprécié. Nous sommes d'accord, ce n'est pas une oeuvre graphiquement impérissable. Mais le trait ne m'a pas déplu non plus, et le fait d'utiliser le zoomorphisme (à savoir, donner une apparence animale aux personnages) est une bonne idée selon moi. J'aimerais cependant connaître les raisons qui ont poussé l'auteur à l'utiliser. Si vous le savez, n'hésitez pas à me le dire.
Pour résumer, je l'affirme, "Maus..." est un chef-d'oeuvre qui a amplement mérité sa réputation. C'est désormais un classique du neuvième art, à lire si vous le croisez au détour d'une bibliothèque.

5 1 2009
   

Trois raisons m'ont fait entrer dans Maus à reculons. Encore l'holocauste... que je me suis d,abord dit. Avec en arrière-fond une pointe d'agacement de voir l'instrumentalisation hollywoodienne et littéraire de toute cette horreur au service d'aspects discutables de la politique israëlienne. Et puis le dessin : dur, dur, de s'y faire. Et toute cette rumeur de chef-d'oeuvre dopée par la culpabilité occidentale.

Mais aussitôt commencé, j'étais pris au piège. Voilà, voilà donc jusqu'où nous pouvons, nous avons pu tomber. Et quel art du récit, de la distance, jusque dans l'irritation que nous cause Vladek, le père qui a tous les défauts du monde, à commencer par celui d'être lui-même raciste, et Art Spiegelmann, fils-auteur un brin narcissique, comme seul un fils-auteur peut l'être...

Les faits tombent, implacables, vus au plus près, depuis une débrouillarde hantise de survivre malgré tout. Tout ça nous atteint d'autant plus qu'il n'y a pas de pathos. Seules quelques rares et brèves images qui ne reculent plus à montrer l'horreur toute nue.

Je ne sais trop comment la traduction française rendait le jeu des divers niveaux de langue, mais en anglais cette complexité ajoutait vraiment une texture additionnelle.

26 6 2008
   

Par ma notation, je reflète mon sentiment personnel sur cette BD et non pas un avis impartial et désintéressé.
"Maus" est bien foutu. On y apprend foules de choses sur l'horreur de la guerre pour les juifs et sur comment tout cela s'est passé. En cela, "Maus" est une oeuvre touchante et, au niveau historique, très intéressante.
Néanmoins, je n'ai pas accroché. Peut-être le thème est-il quelque chose que j'essaie de fuir, car j'en ai déjà trop entendu parler, peut-être les BDs biographiques ou historiques ne m'intéressent-elles pas plus que ça, peut-être n'avais-je pas envie de lire une histoire noire et trop réaliste puisque vraie... Quoiqu'il en soit, même si dans le monde de la BD, on se "doit" d'avoir lu et d'apprécier "Maus", je peux affirmer que je l'ai lu et que j'ai seulement moyennement apprécié. Je n'en garde pas un souvenir marquant et je me devais d'expliquer à ceux qui ne connaîtraient pas encore cette BD qu'ils n'étaient pas obligés de l'apprécier.

21 1 2008
   

On m'a prêté cette BD en me la présentant comme un incontournable. En lisant les avis, ceux du premier volet notamment, je vois qu'il ne sont pas consensuels ; j'ai surtout retenu cette remarque à propos de la narration, qui a pu être ressentie comme une "énumération" de faits, la retranscription froide du récit du père.

J'ai d'abord éprouvé un certain malaise à propos de cette façon de faire, mais ça n'a pas duré longtemps, parce qu'il y a une raison, je pense, dans cette mise à distance, qui rend finalement le récit plus sensible. Je m'en suis rendue compte à mesure que je m'attachais au personnage de Vladek, incroyablement réaliste dans le récit cadre.

Cette façon de raconter avec un certain éloignement, c'est celle de Vladek et là où je me suis sentie touchée, ce n'est effectivement pas dans l'énumération des évènements elle-même, pas dans la chronologie, peu dans la trame générale, mais dans l'attachement du narrateur à expliquer certains détails matériels, aux astuces qu'il a trouvées, comment il s'est débrouillé, combien valait exactement telle chose.

S'il n'y jamais d'ellipse dans ces moments du récit, c'est parce qu'ils contiennent pour Vladek une grande charge émotionnelle. C'est dans sa sensibilité émotionnelle, mnésique que jaillit la nécessité de raconter les détails pratiques; en filigrane il faut lire l'émotion.

27 5 2007
   

Maus ?.. c'est la vie de Vladek Spiegelman, un Juif rescapé des camps nazis, et de son fils -Art- qui est auteur de BD.
Cette vie va se dérouler en deux "saisons" ; celle des années 30 suivies des années 70.
Maus ?... Les Juifs y sont des souris ; les nazis des félins.
Mais ces "animaux", vous pouvez m'en croire, n'ont absolument rien à voir avec un quelconque univers faisant penser à celui de Walt Disney.

Cette oeuvre, fortement autobiographique, explore la vie de ces deux existences. Elle est d'ailleurs sous-titrée "un survivant raconte".
Le textuel ?... Intelligent, sensible.
Le graphisme ?... un dessin minimaliste -certes- mais fort novateur.
Une grande oeuvre, difficile d'accès pour moi qui suis plutôt des "30 glorieuses", mais que j'ai apprécié -doucement- plan par plan, page par page. Une oeuvre que je pense pouvoir qualifier "d'expérimentale" mais que chacun devrait posséder, ou du moins avoir lu.

29 6 2006
   

Voilà un monument du 9ème art !
Je dois dire que j'ai été très surpris par cette BD. Non pas par le sujet, que tout le monde -j'espère- connaît, mais par le traitement. Car c'est bien là que se démarque Maus, par rapport à d'autres BD traitant de l'Holocauste. En effet, Art Spiegelman a décidé de retranscrire non seulement l'expérience extrême qu'a vécue son père dans les camps de la mort, mais également son échange et les conditions dans lesquelles cet échange a eu lieu, sur les vieux jours de Vladek. Ainsi nous avons une mise en miroir des deux époques, des conséquences non seulement physiques mais psychiques de l'emprisonnement à Auschwitz. Vladek en est revenu sauf, ainsi que son épouse Anja, mais celle-ci se suicidera quelques années plus tard. Vladek lui survivra une quinzaine d'années, se remariera, mais son esprit et ses humeurs seront irrémédiablement altérés. Ainsi, sa manie de mégoter sur le moindre bien donne parfois lieu à des scènes cocasses, bienvenues pour dégonfler la lourdeur du climat instillé par le sujet.
Le sujet lui-même. L'Holocauste. Difficile de réaliser un ouvrage sans tomber dans le sentimentalisme excessif, le larmoyant, l'apitoiement ou l'auto-satisfaction. Artie (je peux l'appeler Artie ?) évite tous ces écueils, grâce à une retranscription fidèle au témoignage de son père, une sincérité et une fraîcheur de propos qui rendent la lecture fort agréable. Le dessin est proprement incroyable, faussement naïf mais vraiment inoubliable. Le fait de dessiner tous les membres d'un même peuple sous les traits d'une race animale est un trait de génie.

Vraiment un chef-d'oeuvre.