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Le désastre total du tome précédent a permis à l’auteur d’aller au bout de ses intentions, qu’on devinait depuis deux épisodes : renouveler complètement sa série, en tout dans l’esprit.
Et c’est ainsi que nous assistons au retour de héros bien différents. Le character-design (très réussi) a évolué, en même temps que les personnages eux-mêmes. Sans avoir toutes les clés, on comprend bien qu’ils ont changé en profondeur. C’est surtout flagrant pour l’un d’eux, mais les indices semés ici et là permettent de comprendre que tous seront différents. Ce changement s’impose sans nuire à la continuité, ce qui est une jolie réussite, et donne plus d’épaisseur aux protagonistes, en rajoutant une touche d’incertitude et suscitant la curiosité. Un choix osé donc, mais à mon sens parfaitement maitrisé.
D’autant que l’apparition des anti-héros (au sens premier), eux aussi introduits de façon logique et crédible, constitue un miroir intrigant, en même temps qu’un révélateur des originaux. A cela s’ajoute de nouvelle révélation sur le passé de Razzia, qui devient un personnage de plus en plus intéressant à la fois par son background (de loin le plus étoffé) et son évolution présente.
Les héros deviendraient presque effrayants dans ce nouveau développement, et d’ailleurs la fin du tome qui laisse ouverte bien des portes, suscite les plus fortes craintes.
Sobral a su impulser une nouvelle dynamique à sa série en jouant dans un registre beaucoup moins naïf ; ce qui choque le père que je suis, obligé de stopper mes enfants dans leur lecture jusqu’à un âge un peu plus avancé. Mais une fois admis cet état de fait, force est de reconnaitre que nous avons là une série certes assez commerciale, mais de qualité.