46 616 Avis BD |20 224 Albums BD | 7 891 séries BD
Accueil
Lydie
 

Lydie

 
 

Résumé

LydieAfin d'acceder au résumé de Lydie, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de LydieDans un petit village, l'impasse du Baron Van Dick a jadis été renommée "impasse du bébé à moustache". C'est au bout de cette voie sans issue qu’habite Camille, une simple d’esprit à qui la vie ne réserve guère plus de perspectives. Déjà orpheline de sa mère dès la naissance, elle accouche d’un bébé mort-né, qu’elle comptait appeler Lydie. Triste et désemparée, la jeune simplette se réfugie dans le déni. Quelques semaines plus tard, c’est pourtant radieuse et souriante qu’elle annonce le retour miraculeux de son bébé, persuadée que les anges du ciel ont ressuscité sa petite Lydie. D’abord perplexes face à la vision de ce nourrisson invisible, les riverains acceptent finalement de jouer le jeu …

Ce one-shot de la collection Long Courrier se déroule au début des années 30, à une époque et dans un quartier où les voisins se connaissent et partagent peines et plaisirs. C’est au sein de ce microcosme aussi attachant que celui de "Magasin général" et sur fond de chronique sociale, que Zidrou et Jordi Lafebre livrent l’histoire d’une communauté qui, devant le bonheur affiché par la maman de ce bébé imaginaire, embrasse un mensonge dont l’énormité est à la mesure de la solidarité et de la compassion dont elle fait preuve.

D’abord étonné par le point de départ de ce scénario aux allures de conte, le lecteur finit par se prêter au jeu morbide et à voir la vie là où elle n'est pas. Dans un monde où cette dernière n’a pas toujours les droits et la reconnaissance qu’elle mérite, cet élan de fraternité et de générosité réchauffe les cœurs. La statuette de la Sainte Vierge à l'enfant, qui alimente la voix-off de ce récit, invite d’ailleurs intelligemment à croire au miracle de cette société qui se plie en quatre pour contribuer au bonheur retrouvé d’une jeune maman sur lequel le sort semble s’acharner. Au fil des pages, l’enfant-fantôme se met alors à revivre et le mensonge fait office de baume à une vérité qui fait beaucoup trop mal. Des promenades en landau aux visites nocturnes au médecin, la résurrection prend forme, transformant le drame en moments de joie et d’optimisme qu’il est plaisant de partager.

Les dessins de Jordi Lafebre distillent énormément de sensibilité au récit. Au sein d’une ambiance rétro emplie de nostalgie et d’humanité, l’auteur ibérique livre des personnages attachants aux faciès appropriés et une colorisation aux teintes sépia en parfaite adéquation avec le ton de cette fable riche en émotions.

« Mon bébé ! Les anges du ciel me l'ont rapporté ! Je le savais bien, moi, que le Bon Dieu ne pouvait pas garder mon petit bébé auprès de lui. La place d'un bébé, c'est contre le cœur de sa maman, pas au paradis ! »


Chronique rédigée par yvan le 02/06/2010
 
 
Statistiques posteur :
  • 2374 (58,34 %)
  • 1123 (27,60 %)
  • 572 (14,06 %)
  • Total : 4069 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,50 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
Acheter neuf : 14,25 14,25 14,25
Acheter d'occasion : 8,00
Modifier
 
Devenez fan de la page Facebook de Coin BD pour suivre notre actualité !
 
Note moyenne de l'album : 4.40
Dépôt légal : Avril 2010

Avis des lecteurs

5 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Lydie, lui attribuant une note moyenne de 4,40/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

21 8 2015
   

Non mais : QUEL BEL ALBUM !...
Il y a longtemps que je n’ai lu une histoire aussi prenante.
J’ai eu affaire à une étrange histoire d’une fille-mère assez mythomane. Jusque-là, ça peut aller MAIS : le tout est si bien « emballé » dans le milieu ouvrier des années 30 que je ne peux qu’applaudir, car l’ensemble est d’une telle saveur que l’on s’arrête quasi à chaque dessin.
Et c’est Zidrou (Elève Ducobu) qui a mitonné ça !?... Etonnant !
Malgré l’horreur de la disparition du nouveau-né, c’est tellement bien fait, bien dessiné, réalisé que l’on s’attache vraiment aux personnages principaux… et au « petit » peuple.
C’est vraiment bien vu, bien « troussé » et la réalisation d’ensemble me glisse –quand même- une question : un mensonge, même gentil, peut-il guérir d’une vérité qui, elle, est vilaine ?...
L’histoire est simple, enfin PARAIT simple mais ses composantes, sont vécu, ses façons de vivre, le modus vivendi général son esprit même en font une BD –hélas passée inaperçue- que l’on prend un vrai plaisir à relire car ELLE FAIT DU BIEN.
Une vraie et bonne BD.

17 4 2015
   

Voici un album qui m'a chamboulé, boulversé : c'est un concentré d'émotions, c'est un instant magique. L'histoire de cette simplette qui perd son enfant en couches a de quoi émouvoir, sa folie qui la conduit à considérer sa fille bien vivante et grandissante fait peine à voir, mais toute cette impasse, tous ces voisins qui jouent le jeu, du plus jeune au plus ancien, pour que la petite Lydie ne vive pas que dans la tête de Camille, est un superbe message d'optimisme, de solidarité. D'une situation déseséperé, Zidrou parvient à nous faire vivre des moments de joie. Il retourne la situation et avec elle, le lecteur. Les personnages sont avant tout bons, tout le monde se met en quatre pour ne pas laisser cette pauvre Camille sur le bord du chemin, malgré les épreuves qu'elle subit. C'est un grand moment de sensibilité, qui évite d'être niais : la distance par rapport à la religion en est une preuve. Augustin, le papa Tchou-tchou, les commerçants, et jusqu'aux enfants : c'est toute une communauté qui vit comme si Lydie avait survécu, grandissait et vivait parmi eux. Une fable à laquelle tout le monde veut croire, juste pour éviter qu'une fille un peu perdue ne perde totalement la boule. "On n'interne pas une personne uniquement parce qu'elle est heureuse" dit-on : alors, on la rend heureuse. "pourquoi faire du mal lorsqu'il est si facile de faire du bien ?" dit-on encore : derrière cette impalissade, il y a un vrai dévouement qui dure et qui dure...

Du dessin, il émane cette douceur des sentiments, il émane cette simplicité qui consiste juste "à faire comme si", il émane cette joie, cet optimisme, qui va bien au-delà du sourire ou des regards tout maternels de Camille. Le dessinateur est espagnol ? Avec cette sensibilité à fleur de crayon, on aurait pu s'en douter. C'est plein de bonté, mais également plein de beauté.

Et puis le scénario permet de nous embarquer une dernière fois, en laissant planer un doute sur une éventuelle incursion fantastique : le fait que tous les enfants se représentent Lydie exactement de la même façon, et surtout cette photo de dernière page... on se demande à quel point le rêve ne devient pas réalité et si finalement, il ne suffit pas de croire pour voir.

L'histoire commence durement et les instants tristes ne sont pas épargnés en cours de récit. Mais avec la mobilisation de ce quartier, de cette impasse, tout prend une dimension optimiste et presque joyeuse. Et l'auteur sait également éviter de nous engluer dans la guimauve en évoquant une piste fantastique qu'il conviendra au lecteur d'interpréter. Pour moi, c'est un superbe récit superbement mis en images.

14 7 2010
   

"Lydie" est une œuvre magnifique, qui met en scène les stratégies humaines quand il s'agit de faire face à l'inacceptable. Il y a dans cette BD une sensibilité qui a le mérite de ne pas verser dans la sensiblerie. C'est poignant, touchant comme peuvent l'être les contes.
Même si les interactions entre les personnages de l'impasse des moustachus sont romancées, on ne peut que tirer un grand coup de chapeau à Zidrou pour sa capacité à user d'un brin d'histoire et de sociologie pour amener une grande crédibilité à ce récit dont le postulat touche au surréalisme.
Et quelle leçon de tolérance, quelle humanité dans la figure de la simple d'esprit et de la maladie mentale aux quelles on répond par un traitement social ! Je veux dire par là que cette histoire m'a fait croire que le meilleur des médicaments peut être la bienveillance, quand les maux se révèlent finalement incurables.
Une mention particulière pour les dessins, qui s'avèrent totalement adaptés au côté rétro des années 30 et à la description des bistrots et de ce qu'on imagine des us et coutumes de cette époque.
Enfin, la conclusion est un moment de pure poésie.
C'était ça, les années folles, avec en toile de fond des formes de relations sociales où le lien et la solidarité avaient encore un sens, malgré les galères de l'époque...

2 6 2010
   

Décidément, Benoît Zidrou est capable de récits vraiment touchants. Cette histoire tire un peu sur la corde sentimentale mais je l'ai trouvée belle et envoutante.

Zidrou a également le don de travailler avec d'excellents dessinateurs. Jordi Lafebre nous offre des planches très réussies. Tout son graphisme fonctionne pour accentuer la force et le charme de cette histoire. Les décors, les personnages et les couleurs, malgré leur origine informatique un peu trop manifeste parfois, sont tous aussi soignés et réussis. Je n'ai tiqué que sur un point de détail, les yeux des personnages qui donnent régulièrement l'impression de loucher un peu. Ca fait un peu bizarre et je m'en serais passé. Mais à part ça, c'est très beau.

Aussi beau que l'histoire qui a vraiment su me séduire. Ca dégouline un peu de bons sentiments, avec tout ce quartier original qui se dévoue pour la gentille simple d'esprit et ce, durant de longues années, mais il est parfois plaisant de lire une histoire où tout est bien qui finit bien. D'autant que les auteurs arrivent à toucher le lecteur et à offrir un récit empli d'émotions qui se tient de bout en bout.
Un petit bonheur de lecture.