36 463 Avis BD |15 511 Albums BD | 6 286 séries BD
Accueil
Avis BD de kklodd
 

Avis BD de kklodd sur Les Peaux-Rouges


Note moyenne de Coin BD sur la série Les Peaux-Rouges Moyenne Coin BD : 4,28/5
Note moyenne de kklodd sur la série Les Peaux-Rouges Moyenne de kklodd : 4,33/5
 
Note de l'album : 5,00
Tome 1 : Les maîtres du tonnerre

Voici un excellent 1er album pour une série au superbe dessin réaliste. Les couleurs semblent être directement peintes sur les planches.
1er album d'une série de neuf que je conserve précieusement depuis plus de 25 ans (déjà), et qui ne se prolongera plus puisque l'auteur est mort.
Hans Kresse nous plonge avec beaucoup de justesse dans le quotidien des Apaches du 16ème siècle, ainsi que des Pueblos, vivant dans des villages en dur. C'est une période très originale qui sort les indiens du cadre du western, et c'est basé sur des faits historiques assez précis, ce qui mérite d'être noté vu la rareté (à mon avis) des documents de l'époque.
C'est donc l'époque, apprend-on, de la 2ème expédition Espagnole au Nouveau-Mexique, et la rencontre de deux peuples : Les indiens, beaux, fiers et racés et les Espagnols, qui tiennent la place des sauvages, cruels et crasseux. Et ces Apaches Faraondes ont en plus d'autres ennemis, indiens ceux-là et avec lesquels il faut aussi compter. Ce qui complique considérablement leur quotidien.
Une belle histoire qui commence là et dont on est impatient de lire la suite.

Note de l'album : 5,00
Tome 2 : Les héritiers du vent

D'abord, si la catégorie existait, je classerait plutôt cette série en Aventure historique. Mis a part les personnages indiens, la trame se greffe sur des faits historiques rapportés par les espagnols.

Le dessin est vraiment admirable et l'on court au côté de ces Apaches à travers les grands espaces. Et on réalise que se mouvoir uniquement à pied, avec des périls constants menaçant la tribu, donne une autre dimension au temps et aux évènements.

Kresse nous donne à imaginer les premiers contacts des indiens avec le cheval et l'origine de la culture du cheval chez les peaux-rouges, et c'est rudement bien raconté.
Amusant aussi de voir ces fiers guerriers terrorisés par leurs superstitions sous l'orage ou par de simples chevaux.
Et interressant d'observer l'incompréhension de deux cultures qui se rencontrent pour la 1ere fois.

Un chef-d'oeuvre!

Note de l'album : 5,00
Tome 3 : Les compagnons du mal

A classer plutôt dans la catégorie Aventure historique si elle existait.
En effet, ces aventures imaginaires sont construites sur un fond historique, à savoir, les premières expéditions Espagnoles au Nouveau-Mexique et les mésaventures d'aventuriers à la recherche de l'el dorado.
D'ailleurs la 1ere page présente à chaque fois une carte du parcours de l'expédition de Chamuscado et de l'emplacements des différentes tribues indiennes du secteur.
Cet album, comme les 2 précédents est encore un petit chef-d'oeuvre.
Un très bon dessin avec des couleurs directes et une gestuelle parfaitement rendue.
Un drame se développe sous nos yeux, mais comment parler des peaux-rouges sans verser dans le drame?.
Il y a une continuité d'un album à l'autre puisque les 3 personnages qui ouvrent l'histoire sont très certainement les compagnons dont parlait le métis dans "les héritiers du vent". Mais ce n'est pas clairement expliqué, volonté de l'auteur? Peut-être, pour exprimer l'idée que dans cette saga les personnages se rencontrent sans tout savoir du vécu de chacun. Mais le lecteur, lui, le sait,... parfois.
Il y a d'autres évènements qui ne sont pas racontés (comment Roa retrouve Narena, comment l'espagnol perd à nouveau les chevaux qu'il a prit à Anua..), et que le lecteur devra reconstituer lui-même. Encore une fois, je me demande si c'est voulu par Kresse, mais en tout cas ça donne bien le sentiment que tout n'est pas maitrisé par ces personnages qui n'ont que leurs pieds pour se déplacer dans ces grands espaces. Ils se retrouvent confrontés à des situations inattendues et des décisions à prendre sans connaître les tenants et aboutissants.
P.S. : Je ne résiste pas à l'envie de vous monter le magnifique dos de couverture de cette série.

Note de l'album : 4,00
Tome 4 : L'appel des coyotes

Toujours de la qualité dans le scénario et le fabuleux dessin de cette série que l'on pourrait classer en "aventure-historique".

Les rapports humains sonnent très juste. Autant entre indiens qu'entre Espagnols et indiens, qui représentent 2 conceptions diamétralement opposées du monde.

Cette aventure est un peu moins dense que les précédentes, avec des cases plus grosses. Et le dessin, bien que toujours excellent dans les attitudes des personnages et en couleurs directes, me parait quand même un poil moins fin dans le détail.

On découvre les antagonismes qui couvent dans la tribu des faraondes, et un nouveau personnage émerge en la personne de Plume-jaune.
On découvre aussi la dure condition des Apaches dans ce pays aride, avec la rencontre d'une nouvelle tribu affamée et famélique.

Mais l'intérêt est surtout dans la relance de l'intrigue par la découverte de l'or par le métis. Sa part Européenne prend alors le dessus et la "folie des cailloux jaunes" le gagne.

Note de l'album : 4,50
Tome 5 : Les flèches de la vengeance

On continue à suivre avec plaisir la destinée de cette tribu apache. Ici elle s'agrandit un temps avec la tribu famélique rencontrée au tome précédent. Ceci reflète bien les usages des tribus, qui évoluaient selon les évènements, intégration des restes d'une autre tribu décimée, séparation suite à un conflit, etc...
On retrouve aussi des personnages apparus dans le tome 4, comme Plume-jaune dont la relation conflictuelle avec le chef est développée, et dont on rencontrera le jeune frère, personnage central de ce tome.
On retrouve aussi de vieilles connaissances, comme le sournois et néfaste Otsani, l'homme au perroquet de la tribu Chipiwi, ou comme Kaloch, le chef des Toguas.
Beaucoup d'action dans cette histoire, avec des combats à l'arc entre indiens, Et un destin émouvant, celui du tout jeune guerrier qui veut venger son frère et suivra une piste qui n'apportera que malheurs. La leçon des "compagnons du mal" (tome 3) se révèle encore exacte ici.
Belle histoire, très bien mise en scène et au dessin excellent dans les attitudes des personnages.
Dessin un peu moins précis par moments que dans les tout premiers tomes, avec des décors de fond de cases souvent unis ou comme flous. Mais ça reste de l'excellent travail en couleurs directes.

Note de l'album : 4,50
Tome 6 : L'or des montagnes

Après s'être enfin débarassés de leurs ennemis jurés, les Toguas et d'Otsani, le sorcier Chipiwi. Un nouveau et plus redoutable danger les menace : l'or.
Le drame des indiens d'Amérique continue de se tisser inexorablement, appuyé par des références a de véritables faits historiques.
Pour la petite histoire, on a ici la confirmation que les 2 personnages des "compagnons du mal" étaient bien les coéquipiers originels du métis. Cette imformation tardive nous conforte dans notre impression que les personnages ne maitrisent pas tous les tenants et aboutissants de leurs aventures, mais agissent en gérant au mieux l'urgence du moment présent.
Les Faraondes font toujours plus de découvertes. Après les hommes blancs, leurs arquebuses et leurs chevaux, voilà maintenant des hommes noirs!
On suit donc le parcours de ces Apaches, témoins des menaces qui s'abattent sur leur monde depuis l'arrivée des Espagnols, comme si leurs ennemis héréditaires indiens ne suffisaient pas ! Ils comprennent le potentiel des chevaux et des armes à feu et tentent de s'en procurer, faisant peut-être ainsi leurs premiers pas vers le commerce et la culture indienne du cheval.
Côté dessin, il commence a y avoir des cases au dessin moins précis, moins détaillé qu'au début de la série dans l'application des couleurs et les décors de fond.
Mais ça reste un très bon album qui a d'ailleurs reçu le prix Alfred 77 de la meilleur oeuvre étrangère. Certes, ça commence à dater...

Note de l'album : 4,00
Tome 7 : Les chasseurs de vautours

Pour la 1ere fois dans cette série, un album est la suite directe du précédent.
On a abordé le thème de l'esclavage depuis "l'or des montagnes" et on découvre que c'est en réaction aux maltraitances des Espagnols que le peuple Apache a (ou va) évolué(r) en cavaliers armés de fusils.
Cette course à l'échalotte derrière un sac d'or a fait éclater la tribu. Pashka et le métis d'un côté, Anua et le jeune guerrier de l'autre, une poignée d'autres guerrier les suivent.
Le dessin, qui était si magnifique en début de série se dégrade encore un peu plus ici. Il est beaucoup moins net, les couleurs moins belles. Le décor se fait de moins en moins précis, et souvent, des personnages regardent au loin en décrivant ce qu'ils voient, et nous, on ne voit rien !
L'aspect général des cases est plus sombre. Mais ça colle avec le destin des indiens finalement.
J'ai remarqué une chose, dans l'ensemble de la série en fait, c'est que tous les tirs, d'arc ou de fusil, ne font pas mouche, loin s'en faut. Et quand le tir atteint son but, c'est d'autant plus dramatique! c'est ce détail qui rend les péripéties si réalistes. C'est très différent de l'image classique du western.
On découvre également en image un fait authentique, c'est que les indiens étaient à l'origine, de formidables coureurs de fond qui sillonnaient les plaines de long en large sans jamais sembler fatigués.

Note de l'album : 3,50
Tome 8 : Le prix de la liberté

Les déboires de la tribu des Faraondes continuent et elle perd beaucoup de ses meilleurs éléments dans cette aventure.
Cette petite tribu sert de miroir de la fin tragique des peaux-rouges.
Anua et Pashka retournent près des leurs avec 2 guerriers seulement et sans les chevaux, les armes et la poudre qu'El Lobo leur avait offert!
Oubli de l'auteur? Je ne sais pas mais en tout cas ça permet de matérialiser l'idée que nos personnages ne maitrisent pas tout et font dans l'urgence des évènements. Comme le lecteur à qui tout n'est pas toujours expliqué, ils ne savent pas toujours où sont leurs compagnons ni ce qui leur arrive.
Cet album marque la fin du cycle sur la tentative de troc d'or contre des chevaux et des armes.
Malheureusement, le dessin se dégrade encore dans cet album. L'application des couleurs devient carremment laide par moments. Le décor est souvent inexistant et le dessin de plus en plus bâclé.
Une dégradation esthétique qui entache cette superbe série.

Note de l'album : 3,50
Tome 9 : L'honneur du guerrier

La dégradation du dessin continue de plus belle dans cet album. Les cases sont de plus en plus grosses, 6 par page maximum. Le dessin et surtout la mise en couleur deviennent grossiers. Par exemple, les Toguas sont normalement tatoués. Ici plus de tatouage apparent comme c'était si joliment fait dans les 1ers tomes. Pareil pour les décors : moins précis voir inexistants.
C'est dommage car ça gache le plaisir de suivre ces aventures de qualité.

On ne retrouve donc ici plus que 5 survivants de l'aventure précédente. Au passage on assiste aussi, comme dans toute société, à un conflit de générations, pour ou contre l'adoption du cheval.
Mais on assiste surtout, avec tristesse, au déclin inexorable de la tribu Faraonde. Il y a toujours plus de morts et de malheurs parmi nos connaissances.
Côté scénario, il y a vraiment de l'originalité à travers le personnage de taureau-blanc. D'abord, non seulement c'est une "pièce rapportée" au sein des Toguas, mais il semble descendre des vikings. Je trouve que c'est une très bonne idée d'avoir intégré ce fait, plus que probablement historique, sans pour autant en faire le sujet central du récit.
Ensuite, le faire tomber d'une crise cardiaque à un moment crucial du récit, fallait oser. Mais après tout ça peut aussi arriver.
Une surprise aussi, c'est de voir que certaines femmes Faraondes décident de rester chez les Toguas. Encore une belle illustration au passage des moeurs indiennes. C'était dans leur propre intérêt de choisir la tribu la plus viable.
Avec ce tome s'achève cette très belle série, qui laisse en plan la future histoire d'Anua qui part plus au nord pour retrouver son aimée Sapobi la Chipiwi. On n'a plus qu'a rêver des tribus inconnues du nord qu'il aurait put rencontrer sous nos yeux.
Et on ne saura jamais ce que deviennent les derniers faraondes.