
En voyant l’abondance de bonnes critiques pour un album classé dans la catégorie jeunesse et pourvu d’une couverture on ne peut plus nunuche, je me suis dit : ‘mais ils sont fous ces romains, ils sont encore sous l’emprise du whisky à la châtaigne de l’anniversaire CoinBD ou quoi ?’
Du coup, chez mon libraire, je me dirige discrètement vers le rayon jeunesse, je prend le tome en mains et je me dis : ‘allez juste deux planches et puis je re-dépose cet album pour gosses vite-fait !’. Première planche : gros sourire que j’essaye de dissimuler (c’est qu’il y a du monde autour de moi et j’ai quand-même le premier tome de "MPD - Psycho" dans mes pattes viriles). Deuxième planche : éclat de rire (et merde je suis repéré).
Et puis zut, finalement je décide de le prendre avec à la maison et je vais me lire ça tranquille. Et après lecture, je dois bien avouer avoir été charmé tellement c’est drôle, mignon et touchant. Un bon moment de lecture, un petit moment de fraîcheur qui fait du bien.
Voilà, je suis désolé d’avoir douté de vos avis. Je dépose cet album sur la pile des albums que ma fille devra absolument lire quand elle saura. Je le mets juste derrière "Vent dans les Saules" dans cette pile jeunesse qui commence à avoir de la gueule et je me demande déjà quand je vais aller acheter le deuxième tome.

Quel plaisir de retrouver la petite Lou, qui pour son premier album avait d’ailleurs méritoirement remporté le prix du "Meilleur Album 9/12 ans" au festival d’Angoulême 2005.
Dans ce deuxième tome l’action se déroule en grande partie à Mortebouse, où vit la grand-mère de Lou et où Lou a l’habitude de passer ses vacances d’été avec sa mère. Un peu dans la lignée de la visite de la grand-mère dans le premier tome on prend plaisir à retrouver les coups de gueules et les rares moments de tendresse entre ces trois générations de femmes.
A l’aide de petites histoires séparées qui forment un tout cohérent et chronologique, on va suivre les vacances de Lou à travers son regard de petite fille de douze ans et trois-quarts. Cela nous livre à nouveau une bonne dose de bonheur et de fraîcheur.
Néanmoins, si l’humour est toujours aussi intelligent, je trouve ce tome tout de même moins drôle que le précédent. Peut-être à cause de l’absence des amis de Lou (Tristan et surtout Nana), car il faut bien avouer que les dialogues entre Lou et Nana sont bien plus drôles que ceux entre les adultes et que Paul n’a pas le charisme nécessaire pour combler ce vide de drôleries. De plus le médecin Clément Fifrelin est forcément moins attachant que Richard, étant donné que c’est un gros naze.
Bref, vivement que Lou retrouve ses amis et surtout, qu’elle ne grandisse pas trop vite.

Ce troisième tome débute avec un jeu de l’oie qui nous résume les deux albums précédents en guise d’introduction.
Tout comme Lou, avec la rentrée des classes plutôt confuse, j’ai eu du mal à retrouver l’ambiance des deux premiers tomes au début de ce troisième album. Avec le retour de Mortebouse, je me réjouissais déjà des dialogues et des discussions espiègles entre Lou et Mina, mais à la place, Lou se retrouve avec une nouvelle copine pas trop joyeuse. Le tout devient un peu plus sérieux et on rigole un peu moins. Et oui, c’est qu’elle grandit notre petite Lou du haut de ses 13 ans.
Heureusement, une fois en deuxième partie de tome, à partir de l’apparition furtive du père de Lou et en pleine crise d’adolescence, j’ai de nouveau été entièrement pris par le récit (tranche de rires à l’appui), et ceci, malgré sa nouvelle orientation.
Au niveau des personnages il y a la grand-mère qui apparaît plus sympathique grâce à la publication du roman SF de la mère de Lou « les aventures de Sidéra ». Et il y a aussi le chat, dont les regards changeants étaient déjà sympas et qui va maintenant se mettre à parler, ce qui, tout comme dans "Le Chat du rabbin", mais dans un autre style, ne manque pas de faire rire.
Et puis il y a ce gag à répétition concernant le loyer, dont la chute m’a bien fait rire. Mais ce qui me plait le plus dans cette série, ce sont les planches qui abandonnent Lou avec le regard rêveur dans la dernière case (page 17 ou 30 par exemple) et qui plongent le lecteur dans ses pensées lointaines et adorables.

C’est toujours un grand plaisir de retrouver la petite Lou, qui pour son premier album avait d’ailleurs méritoirement remporté le prix du "Meilleur Album 9/12 ans" au festival d’Angoulême 2005.
Lou a encore grandi et part même en vacances sans sa mère. Au programme : dolce far niente et chasse aux garçons. Voilà un programme qui semble bien plus alléchant que les classiques vacances à Mortebouse en compagnie de la grand-mère de Lou. De son côté la maman de Lou part en tournée de dédicace pour son roman de science-fiction, Sidéra.
Un quatrième tome à l’ambiance plus joyeuse grâce à cette atmosphère estivale qui nous replonge en plein adolescence, au bon vieux temps des amours de vacances. Au niveau graphisme, le dessin contribue à donner envie de partir en vacances, avec des couleurs chatoyantes. Mais, malgré cette atmosphère plus gaie, l’humour est un petit peu moins présent dans ce quatrième tome : moins de gags à répétition et un chat qui a malheureusement perdu la parole.
Le fait que Lou et sa mère vont vivre des aventures séparées dans cet album n’est pas la seule nouveauté. Alors que les tomes précédents étaient construits à l’aide de petites histoires séparées qui formaient un tout cohérent et chronologique, ce tome-ci n’est plus divisé en petites histoires. Malgré cela, on parvient encore à repérer des petits gags qui auraient pu facilement être isolés au sein de cette aventure, comme celui de l’achat d’un slip qui n’est pas sans rappeler une scène connue («Monsieur, vous zavez oublié vos slips»), du film de Pierre Richard "Je suis timide mais je me soigne".

Alors que le tome précédent baignait encore dans une ambiance estivale, celui-ci se veut quelque peu moins léger et va chambouler la vie de Lou et la suite de cette série.
Il y a d’abord cet incendie qui vient ravager l’appartement de Lou et oblige ainsi la saga à changer de décor et à briser les liens avec le passé. Il y a ensuite l’arrivée du petit frère, qui donne l’impression de vouloir emmener cette saga dans une autre direction. Mais il y a surtout la petite Lou, qui grandit au fil des tomes et qui gagne à nouveau en maturité. Il y a non seulement les deux éléments ci-dessus, qui l’obligent à franchir un nouveau cap, mais il y a aussi la découverte du journal intime de sa mère. Ce dernier permet non seulement de dévoiler énormément d’informations sur la jeunesse de la mère de Lou, mais donne également l’occasion à Julien Neel de développer des parallèles intéressantes entre la mère et la fille. Que ce soit au niveau de la relation parents-enfants, des relations amoureuses ou des grossesses, ces parallèles sont développées avec intelligence et servent admirablement le récit. Malgré le fond plus sérieux, l’humour demeure également présent et fait souvent mouche (un livre qui s’appelle "Lou" ne peut pas marcher, le titre de cet album, etc).
Alors que la petite Lou devient bien grande, Julien Neel semble vouloir tourner une page et donne un nouveau souffle à la saga. Une belle réussite !