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Ce tome inaugure non pas un nouveau diptyque, comme chaque paire de tomes précédemment, mais un cycle de quatre album intitulé le Cycle d’Anathos.
L’auteur choisit délibérément, une fois de plus, de faire intervenir des forces totalement extérieures aux intrigues précédentes afin de trouver une nouvelle direction. Mais cela parait moins artificiel que d’autres fois, d’autant que la nouvelle base est a priori riche en potentiel de développement. Les dieux sont de nouveau de la partie, mais on s’éloigne complètement d’Aube et Crépuscules, bien gentillets finalement ! Le nouvel adversaire, bien que fort peu présent à ce stade, représente clairement le mal absolu à un niveau bien supérieur à Darkhell à qui incombait ce rôle au début de la série.
C’est l’occasion pour Sobral de réintroduire des personnages intéressant, pour certains à peine esquissés jusqu’ici. Par ailleurs, le membre des légendaires dont on apprend peu à peu le passé est maintenant Razzia, et le moins que l’on puisse dire, c’est que son alter ego adulte l’Ombre Rouge a une certaine ampleur. Enfin, l’auteur a clairement choisi d’infléchir le ton du récit. C’est plus sombre, la trame et les enjeux, généraux comme individuels sont plus tragiques. Le choix même des légendaires pour faire face l’illustre, car c’en est bien fini de leur statut de héros…
Le scénario reste assez simple, mais les relations et la psychologie des personnages sont de plus en plus travaillés (sans exagération non plus, hein). La narration est ultra-efficace, servie par un dessin toujours informatique mais de nouveau très satisfaisant, l’humour reste présent malgré le ton plus dramatique mais se cantonne à l’anecdote. On sent que ce n’est plus un axe majeur du travail de l’auteur, qui privilégie avec réussite les autres aspects précités.
On est au neuvième tome, mais j’ai presque l’impression de débuter une nouvelle série. Mais il me semble que la tranche d’âge du lectorat jeunesse visé a dû s’élever un peu…