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Lettres d'Agathe
 

Lettres d'Agathe

 
 

Résumé

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Planche de Lettres d'AgatheInspiré d’une histoire vraie, "Lettres d'Agathe" raconte la relation difficile entre une enfant non désirée et sa mère.

La perception que l’on a du comportement de ses parents se modifie avec l’âge et c’est ainsi que petit à petit l’on commence à mieux comprendre leurs actions et leurs décisions. Mais que se passerait-il si la relation mère-fille était dépourvue de dialogues, et si au moment d’arriver à la maturité nécessaire pour comprendre des actions parentales traumatisantes, le parent en question n’était plus là, abandonnant l’enfant à ses incompréhensions ? Agathe se retrouve ainsi à la recherche du «Pourquoi ?» d’une enfance dépourvue d’amour maternel. Poussée par une envie de tourner la page, en quête de sérénité, Agathe va adresser de manière posthume trois lettres à sa défunte mère. Trois lettres retraçant son vécu et ses souffrances, de son enfance à l’âge adulte.

Tout débute par l’enfance d’Agathe : ignorée par sa propre mère, constamment punie, deux frères adulés par cette mère sans cœur et des liens affectifs inexistants. L’histoire d’une jeune fille qui doit grandir dans l’ombre de ses frères et dans l’indifférence d’une mère qui ne lui donna même pas de prénom. Vient ensuite les frustrations de cette fille devenue adulte. Une Agathe divorcée et indépendante, mais poursuivie par toutes ses années d’isolement, tourmentée par l’attitude injuste d’une mère dont elle n’arrive toujours par à comprendre les motivations. La dernière partie du récit va ensuite lever le voile sur une partie du secret familial à l’origine de cette relation aussi douloureuse qu’inexistante qu’elle a entretenue avec sa mère. Des révélations certes salvatrices, mais également accompagnées de beaucoup d’amertume, surtout dû au fait qu’elles arrivent si tardivement, tel une addition trop lourde à la fin d’un tête-à-tête trop silencieux.

L’histoire d’Agathe est sombre, pessimiste et triste, mais jamais larmoyante. Le graphisme en couleur directe a d’ailleurs tendance à atténuer le fond dramatique du récit. La narration est très efficace et contribue également à véhiculer les sentiments sans jamais tomber dans l’exagération. L’écriture en voix-off va également progressivement faire place aux dialogues lors de la partie plus contemporaine de l’histoire, allégeant ainsi le récit.

A l’instar du "Journal de mon père", "Lettres d'Agathe" relate l’histoire d’une enfant qui, à titre posthume, va tenter de lever le voile sur une relation parentale pleine d’incompréhensions. Une œuvre splendide, qui vient s’ajouter à cette collection «Mirages» qui regroupe déjà des petites perles telles que "Fritz Haber" et "Pourquoi j'ai tué Pierre".


Chronique rédigée par yvan le 01/07/2008
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,50 Note générale
  • Originalité : 4,50 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 3,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.17
Dépôt légal : Avril 2008

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Lettres d'Agathe, lui attribuant une note moyenne de 4,17/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

23 2 2012
   

Couverture sombre. Jeune femme à l'allure austère et au regard déjà vieilli et las. Un enfant est sur ses genoux, une ombre blanche, comme découpée volontairement. Par qui ? Pourquoi ? Avant même d'avoir ouvert l'album, on se pose des questions et l'on pressent une ambiance noire. Nathalie Ferlut ne prend ainsi personne en traître...

"Lettres d'Agathe" est une oeuvre forte, sur les rapports d'une fille à sa mère. Rapports hors normes puisque sa mère l'aime mal. Pire, elle ne l'aime pas. Regards chargés de mépris, préférence ostensiblement affichée pour ses deux fils, pronom impersonnel préféré au prénom quand il faut s'adresser à sa fille. Pas de geste tendre, pas de parole douce. Au mieux, une présence qui assure le gîte et le couvert. Et une petite fille qui se construit dans la dévalorisation de soi.

Tout lecteur sera glacé par cette mère qui ne veut pas aimer une fille qu'elle n'a pas désiré. Nathalie Ferlut nous renvoie au rapport avec nos propres enfants, à nos parents, et touche donc un lien universel. Très littéraire, le texte est soigné, profond, et exprime remarquablement le désarroi d'Agathe, privée d'un élément essentiel de son existence. C'est très touchant, bouleversant même, d'autant que les dessins sont très réussis et parfaitement adaptés au récit.

Bel album, bel exemple de roman graphique réussi à mettre entre les mains de toute personne sensible à sa propre humanité.

14 7 2008
   

Curieux thème. Curieux album. Curieusement prenant aussi. L’histoire de trois lettres qui ne seront jamais envoyées, trois lettres dans lesquelles s’établit –à titre posthume- le portrait accusateur d’une mère. J’ai lu trois sortes de saisons d’une vie où brimades et blessures –profondes- au cœur montrent la froideur, la haine même, qu’une petite fille –Agathe- a endurées de cette maman indifférente.
Emouvant. Fort. C’est d’abord la tendre enfance blessée qui s’est révélée à mes yeux. C’est ensuite l’adolescence incomprise, des fois suppliante. In fine Agathe, devenue « grande », fait une sorte de mise au point d’elle-même ; dans une sorte d’apaisement de son être.
Un album qui passera vraisemblablement inaperçu dans la grosse production actuelle ; mais un album vraiment sensible, émouvant par bien des points, pour un récit véridique qui ne s’oublie pas après lecture.
Si vous « tombez » sur ce livre, prenez-le, ouvrez-le… et vous aurez peine à le refermer car c’est peut-être aussi un pan de votre histoire qu’il raconte.