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J'ai toujours eu des réticences vis à vis de 666, la série phare de l'auteur. Le dessin, après l'avoir feuilleté plusieurs fois, n'est jamais parvenu à me convaincre. Cette nouvelle série de Tacito était donc l'occasion de creuser un peu plus la chose, et de donner sa chance à l'auteur via ce qui se pose d'emblée comme un détournement (plus qu'une adaptation) de l'univers de Lewis Caroll.
Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins : je n'ai absolument pas accroché à l'album. Le scénario en fait des tonnes et n'est en aucune manière parvenu à me convaincre. Si je n'ai pas de problèmes à lire des adaptations ou variations sur des œuvres connues, j'aime qu'il y ait un minimum de respect pour l’œuvre d'origine, ce que je ne suis pas parvenu à trouver ici.
Alors oui, c'est certes très déjanté (la reine de coeur en business woman, l'irruption de la SF, etc.), mais ce maelström est à mon sens trop chaotique pour que se détache, du moins pour ce premier tome, assez de cohérence pour accrocher le lecteur. Pour ma part, la surenchère à chaque page aura rapidement eu raison de ma motivation première.
Les personnages principaux de l'univers d'Alice son bien là, de la Reine de coeur au chat du Cheschire, en passant par Tweedledum et Tweedledee, mais l'auteur a surtout amplifié leurs caractéristiques initiales, ce qui finit par fortement lasser. Et on perd à mon sens la magie initiale, ce qui est dommage quand on connaît la finesse de la plume de Caroll.
Si la couverture est assez sympathique, le dessin non plus n'est pas parvenu à me convaincre. A la manière du scénario, il va dans tous les sens, ne laissant aucun espace aux planches pour respirer. Alors certes, j'apprécie franchement des séries comme "Requiem, Chevalier Vampire", qui joue sur le même terrain, mais le dessin de Ledroit est nettement plus homogène que celui de Tacito, malgré de bonnes trouvailles nouveau cadrage, et des ambiances rétro-futuristes intéressantes. La couleur ne m'a également pas aidé à accrocher à ce premier volet. Trop criarde, elle a surtout tendance à appuyer les faiblesses du dessin.
J'avais pris cet album pour l'adaptation originale d'Alice au pays des merveilles qu'il semblait proposer, mais il ne m'aura au final convaincu ni sur le fond, ni sur la forme.
2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Little Alice in Wonderland, tome 1 : Run rabbit, run, lui attribuant une note moyenne de 2,50/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Les univers déjantés, les récits délirants qui font en permanence appel au second degré, m'ont toujours plu.
On peut dire que j'ai été servi avec cette adaptation plus que libre. En ayant accepté le parti pris de l'auteur de tordre le cou à l'oeuvre originelle, je me suis retrouvé à surfer gentiment sur le trip de Tacito.
Tout y est tourné en dérision, chaque personnage véhicule son lot d'absurde, et ça m'a bien fait marrer (la scène du rat de bibliothèque est super réussie).
Certes c'est décousu, mais dans la mesure où c'est volontaire, cela ne nuit pas à la lecture. Il y a un moment, vaut mieux débrancher le cerveau, exercice que je réalise sans peine. Je pense à la scène du rapeur siamois : à part en mettre légitimement plein la tronche au gangsta-abrutis, je ne vois pas ce que ça amène vraiment au récit... Mais c'est de la provoc' gratos, donc je prends aussi.
C'est vrai, on passe systématiquement du coq à l'âne, ou plutôt du Lapin à Tiki. Mais encore une fois, no souci, après tout il n'y a rien de sérieux là dedans. Tacito délire sans autre prétention que de se fendre la pipe. J'ai absorbé son procédé comme un buvard hallucinogène, sans qu'il me fasse grincer des dents.
Le dessin, à première vue, est du même acabit : ce n'est pas virtuose, mais j'ai trouvé que ça tient la route. Plongées et contre plongées, perspectives bien mises en valeur par le grand format de la Bd, couleurs flashy qui pètent et collent aussi au ton du récit. Je trouve que ça passe bien...
C'est sûr, c'est pas la Bd de l'année, mais j'ai bien kiffé...